« Les prédateurs au pouvoir »: le néolibéralisme destructeur d’avenir épinglé par les Pinçon-Charlot

Ce livre prend une autre dimension, dans le contexte actuel. Je vous le conseille à travers cet extrait.

Michel Scheidt a réalisé pour la CGT un entretien avec les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, à l’occasion de la parution de leur ouvrage Les Prédateurs au pouvoir. Main basse sur notre avenir (Éd. Textuel 2017). Celui-ci est présenté comme « un petit manuel de résistance qui démonte le discours ambiant et montre comment la guerre des classes sans merci, avec l’argent en arme de destruction, menace notre socle républicain. » Voici un extrait de l’entretien vidéo, qui devait être publié en intégralité sur le site de la CGT / Union Confédérale des Retraités.

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Médecine et contrôle social. L’individualisme néolibéral marchandise les corps, normalise les esprits

Article paru dans le numéro 116 (février-mars 2018) de la revue « Nature et Progrès », dans un dossier intitulé « Technosciences et libertés ». L’espace étant limité, le texte est très condensé.

Mais l’on y retrouve certaines de mes thèses et références habituelles (biopolitique de Foucault, l’ère narcissique avec des penseurs tels que Richard Sennett, Zygmunt Bauman et les premières générations de la Théorie critique / Ecole de Francfort, courant interdisciplinaire dans lequel je me suis formée). Ces thèses sont abordées aussi dans les articles des catégories éponymes sur Pharmacritique : contrôle social, disease mongering, normalité…).

Il s’agit de décortiquer l’individualisme néolibéral aussi sous l’angle de la médicalisation et du marché du bien-être, incluant la psychologisation inhérente qui permet de culpabiliser l’individu pour les tares d’un système sur lequel il n’a aucune prise. Incluant aussi les coachings, l’injonction à la pensée positive et toutes les pseudo-médecines douces qui sont le contraire dialectique, interdépendant, du complexe médico-industriel.

Cette médicalisation est un symptôme du dévoiement de la fonction sociale de la médecine et de sa technicisation, avec de multiples conséquences sur les humains normalisés. Leur différence en est extirpée pour les formater, mettre au pas selon le conformisme consumériste qui marchandise aussi leurs corps, les réduit à des « autoentrepreneurs de soi » enjoints à fructifier leur « capital santé » en tant qu’actionnaires d’une médecine 4P menant peu à peu vers l’acceptation sociale des thèses du transhumanisme.

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Les lobbyistes anglo-saxons planifient dérégulation du commerce et élimination des normes européennes. Ripostons avec les ONG anti-lobbying !

Un article du journal britannique centriste The Guardian, daté du 17 février 2018 et signé par l’éditorialiste Michael Savage, mérite toute notre attention, comme point de départ d’une réflexion urgente. Car les agissements dévoilés nous concernent tous, par-delà les Britanniques qui sont les premiers à subir, et expliquent aussi certains leitmotivs de ce que l’on pourrait appeler communication d’influence pour fabriquer une opinion qui reprend de façon réflexe les clichés de Europe-bashing, en plus du France-bashing habituel qui vise le modèle politique républicain de l’intérêt général et du bien commun avant les profits économiques.

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Plus de 20.000 décès liés au travail en 15 ans! Les intérêts industriels prévalent sur la santé au travail pendant que mort la médecine du travail meurt…

Le 16 mars, l’Union syndicale Solidaires a publié un communiqué de presse sous le titre « Plus de 20.000 décès de travailleuses et de travailleurs depuis 2000 ».

Je reprends plus bas le texte plus détaillé paru dans le N° 50 du bulletin Et Voilà, publié sur le site La Petite Boîte à Outils… à l’usage des travailleurs et de leurs représentants, par le Collectif pour la Santé des Travailleurs et des Travailleuses.

Cet article et ce communiqué apportent d’autres détails concrets illustrant l’urgence d’une prise de conscience au sujet de la santé au travail, de toutes les questions interdépendantes évoquées dans mes articles précédents et de toutes les dimensions que la santé au travail implique, dans notre vie professionnelle à tous.

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Monique Pinçon-Charlot analyse le cas Fillon, typique de l’entre-soi bourgeois incapable de comprendre les dissemblables

Voici un extrait d’une émission du 3 février 2017 d’Arrêt sur images, posté par Radio Lannion, qui commente le cas Penelope Fillon. La sociologue Monique Pinçon-Charlot, directrice de recherche au CNRS à la retraite, spécialiste des riches, fait une excellente analyse de la classe sociale dont fait partie François Fillon.

