Le Dr Knock après neuf décennies. Le prophétisme de Jules Romain

Par le Pr Pierre Biron

(présentation à la fin de l’article)

La petite histoire de la pièce

L’écrivain et dramaturge Jules Romains n’avait pas convaincu la Comédie française, mais quand le comédien Louis Jouvet lut la pièce, il en fut enthousiasmé, lui qui avait été pharmacien avant d’embrasser la scène. Au fil des répétitions, Romains le convainquit d’être lui-même, courtois, sarcastique et sûr de lui. Lors de la création à la Comédie des Champs-Élysées, l’auditoire est si enthousiasmé que le célèbre André Gide s’empresse d’aller féliciter Jouvet dans sa loge. Jouvet s’est investi dans le rôle au point que cette pièce remplira sa carrière comme acteur et scénariste : plus de 1440 représentations et finalement, deux films dont le second lancé en 1951.

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« Maladies à vendre »: documentaire et conférence-débat sur le façonnage de maladies

La 12ème édition du festival Sciences en Bobines – organisé chaque année par Sciences Citoyennes bat son plein dans 26 villes. Le programme complet est disponible sur le site du festival.

A l’invitation de Madame Josette Pouget, de l’association Peuple et Culture, j’aurai le plaisir d’intervenir le mercredi 19 octobre à Tulle, pour une conférence-débat avec le public, après la diffusion du documentaire « Maladies à vendre », réalisé par Anne Georget et Mikkel Borch-Jacobsen.

Après les informations pratiques, explique la médicalisation et le disease mongering, donne des liens puis une liste de livres de référence sur ces sujets et ceux sous-jacents. 

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Surmédicalisation, sous-médicalisation, surdiagnostics et surtraitements – programme du colloque 3 et 4 mai à Bobigny

Le groupe Princeps organise, en coopération (pour la logistique) avec le Département de Médecine Générale de la Faculté de médecine de Bobigny et la Société de Formation Thérapeutique du Généraliste:

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2ème colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements ». Ateliers et appel à contributions (3 et 4 mai 2013 à Bobigny)

Le groupe Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas) organise les 3 et 4 mai 2013 le deuxième colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », à la Faculté de Médecine de Bobigny. Pour la logistique, le groupe Princeps collabore avec le Département de Médecine générale de la Faculté de Médecine de Bobigny et avec la SFTG.

A partir de cette page, vous pouvez accéder aux actes du colloque – textes complets, powerpoints, comptes-rendus, graphiques… – et à toutes les informations concernant le premier colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », qui a eu lieu les 27 et 28 avril 2012 à Bobigny, avec les mêmes organisateurs.

Les introductions détaillées que j’ai faites sur plusieurs pages, portant sur la médicalisation et la surmédicalisation, restent toujours d’actualité, tout comme le communiqué de presse et les autres documents collectifs.

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Disease mongering: fabrique de malades, façonnage de maladies… Débat du 23 novembre (festival Sciences en Bobines)

La 8ème édition du festival « Sciences en bobines », organisé par la Fondation Sciences Citoyennes, a lieu actuellement dans plusieurs villes. Des documentaires sur des thématiques diverses sont projetés et suivis de débats avec des intervenants ayant travaillé sur ces questions. Le programme complet et les informations pratiques (lieu, heure, accès…) sont sur cette page

Le vendredi 23 novembre, j’aurai le plaisir de débattre avec Dominique Dupagne sur le disease mongering (façonnage de maladies, invention de maladies,…), après la projection du documentaire « Maladies à vendre », présenté plus bas. 

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« Selling sickness. People Before profits » : conférence internationale sur le disease mongering (février 2013)

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Du 20 au 22 février 2013 aura lieu à Washington la conférence internationale « Selling sickness : People before profits » (Vendre des maladies. Pour que la santé l’emporte sur les profits). Le site décrit l’historique, les objectifs, les grands thèmes, les organisateurs… Il y a aussi un appel à contributions (à envoyer avant le 1er octobre 2012).

