Héparines : production, commercialisation, sécurité des héparines chinoises et risque d’encéphalopathie spongiforme bovine (deuxième partie)

[Note d’Elena Pasca: Voici la deuxième partie de l’exposé du Dr Didier Levieux, à lire en continuité avec la première, parue sur cette page, et avec les autres articles consacrés à divers aspects de l’affaire des héparines chinoises (conflits d’intérêts des experts des autorités sanitaires avec Sanofi-Aventis, au sujet des héparines (Lovenox : énoxaparine) ; le cas du lanceur d’alerte Jacques Poirier ; la pétition et la campagne de soutien organisée par la Fondation Sciences Citoyennes ; une bibliographie très riche pour ceux qui veulent en savoir plus, etc. Retour au texte de Didier Levieux :]

 

10.3.2 Contrôle de l’héparine en cours de purification (héparine « brute »)

Deux types de contaminants sont recherchés :

1) des contaminants (ADN, protéines) pouvant servir à caractériser l’espèce animale à l’origine de l’héparine

2) le dermatan sulfate et de la chondroïtine persulfatée.

 

10.3.2.1 Détection de contaminants spécifiques d’espèce :

10.3.2.1.1 Recherche de fragments d’ADN spécifiques d’espèce

Cette recherche s’effectue par PCR (Polymerase Chain Reaction), c’est-à-dire par amplification de séquences d’ADN cibles présentes à l’état de trace. Leur « photocopie » répétée, grâce à des « amorces » et à un système enzymatique (Taq polymérase), multiplie le nombre d’exemplaire jusqu’à ce qu’elles puissent être mises en évidence par migration électrophorétique.

Deux difficultés majeures rendent délicate la PCR dans son application à l’héparine :

– l’ADN est fortement dégradé durant le procédé de purification de l’héparine et cette dégradation dépend du procédé utilisé. La technique a donc été progressivement améliorée chez Sanofi-Aventis par l’amplification de séquences relativement courtes (amplicons de 90 paires de bases) et présentes de façon répétées (ADN satellite).

– l’héparine est un inhibiteur très puissant de la PCR. Pour ne conserver que l’ADN contaminant, différents procédés ont été testés, dont l’extraction de l’héparine.Toutefois, l’élimination complète de l’héparine est difficile, et les analystes de Sanofi-Aventis reconnaissent, en 2008 (Houiste et al, 2008) que dans leurs mains il n’a pas été possible d’obtenir un rendement reproductible. Ils utilisent donc maintenant une autre voie d’approche : la digestion enzymatique de l’héparine (incubation pendant 12 heures avec un mélange d’héparinases I et II). Toutefois, ces enzymes peuvent être inhibées par les glycosaminoglycanes persulfatés ou d’autres substances (Anger, 2010).

La recherche d’ADN pour caractériser l’espèce d’origine a par ailleurs de sérieuses limites :

– les amorces permettant la réalisation de la PCR ne sont pas disponibles dans le commerce ; elles sont la propriété de l’industriel et jalousement gardées. La technique utilisée par un industriel ne peut donc être validée par les autorités dans l’un de ses laboratoires ou pratiquée par d’autres industriels.

– l’ADN n’est pas spécifique de tissu ou d’organe : la contamination par un poil ou une squame cutanée de bovin donnera une réponse positive pour un risque sanitaire nul. D’où des risques de fausses contaminations dans les ateliers qui préparent l’héparine brute et la nécessité de faire les analyses dans des laboratoires hautement spécialisés, protégés de toute contamination inter-échantillons, ou amenée par les techniciens.

– surtout, la recherche d’ADN contaminants ne peut détecter de l’héparine bovine ou ovine que s’il reste, justement, des contaminants. Or, le niveau de contaminants est très variable selon les héparines brutes. Par exemple, leur couleur varie du brun chocolat au blanc plâtre, selon le soin apporté au procédé et à la maîtrise des différentes étapes de la purification. Ainsi une héparine bovine « brute » provenant d’Amérique du Sud, par exemple, peut ne contenir aucun fragment d’ADN. Une héparine « brute », « propre » pourra cependant contenir du prion, car celui-ci est beaucoup plus résistant que l’ADN au procédé de fabrication

Pour pallier à cet écueil, l’industriel valide uniquement les lots d’héparine sur lesquels de l’ADN porcin est trouvé, signifiant ainsi que l’héparine est bien « brute ». On comprendra aisément qu’il suffit d’ajouter une trace d’ADN porcin (quelques soies de porc…) dans une héparine bovine relativement purifiée pour rendre l’échantillon « conforme » : présence d’ADN de porc, donc héparine « brute » propre à la poursuite des analyses, et absence d’ADN de bovin.