Cette appartenance explique ce qui s’est passé, l’incrédulité de François Fillon, l’incapacité à comprendre la réaction des classes autres que la sienne, mais aussi pourquoi la droite se sent investie d’une mission qui passe par des sacrifices chez d’autres que soi. On comprend les déterminismes socio-économiques et culturels donnant nécessairement un programme ultralibéral, puisque le « social » ne veut pas dire grand-chose pour le grand bourgeois Fillon et sa caste. Alors Sécurité sociale, biens publics, communs… La compréhension ne peut pas exister entre les classes sociales perçues comme « inférieures », à diriger, et cette  bourgeoisie qui vit dans un autre monde. Dans tous les sens du terme…

Ceci n’est pas une transcription, ce sont juste quelques extraits. Il faut regarder le fragment vidéo de 5 minutes.

Cette bourgeoisie vit dans un entre-soi tel, avec une « consanguinité sociale » telle que Fillon et les autres se sentent au-dessus de tout, ont un sentiment  très fort d' »impunité de classe ». Monique Pinçon-Charlot cite une phrase du livre « Les Chiens de garde » de Paul Nizan (1932), qui illustre parfaitement le cas Fillon: « La bourgeoisie vit pour elle seule, elle exploite pour elle seule, elle massacre pour elle seule, mais elle doit faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite et qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Mais elle doit faire croire qu’elle est juste, et elle-même doit le croire. »

Le « mensonge est devenu une manière de gouverner aujourd’hui, au plus haut sommet de l’Etat. »

« Comment est-ce que ces grands bourgeois vivent le reste de la société? Il y a des processus de déshumanisation, de mépris de l’autre, dissemblable, qui sont extrêmement forts »; ils instrumentalisent leurs électeurs. « On a vu François Fillon instrumentaliser la religion catholique; ils sont sans cesse en train d’instrumentaliser, pour le bénéfice de leur prédation, pour le bénéfice de leurs privilèges, pour le bénéfice de leurs pouvoirs. »

« Ce qu’ils faut vous mettre dans la tête, c’est qu’on n’a pas la même tête, ils pensent d’une façon différente de nous, (…) ils sont sur une autre planète. Et c’est très difficile, nous qui avons des valeurs d’égalité, des valeurs de partage, des valeurs morales, eux non, c’est pour ça que je reviens à cette phrase de Paul Nizan, qui est essentielle. Il faut comprendre le fonctionnement de classe d’une oligarchie qui, aujourd’hui, s’accapare toutes les richesses et tous les pouvoirs ».

 

 

Actes du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements »: les comptes-rendus des ateliers (causes, formes, enjeux, médicaments essentiels…)

Les 27 et 28 avril 2012 a eu lieu à la Faculté de médecine de Bobigny le colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », co-organisé par le Groupe Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas), le Département de Médecine générale de la Faculté de Bobigny et la SFTG (voir le programme).

Conceptualiser pour faire comprendre les enjeux pour tous les citoyens

A ceux qui n’en ont pas encore eu connaissance, je conseille de commencer par cette page de présentation du colloque et des ateliers, avec mon introduction détaillée sur les enjeux et l’importance d’une prise de conscience globale, par l’ensemble des citoyens, de l’omniprésence de la surmédicalisation, de ses causes, formes et conséquences, de ses risques pour notre santé individuelle et publique, tout comme pour le système public solidaire de santé et de soins.

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La surmédicalisation : un dysfonctionnement majeur et systémique, à haut risque pour la santé publique comme pour notre système de soins. Communiqué de presse

Voici le communiqué de presse des organisateurs du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements » (présentation et programme détaillé sur cette page), à savoir

  • le groupe d’études Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas),
  • la SFTG (Société de Formation Thérapeutique du Généraliste) et
  • le Département de Médecine générale de la Faculté de médecine de Bobigny
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Sauvons la librairie Lady Long Solo ! Halte à la destruction des librairies indépendantes! Pétition à la Mairie du 11ème

Certes, ce n’est pas le sujet du blog. Mais j’ai toujours aimé les librairies de quartier, qui néolibéralisme culture disparition,lady long solo librairie pétition,librairie indépendante livre néolibéralisme,édiction livre culture capitalisme financier,paris librairies de quartier,accès à la culture prix argent,sauver librairies indépendantes,consommation biens culturels capitalisme,culture consommation loisirs capitalismeont une âme, une vraie individualité, et sont des lieux de rencontre entre amateurs de culture. Ce sont de telles librairies, ainsi que des bibliothèques, qui m’ont donné le goût de la lecture. Et je serai toujours prête pour toute action visant à défendre les bibliothèques publiques et les librairies de quartier.

Si on laisse faire, chaque établissment culturel et tout ce qui a trait à la culture, ainsi que ses médiateurs, disparaîtront peu à peu, chacun de façon isolée, donc moins visible. C’est le sort réservé à la culture par un néolibéralisme qui n’en a que faire, en tout cas de celle qui sort du strict commerce. Pour l’idéologie néolibérale, la culture au sens propre du terme est dangereuse, puisque des individus cultivés, informés et qui agissent donc en connaissance de cause, en citoyens avisés, sont plus difficiles à dompter et à réduire au stade de travailleurs obéissants et de consommateurs de loisirs et de divertissements de type émissions TF1.