Elle s’inscrit dans la série qui a débuté en avril 2006 par la conférence « Selling Sickness » à Newcastle (Australie). Les actes sont accessibles dans la collection « Disease mongering » de la revue indépendante PLoS Medicine.

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Actes du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements » 2012. Atelier N° 2: Causes et sources de surmédicalisation

Outre les contributions à l’atelier N° 2, ce texte contient aussi deux documents fort bien faits et édifiants, réalisés par le Dr Monique Debauche, psychiatre à la Free Clinic de Bruxelles, membre du GRAS (Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé). Il s’agit d’une suite de publicités et autres images qui illustrent l’évolution de la médicalisation et surmédicalisation des femmes, en particulier sous l’angle psychologique et psychiatrique.

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Actes du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements »: les comptes-rendus des ateliers (causes, formes, enjeux, médicaments essentiels…)

Les 27 et 28 avril 2012 a eu lieu à la Faculté de médecine de Bobigny le colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », co-organisé par le Groupe Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas), le Département de Médecine générale de la Faculté de Bobigny et la SFTG (voir le programme).

Conceptualiser pour faire comprendre les enjeux pour tous les citoyens

A ceux qui n’en ont pas encore eu connaissance, je conseille de commencer par cette page de présentation du colloque et des ateliers, avec mon introduction détaillée sur les enjeux et l’importance d’une prise de conscience globale, par l’ensemble des citoyens, de l’omniprésence de la surmédicalisation, de ses causes, formes et conséquences, de ses risques pour notre santé individuelle et publique, tout comme pour le système public solidaire de santé et de soins.

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Claude Béraud ou la négation de la morale en médecine

« La médicalisation de la santé et du mal-être » (III): « Les malades sans maladie »

Texte retiré le 7 janvier 2016.

Je posterai le vrai travail de Claude Béraud, sans ma réécriture.

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Ajout posté le 29 octobre 2016. C’est une réaction spontanée, une première façon de faire ma mea culpa, parce que mon besoin de croire à l’existence de médecins qui seraient au-dessus de la mêlée, capables de mettre en oeuvre des principes moraux, m’a menée à croire le discours victimisant de Claude Béraud et à chercher des excuses à ses dérapages. De plus, lorsque j’ai mené la campagne de communication – allant jusqu’à demander à des gens de poster des commentaires à ses textes, parce qu’il se plaignait de ne pas susciter de réactions -, je n’avais pas lu ce qu’il avait écrit auparavant, ce qui relève d’un sexisme de la pire espèce, caché sous des dehors de sollicitude. La logique comptable le poussait à limiter les examens au strict minimum et à déclarer qu’il s’agissait de névrose dès qu’il y avait des symptômes digestifs qui n’étaient pas immédiatement diagnosticables par lui, ce qui implique aussi un total manque d’humilité quant aux limites de ses connaissances et quant aux limites de la médecine en général. 

J’ai retiré les autres textes et posté quelques autres réactions spontanées à leur place. J’ai d’autres impératifs pour les mois à venir, mais viendra le moment où l’image de Claude Béraud collera non pas à ce qu’il veut que l’on pense, mais à ce qu’il a vraiment fait et dit. Tout est documenté, ce qui permet de s’en tenir aux faits.

*

Je n’ai jamais donné à Claude Béraud l’accord d’utiliser mon travail sur ses textes en dehors de Pharmacritique et lui demande donc de faire disparaître toute trace de ce travail. Qu’il poste ce qu’il veut de ce qu’il a écrit lui, mais rien venant de moi.

