Rébellion contre l’ordre des médecins. Soutien au Dr Dominique Huez. Manifeste pour la santé, la sécurité au travail et la justice sociale

[Mise à jour du 18 avril 2017: Plusieurs articles ont été postés depuis, accessibles en descendant sur cette page. Le plus important est celui-ci, qui contient un dossier informatif détaillé, une vidéo avec le Dr Huez et le texte intégral d’une pétition lancée le 24 mars: « Contre la collusion entre les employeurs et l’Ordre des médecins. »]

Je reproduis plus bas l’annonce du MIOP (mouvement médical d’insoumission ordinale partielle) – rébellion que j’attends depuis longtemps contre le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), cette institution vichyste dont la simple existence est une négation de la République, une négation des acquis de la Révolution mettant fin aux ordres de l’Ancien régime, afin qu’aucun esprit de corps ne fasse barrage entre les citoyens et la loi commune.

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Je détaille ces considérations plus bas et reprends le communiqué intersyndical paru le 1er février 2017 sur le site du Syndicat de la Médecine générale (SMG), qui peut être signé par d’autres associations et organisations: MANIFESTE pour la santé, la sécurité au travail et la justice sociale: passons à l’offensive !

A noter aussi le numéro 76 (janvier 2017) de la revue Pratiques. Cahiers de la médecine utopique: « Travail et santé: Passer de la plainte à l’offensive ». Il est en plein dans l’actualité, compte tenu, entre autres, de la pétition mise en place hier par Annie Thébaud-Mony, spécialiste de la santé au travail et des cancers professionnels, afin de protester contre la Commission européenne. Celle-ci veut satisfaire les industriels qui demandent la baisse des seuils d’exposition aux substances cancérogènes. Pour ce faire, elle utilise les fameux comités d’experts grevés de conflits d’intérêts avec les industriels… Les détails sur cette pétition, des liens, des commentaires sur la « société cancérigène » et les implications médicales de l’industrie du cancer sont dans cet article, qui contient aussi une lettre-type à envoyer aux députés européens et l’article du Monde qui a dévoilé les conflits d’intérêts des experts européens. 

Plus bas, je reprends aussi le communiqué, paru début février 2017, de plusieurs organisations et syndicats qui soutiennent le Dr Dominique Huez (voir son blog), médecin du travail et lanceur d’alerte, qui a été poursuivi par l’Ordre des médecins. Celui-ci a donné suite à la plainte d’un employeur qui n’a pas apprécié que le Dr Huez reconnaisse les risques professionnels auxquels un employé était exposé dans une centrale nucléaire.

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Logiques néolibérales en santé, privatisation et contrôle social. Pétition pour la Sécurité sociale

La pétition / appel du Collectif pour la Sécurité sociale peut être signée sur cette page.

Après la citation de ce texte, je montre comment le Parti socialiste trahit ses promesses en matière de santé, trahit la conception de la santé solidaire et universelle qui était historiquement la sienne. Il trahit les citoyens en promulguant des lois et des réglementations promouvant les intérêts financiers des assurances. Cela entraînera une privatisation accélérée et la mainmise des assurances et « industries de santé » néolibérales sur notre pseudo-système de santé et sur la médecine. La médecine libérale et la liberté des médecins disparaîtront au profit de fonctionnaires soumis aux logiques comptables de réduction des coûts. Nous verrons des formes de contrôle accru des prescriptions, des façons de soigner mais aussi des libertés des usagers, ouvrant la porte à la normalisation et à un contrôle total des comportements en vue de prévention, de « préserver le capital santé » et « minimiser le risque ».

Voilà l’avènement de la médecine agent de contrôle social, de la marchandisation des corps et de la santé et d’autres modalités néolibérales relevant de la biopolitique, du biopouvoir et des « dispositifs de pouvoir » disséminés.

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A qui appartient la santé des Français ? Scandales sanitaires, recherche en panne… Débat le 28 mars à Tours (Sciences en Bobines)

Le festival Sciences en bobines, organisé chaque année par la Fondation Sciences Citoyennes, en est à sa 8ème édition, qui a lieu dans 13 villes. La dernière séance aura lieu le 28 mars à Tours ; elle s’inscrit dans les « jeudis du CNP », puisqu’elle est co-organisé par Sciences Citoyennes et le Cinéma National Populaire. Le CNP est une associatiation (voir son site) qui se veut « un lieu de remise en question citoyenne, d’explication et de décryptage d’une société aux enjeux multiples » ; les événements qu’il organise visent à « mettre à jour l’idéologie qui sous-tend les discours et les actes politiques, économiques, sociaux, culturels du pouvoir ».