J’appelle tous les amateurs de la culture, tous les opposants à la tendance actuelle qui transforme Paris en une juxtaposition de monuments envahis par les touristes, quartiers sans âme, bureaux, boutiques et restaurants et fast-food, où les logements hors de prix ne laissent à terme que les plus fortunés, à signer la pétition demandant une préemption municipale par la mairie du 11ème arrondissement. Il suffit de cet acte pour que la librairie « Lady Long Solo » (38 rue Keller, Paris 75011), lieu de rencontres et d’échanges culturels, continue à faire le bonheur du quartier, par son choix indépendant et éclairé de livres permettant à des petits éditeurs, snobés par les granges enseignes, de se faire connaître et de continuer à publier de la bonne littérature, écrire en dehors du cirque médiatique.

Si nous ne faisons rien, Lady Long Solo, incapable de payer des loyers prohibitifs, tombera dans les mains de promoteurs qui en feront une boutique de fringues, dont le quartier regorge déjà…

Voici le texte de la pétition. Merci de diffuser largement !

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« Sarkozy, bilan de la casse ». « L’abécédaire des maux du sarkozysme ». Constats et propositions de la Fondation Copernic

Les éditions Syllepse viennent de publier (en février 2012) l’ouvrage « Sarkozy : bilan de la casse », nicolas sarkozy bilan réformes,sarkozy bilan de la casse,abécédaire des maux du sarkozysme,néolibéralisme communication image politique,campagne éléctorale nicolas sarkozy programme,économie réformes protection sociale,fondation copernic nicolas sarkozy propositions,nicolas sarkozy chômage santé pouvoir d'achat,media lobbying communication influencedans la collection « Les notes et documents de la Fondation Copernic » (144 pages, 7 euros) ; le même texte est disponible aussi sous forme de hors série de l’Humanité sous le titre « L’abécédaire des maux du sarkozysme ».

C’est un ouvrage à lire impérativement, afin de voter en connaissance de cause et de ne pas (ou ne plus) se laisser endormir par les berceuses d’une équipe à laquelle il faut reconnaître un grand mérite : elle est inégalée en communication. Cette communication se fait grâce à l’emprise sur des media serviles – soit par conflits d’intérêts, soit par autocensure -, où le journalisme d’investigation n’existe plus. Ces media nous désinforment en habillant (à peine) les communiqués de presse reçus des lobbyistes et autres agences de communication travaillant pour les industriels et autres « acteurs de la vie économique », acteurs de ce monde des affaires – dans tous les sens du terme – que Nicolas Sarkozy voulait promouvoir en allégeant le droit des affaires, par exemple pour ne plus embêter des entrepreneurs aussi exemplaires que les laboratoires Servier par des lourdeurs administratives et autres contrôles.  

Cette communication fabrique l’opinion par des méthodes d’influence et de persuasion pourtant bien connues, mais néanmoins toujours aussi efficaces, dans un monde où, justement, c’est l’opinion qui domine, car l’avis en connaissance de cause ne peut plus se former, la citoyenneté ne peut plus se construire et s’exprimer, puisque cette emprise empêche l’espace public politique (la Öffentlichkeit des philosophes) de se construire.

Nous finissons par reprendre, comme si c’était notre avis mûrement réfléchi, l’essentiel de la désinformation que l’on nous sert à toutes les sauces : Nicolas Sarkozy aurait sauvé l’Europe… en cautionnant la pseudo-politique économique qui ne sert que les intérêts de l’Allemagne et finira par mettre l’Europe à genoux ; il aurait « moralis[é] le capitalisme »… d’une façon qui démonétise le mot « morale » tout comme le mot « réforme », jusqu’à les rendre synonymes de régression, d’involution sociale, de collusions, copinages, conflits d’intérêts… Et ainsi de suite.

[Parenthèse sans rapport avec le livre: j’ai essayé de contribuer un peu, sur ce blog et ailleurs, à l’analyse des exploits de Nicolas Sarkozy et de son équipe en matière de conflits d’intérêts, lobbying et collusions avec l’industrie pharmaceutique et les « industries de la santé » (le terme même en dit long…). Pour ce qui est des collusions avec les industriels intervenant dans tous les aspects de la prise en charge des personnes âgées (maladie, assurances et mutuelles, maisons de retraite…), j’ai publié en mars 2009 une longue analyse des relations étroites de Nicolas Sarkozy et de ses frères avec ceux qui font du profit sur le dos de nos grand-parents. L’article, largement repris depuis 2009 par les rares media indépendants, s’appelle « Conflits d’intérêts des frères Sarkozy, plan Alzheimer et mutuelles obligatoires pour le profit de Sanofi et des assurances ».