10.3.2.1.2 Recherche de protéines spécifiques d’espèce

Des travaux conduits à l’INRA dans le cadre d’un co-financement par Aventis-Pharma, ont mis en évidence une protéine (aprotinine) qui n’existe que chez les bovins. De plus, cette protéine est synthétisée par les mêmes cellules que celles qui synthétisent l’héparine (mastocytes). Enfin, cette protéine de petite taille et résistante aux traitements thermiques, a une charge électrique très positive. De ce fait, elle est libérée de ces cellules étroitement associée à l’héparine (elle-même chargée très négativement), d’où les difficultés rencontrées par les chercheurs pour la caractériser (Rivera et al, 2002a,b). Ces qualités en font une cible parfaite pour dépister l’héparine bovine, et l’équipe INRA a donc développé une technique ELISA (Enzyme Linked Immunosorbent Assay) pour son dosage (Levieux et al, 2001).

Les dosages de type ELISA sont couramment utilisés dans tous les laboratoires d’analyses, en médecine humaine ou vétérinaire. Ils permettent de détecter des anticorps contre dive
rs agents pathogènes ou les agents pathogènes eux-mêmes (bactéries, virus, prion…) ; ils sont également utilisés pour doser des marqueurs biologiques, des hormones, des pesticides, etc. La technique publiée par l’INRA (Levieux et al, 2001a) permet de détecter 5 parties d’intestin de bovin dans 1.000.000 de parties d’intestin de porc.

Les essais comparatifs effectués en 1999 lors de sa mise au point ont montré que cet ELISA était 30 à 300 fois plus sensible que la PCR (selon le type d’amorce utilisé pour la PCR par Aventis-Pharma). La technique est infiniment plus simple que la PCR et non sujette à des contaminations autres que par des cellules mastocytaires de bovins, cellules que l’on trouve majoritairement dans les tissus d’où on extrait l’héparine : intestin et poumon. Elle est donc plus fiable. Aventis-Pharma a néanmoins préféré développer sa PCR en interne, et la technique ELISA n’a donc pas été commercialisée. Elle est quand même appliquée actuellement par la Société IDBiotech sur simple demande de la part des industriels ou des autorités sanitaires.

Dans la même démarche, l’INRA a développé parallèlement des tests ELISA pour détecter les contaminants porcins, ovins et caprins (Levieux et al, 2001b).

Bien entendu, comme pour la recherche d’ADN, la sensibilité de la détection de ces tests ELISA est très dépendante du niveau de purification de l’héparine, et la technique ne pourra jamais déceler une héparine bovine relativement purifiée.

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Héparines : production, commercialisation, sécurité des héparines chinoises et risque d’encéphalopathie spongiforme bovine (exposé scientifique I)

[Note d’Elena Pasca: cette présentation et explication scientifique richement documentée et référencée, daté du 20 octobre 2010, fait partie des documents rassemblés sur le site de la Fondation Sciences Citoyennes, qui a mené une campagne de soutien (coordonnée par moi, Elena Pasca) au lanceur d’alerte Jacques Poirier. Puisque les documents sont dans un grand fichier PDF téléchargeable, donc plus difficiles d’accès, Didier Levieux m’a demandé de reprendre cette présentation sur Pharmacritique, afin de compléter, par cet exposé scientifique, les articles déjà parus sur le blog, dans la catégorie « Héparines chinoises, Lovenox°, prion, chondroïtine », et accessibles à partir de cette page. A noter que le Dr Levieux a déjà publié sur Pharmacritique un article édifiant intitulé « Jacques Poirier et les héparines de Sanofi : « conflit de travail » ou sécurité sanitaire négligée ? »]

Par le Dr Didier Levieux

Directeur de recherches honoraires à l’INRA

1. L’héparine : indications, mode d’action, structure

2. La production d’héparine

3. La commercialisation de l’héparine en France

4. L’importance économique de l’héparine pour Sanofi-Aventis

5. L’importance économique des héparines chinoises

6. Le problème de la sécurité des matières premières d’origine chinoise

7. Les conséquences de l’encéphalite spongiforme bovine (ESB)

8. Le risque d’encéphalopathie spongiforme transmissible (EST)

9. Les « Matériaux à Risque Spécifié », la liste actuelle

10. Les possibilités de sécurisation de l’héparine

10.1 Qualité des sources de matières premières et leur traçabilité

10.2 Capacité du procédé de fabrication à inactiver le prion

10.3 Contrôles analytiques

10.3.1. Contrôle de la matière première princeps : la muqueuse intestinale

10.3.2 Contrôle de l’héparine en cours de purification (héparine « brute »)

10.3.2.1. Détection des contaminants spécifiques d’espèce

10.3.2.1.1. Recherche de fragments d’ADN spécifiques d’espèce

10.3.2.1.2. Recherche de protéines spécifiques

10.3.2.2. Recherche de contaminants polysaccharidiques

10.3.3 Contrôle de l’héparine pure

11. La contamination de l’héparine par la chondroïtine persulfatée

11.1 Les accidents mortels aux Etat-Unis

11.2 Chondroïtine sulfate, chondroïtine persulfatée ?

11.3 L’origine de la contamination : la filière chinoise

11.4 La toxicité de la chondroïtine persulfatée

12. Aux Etats-Unis, le Congrès s’inquiète

13. Où en est-on aujourd’hui? Une évolution inquiétante de la Pharmacopée européenne et française

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Biais de publication, manipulation et falsification de la recherche médicale financée par l’industrie pharmaceutique. Arznei-Telegramm épingle ses méthodes