Date et lieu : 28 mars à 20 h 00 au cinéma Les Studios, situé au 2, rue des Ursulines à Tours. colloque surmédicalisation,individualisme néolibéral médecine,marché santé pharmaceutique,sciences en bobines tours,fondation sciences citoyennes,elena pasca,surmédicalisation,disease mongering,conflits d'intérêts médecine,cinéma national populaire,marketing vs recherche et développement,lois répression corruption étranger,influence pharmaceutique,stéphane horel,les médicamenteurs,médecine uniformisation différence,médecine normalité,médecine contrôle social,néolibéralisme santé,marketing pharmaceutique,capitalisme médecine,médicalisation de l'existence,médicalisation des émotions

  • 20 h00 : projection du documentaire de Stéphane HOREL, « Les Médicamenteurs »
  • 21 h 00 : débat avec Elena PASCA, philosophe, membre du CA de Sciences Citoyennes, administratrice du blog Pharmacritique.

Elena Pasca fera d’abord une introduction complétant et actualisant les thématiques abordées dans le documentaire « Les Médicamenteurs ». Cette introduction sera suivie d’un débat avec la salle, au cours duquel Elena Pasca répondra aux questions et développera certains points. 

Sur cette page, vous trouverez des informations pratiques (plan d’accès au cinéma Les Studios…). Une participation aux frais de 4 euros est demandée par le co-organisateur, Le Cinéma National Populaire.

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Voici un court texte introductif que j’ai fait en reprenant certains leitmotivs de mes articles et interventions lors de débats et auditions ainsi que dans les media.

Je poserai les jalons de la discussion avec le public en identifiant les problèmes majeurs du système de santé et de soins, à commencer par la médicalisation (des émotions, des états physiologiques, des étapes de la vie), surmédicalisation, conflits d’intérêts, disease mongering/façonnage de maladies, rhétorique de la prévention…).

Puis je parlerai des spécificités de l’oligopole que forment les multinationales pharmaceutiques et esquisserai le contexte socio-historique et idéologique (surtout le néolibéralisme…) qui a rendu possible l’avènement d’un système déformé de part en part par la surmédicalisation. S’agissant plus spécifiquement de l’influence de l’industrie pharmaceutique – qui a atteint un degré tel que l’on parle désormais de « ghost management » (gestion invisible, mais omniprésente) du système de formation, de recherche et d’information médicale -, je reviendrai sur les changements structurels induits par l’évolution du marché: la panne de l’innovation et l’absence de progrès thérapeutique (exemples à l’appui pour ces dernières années), expiration des brevets de nombreux blockbusters, nécessité de s’adapter à l’explosion du nombre de maladies chroniques et de maladies neurodégénératives, nécessité de trouver d’autres façons de garantir les profits, d’où la prédominance du marketing et l’inversion entre marketing et recherche et développement.

D’où aussi la publicité faite pour des médicaments et des actes médicaux sans utilité médicale, mais désormais acceptés socialement (médicaments de confort / lifestyle drugs), interventions de confort, médecine et chirurgie esthétique, interventions visant à booster/renforcer la performance, voire le corps tout entier, alors que la société est de plus en plus perméable à des thèses telles que celles des transhumanistes…

Nous sommes tous co-responsables de laisser se reproduire – au prix d’actualisations minimes, de colloque surmédicalisation,individualisme néolibéral médecine,marché santé pharmaceutique,sciences en bobines tours,fondation sciences citoyennes,elena pasca,surmédicalisation,disease mongering,conflits d'intérêts médecine,cinéma national populaire,marketing vs recherche et développement,lois répression corruption étranger,influence pharmaceutique,stéphane horel,les médicamenteurs,médecine uniformisation différence,médecine normalité,médecine contrôle social,néolibéralisme santé,marketing pharmaceutique,capitalisme médecine,médicalisation de l'existence,médicalisation des émotionssurface, ce système qui traduit la logique mercantile et les dogmes de l’individualisme néolibéral, y compris dans ce segment de marché qu’est la santé marchandisée. Nous sommes tous responsables de nous conformer en acceptant la médicalisation de notre existence, en acceptant la « correction médico-pharmaceutique » qui nous uniformise, nous met au pas, nous normalise et extirpe la différence.