Ce n’est que l’une des mailles du filet, en matière de santé, mais elle est typique et aide à comprendre quelle est la vraie raison de certains choix économiques – franchises médicales et autres ponctions des patients, maladie d’Alzheimer comme priorité de santé publique, partenariats public/privé, restructuration de la recherche publique… – qui favorisent les intérêts privés et les profits des industriels, mais nous sont présentés par la communication comme relevant des meilleures intentions de promouvoir la santé publique et d’un volontarisme politique inégalé. Il en va de même pour la loi de Xavier Bertrand, de réforme de la chaîne du médicament, introduisant certaines mesures cosmétiques dues de longue date, compte tenu du retard français en la matière, mais qui ne changeront en rien la nature structurellement pharma-amicale de notre système de santé et de soins, donc les risques pour la santé publique. (Voir les billets sur tous ces sujets à partir de la liste des catégories à gauche de la page.)]

Nous sommes désinformés en permanence. Aussi, lorsque des analyses indépendantes arrivent à voir le jour, il faut impérativement les lire. Lisons ce bilan de Nicolas Sarkozy, de son gouvernement et son administration, cet ouvrage que l’Humanité présente comme un « manuel de campagne » : « De A à Z, les principales mesures du quinquennat sont décryptées par 64 auteurs réunis par la Fondation Copernic. De AAA à Vidéosurveillance, en passant par Bouclier fiscal, Gandrange, Enseignants, Roms, RGPP ou encore Kadhafi, près de 130 mots sont rassemblés dans ce hors série que l’Humanité publie en partenariat avec la Fondation Copernic. Les auteurs, pour l’essentiel des responsables d’associations, de syndicats, des acteurs et chercheurs du mouvement social, passent au crible le bilan du quinquennat, de A à Z. »

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Pauvreté en hausse, accès aux soins en baisse. Les médecins gardent revenus et privilèges

Le 30 août 2011, l’Observatoire des inégalités a publié un point d’information sur la hausse de la pauvreté en France, revenus médecins,dépassement d'honoraires encadrement,pauvreté hausse 2011,insee hausse pauvreté,inégalités sociales en santé,accès aux soins inégalité pauvreté,déserts médicaux démographie médicale,médecine libérale loi fourcade,secteur optionnel honoraires tarifs,médecine générale revenus honoraires,médecine libérale droite clientélisme politique,lobby médecine libérale,michel chassang lobby médical libéral,assurance reposabilité médecins,cmu refus testing médecine libérale,loi hpst médecine libérale accès aux soinsbasé sur la dernière étude de l’Insee. (Dessin Rodho, entre la réalité et le rêve…). 

Je l’évoque dans ce billet d’humeur, spontané, en continuité avec tout ce que j’ai écrit sur la rupture du contrat républicain entre usagers et médecins, du fait des démarches corporatistes des médecins, à l’exception du mouvement des psychiatres contre la Nuit sécuritaire (Collectif des 39). Je ne peux plus lire la presse médicale gratuite, ces litanies continuelles où il n’est question que d’argent – celui des professionnels de santé uniquement – et de défendre des privilèges. Les syndicats médicaux savent parfaitement y faire. S’il faut lire les communiqués du CSMF, il faudrait penser à prendre un antiémétique en « prévention », mot à la mode.

Le lobby médical en général est très puissant et fort influent auprès des élus. On a vu ce que cela donne avec le détricotage de la loi HPST, et je rappelle plus bas en détail que tout ce qui pouvait aller dans le sens des droits des patients et d’un accès égalitaire aux soins a été éliminé.

La droite « responsabilise » les usagers, qui paient toujours plus ; par contre, les médecins, eux, ne sont jamais responsables de rien. Alors sont-ils irresponsables?

On commencera à vraiment changer le système et prendre des mesures concrètes pour empêcher la corruption ordinaire et les scandales sanitaires du genre du Médiator lorsqu’il n’y aura plus de corporations et autres ordres et groupes d’intérêts qui s’autorégulent (sic). Le premier pas, c’est l’abolition de l’ordre des médecins, rétabli sous Vichy en violation des principes républicains et de la loi commune, et l’obligation pour tous les professionnels et industriels de devenir enfin responsables de leurs actes et se soumettre à la loi commune.  

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Les malades non rentables oubliés en dehors catastrophes sanitaires médiatisées

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Combien de catastrophes sanitaires passent inaperçues? Que sait-on des catastrophes quotidiennes, silencieuses, qui se déroulent derrière la porte à côté? Que sait-on des conditions de vie des handicapés, des difficultés des malades chroniques, des personnes âgées vivant dans la misère et sans aucune aide? Mais que sait-on en fait de toutes ces personnes qui ne sont pas télégéniques: les chômeurs, les RMIstes et autres êtres humains vivant dans des conditions extrêmes, qu’on désigne par des euphémismes (« disqualification sociale », « déclassement », « en dessous du seuil de pauvreté », « exclusion », etc. Et puis par ce comble d’hypocrisie: « les personnes défavorisées »…).