J’ai eu tort de sortir Claude Béraud de l’oubli et de sa dépression (puisque plus personne ne le lisait et qu’il n’avait plus le pouvoir de semer la zizanie, comme il l’avait fait avec les médecins et dans ses livres qui psychologisent à outrance). J’ai eu tort de redorer son blason, de l’aider à se remettre à écrire, de réécrire ses textes et, surtout, de faire une telle campagne de communication parlant de lui comme d’un modèle, d’une référence, surtout en termes d’éthique et de morale. Par son comportement répété, mais aussi par ce qu’il a écrit avant le dernier livre très consensuel et dont les textes ont été retravaillés par d’autres personnes – et près d’un tiers du livre se compose du texte sur la surmédicalisation réécrit par moi -, Claude Béraud est l’exacte négation de la morale. Preuves à l’appui, ce qui me permettra de transcrire ses propres dires, montrant le vrai visage d’un homme qui pense en comptable, qui calcule comment exploiter encore plus quelqu’un qui peut encore lui servir. Lâchant quelques excuses de temps à autre, pour mieux renforcer la manipulation.

Le comportement de Claude Béraud me donne envie de vomir. Aussi au sens propre du terme, lorsqu’il a décrit très longuement sa déchéance, de façon répétitive et jusque dans des détails scabreux totalement indécents, pour se servir même de cela dans sa tentative de m’asservir à nouveau pour un livre dont apparemment personne ne veut sans une réécriture et une refonte des plus de 900 notes pour plus de 400 pages (en octobre 2015, car depuis, j’ai laissé tomber mon idée de lui donner une énième occasion de s’excuser, de rectifier le tir, de corriger au moins ce qui m’a été directement préjudiciable. La nausée est trop forte. Mais je dois en parler – et le ferai en détail, malgré la nausée – parce que j’ai induit les lecteurs en erreur et, en redorant son blason, j’ai permis à Claude Béraud de revenir sur le devant de la scène. Il en voulait plus, toujours plus, et j’aurais dû comprendre que quelqu’un d’aussi calculateur n’allait pas s’arrêter de lui-même alors qu’il avait à sa disposition quelqu’un comme moi, qui, en plus d’un altruisme versant dans la connerie par manque de limites, s’est laissé manipuler par le discours de victime, par l’âge et l’invocation de la déchéance, par cette image d’une oeuvre à transmettre.

*

Claude Béraud, retirez tout ce qui vient de moi, tout apport à vos textes. Affichez-vous avec ce que vous êtes, ce dont vous êtes capable tout seul. Et si vous n’êtes pas capable tout seul, alors appliquez-vous ce que vous avez dit des autres. J’ai assez donné.

Votre comportement et votre opportunisme me donnent envie de vomir. 

Antidépresseurs : nombreux risques pour une efficacité controversée dans une dépression marchandisée

Antidépresseurs : l’overdose

Aldous Huxley imaginait dès les années 30 le médicament parfait, appelé Soma, qui crée un bonheur artificiel, émousse les émotions et pensées inadaptées par rapport aux normes sociales et devient ainsi un outil efficace de contrôle social. C’est le moyen idéal pour les tenants de la biocratie, l’une des formes de biopolitique (Michel Foucault) qui implique la médicalisation de l’existence, pour discipliner corps et esprits, normaliser les individus « déviants » à coups de camisoles chimiques et de bonheur standardisé. La psychiatrie ainsi dévoyée devient une gardienne de l’ordre socio-économique [1].

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MacStatine: Statines chez Mc Donald’s et simvastatine sans ordonnance en prévention cardiovasculaire

Mac Statin, c’est ainsi que les auteurs eux-mêmes, puis The Heart et la presse généraliste (The Guardian, The Telegraph…) ont appelé cette démarche de médicalisation et abus de prévention de quelques cardiologues britanniques, qui ont publié cette proposition en août 2010 dans le American Journal of Cardiology. L’illustration est donnée par les auteurs dans la version intégrale de l’article, qui ne contient d’ailleurs aucune déclaration d’intérêts, comme un exemple de campagne d’éducation. Nouveau concept de prévention : « je neutralise le cholestérol [par la statine] »…

J’évoque l’affaire de la MacStatine en détail, donne des extraits du texte, puis rappelle quelques problèmes posés par les statines, ainsi que l’analyse du Pr Joël Ménard (pour la SFSP) du choix britannique de laisser la simvastatine 10 mg en automédication, en vente libre dans les pharmacies, et de l’opportunité ou non de suivre cet exemple en France.