Passés par l’interventionnisme médical omniprésent, les individus – qui pensent, qui plus est, que la médicalisation est l’expression d’un droit et de la démocratisation de l’accès égalitaire aux soins, finissent potentiellement interchangeables; ils sont uniformisés en tant que force de travail dont la maintenance est assurée par la médecine, comme ils sont uniformisés par d’autres segments du marché néolibéral, qui les gardent et entretient leur force de travail (entertainment, Unterhaltung…) dans l’enclos de l’industrie des loisirs, elle aussi passive et ne demandant que de s’y conformer sans penser, sans exercer l’esprit critique qui pourrait permettre une distance critique par rapport au système. De fausses solutions sont créées par le système lui-même, comme les médecines alternatives (médecines douces, etc.), qui donnent l’impression d’être hors système, voire contre le système, alors qu’elles reposent sur la même logique de médicalisation (tout problème relève de la médecine (ou d’un substitut) et a donc une solution médicale (ou homéopathique, etc.).

Je donnerai quelques pistes pour indiquer des solutions possibles.

J’insisterai particulièrement sur les dispositifs étrangers peu connus, voire inconnus en France (lois, réglementations et dispositifs permettant de réprimer et de dissuader la fraude, la corruption, les conflits d’intérêts, mais aussi d’autres lois protégeant les lanceurs d’alerte et servant de garde-fous pour garantir un minimum d’indépendance de l’expertise en médecine et en santé publique).

Puis je parlerai des médicaments essentiels et donnerai des exemples de campagnes telles que Choosing wisely, Essential Health Benefits, Selling Sickness…), qui tentent de résoudre certaines dimensions de la surmédicalisation et du mésusage (underuse, overuse, misuse…) des médicaments, bref, de tout ce qui s’oppose à un usage rationnel des médicaments et des actes médicaux dans le cadre d’une médecine raisonnée.

Tous ces thèmes sont abordés en détail dans les centaines d’articles que j’ai publiés sur le blog Pharmacritique et ailleurs. Le colloque qui a eu lieu les 27 et 28 avril à la Faculté de médecine de Bobigny, « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », a été consacré à certaines de ces thématiques. La deuxième édiction aura lieu les 3 et 4 mai sous le même titre, organisé toujours par le groupe Princeps, dont je fais partie. J’aurai le plaisir d’animer un atelier sur le disease mongering/façonnage de maladies et d’y faire un exposé. Retenez la date. Je donnerai plus de détails sur les ateliers dans l’appel à contribution, posté bientôt.

Elena Pasca

« Putain de sclérose en plaques! » Janine est partie, mais elle continuera à être de tous nos combats

Quelques lignes pour ceux qui n’ont pas eu la joie de connaître Janine Thombrau, avant de publier janine thombrau,handicap revenus,sclérose en plaques,mots pour maux les coulisses d'une sep,janine thombrau décès,ni pauvres ni soumis,handicap militantisme associations,maladie fin de vie,sclérose en plaques symptômes traitement,vécu maladie invalidante,sclérose en plaques témoignage,protection sociale démantèlement,handicap pauvreté,handicap accès aux soins,santé inégalitésle texte de Bruno Perrin

Janine Thombrau, c’était la joie de vivre, le combat – mené avec Bruno Perrin, son compagnon dans les joies comme dans les galères – contre toutes les injustices sociales et économiques et leurs conséquences y compris dans la santé. Elle a protesté et s’est mobilisée jusqu’au bout contre les conditions de misère dans lesquelles survivent les handicapés, contre leurs difficultés d’accès aux soins et contre la galère administrative continue qui fait que le peu de droits que les handicapés ont restent souvent lettre morte ou demandent un combat épuisant, impossible à mener par des handicapés seuls et isolés.