Passer à la télévision, c’est devenu synonyme d’exister, et bon nombre d’individus se prêtent au jeu. Mais ceux qui forment le public des émissions sont des jeunes standardisés ou des sans âge liftés par la médecine esthétique et conservés par une médecine dont la fonction principale ne semble plus être de soigner des maladies, mais de les empêcher à tout prix, y compris au prix de la santé. S’occuper des bien portants, figer dans leur trentaine lisse ces jeunes cadres dynamiques, semblables à leurs voisins et désespérément normaux, voilà ce que fait de plus en plus notre médecine, puisque c’est cela qui est « rentable ». A condition que les patients soient solvables, bien entendu, et aux tarifs voulus. Qu’il faudrait accepter sans moufter, puisque la santé n’a pas de prix, comme le laissait entendre un commentateur dans une pitoyable tentative de rationalisation des dérives commerciales de bon nombre de médecins.

Ces jeunes qu’on voit dans les media n’ont rien à voir avec « le peuple réel »: celui qui peuple les coins d’ombre et illustre le revers de la médaille. Pourtant, ce sont ces personnes-là qui devraient être les vrais patients d’une médecine qui ne serait pas en train de perdre son âme et tout repère moral à force de ne plus penser qu’en termes de rentabilité et de profits. La médecine comme les media ont tendance à oublier la réalité et à la mesurer à l’aune d’une normalité fictive qui n’est qu’une représentation idéologique. Et gare à ceux qui n’entrent pas dans les cases… ou dans la boîte! Ne pas faire la une veut dire crever en silence, dans une longue déchéance, un silence et une solitude qui font douter du sens du mot « humanité ». Aussi ce dessin et cette photo vont-ils bien au-delà de l’exemple concret des malades parqués dans des services hospitaliers non rentables ou littéralement traités comme des déchets.
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Image: Blog de Janine Thombrau Mots pour maux
Ces images nous donnent à voir non pas la déchéance de telle personne du fait de la maladie ou de la pauvreté, mais notre déchéance morale à nous tous. C’est un miroir qui nous est tendu à nous qui formons ce qui devrait être une collectivité républicaine. Que nous sommes hideux, derrière tous les vernis, les masques esthétiques et le bling bling, et derrière cette représentation de plus en plus anachronique de mission publique et humaniste de la médecine et des hôpitaux publics!
 

Le triomphe du néolibéralisme ou « l’impasse de la globalisation »: économie autonome, politique et principes qui structurent l’humanité abolis, selon Freitag

Je ne me sers jamais de Wikipédia, mais l’article consacré à Michel Freitag contient des extraits écrits par quelques-uns de ses élèves, etFreitag Impasse 2.jpg c’est une assez bonne introduction à l’oeuvre de l’un des sociologues les plus marquants de notre temps, formé aussi en droit et en économie, ainsi que – comme j’ai eu le privilège de le constater en direct – en philosophie. J’aime cet esprit d’interdisciplinarité, et Freitag est l’un des rares penseurs francophones qui l’incarnent réellement et qui nous le transmettent le mieux à nous autres, apprentis en philosophie sociale ou en sociologie théorique.

En 2008 est paru chez Ecosociété à Montréal le livre « L’impasse de la globalisation. Histoire sociologique et philosophique du capitalisme. Propos reccueillis par Patrick Ernst« , 400 pages, 30 €. Pour simplifier, je cite ici la présentation de l’éditeur, mais vous invite à acheter et lire cet excellent livre, à demander aux bibliothèques d’en faire l’acquisition, pour contribuer à briser cette autarcie théorique franco-française, qui voit rarement au-delà de son nez… Nous avons beaucoup à apprendre de Freitag et de ses livres, et l’un de ses nombreux mérites et de n’avoir jamais cédé aux sirènes de la sociologie empirique et autres pragmatismes et philosophy of mind… Voilà un continuateur, en toute originalité, de l’esprit de la Théorie critique – qui a pratiqué la sociologique dialectique avant Michel Freitag, n’en déplaise à ses élèves -, aux côtés de penseurs tels Richard Sennett ou Zygmunt Bauman. Et la Théorie critique, c’est home, sweet home, pour moi…

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Innovative Medicines Initiative : la Commission européenne et EFPIA s’allient pour dévaliser la recherche et les deniers publics

J’ai proposé dans cette note de nominer le syndicat européen de l’industrie pharmaceutique (EFPIA) et le commisaire Günter Verheugen pour les prix du lobby le plus néfaste et de la personnalité européenne traînant le plus de casseroles (pardon, conflits d’intérêts). Prix décernés par Corporate Europe Observatory à la suite du vote du grand public, qui débutera le 20 octobre.