La revue allemande Arznei-Telegramm, ma principale source et référence en raison de son excellente qualité et de son indépendance, publiait le 15 janvier 2010 un article incontournable qui passe en revue plusieurs méthodes utilisées par les firmes pharmaceutiques pour influencer le résultat des essais cliniques qu’elles financent, et ainsi manipuler et fausser la recherche, les recommandations de bonne pratique et l’information fondées sur ces derniers.

L’article s’intitule « Le financement par les firmes crée un potentiel considérable de manipulation de la recherche ». Je le traduis après un exposé détaillé des procédés composant le ghost management : gestion complète mais invisible de la recherche, de la formation et de l’information médicales.

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La corruption et les conflits d’intérêts ont la vie dure… Le Bribery Act britannique est reporté sine die

La presse britannique disait que le « Bribery Act of 2010 » allait être la législation la plus stricte au monde en matière de lutte contre Bribery Act of 2010 ministère Justice GB.jpgtoutes les facettes de la corruption, incluant certaines formes de conflits d’intérêts, y compris en médecine.

La même presse a rendu compte régulièrement des tentatives des multinationales (et autres groupes de pression privés) de vider la loi de sa substance, puis d’en empêcher le vote ou l’application. Leur lobbying intensif a porté ses fruits. L’application du Bribery Act (loi anticorruption), qui a été la toute dernière loi votée sous le gouvernement travailliste et qui devait entrer en vigueur au mois d’avril 2011 après avoir été contresignée par la reine Elisabeth II, a été de nouveau reportée, et cette fois-ci sine die, par la coalition des conservateurs et des libéraux, ouvertement alliés à la Confédération des industriels britanniques (CBI). Prétexte ? Elle pourrait nuire à la compétitivité des entreprises britanniques…

Dans la suite de l’article, je reviens sur quelques aspects de la loi – dont le texte est consultable sur le site du ministère de la Justice – et ses implications, ainsi que sur d’autres dimensions corrélatives relevées dans la presse britannique. Je rends compte de l’article paru début février sur le site du British Medical Journal, qui aborde la loi et les implications de son report sous l’angle des conflits d’intérêts médico-pharmaceutiques. A la fin de l’article, vous trouverez quelques extraits du texte de loi.

J’ai souvent dit sur Pharmacritique qu’une étape indispensable dans l’élimination des conflits d’intérêts était juridique : il faut un qualificatif juridique des actes commis, afin de pouvoir à la fois réprimer les dérapages et dissuader. Les Etats-Unis restent toujours inégalés, avec leur False Claims Act et d’autres dispositifs législatifs, certes imparfaits, mais permettant de poursuivre les laboratoires en justice, d’obtenir des informations autrement inaccessibles et de protéger les lanceurs d’alerte. Le Sunshine Act (voir cet article et celui-ci), qui entrera en vigueur en 2013 – s’il résiste à la forte contestation actuelle -, contient lui aussi d’autres dispositions qui apporteront de la transparence, voire permettront de réprimer certaines formes de conflits d’intérêts à plusieurs niveaux du circuit du médicament et de la pratique médicale (grossistes du médicament, self-referral, etc.).

Le Bribery Act britannique apporte un qualificatif juridique exemplaire : il inscrit des paragraphes spécifiques et adaptés aux pratiques médico-pharmaceutiques dans le Code pénal, pour réprimer directement certaines formes de conflits d’intérêts…

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Antivaccin et scientistes prédisant l’apocalypse par les vaccins ou par la grippe A: autocritique ou rationalisations un an après?

J’ai écrit cet article d’une traite, le 22 décembre 2010. Il est resté dans un tiroir. Je le poste tel quel, sans relecture. Certains n’apprécieront Madame Soleil.jpgpas, mais je ne suis pas là pour me faire des amis. Le problème abordé est important, par-delà la forme brute et spontanée.