Janine Thombrau et moi nous sommes vues une seule fois, lors de la manifestation « Ni Pauvres Ni Soumis » de 2008. J’étais « Violette » – à cause d’un signe de reconnaissance qui est resté source de blagues. Je garderai toujours en mémoire sa joie de vivre, son humour contagieux… Nous avons continué à rigoler ensemble, par mail ou dans des commentaires sur Pharmacritique et ailleurs. Nous n’avons eu besoin que d’une seule rencontre pour nous comprendre, comprendre qu’on était sur la même longueur d’onde, qu’on avait les mêmes idéaux, les mêmes combats.

Qu’il fallait combattre cette tendance de la médecine à se déshumaniser et à se bureaucratiser, oubliant, entre surmédicalisation, disease mongering et autres méthodes de faire de l’argent, que son rôle n’est pas celui d’une « industrie de santé » fonctionnant selon le principe du rendement et de la rentabilité. Janine Thombrau nous montre comment les malades deviennent le cadet des soucis de l’hôpital entreprise, de la médecine commerce, des administrations et assurances qui tuent à force de « maîtrise » comptable des coûts. Cette photo de Janine derrière les poubelles, qui occupent la place des handicapés devant une filiale de caisse primaire d’assurance-maladie, en dit plus long que tous les rapports… Elle a inspiré quelques coups de gueule tels que celui-ci: « Les malades non rentables n’intéressent personne en dehors des catastrophes médiatisées » et tous les billets sur la privatisation du système de santé, l’hôpital public tué par les marchands et les gestionnaires, la protection sociale en danger …

 

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Actes du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements »: les comptes-rendus des ateliers (causes, formes, enjeux, médicaments essentiels…)

Les 27 et 28 avril 2012 a eu lieu à la Faculté de médecine de Bobigny le colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », co-organisé par le Groupe Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas), le Département de Médecine générale de la Faculté de Bobigny et la SFTG (voir le programme).

Conceptualiser pour faire comprendre les enjeux pour tous les citoyens

A ceux qui n’en ont pas encore eu connaissance, je conseille de commencer par cette page de présentation du colloque et des ateliers, avec mon introduction détaillée sur les enjeux et l’importance d’une prise de conscience globale, par l’ensemble des citoyens, de l’omniprésence de la surmédicalisation, de ses causes, formes et conséquences, de ses risques pour notre santé individuelle et publique, tout comme pour le système public solidaire de santé et de soins.

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Claude Béraud ou la négation de la morale en médecine

« La médicalisation de la santé et du mal-être » (III): « Les malades sans maladie »

Texte retiré le 7 janvier 2016.

Je posterai le vrai travail de Claude Béraud, sans ma réécriture.

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Ajout posté le 29 octobre 2016. C’est une réaction spontanée, une première façon de faire ma mea culpa, parce que mon besoin de croire à l’existence de médecins qui seraient au-dessus de la mêlée, capables de mettre en oeuvre des principes moraux, m’a menée à croire le discours victimisant de Claude Béraud et à chercher des excuses à ses dérapages. De plus, lorsque j’ai mené la campagne de communication – allant jusqu’à demander à des gens de poster des commentaires à ses textes, parce qu’il se plaignait de ne pas susciter de réactions -, je n’avais pas lu ce qu’il avait écrit auparavant, ce qui relève d’un sexisme de la pire espèce, caché sous des dehors de sollicitude. La logique comptable le poussait à limiter les examens au strict minimum et à déclarer qu’il s’agissait de névrose dès qu’il y avait des symptômes digestifs qui n’étaient pas immédiatement diagnosticables par lui, ce qui implique aussi un total manque d’humilité quant aux limites de ses connaissances et quant aux limites de la médecine en général. 

J’ai retiré les autres textes et posté quelques autres réactions spontanées à leur place. J’ai d’autres impératifs pour les mois à venir, mais viendra le moment où l’image de Claude Béraud collera non pas à ce qu’il veut que l’on pense, mais à ce qu’il a vraiment fait et dit. Tout est documenté, ce qui permet de s’en tenir aux faits.

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Je n’ai jamais donné à Claude Béraud l’accord d’utiliser mon travail sur ses textes en dehors de Pharmacritique et lui demande donc de faire disparaître toute trace de ce travail. Qu’il poste ce qu’il veut de ce qu’il a écrit lui, mais rien venant de moi.