Et voici une nouvelle occasion de voir à quel point ces deux-là méritent d’être couronnés… Dans l’éditorial traduit dans la note précédente, Nature Neuroscience donnait comme exemple à suivre un projet de la Commission européenne dont je n’avais pas encore entendu parler : Innovative Medicine Initiative (IMI). Une recherche rapide a suffi pour voir à quel point l’immense écran de fumée publicitaire cache une autre manoeuvre d’EFPIA, cette fois-ci pour utiliser l’argent public – nos impôts, autrement dit – à des fins de profits privés. Le projet donne à l’industrie pharmaceutique aussi la possibilité de s’approprier les résultats des équipes publiques de recherche. Pas si directement que cela, bien entendu…

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Leçons du livre « Le système des inégalités »: une société structurée par ses divisions et ses hiérarchies socio-économiques

Alain Bihr et Roland Pfefferkorn. Le système des inégalités, Ed. La Découverte (collection Repères), 2008, 128 pages, 8,50 euros.  1936865541.gif

Une analyse systémique des inégalités qui permet de montrer qu’elles ne sont pas des épiphénomènes, mais résultent des structures portantes de la société française, qu’elles contribuent à reproduire. L’analyse met en évidence à quel point une inégalité entraîne l’autre, qu’elles sont non seulement cumulatives, mais se renforcent, se potentialisent mutuellement. Et se reproduisent de génération en génération. De quoi ouvrir les yeux de ceux qui pensent en termes de « tissu social », comme si la trame avait jamais existé ailleurs que dans l’idéologie. Rappelons que Pierre Bourdieu n’avait pas cessé de dénoncer les écrans de fumée. Il a été soit attaqué soit snobé pour avoir osé douter de l’ascenseur social et parler en termes de classe et de reproduction…

Je me demande bien ce que peuvent avoir en commun le patron de multinationale et la caissière ou l’ouvrier auxquels le principe de productivité/rentabilité/compétitivité interdisent la pause pipi. Cette interdiction étant le dernier cri en termes de « gestion » des « ressources » humaines, applaudi d’ailleurs par l’industrie pharmaceutique: le lean management dont nous avons parlé dans cette note. D’autres dimensions de la même problématique dans la note « La fonction sociale de la pauvreté et du chômage dans le néolibéralisme. Conseils de lecture« .

Voici un extrait du Système des inégalités. Quelques autres sont acessibles sur le site de l’Observatoire des inégalités, qui contient d’autres textes pertinents.

« En définitive, la représentation de la société française qu’autorisent les résultats de notre analyse du système des inégalités est bien celle d’une société à la fois segmentée, hiérarchisée et conflictuelle. Les divisions, inégalités et conflits qui la traversent opposent non pas des individus en tant que tels mais bien des groupements d’individus partageant précisément une commune position (à la fois objective et subjective) dans la société. Cette position commande leurs possibilités (inégales) de s’approprier, ou pas, avoir, pouvoir et savoir, conduisant à une accumulation d’avantages à un pôle et une accumulation de handicaps à l’autre pôle, processus sur la base desquels ces différents groupes entrent en lutte les uns contre les autres en s’organisant (plus ou moins) à cette fin. Dans ces conditions, les concepts de classes, de rapports de classes et de luttes des classes nous paraissent conserver toute leur pertinence pour l’explication et la compréhension de la persistance des phénomènes de segmentation, de hiérarchisation et de conflictualité au sein de la société française actuelle, comme plus largement dans l’ensemble des sociétés contemporaines. »

Documentaire « Le bien commun »: la logique marchande du néolibéralisme et ses lobbies détruisent les ressources naturelles et l’humanité

Cet excellent documentaire canadien réalisé en 2002 par Carole Poliquin sous le titre « Le Bien commun. L’assaut final » met à nu la tendance historique à l’autodestruction de l’humanité au moyen de ses (pires) produits technoscientifiques, façonnés par le néolibéralisme à des fins de profits privés incompatibles avec toute notion d’intérêt général ou d’intérêt public. Toutes les ressources naturelles sont privatisées et font l’objet de brevets et droits d’exploitation par des Monsanto, des Myriad Genetics et autres multinationales pharmaceutiques, agro-alimentaires, chimiques, ainsi que par les compagnies d’assurances et les prestataires privés de santé et de soins…

L’OMC (organisation mondiale du commerce) chaperonne l’ensemble et veille à ce que la spoliation faite par « la main invisible » du marché se fasse sous l’apparence de la légalité… Et avec cette marchandisation qui détruit tout bien commun, c’est l’idée même d’humanité qui disparaît. Très facilement, comme on l’apprend dès l’introduction: « Dieu créa le monde en sept jours. Quelques années plus tard (…), pour l’homme d’affaires, cette idée de biens communs constituait (…) l’ultime frontière le séparant de son but: transformer le monde entier en marchandise et proclamer enfin le marché total ». Ce ne sont pas les services publics qui vont résister à ce raz de marée… Pour les démolir, l’homme d’affaires, qui flaire dans la santé et ailleurs un filon de profits infinis, « organise patiemment la pénurie » et fait en sorte que les citoyens eux-mêmes se détournent des services publics perçus comme trop chers et inefficaces.

Comme le dit une intervenante vers la fin: les biens communs ne sont pas qu’une question de patrimoine: « Sans une notion de biens communs, nous ne survivrons pas ».