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DSM, disease mongering et conflits d’intérêts en psychiatrie. Boris Cyrulnik sur les « fausses maladies »

Une polémique récente aux Etats-Unis, évoquée par la revue Books de février 2011, relance la controverse autour du disease mongering DSM IV.jpg (façonnage de maladies : voir les articles à ce sujet à partir de cette page), car l’ancien directeur du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) en vient enfin à critiquer ce qu’il a lui-même cautionné, ce que tous les critiques ont déjà largement exposé : pour satisfaire l’industrie pharmaceutique, les experts chargés de la rédaction de cette « bible » des psychiatres font du disease mongering. Ils recyclent et renommes d’anciennes maladies pour les rendre plus attrayantes et plus rentables, ils inventent des maladies douteuses, appelées vaguement « troubles » pour la plupart.

Dans un entretien vidéo repris plus bas, Boris Cyrulnik commente le disease mongering et l’emprise de l’industrie pharmaceutique.

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Misogynie culturelle et médicale. Livre de Guy Bechtel « Les quatre femmes de dieu ». Exemples de surmédicalisation des femmes: endométriose, statines…

L’une des fonctions essentielles de l’éclairage historique du présent est circonscrite par la formule de Vladimir Jankélévitch: « le déniaisement par l’histoire »… Pourquoi? Pour apprendre comment des faits sociaux se sont agrégés de telle façon plutôt que d’une autre, apprendre à quoi les luttes des féministes nous ont arraché(e)s et dans quelle nuit nous risquons de retomber peu à peu si nous ne prenons pas conscience du fait que la libération des femmes est un processus, une lutte de tous les jours, et non pas un état acquis une fois pour toutes.

On parle des femmes portant la burqa, torturées physiquement, éliminées… Et les images nous détournent de l’abîme tout aussi inacceptable qui existe toujours chez nous – qui prétendons pourtant être progressistes et éclairés, sortis de la barbarie – entre les droits des femmes et ceux des hommes. Le livre de Guy BECHTEL « Les quatre femmes de dieu: la putain, la sorcière, la sainte & Bécassine » (Plon 2000, puis rééditions chez Pocket) éclaire le présent en retraçant l’histoire des tortures morales, des humiliations et contraintes infligées aux femmes par le christianisme, particulièrement dans sa variante catholique. Elles sont une conséquence de la diabolisation des femmes, considérées comme des êtres maléfiques et impurs, comme la racine de tous les maux, ce qui justifierait qu’elles subissent à l’infini des punitions toujours plus sophistiquées, qu’elles restent à l’état de minorité et d’incapacité civile et fassent l’objet d’une surveillance et d’un contrôle omniprésents.

Il faut rappeler que la médecine a de tout temps contribué à opprimer les femmes. La féminisation du corps médical ne change rien à cette oppression fort bien enracinée dans la doctrine comme dans les pratiques conscientes ou pas, et qui s’exercent par l’instrumentalisation du corps des femmes et son contrôle.

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Jörg Blech, « Les inventeurs de maladies » ou les mécanismes du pharmacommerce de la peur : disease mongering et fear mongering

On ne peut pas parler du façonnage des maladies / disease mongering sans recommander la lecture de l’ouvrage de Jörg Blech, Les Blech Babel.jpginventeurs de maladies. Manoeuvres et manipulations de l’industrie pharmaceutique, paru en 2005 chez Actes Sud et réédité cette année chez Babel.