J’ai eu tort de sortir Claude Béraud de l’oubli et de sa dépression (puisque plus personne ne le lisait et qu’il n’avait plus le pouvoir de semer la zizanie, comme il l’avait fait avec les médecins et dans ses livres qui psychologisent à outrance). J’ai eu tort de redorer son blason, de l’aider à se remettre à écrire, de réécrire ses textes et, surtout, de faire une telle campagne de communication parlant de lui comme d’un modèle, d’une référence, surtout en termes d’éthique et de morale. Par son comportement répété, mais aussi par ce qu’il a écrit avant le dernier livre très consensuel et dont les textes ont été retravaillés par d’autres personnes – et près d’un tiers du livre se compose du texte sur la surmédicalisation réécrit par moi -, Claude Béraud est l’exacte négation de la morale. Preuves à l’appui, ce qui me permettra de transcrire ses propres dires, montrant le vrai visage d’un homme qui pense en comptable, qui calcule comment exploiter encore plus quelqu’un qui peut encore lui servir. Lâchant quelques excuses de temps à autre, pour mieux renforcer la manipulation.

Le comportement de Claude Béraud me donne envie de vomir. Aussi au sens propre du terme, lorsqu’il a décrit très longuement sa déchéance, de façon répétitive et jusque dans des détails scabreux totalement indécents, pour se servir même de cela dans sa tentative de m’asservir à nouveau pour un livre dont apparemment personne ne veut sans une réécriture et une refonte des plus de 900 notes pour plus de 400 pages (en octobre 2015, car depuis, j’ai laissé tomber mon idée de lui donner une énième occasion de s’excuser, de rectifier le tir, de corriger au moins ce qui m’a été directement préjudiciable. La nausée est trop forte. Mais je dois en parler – et le ferai en détail, malgré la nausée – parce que j’ai induit les lecteurs en erreur et, en redorant son blason, j’ai permis à Claude Béraud de revenir sur le devant de la scène. Il en voulait plus, toujours plus, et j’aurais dû comprendre que quelqu’un d’aussi calculateur n’allait pas s’arrêter de lui-même alors qu’il avait à sa disposition quelqu’un comme moi, qui, en plus d’un altruisme versant dans la connerie par manque de limites, s’est laissé manipuler par le discours de victime, par l’âge et l’invocation de la déchéance, par cette image d’une oeuvre à transmettre.

*

Claude Béraud, retirez tout ce qui vient de moi, tout apport à vos textes. Affichez-vous avec ce que vous êtes, ce dont vous êtes capable tout seul. Et si vous n’êtes pas capable tout seul, alors appliquez-vous ce que vous avez dit des autres. J’ai assez donné.

Votre comportement et votre opportunisme me donnent envie de vomir. 

La médecine générale à l’honneur dans « Profession: médecin de famille », livre de Marc Zaffran présenté par Pierre Biron

NdR : Pour nous immerger dans la réflexion de Martin WINCKLER, nom de plume de Marc médecine générale spécificités caractéristiques,profession médecin de famille zaffran,marc zaffran livres,relation médecin patient martin winckler,pierre biron,médecin de famille difficultés,école des soignants winckler,relation médecin patient écoute erreur médicale,martin winckler romans littérature médicale,médecine de famille québec,médecine générale empathie écouteZAFFRAN, Pierre BIRON utilise une forme plus originale que le compte-rendu classique, qui se révèle aussi plus appropriée : il s’agit d’une interview virtuelle, dont les réponses sont imaginées à partir du livre. Comme il ne s’agit pas de citations exactes, l’interprétation de l’intervieweur et son propre point de vue s’imbriquent avec ceux de Martin Winckler, comme dans une fugue où la deuxième voix non seulement alterne avec la première, mais souligne son sens et permet au lecteur d’accéder à plusieurs strates de signification. Cette forme est plus efficace, car au départ, elle déconcerte le lecteur, qui, intrigué, voudra en savoir plus à la fois sur la réflexion de l’auteur du livre et sur celle de l’auteur de l’entretien, pour mieux distinguer les deux voix. C’est le même procédé qui structure son texte « Entretien virtuel avec Jean Peneff : « La France malade de ses médecins » » (à lire sur cette page).