Le 22 décembre 2009, j’ai reçu (sur une messagerie privée (!)) un courriel furieux  que je trouve assez représentatif de l’ensemble de ce qu’on m’a jeté à la figure à cause du travail d’information de Pharmacritique sur la grippe AH1N1 et les vaccins. Les antivaccin ne supportent pas mes positions, les provaccin en bloc, ne supportent pas que je puisse en critiquer certains, tout en étant pour le principe de la vaccination. C’est pour défendre le principe que je critique les vaccins inutiles et/ou présentant des risques tels que ceux induits pas des adjuvants trop peu testés.

L’expéditrice de ce mail (du camp des antivaccin) me donnait rendez-vous un an après pour constater les conséquences « eugénistes » (et autres) des vaccins contre la grippe A H1N1, mais pas seulement, puisqu’elle citait aussi un vaccin contre l’hépatite B. Elle disait qu’un an après mon article critique, renvoyant dos à dos les dogmatiques des deux camps, l’irresponsabilité de mon argumentaire serait clairement démontrée dans les faits qui n’allaient pas manquer de se produire…

A l’époque, je ne voulais pas céder aux peurs ambiantes et avais aussi demandé aux commentateurs médecins de ne pas donner des conseils personnalisés, et plus précisément de ne pas inciter les gens à ne pas se faire vacciner par peur des effets secondaires. Ce n’est d’ailleurs pas le rôle d’un blog/ site internet de se substituer à la consultation médicale et d’aller au-delà d’informations générales, certes sourcées et référencées, données pour faire réfléchir et aider à la formation d’un esprit critique).

Je me demande où est l’hécatombe annoncée par des experts scientistes tels Antoine Flahault, d’une part (30.000 morts), mais aussi, d’autre part, par des antivaccin tels que Marc Girard (60.000 victimes des vaccins, de mémoire). Sans parler des antivaccin les plus extrêmes, ceux adeptes de la théorie du complot/ conspiration mondiale, qui voyaient de l’eugénisme au bout de l’aiguille, en vue de décimer un quart de l’humanité.

Est-ce que les deux parties viendront reconnaître leurs erreurs, et surtout les conséquences désastreuses que leurs approches – qui se nourrissent l’une l’autre, dialectiquement – ont sur la réaction des citoyens face à des éventuels problèmes réels de santé publique?

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Médiator : faut-il avoir peur des médicaments ? Vidéo du débat sur la LCP, avec Christian Lajoux…

J’ai déjà évoqué ce débat qui a eu lieu le 10 janvier 2011 sur la Chaîne Parlementaire, dans l’émission « Ca vous regarde ».

En fait, ce n’est pas la vidéo qui compte – ça, c’est plutôt pour les archives, parce qu’on ne peut pas dire grand-chose lors d’un tel débat. Si vous n’avez que peu de temps, je vous invite à lire surtout l’article, qui porte presque le même titre: « Médiator et les autres : faut-il avoir peur des médicaments ?  Débat suivi d’informations, explications, liens… »

J’y ai exposé – sur 15 pages – beaucoup de thématiques que j’aurais aimé pouvoir aborder lors de l’émission… Il contient aussi beaucoup de liens permettant d’approfondir des questions essentielles sur le contrôle quasi total de l’industrie pharmaceutique sur toute la filière médicament (sous-notification des effets indésirables, information inexistante sur les risques des médicaments, financement des agences sanitaires, formation médicale continue sous la coupe de l’industrie pharmaceutique, visite médicale et nouvelles stratégies marketing des laboratoires, biais dans la recherche clinique, formes plus ou moins visibles de conflits d’intérêts, presse médicale aux ordres des firmes, conflits d’intérêts des associations de patients, verrouillage du système par les leaders d’opinion, ghost management, conflits d’intérêts de la famille Sarkozy, panne de l’innovation, chiffres-clés d’une analyse socio-économique des pharmas…).

Je rappelle ici simplement les participants au débat, puis l’annonce sur le site de la LCP: Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne;  Christian Lajoux, Président du LEEM, PDG de Sanofi-Aventis France; José Duquenoy, président de l’association ADVM (victimes du Médiator de la région Nord); Elena Pasca, philosophe et vice-présidente de la Fondation Sciences Citoyennes, blog Pharmacritique.

 

http://www.dailymotion.com/swf/video/xgid65?width=&theme=none&foreground=%23F7FFFD&highlight=%23FFC300&background=%23171D1B&start=&animatedTitle=&iframe=0&additionalInfos=0&autoPlay=0&hideInfos=0
Mediator : faut-il avoir peur des médicaments ?
envoyé par LCP. –

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Jacques Poirier et les héparines : « conflit de travail » ou sécurité sanitaire négligée ?

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/20/heparines-lettre-de-jacques-poirier-a-la-ministre-de-la-sant.html

Entretien virtuel de Pierre Biron avec Jean Peneff, auteur de « La France malade de ses médecins »

Entrevue virtuelle avec Jean Peneff: « La France malade de ses médecins » [1]

Par Pierre Biron, médecin et anciennement professeur-chercheur en pharmacologie à l’Université de Montréal [2]

Question – Le rôle traditionnel de soignant est-il en train d’être détrôné par un rôle de pourvoyeur en vue de meilleures performances du corps humain ?