Martin Winckler saluait « un livre salutaire » qui « explique comment l’industrie pharmaceutique a, entre autres : imposé la baisse arbitraire des normes de cholestérol pour que des gens parfaitement normaux aient l’air malade ; fait naître la terreur de l’ostéoporose chez les femmes ménopausées afin de favoriser la consommation de médicaments destinés à « prévenir les fractures » ; manipulé l’opinion afin d’élargir la consommation de médicaments destinés à « traiter l’impuissance masculine » ; surmédicalisé les femmes, les enfants et les personnes âgées, etc. « 

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Médicalisation des femmes, traitement hormonal substitutif et conflits d’intérêt de l’AFEM

Il s’agit d’un montage mettant l’accent sur les conflits d’intérêts. La version intégrale de cette vidéo est sur cette page : « Le médecin, les hormones et la ménopause ».

Au nom de standards de normalité abstraits et au nom d’une prévention réduite à la seule prise de médicaments, les femmes sont médicalisées et surmédicalisées, leur corps, leur santé et leur psychisme deviennent des marchandises, uniformisées, normalisées en extirpant toute différence épinglée comme une déviance à traiter. Grâce au dévoiement de la fonction sociale de la médecine. Comme d’autres instances, elle s’est parfaitement adaptée au néolibéralisme et s’est mise à son service en tant qu’agent de contrôle social.

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Uffe Ravnskov: une révision indépendante des directives sur le cholestérol et les statines s’impose

Mise à jour:

Merci pour les critiques formulées dans les commentaires. Uffe Ravnskov est un militant, il cholestérol mortalité,cholestérol facteur de risque,diabète traitement bénéficesrisque,statines efficacité cholestérol,cholestérol maladies coronariennes,cholestérol accident vasculaire cérébral avc,thincs cholestérol,statines effets secondaires,hypercholestérolémie familiale statines,uffe ravnskov,statines femmes,prévention cholestérol,facteurs de risque maladies cardiovasculaires,statines conflits d'intérêtsformule une critique radicale de la cholestérolisation des maladies cardio-vasculaires.  Je pense qu’il faudrait lire son texte comme l’inverse symétrique du « tout cholestérol » / « tout statines » de l’industrie pharmaceutique – et exiger comme lui une révision des recommandations en matière de cholestérol, biaisées du fait de nombreux conflits d’intérêts. Mais, en effet, les propos sont controversés s’agissant de l’hypercholestérolémie familiale, où le traitement est essentiel, comme je l’ai dit en reprenant Arznei-Telegramm.

 

Dans le British Medical Journal du 20 septembre, Uffe Ravnskov, porte-parole du réseau THINCS (critique du « mythe du cholestérol »), répond par une lettre concise à un article portant sur l’hypercholestérolémie (excès de LDL cholestérol) et ses traitements à tout va : Should medical science ignore the past? (La science médicale peut-elle ignorer le passé, BMJ 2008;337:a1681, accès restreint).

Voici une traduction de la lettre :

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Femmes et statines: faire peur pour ériger le cholestérol en maladie et vendre sciemment des médicaments inefficaces

Comment le cholestérol, facteur de risque parmi tant d’autres, est-il devenu l’ennemi public statines inefficaces femmes,cholestérol facteur de risque traitement statines,cholestérol statines marketing pharmaceutique,statines prévention primaire efficacité,statines cholestérol mortalité,facteurs de risque cardiovasculaire,surmédicalisation des femmes,statines prévention secondaire efficacité,harriet rosenberg médicalisation des femmes,surmédicalisation surtraitement,disease mongering cholestérol,santé des femmes prévention,peur pharmacommerce de la peurnuméro un ? Par les conflits d’intérêts des experts, concrétisés aussi dans le façonnage de maladies, méthode fort efficace dans la stratégie globale de médicalisation et surmédicalisation à la Dr Knock, avec toutes les conséquences consistant à transformer les bien-portants en malades à médicamenter chroniquement, et surtout les bien-portantes, puisque les femmes sont les premières cibles de la surmédicalisation. J’ai évoqué ces méthodes dans les notes de la catégorie Maladies inventées / disease mongering, puis dans celles parlant du cholestérol et des hypolipémiants et de la surmédicalisation, « normalisation », etc.