Voici le documentaire en plusieurs parties:

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La médecine comme outil biopolitique (contrôle social, normalisation, politiques hygiénistes…)

Ce texte de François Cusset se réclame de Michel Foucault, lui-même inspiré par les penseurs de la normalité médecine normalisation,contrôle social médecine médicament,individualisme néolibéral santé,politique hygiéniste biopolitique,médicalisation surmédicalisation,prévention abus de prévention,hyperactivité adulte,médecine différence anomalie normal,médecine prescriptive éthique,norme médicale norme sociale,tabac liberté maladie,médecine correction punition,théorie critique médicalisation,foucault médicalisation biopolitique,fonction sociale de la médecineThéorie critique (« Ecole de Francfort »). J’en reproduis les principaux fragments après une introduction beaucoup plus large, faite dans les termes de la Théorie critique, qui dénonce les méthodes biopolitiques par lesquelles le système procède à l’ajustement des individus aux rôles socio-économiques dont le système a besoin et évite toute remise en cause en psychologisant et en dépolitisant les problèmes et les symptômes ressentis par les individus ainsi formatés et programmés.

L’image renvoie au Panopticon imaginé par Jeremy Bentham: le modèle de la société disciplinaire parfaite, transparente, permettant une surveillance et un contrôle de tous les instants.

Les progrès de l’individualisme néolibéral se paient par une responsabilisation et culpabilisation de l’individu sommé de se comporter à tous les instants et dans toutes les dimensions de sa vie en parfait capitaliste qui soigne ses investissements, son « capital » (physique, mental…) et fait tout pour qu’ils donnent le meilleur rendement possible. Y compris dans le plaisir. Le Viagra et autres prothèses médicamenteuses (médicaments de confort, lifestyle drugs, etc.) sont là pour aider à améliorer la performance.

Il faut – dit l’idéologie néolibérale tellement bien intériorisée que l’individu pense faire acte de liberté – augmenter la productivité et la profitabilité, le rendement, la valeur du bien et ses peformances… Herbert Marcuse parlait en son temps du « principe de rendement ». Il est requis y compris s’agissant de son propre corps, objet de gestion, de maîtrise et de perfectionnement au moyen de diverses techniques taillées sur mesure pour permettre à la politique hygiéniste de s’insinuer partout, sous prétexte de prévention, revendiquée par la médecine préventive telle que la décrit David Sackett, couplée à une médecine prédictive (pensons au tout génétique mal vulgarisé) et à une médecine prescriptive, au sens éthique du terme, ou plutôt revendiqué comme tel par des médecins qui forgent des normes médicales qui deviendront des normes sociales, qui énoncent des préceptes dont la validité se veut morale, comme lorsqu’ils culpabilisent les femmes en émettant des injonctions sur l’allaitement présenté comme une démarche éthique, et non pas comme une pratique… 

L’allaitement est un exemple volontairement banal et quotidien. Pensons aux conséquences d’un discours moralisateur sur les femmes sommées de retourner à la maison pour le bien de l’enfant, dont l’avenir – le sien et celui de la planète – serait meilleur s’il portait des couches lavables et mangeait uniquement des aliments préparés par sa mère. 

La prévention, la référence à la santé publique, à la responsabilité de l’individu pour sa santé et celle de l’ensemble de la société semblent tout légitimer, toutes les interventions de contrôle social et de régulation (correction, substitut moderne de la punition) dans la vie des individus, toutes les injonctions prétendument éthiques et les « grammaires de comportement » pour les masses et autres bibles à suivre à la lettre, selon la description très juste d’Alain Ehrenberg.

Cet abus de prévention est lui-même générateur de maladies par la médicalisation (surmédicalisation et surmédicamentation) qu’il induit et qui fait courir des risques inutiles à une population bien-portante. Puisque outre la prévention qui régule les comportements estimés à risque selon des critères sociaux, l’autre façon de faire de la prévention se réduit habituellement à la prescription médicamenteuse (prévenir l’ostéoporose, l’infarctus, le diabète, bref, vider les pharmacies pour des maladies qui ne sont pas là), ce qui n’est jamais sans créer des effets indésirables… donc d’amener à nouveau les individus dans l’escarcelle de la médecine, qui pourra les surveiller et les « corriger » selon les dernières exigences sociales…

Le corps est un objet de marketing, puisqu’il faut savoir « se vendre », ce à quoi préparent tous les coachs, ces parfaits enseignants de l’adaptation aux rôles et aux exigences du marché néolibéral, qu’il s’agisse du marché du travail, du marché de l’amour, du marché de la santé ou d’autres rôles…

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Bientôt les sondes urinaires pour ne pas interrompre le travail ? Le « lean management », cher à l’industrie pharmaceutique

Dans un article du numéro de février 2008 de PHARMAnetwork, Sylvie Ouziel, Directeur Général de l’Activité Management Consulting France 717039920.jpget Benelux, pose la question stratégique cruciale pour l’industrie pharmaceutique : « Laboratoires : comment réamorcer la machine à créer de la valeur? ». Je pense que personne ne se trompe sur le sens du mot « valeur » : valeur d’échange, pas valeur d’usage. Valeur marchande, profit, valeur de l’action, etc. Tout cela compris comme une « machine ». Je le souligne au cas où il y aurait encore des personnes qui se feraient des illusions sur la nature de l’activité des multinationales pharmaceutiques et leur prêterait des intentions philanthropiques…