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Héparines : du côté des conflits d’intérêts

Par Anne-Sophie Versier

Ingrédient indispensable de tout scandale sanitaire, du sang contaminé à l’hormone de croissance ou au Mediator: les conflits d’intérêts. Il s’agit le plus souvent d’un conflit entre un intérêt économique et la santé publique : des élus défendent la rentabilité d’un laboratoire au nom de la sauvegarde du commerce extérieur ou de l’emploi, et des médecins leaders d’opinion englués dans des liens incestueux avec les laboratoires ne sont plus en mesure de distinguer l’intérêt général de l’intérêt privé.

Dans le cas des héparines dont Pharmacritique a déjà abondamment traité (voir cet article et celui-ci), on retrouve ces mêmes conflits d’intérêts au cœur du système. En voici un exemple parmi bien d’autres, suivi de quelques interrogations.

 

héparines NTtimes Ariana Lindquist.jpg

[NdR: l’image est tirée d’un article du New York Times du 28.02.2008 intitulé « Twists in Chain of Supplies for Blood Drug« ).

A l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), le groupe de travail chargé des traitements de la thrombose reçoit pour président le Pr Philippe Lechat en janvier 2007. A cette époque, le Pr Lechat mène pourtant l’étude VALIDE pour Sanofi-Aventis, destinée à valider l’usage du Lovenox° (énoxaparine) chez des insuffisants rénaux, ainsi qu’il l’a mentionné dans sa précédente (et dernière) déclaration publique d’intérêts publiée.

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23% des Français renoncent à des soins faute d’argent. Les résultats du Baromètre Cercle Santé analysant 8 pays

 

accès aux soins Pancho.jpg

L’image est tirée du site de France Handicap, où elle illustre l’article « Minimum vieillesse, adultés handicapés et chômeurs… Les oubliés de la CMU« .

Le rapport du Baromètre Cercle Santé, réalisé par l’Institut CSA pour la compagnie d’assurances Europ’Assistance, porte sur sept pays européens (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Suède, Pologne et Autriche), auxquels s’ajoutent, pour la première fois, les Etats-Unis. La dernière édition, rendue publique en septembre 2010, nous apprend quelles sont les inquiétudes des Français – dans le contexte européen – quant au système de santé et de soins, mais aussi les tendances, inquiétantes, dans le recours aux soins, leur accessibilité et leur qualité.

Ce sondage à grande échelle complète l’analyse de Health Consumer Powerhouse, portant plus sur les détails de la qualité de soins selon des critères factuels, dont j’avais rendu compte dans un article du 31 janvier 2009 intitulé « Dessous de table, listes d’attente, accès restreint à certains soins, information limitée, autoritarisme… Le système de santé français n’est plus que 10ème en Europe ».

Voici quelques-uns des résultats du Baromètre Cercle Santé. J’ai extrait ceux qui concernent les perceptions des Français, avant de passer au communiqué de presse dont je complète les chiffres, sur certains points importants, par des extraits de la synthèse ou de la version intégrale du rapport (celle-ci est téléchargeable à partir de la page principale). Quelques commentaires et des liens placés à la fin de l’article permettent d’aller plus loin au sujet des inégalités socio-économiques en santé. Certes, on a déjà parlé de ce sondage, mais un seul chiffre a retenu l’attention des media. Or il me semble que le tableau d’ensemble mérite attention.

49% des Français estiment que le système de santé actuel ne garantit pas l’égalité d’accès aux soins (48% oui, 3% ne savent pas). Ils sont 23% à avoir renoncé à des soins en 2010 – pour 11% en 2009 – et 12% à penser qu’ils seront peut-être amenés à le faire. Sur les huit pays pris en compte, seuls les Polonais (25%) et les Américains ont été dans une situation plus difficile (24%) de ce point de vue. C’est une progression de 12%, la même que celle enregistrée en Pologne, très forte par rapport aux autres pays. Ce n’est qu’en Allemagne et en Italie que le nombre de personnes ayant dû renoncer à des soins ou les reporter à augmenté, notamment de 5%.

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Violence, homicides, agressions : effets indésirables de 31 médicaments tels que Champix, antidépresseurs, sédatifs / hypnotiques, Ritaline…

Un article paru le 15 décembre 2010 dans la revue en libre accès PLoS One (Public Library of Science) sous le titre « Prescription Drugs Champix violence Revolution Broadcasting.jpgAssociated with Reports of Violence Towards Others » (Médicaments d’ordonnance signalés pour leurs effets secondaires de violence envers autrui) rend compte d’une étude rétrospective des signalements à la pharmacovigilance des Etats-Unis (FDA : Food and Drug Administration) entre 2004 et 2009.

