Endométriose chronicisée et dépistage du cancer du sein par mammographie: constructions sociales érigées en science. Business par yellow-washing et pink-washing

En 2008, lorsque j’ai posté quelques petits articles critiques sur les dépistages réguliers du cancer surmédicalisation,surdiagnostic cancer du sein,dépistage cancer du sein,mammographie dépistage critique,peter gotzsche,h gilbert welch,gilbert welch dépistage cancer,mammographie faux positif,cancer du sein surtraitement,surmédicalisation surdiagnostic surtraitement,octobre rose conflits d'intérêt,ruban rose désinformation,désinformation cancer du sein,nordic cochrane centre cancer du sein,paternalisme cancer du sein,misogynie médecine cancer,médicalisation femmes,que choisir cancer du seinde la prostate par dosage du PSA et du cancer du sein par mammographies régulières, il n’y avait pas grand monde à en parler en public, références à l’appui, à l’intention de tout le monde, et d’abord des femmes et des hommes concernés.

(Je ne compte pas les quelques exposés faits lors de colloques scientifiques, ma bonne dame, dans l’entre-soi de quelques professionnels convaincus, qui allaient définir ce qu’il fallait dire et demander aux femmes de faire. Comme si tout ce qu’on attendait d’elles, c’est qu’elles s’adaptent encore et toujours, en substituant les anciens maîtres à penser par des nouveaux, qu’elles changent de nuances de rose, sans chercher à comprendre des choses qui dépassent les bécassines, par définition. D’ailleurs, n’est-ce pas ce qu’on attend des patient(e)s en général, en France?).

Les notions de médicalisation des (corps des) femmes, avec tout l’éventail du disease mongering, les notions de surmédicalisation, surdépistage, surdiagnostic, surtraitement… n’étaient pas encore à la mode dans le débat public, et personne ne parlait des effets indésirables graves des hormonothérapies de type analogues agonistes GnRH (Enantone/Lupron, Décapeptyl, Zoladex…) dans les cancers de la prostate et les cancers du sein hormondépendants.

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Prix des médicaments et coût de la recherche et développement: les fictions de l’industrie balayées par Arznei-Telegramm

Je cite très souvent l’excellente revue allemande indépendante Arznei-Telegramm (située dans un château d’eau, voir la galerie de photos), allant jusqu’à dire qu’il faudrait peut-être apprendre l’allemand pour être bien informé… Je pense aussi à la revue grand public Gute Pillen, schlechte Pillen (bons médicaments, mauvais médicaments) qu’Arznei-Telegramm co-édite depuis 2006 avec trois autres journaux médicaux indépendants.

Arznei-Telegramm, c’est plus de 40 ans d’un parcours sans faute, toujours en première ligne dans la bataille pour un usage rationnel du médicament, contre les conflits d’intérêts et autres influences sur les prescripteurs. On trouve soit la revue soit l’un de ses rédacteurs (Wolfgang Becker-Brüser, Peter Schönhöfer, Ingrid Mühlhauser, Michael M. Kochen et les autres) dans toute action significative dans ce domaine. Ils déconstruisent aussi un par un les mythes et fictions du marketing par lesquels l’industrie pharmaceutique cherche à justifier ses excès et son ghost management de tous les rouages du système de recherche, de formation et d’information médicales.

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Chroniciser les maladies est plus rentable que les guérir. Le marché passe les profits avant la santé, dit le prix Nobel Richard Roberts. Exemple de l’endométriose chronicisée

[Mise à jour du 12 janvier 2017:

Avant d’en venir à l’entretien dans lequel le prix Nobel Richard J Roberts dénonce le fait que, pour l’industrie pharmaceutique orientée vers les profits dans le système néolibéral de la santé marchandisée, il est plus rentable de chroniciser les maladies que de les guérir, j’insère une mise à jour sur l’endométriose comme exemple de chronicisation. Parce que la guérison se ferait seulement par chirurgie d’exérèse radicale sans médicaments et que les femmes guéries ne rapporteraient plus rien. 

Il n’y a pas de complot ou de plan délibéré pour empêcher la guérison. Rien de tel. Simplement la convergence des logiques de marché, le fonctionnement de tous les acteurs du marché néolibéral de la santé, l’absence de financement de la chirurgie d’exérèse radicale sans médicaments, l’inertie de ceux qui vivent de l’endobusiness et nagent avec le courant, et ainsi de suite.

 Il y a urgence. Il faut diffuser l’information sur la régression thérapeutique en cours quant à l’endométriose, avant que les autorités de santé ne se fassent avoir par des médecins qui ont d’énormes conflits d’intérêts. Certains ont été largement médiatisés grâce à l’argent des industriels dont ils cherchent à imposer des produits (médicaments et instruments chirurgicaux) inutiles – et dont les résultats peu convaincants ne sont pas médiatisés – dans des schémas de traitement qu’ils sont censés évaluer eux-mêmes (!) pour qu’ils soient adoubés et conseillés par les recommandations officielles de prise en charge de l’endométriose.


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