Lire aussi mes commentaires à la fin de cet article, en particulier sur « l’école des soignants ». [EP]

 

« Profession : Médecin de famille ». Entretien virtuel avec Marc Zaffran

Par le Pr Pierre BIRON

Professeur honoraire de pharmacologie à l’université de Montréal [1]

 

Voici un livre, sorte de causerie au coin du feu qui se lit en moins d’une heure, où un ex-médecin de famille, écrivain par surcroît,  québécois d’adoption, nous livre sa vision de l’essence du bon médecin de famille, du praticien de la médecine à visage humain – alias omnipraticien, généraliste, médecin personnel – une espèce en voie de disparition et dont le Québec en particulier manque cruellement.

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Collectif des 39: lobbying contre l’évaluation d’une psychanalyse misogyne et gynophobe par la Haute autorité de santé…

Mise à jour du 9 mars: avec des noms d’intervenants pour savoir qui défend la psychanalyse dans sa violence sexiste, misogyne, gynophobe, rendant les femmes coupables de l’autisme, des maladies de leurs enfants et de tous les maux, d’ailleurs.

Les femmes, ces vides, ces néants, ces trous dans la culture et dans la civilisation… Si elles et les enfants échappent à la psychanalyse, c’est le début de la fin. Qui vont-ils pouvoir torturer, tout en se prétendant humanistes, tout en prétendant faire du soin?

Le Collectif des 39 (psychiatres) contre la nuit sécuritaire m’a fait parvenir ce texte, invitant tout le monde à participer au meeting qui aura lieu le samedi 17 mars, à Montreuil, à la Parole Errante.

Outre les messages adressées aux hommes politiques – et notamment aux candidats aux élections présidentielles qui seront présents -, les orateurs veulent défendre la psychanalyse contre les récentes prises par la Haute Autorité de Santé, qui la relèguent au rang de thérapie non consensuelle de l’autisme.

Le Collectif des 39 avait commencé comme un regroupement contre les thèses sécuritaires. Je me suis interrogée sur la présence et le rôle des psychanalystes, en sous-main. Quelle naïveté! Sachant la domination sans partage de la psychanalyse lacanienne et son rôle dans l’individualisme néolibéral et ses corollaires idéologiques, je n’aurais même pas dû me poser la question. Ils sont bien là. Mais avancer masqués, sous prétexte d’hospitalité pour la folie et de thèses humanistes, sert encore mieux leur cause. 

Les psychanalystes ne peuvent accepter la moindre faille dans leur domination idéologique totalitaire, parce que d’autres failles risquent de s’ouvrir. Les femmes risquent de se rendre compte qu’il n’y a pas qu’à travers l’autisme et les autres troubles du comportement et maladies de leurs enfants qu’elles sont visées, culpabilisées, dégradées, humiliées, mais qu’elles subissent partout et à tout moment les conséquences de l’endoctrinement de la société (et tout partiuclièrement des professions soignantes) par les thèses misogynes et gynophobes de la psychanalyse, et tout particulièrement de la secte lacanienne.

Les psychanalystes doivent faire bloc, ne rien céder, parce qu’ils risquent de perdre leur fonds de commerce… Eux qui ont réussi à entériner les pires clichés, préjugés, stéréotypes issus des religions, les imposant même là où celles-ci ont perdu de leur emprise… Mais la psychanalyse est organisée comme une secte dès le départ, et elle a réussi à s’imposer exactement comme une religion. On ne conteste pas une vérité révélée, que seul l’analyste est en droit de communiquer (par l’interprétation arbitraire), lui qui ne se réclame que de lui-même et de sa secte. « Lacan a dit », « Selon Lacan », « Freud écrit », etc. Ce sont les marques de ralliement des tenants de la secte, fonctionnant comme des inducteurs de vérité révélée, exactement comme des citations des livres saints des monothéismes. Si Lacan a dit, qui est la Haute autorité de santé pour venir évaluer quelque chose?

Extraits de deux textes reçus du Collectif des 39, pour comprendre jusqu’où va le réseau de défense de la secte psychanalytique lacanienne et à quel point elle est inextricablement imbriquée à la psychiatrie:

« A moins de 2 mois d’échéances électorales importantes, nous avons décidé de nous adresser aux candidats à l’élection présidentielle pour leur demander de préciser leur position et de répondre à nos demandes formulées dans notre manifeste. Les représentants du P.S., du Front de Gauche, d’E.E.L.V., du N.P.A., nous ont déjà assurés de leur présence.