 

Il faut rappeler le cœur du marketing pharmaceutique : le pharmacommerce de la peur : les firmes paient des « campagnes d’informations » – publicités à peine déguisées – qui inculquent aux patient(e)s la peur de mourir, de voir leur santé péricliter, etc. s’ils/ elles ne prennent pas tel médicament révolutionnaire. Cette tactique fonctionne à merveille, non seulement pour les statines, les bisphosphonates, etc., mais aussi dans ce cas d’immense bluff publicitaire qu’est le Gardasil. Plus c’est gros, plus ça marche…

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Crestor inefficace et inutile dans l’insuffisance cardiaque (nouvelle confirmation)

Le Crestor d’Astra Zeneca se révèle insuffisant dans l’étude sur l’insuffisance cardiaque, nous crestor insuffisance cardiaque,crestor efficacité,statine maladies cardiovasculaires,statines efficacité,statines bénéfices risques,cholestérol facteur de risque,cholestérol traitement,statines marketing pharmaceutique,thincs critique cholestérol,insuffisance cardiaque traitement,insuffisance cardiaque statine,statines effets indésirables,statines prévention cardiovasculaires,statines diabète,cholestérol statines,disease mongering cholestérol,façonnage de maladies cholestérol,surmédicalisation statines,surmédicamentation statines,astra zeneca crestor marketing,astra zeneca profit,essai jupiter biais,essai jupiter conflits d'intérêts,statines prévention primaire,crestor prévention primaire,rosuvastatine prévention primaireapprend une dépêche de Reuters en date du 31 août (Astra’s Crestor fails in new heart-failure study).

 

L’étude GISSI-HF ne trouve aucun effet de prévention cardiovasculaire et de réduction de la morbimortalité par rapport aux patients ayant eu un placebo. L’étude CORONA, dont les résultats ont été rendus publics en novembre 2007, est arrivée à la même conclusion.

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L’ostéopénie rebaptisée « préostéoporose » : façonner une maladie pour élargir le marché de Fosamax et Cie (Minerva)

A partir d’un article paru en janvier dans le British Medical Journal sous le titre Drugs for pre-osteoporosis: prevention or disease mongering? (Traitements de la pré-ostéoporose : prévention ou façonnage de maladie ?), la revue belge indépendante Minerva commente dans 1490107456.jpgl’éditorial de son numéro de septembre la très forte publicité que font les firmes pharmaceutiques pour les médicaments utilisés dans les ostéoporoses avérées, afin d’élargir les indications actuelles des bisphosphonates et autres médicaments intervenant dans le remodelage osseux. 

Les laboratoires utilisent toujours les mêmes recettes : un groupe d’experts (dont les conflits d’intérêts sont denses et n’ont pas de trous, eux) décide de baisser arbitrairement le seuil à partir duquel tel état est déclaré pathologique et relevant d’un traitement pharmacologique. La baisse du seuil de LDL cholestérol en est l’exemple parfait…

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L’industrie crée des leaders d’opinion pour vendre des maladies inventées : lettre au BMJ sur la dysfonction sexuelle féminine

Le généraliste écossais Des Spence raconte dans le British Medical Journal du 18 juillet (BMJ 2008;337:a810 ; pas de lien direct) 1033689372.jpgcomment il a été contacté par courriel pour entamer un formatage qui devait faire de lui un expert dans une maladie issue de l’imagination de l’industrie.

C’est carrément son université qui lui a fait parvenir l’offre d’une firme disant texto qu’elle « vise à trouver des leaders d’opinion (…) dont le travail influencera la gestion et la thérapie futures de la dysfonction sexuelle féminine [par « désir hypoactif »]. (…) Les médecins pourront être invités par le laboratoire qui a commandé l’étude à participer à l’une ou plusieurs de ses activités médicales, qu’il s’agisse de comités consultatifs, d’essais cliniques ou de conférences à donner ».

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