31 médicaments ont été mis en cause pour 1527 actes de violence : crimes, idéation meurtrière, violences sur les personnes, abus sexuel et autres actes de violence commis sur d’autres personnes.

Le médicament le plus incriminé pour de tels effets secondaires est le Champix (tartrate de varénicline), suivi de onze antidépresseurs, six sédatifs / hypnotiques et trois médicaments prescrits dans le TDAH (trouble déficit d’attention avec hyperactivité). Voir plus bas pour la liste.

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Co-responsables de l’inflation des coûts de Medicare, les médecins protestent contre la diminution de leurs honoraires

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Mes réflexions et références à partir d’un exemple concret. Moins bien payés que par les assurances privées, un médecin sur cinq – toutes spécialités confondues – et jusqu’à un tiers des généralistes Medicare Kaiser.jpgdes Etats-Unis refusent de plus en plus de patients dépendant du programme public Medicare. Celui-ci rembourse certains soins (élémentaires, choisis en fonction du coût, de la durée et d’autres critères tout aussi « humanistes ») à des patients sans ressources des catégories suivantes: personnes âgées, handicapés, certains malades chroniques à affections sévères et personnel militaire pauvre.

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Affaire des héparines frelatées : scandale de santé publique, lanceur d’alerte viré, discrimination entre patients et distorsion de concurrence

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/20/heparines-lettre-de-jacques-poirier-a-la-ministre-de-la-sant.html

Xavier Bertrand annonce une réforme globale de la filière médicament et de la pharmacovigilance, une transparence totale sur les conflits d’intérêts…

Le cabinet de Xavier Bertrand a envoyé aux rédactions – y compris à Pharmacritique – une synthèse de ses « propositions d’action » suivie IGAS logo.jpgde son intervention lors de la conférence de presse du 15 janvier 2011, qui a fait suite à la remise du rapport de l’IGAS intitulé sobrement « Enquête sur le Médiator« , dont voici l’intégralité. C’est du bon travail, et les inspecteurs ne mâchent pas leurs mots. A bon entendeur…

Quoi dire des propos et propositions de Xavier Bertrand (que je reprends plus bas) ? Chiche!

Attendons les actes. On jugera sur pièces, parce que les belles paroles sont là, mais peut-être en sont-elles que des « paroles, paroles, paroles », comme disait la chanson… Des paroles choisies pour faire tilt aux oreilles des critiques de longue date des conflits d’intérêts en santé et de leurs conséquences sur l’ensemble de la filière médicament, depuis la recherche clinique jusqu’à l’évaluation et l’autorisation de mise sur le marché (AMM), à la pharmacovigilance, à la formation médicale initiale et continue, puis jusqu’aux modalités d’information (ou plutôt désinformation) des médecins et du public sur le médicament, ses bénéfices et ses risques.

J’ai commencé il y a des années à donner le Physician Payment Sunshine Act comme exemple (première publication sur Pharmacritique le 17 décembre 2007, mais j’avais d’autres supports avant), en présentant aussi d’autres dispositifs et projets anglo-saxons dont on pourrait s’inspirer et en parlant de l’ennemi N° 1 des pharmas aux Etats-Unis, à savoir le sénateur Charles Grassley… Cela inspirait des réactions mitigées, compte tenu des vues de ce sénateur de droite, conservateur à l’américaine, dont les convictions ne cadrent certainement pas avec les miennes, ni avec celles de la plupart de mes interlocuteurs… Mais il a beaucoup de mérites autres, et vu le nombre de médicaments dangereux qu’il a contribué à neutraliser, vu les actions qu’il est capable de mener, y compris avec des partenaires démocrates, et la protection des lanceurs d’alerte qu’il a appris à apprécier malgré son enracinement politique – eh bien, il mérite que je m’attire quelques railleries.

Désormais, Chuck Grassley et le Sunshine Act dont il est le principal auteur et « promoteur » font partie des références « classiques » même pour les critiques français des pharmas. Qui ont aussi compris qu’il valait mieux laisser les préjugés de côté, aller au-delà d’une certaine supériorité française qui interdisait de se pencher sur les choses au-delà des apparences et prédisposait à des interprétations superficielles… Il vaut mieux s’interroger sur l’intérêt de certains dispositifs juridiques d’inspiration anglo-saxonne portant sur l’information des usagers, la protection des lanceurs d’alerte, l’importance des qualifications juridiques permettant de réprimer les dérapages des labos de même que les conséquences des conflits d’intérêts. Je peux dire que le message est bien passé. De proche en proche, de support en support. Xavier Bertrand en parle même comme d’une évidence.