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« Pertinence des prescriptions médicamenteuses »: des critères simples et efficaces. « Prescrire hors AMM ? »

Après quelques remarques de mon cru, sur la médecine organisée et la désorganisation d’un système de santé sans évaluation, la liberté de prescription, etc., je reprends deux textes avec l’aimable jean-louis montastruc,déprescrire surprescription,évaluation prescriptions actes médicaux,évaluation pratiques professionnelles,prescription hors amm encadrement,bip 31 pharmacologie,formation médicale continue prescription,surprescription industrie pharmaceutique,surprescription interactions iatrogénie,prescription effets indésirables iatrogénie,surmédicalisation surprecription surmédicamentation,évaluation système de santé et de soinsautorisation de leur auteur, le Pr Jean-Louis Montastruc. La photo accompagne une interview qu’il a donnée au Figaro et qui vaut elle aussi le détour: « Il faut revoir l’évaluation des médicaments » (28/09/10), comme ses autres écrits et prises de position.

Le texte intitulé « Pertinence des prescriptions médicamenteuses » est paru dans le N° 3 du Bulletin d’informations de pharmacologie (BIP 31) du Service de Pharmacologie clinique du CHU de Toulouse (BIP31.fr 2011, 18 (3), p. 26-27), dont je conseille vivement la lecture, y compris par les usagers. Le BIP 31 fait partie de l’ISDB (International Society of Drug Bulletins), l’union des revues pharmacologiques indépendantes. L’auteur est Jean-Louis MONTASTRUC, professeur de pharmacologie, chef de ce service et responsable du Centre régional de Pharmacovigilance de Midi-Pyrénées. (Je reviendrai en détail sur ses diverses activités dans un autre article).

Je reproduis aussi un autre article du Pr Jean-Louis Montastruc, paru dans le même numéro du BIP 31 (page 27) sous le titre « Prescrire hors AMM ? », puisqu’il est directement lié au premier et se rapporte aussi aux débats actuels sur l’encadrement de la prescription hors AMM [autorisation de mise sur le marché], c’est-à-dire en dehors des indications pour lesquelles tel médicament a été autorisé par l’agence du médicament AFSSAPS (future ANSM). 

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Surmédicalisation et conséquences: surprescription, surmédicamentation, surtraitement, iatrogénie, déficit de la Sécurité sociale…

L’émission C dans l’air du 22 septembre s’intitulait « Sécu : faut-il tout revoir ? » Mais le titre ne résume pas la richesse des interventions, qui ont porté sur les logiques systémiques qui mettent en danger les comptes de la Sécurité sociale, et notamment la médicalisation abusive, cette logique du « tout curatif » et du « tout médicament », comme si tout problème avait une solution médicale – et surtout médicamenteuse et interventionniste.

Surmédicalisation, surdépistages, surdiagnostic, surprescription, surtraitement, surconsommation, abus de prévention… – ce qui les rend possibles, ce qui va avec et leurs conséquences, voilà le sujet de l’émission. Ce sont des sujets maintes fois abordés sur Pharmacritique.

Après les deux vidéos reproduisant l’intégralité de l’émission, je résume les grandes lignes des interventions, en intercalant des citations des intervenants, mais aussi des commentaires de mon cru, avec des informations et des liens permettant de compléter et d’approfondir.

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La gestion de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris: non assistance à hôpital public en danger…

Par Thérèse CLESMENT hôpital public PCF 13 appel.jpg

Un secteur privé qui se développe à l’hôpital public, des suppressions de postes itératives sans réflexion stratégique, un gouvernement incapable de fixer un budget… Ou les misères d’une grande dame… qui fait le grand écart : l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris.

Va-t-on, en douce, vers une forme d’euthanasie active, comptable et financière, de l’APHP ?