L’une des réponses est le « lean management », dont le site Logistique Conseil donne la définition suivante : « Ensemble de techniques visant à l’élimination de toutes les activités à non valeur ajoutée. « Lean » en français signifie « Moindre » ». Autrement dit, le principe du rendement et d’automatisation par élimination de toute humanité. PHARMAnetwork dit cyniquement que l’industrie pharmaceutique fait sienne cette orientation (et on verra où elle mène) : « Dans la tourmente des enjeux économiques et à la recherche constante de la maîtrise des coûts, les hommes et femmes de terrain ne restent pas inactifs. Pratique issue de l’aéronautique et de l’industrie automobile, le Lean management entre depuis quelques années dans nos entreprises et permet aux laboratoires d’être plus souples, d’accélérer les processus, de disposer de plus de capacité et d’optimiser la performance. Deux témoignages nous expliquent les enjeux de ces méthodes ou l’atout le plus précieux de l’entreprise : les hommes sont au coeur de cette nouvelle culture. »

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La fonction sociale de la pauvreté et du chômage dans le néolibéralisme. Conseils de lecture

Pas de pitié pour les gueux ! Sur les théories 1474208639.jpgéconomiques du chômage, par Laurent Cordonnier. Ed. Raison d’agir 2000, 124 pages, 5,70 euros. Présentation par Denis Gombert : « Le mal du siècle économique, c’est le chômage. Voilà une opinion partagée par le plus grand nombre. D’une certaine façon, des générations d’économistes nous ont appris à penser comme ça. (…) On voudrait nous faire croire que « le chômage est le produit de la paresse des travailleurs ». Allons même plus loin, qu' »il existe des chômeurs par choix rationnel ». Dans Pas de pitié pour les gueux, Laurent Cordonnier montre les crocs et gronde. Contre l’idée reçue que l’existence du chômage serait la faute des salariés. Très sceptique sur le prétendu équilibre rationnel de la loi du marché, l’auteur cherche à savoir à qui profite [le chômage]. Dans son essai économique très contestataire sur les mécanismes complexes du chômage, Laurent Cordonnier remarque que le stock des chômeurs est, comme par hasard, juste suffisant pour protéger les intérêts capitalistes… On en revient à la question première : à qui profite le crime ? Peut-on sérieusement soupçonner les chômeurs de tirer avantageusement parti des imperfections du marché du travail et leur faire porter si facilement le chapeau du chômage ? »

La question fondamentale est: quelle est la fonction sociale de la « pauvreté » ? Réponse à partir de l’analyse de Georg Simmel, fondateur de la sociologie de la pauvreté.

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Les mensonges du néolibéralisme ou La marchécratie à son oeuvre de prédilection: la casse sociale

076a0a3af2e4c1447208c3039bb313f0.jpgA première vue, le rapport de ce livre avec notre thématique habituelle n’est pas évident. Il est majeur, parce que quand on veut critiquer une situation factuelle, et ce au nom de ce qui devrait être, il faut que la critique puisse dévoiler l’idéologie qui est derrière ce qui se présente comme réalisme ou pragmatisme économique, s’agissant par exemple des franchises médicales, des privatisations et autres coups portés à la protection sociale. La critique radicale n’est-elle par celle qui s’attaque à la racine et la met à nu ? L’idéologie néolibérale – qui a les moyens de s’imposer, donc de se rendre vraie, puisque sa position dominante lui permet d’exclure d’emblée toute alternative, même sur des détails – déforme la réalité pour présenter ses régressions programmatiques comme incontournables et salvatrices, faute de quoi le pays entier serait menacé… Au plus tard à ce moment, vous, lecteur, avez déjà fait le parallèle avec la façon de faire de l’industrie pharmaceutique : sans nous, sans ce médicament, c’est la fin, le chaos, la mort… Chaque domaine – l’industrie chimique, agroalimentaire, pétrolière, militaire, etc. – applique l’idéologie qui les porte tous en idéalisant le profit comme moteur et fin de l’économie. Or celle-ci doit être descendue de son piédestal ; elle est un moyen pour autre chose, pour des fins définies par la société, et non pas une fin en elle-même ! Mais chut ! Il ne faut pas le dire. A la médecine et à l’industrie pharmaceutique non plus… Certains auraient du mal à supporter l’idée que les patients ne sont pas là pour eux (et leur business), mais l’inverse… L’horreur…

Voici le compte-rendu fait par Elena Pasca de l’excellent livre de l’économiste Michaël Lainé, Les trente-cinq mensonges du libéralisme ou comment réfuter les idées reçues de l’économiquement correct. (Albin Michel 2002).

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