Le Sunshine Act deviendra effectif en 2013, sous la forme que j’ai évoquée dans ce communiqué de presse fait pour la Fondation Sciences Citoyennes, qui a eu un grand succès. Nous exigions justement que la France suive l’exemple et mette en place un tel dispositif – et tout ce qu’il faudra pour qu’il y ait une véritable transparence sur les conflits d’intérêts en santé. Tout en soulignant que la transparence n’était qu’une étape et non pas un objectif en soi. Le but ultime, c’est l’élimination des conflits d’intérêts, la refonte globale et radicale de l’ensemble du système de santé, d’expertise et d’évaluation.

La Fondation Sciences Citoyennes parle, dans ce communiqué comme dans d’autres documents – et en particulier dans une proposition de loi sur la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte -, de l’urgence à définir les principes d’une déontologie (et non pas une simple éthique contextuelle et relative) de l’expertise. Nous proposons de faire cela à travers une instance éthique appelée Haute autorité de l’expertise et de l’alerte, qui, comme son nom l’indique, aurait aussi pour mission de définir le statut du lanceur d’alerte et les modalités de son intervention et de sa protection. Ce qui implique aussi des changements dans certains domaines du droit. Y compris pour définir les modalités de l’exercice des capacités décisionnaires par les citoyens, ainsi que de l’exercice d’une expertise citoyenne dont les contours restent à définir par cette instance éthique.

L’expertise se doit d’être systématiquement pluraliste, contradictoire, transparente, multidisciplinaire, afin que les décisions politiques qui sont prises sur cette base traduisent autant que possible l’intérêt général et non pas les intérêts économiques de quelques industriels qui peuvent se payer une armée de leaders d’opinion qui verrouillent le système depuis la recherche clinique jusqu’à l’information…

Il est donc assez intéressant de voir quelle forme prendra le « Conseil de déontologie » dont parle Xavier Bertrand, de l’entendre faire appel à des lanceurs d’alerte protégés, parler d’une expertise pluraliste, multidisciplinaire, avec une participation citoyenne à tous les niveaux. Et avec une transparence à tous les niveaux, y compris s’agissant d’avis minoritaires exprimés lors de délibérations qui doivent être rendues publiques.

Il y a ainsi beaucoup d’éléments intéressants dans ce que dit Bertrand et dont un certain nombre recoupent les exigences de la Fondation Sciences Citoyennes. Mais ce discours est-il vraiment crédible ? L’imbrication entre l’industrie pharmaceutique et les hommes politiques comme la haute fonction publique – et désormais même entre la recherche publique et celle privée – est telle qu’un discours parlant de tout mettre à plat semble plus fait pour des effets d’annonce. Mais je serai la première à applaudir si j’ai tort.

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Le Médiator et les autres: faut-il avoir peur des médicaments ? 15 pages d’informations et liens utiles

Le lundi 10 janvier 2011 à 19 : 00, j’ai participé à un débat sur la LCP (La chaîne parlementaire – Assemblée nationale), intitulé « Médiator: faut-il avoir peur des médicaments? » Je reprends les grandes lignes du débat puis fais un état des lieux critique du complexe médico-pharmaceutique en analysant ses principales tares. Je montre que dans un tel système pharma-amical verrouillé dans l’intérêt des » industries de santé « et de ses satellites et vassaux, les prochains scandales sanitaires ne sont qu’une question de temps.

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Astellas attaque la revue Prescrire pour « dénigrement » du Protopic. Il est urgent de protéger les lanceurs d’alerte

Voila ce qui se passe dans un pays qui ne protège pas ses lanceurs d’alerte, qui doivent subir des poursuites-bâillon visant à les poursuites bâillon.jpgintimider et les discréditer, mais aussi à faire un « exemple », c’est-à-dire à dissuader toute éventuelle critique d’un médicament ou dispositif médical, en l’occurrence. Mais même si le lobby pharmaceutique est le plus puissant au monde – c’est l’industrie qui dépense le plus pour des activités de lobbying (et consultance, communication / « relations publiques », marketing, etc.), – ces poursuites-bâillon ne sont pas son apanage exclusif.