L’illustration, ajoutée par Pharmacritique, tout comme les phrases en italiques, accompagne un appel à défendre l’AP-HP et protester contre la supression de postes, repris sur le site du PCF. [EP]

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La santé publique dans tous ses états: Questions au Dr Alain Braillon, un expert trop indépendant (II)

Ceci est la deuxième partie de l’interview que j’ai faite avec le Dr Alain Braillon pour Pharmacritique éducation thérapeutique rôle du patient,empowerment relation médecin patient,autonomie empowerment des patients,martin winckler claude béraud relation médecin patient,patients usagers esprit critique,médiator scandales sanitaires réactions,xavier bertrand médiator projet de loi médicament,sécurité sanitaire pharmacovigilance projet de loi sécurité médi,santé publique budget indépendance expertise,déontologie expertise indépendance experts,conflits d'intérêts lobbying industrie pharmaceutique,alain braillon santé publique,contrat d'amélioration des pratiques individuelles capi critique,médecine générale vaccination grippe a h1n1,médecine générale politique de santé publique,myofasciite à macrophages vaccin hépatite b,tarification à l'activité t2a hôpital public,cmu refus de la cmlui testing accès aux soins,médecine préventive abus de prévention,médicalisation surmédicalisation dr knock,médecine libérale médecine hsopitalière,hépatite b transmission mère enfantet la Fondation Sciences Citoyennes. (La première partie est sur cette page, car le format blog ne permet pas de textes longs). Photo: Magali Delporte / Viva.

 

Elena Pasca: L’un des objectifs en fonction desquels les médecins généralistes signataires du CAPI obtiendront leur prime à la performance, c’est le taux de mammographies. Qu’en pensez-vous ?

Alain Braillon: L’Assurance Maladie a décidé de donner un bonus financier aux médecins s’ils remplissent certains objectifs. C’est le CAPI [NdR : contrat d’amélioration des pratiques individuelles]. Parmi ces objectifs, il y a le pourcentage de femmes de 50 à 70 ans qui aura participé au dépistage du cancer du sein.

Cette initiative pose d’abord deux problèmes :

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La coordination des soins tient-elle ses promesses d’économies, de meilleur suivi pour une meilleure qualité des soins ? Résultats dégrisants d’une méta-analyse américaine

Habituellement, on expérimente en France des modèles de réorganisation des soins qui ont abouti à des impasses ailleurs… L’une des coordination chemistry CEA.gifidées en vogue aujourd’hui est la coordination des soins – le parcours coordonné – assurée par un professionnel de santé en contact régulier avec les patients et surtout avec ceux souffrant de maladies chroniques, afin d’assurer la bonne observance du traitement, de coordonner le recours à différents spécialistes et l’interaction de ceux-ci. Ce modèle est censé assurer un suivi de qualité, unifier les soins, veiller à la compatibilité des diverses prescriptions et interventions, et, bien entendu, aboutir à un rapport coût – efficacité qui ferait des économies à l’assurance-maladie. Sans préjuger des résultats de cette organisation française, il serait intéressant de voir quelles sont les expériences étrangères, d’autant plus que le JAMA vient de publier une méta-analyse de 15 essais randomisés de coordination de soins.

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L’hôpital public tué par la privatisation et la recherche de rentabilité et de profit (Article du « Monde diplomatique »)

Je reprends ici le texte intégral d’un article du Monde diplomatique de février 2008, qui se passe de commentaires. La privatisation à pas feutrés, exigence de rendement, tarification à l’acte, exclusion de plus en plus marquée des pauvres puis des classes moyennes de certaines spécialités… En somme, on passe d’abord par la variante allemande, avec la mutitude de réformes qui se sont toutes cassées la gueule, pour arriver peu à peu à la variante ultralibérale américaine, avec la part du lion qui revient à l’industrie des assurances (privées), qui investit et récolte des profits, et à l’industrie pharmaceutique. Vous avez dit « santé? » « Patient? » « Etre humain? » Connais pas. (S)ont-ils des espèces solvables?

« Traitement de choc pour tuer l’hôpital public » 

Auteurs : André Grimaldi : Chef du service de diabétologie-métabolisme du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière (Paris) ; Thomas PAPO : Chef du service de médecine interne, coordinateur du pôle médecine de l’hôpital Bichat (Paris) ; Jean-Paul VERNANT : Chef de service d’hématologie, coordinateur du pôle d’onco-hématologie (Pitié-Salpêtrière).

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