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Avastin n’est plus autorisé dans le cancer du sein (Etats-Unis). Rappel des problèmes des anticorps monoclonaux (Enbrel, Humira, Tysabri, Herceptin, Xolair…)

Avastin (bevacizumab de Roche) fait partie de ces médicaments issus des biotechnologies très à la mode, et notamment de la classe des anticorps monoclonaux, avec d’autres comme le Herceptin (trastuzumab de Roche), le Humira (adalimumab d’Abbott), le MabThéra (rituximab de Roche) ou encore les anti TNF (Enbrel (etanercept de Wyeth),  Remicade  (infliximab de Centocor), Raptiva  (efalizumab), Tysabri (natalizumab d’Elan Pharma…) utilisés en dernière intention dans des maladies chroniques telles le psoriasis, la sclérose en plaques, l’arthrite rhumatoïde…

Dans les articles déjà parus sur Pharmacritique, j’ai critiqué l’absence d’évaluation digne de ce nom, évoqué les effets secondaires de classe, dont certains sont très graves, posé le problème du rapport coût – efficacité, compte tenu du coût astronomique de ces médicaments, surtout par rapport à leur efficacité plus que discutable et aux effets indésirables gravissimes de type leucoencéphalopathie multifocale, etc…

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Honoraires des médecins en hausse, mécontentement de l’opinion publique aussi… Le lobby médical critiqué en Allemagne

L’hebdomadaire allemand Der Spiegel – titre phare de la presse allemande, aux positions centristes -, a publié le 11 octobre 2010, à la page Markus Grill.gif105, un entretien réalisé par Markus Grill. Il s’agit de l’un des meilleurs journalistes d’investigation, spécialisé en santé, qui a publié en 2008 un livre sur l’influence de l’industrie pharmaceutique sur la médecine, les politiques et le système de santé dans son ensemble: Kranke Geschäfte. Wie die Pharmaindustrie uns manipuliert (Des affaires malsaines. Comment l’industrie pharmaceutique nous manipule).

Dans l’interview parue sous le titre « Un entretien désagréable », que je traduis intégralement, Grill interroge un personnage très influent quant au sort économique et social de la médecine et surtout des médecins…

Quelques mot sur le contexte allemand, très important pour comprendre le changement de ton:

L‘année dernière, il y a eu quelques scandales impliquant de tels personnages influents, des lobbyistes et autres représentants des intérêts exclusifs des médecins, qui n’ont pas hésité devant des techniques grossières de manipulation de l’opinion publique et des media, devant des méthodes sensationnalistes et des mises en scène (acteurs présentés comme médecins crevant la dalle, fausses manifs, faux chiffres…), pour que les médecins pleurent misère devant les caméras… Des cas isolés de médecins hospitaliers non titularisés, surchargés et sous-payés ont été présentés maintes fois à l’opinion publique comme étant typiques, par exemple. Avec l’intention de conditionner l’opinion, de faire peur à la population en disant que, dans ces conditions, les médecins deviennent un danger, qu’il n’y a pas à s’étonner des erreurs médicales, etc. Si les Allemands veulent des soins sûrs, il faut qu’il paient mieux leurs médecins. Sauf qu’aucune comparaison ne pouvait être faite, faute de savoir la vérité sur les revenus de départ.

Tout cela afin que la population accepte les exigences de toute sorte et les hausses répétées des honoraires des médecins. Ces augmentations ont toujours été exprimées en pourcentages, de façon voilée, parlant de « modèles » de médecins volontairement irréalistes. Il n’y a jamais eu de chiffres clairs.

Le Spiegel avait dénoncé ces méthodes en particulier dans deux articles de 2009, bien documentés, et qui ont contribué à un début de changement d’attitude vis-à-vis des médecins auparavant considérés avec beaucoup de bienveillance et d’indulgence, comme des victimes surexploitées et mal payées, qui se tourneraient tout naturellement vers l’industrie pharmaceutique, pour compenser. Et qui, menacés, seraient obligés de faire un lobbying très intense, de défendre leur position, leurs acquis.

L’un de ces articles, paru le 30 mars 2009 dans une rubrique appelé « Lobbying », s’intitulait « Ärzte ohne Grenzen » : c’est un jeu de mots ironique à partir de « médecins sans frontières », ici au sens opposé de l’humanisme et du dévouement, signifiant sans aucune limite, jamais contents… Bref, des médecins insatiables. Le « Dr Impécable », chouchou des media, devient le Dr Excès, « Dr Démesure » [« Dr. Masslos »]. Et des images de médecins roulant en Porsche Cayenne vers une manifestation pour exiger une hausse d’honoraires n’aident pas…

Du coup, certains media qui se sentaient instrumentalisés ont commencé à s’intéresser de plus près non pas aux discours des lobbyistes, mais aux faits, manifestement bien différents. Et de poser la question d’une certaine indécence, et même d’une indécence certaine, dont témoignait un médecin généraliste très gêné par les revendications.

Indécence à la fois quant aux revenus / honoraires / tarifs, quant à cette opacité sur les relations avec les laboratoires pharmaceutiques (les conflits d’intérêts…), au paternalisme ou à l’arrogance dans les relations avec des patients peu ou pas éclairés, et en général quant aux défauts de plus en plus visibles du système de santé pénalisant toujours plus des patients qui paient de plus en plus pour de moins en moins de soins. Ce sont toujours les usagers qui trinquent, alors que les médecins obtiennent toujours plus et ne s’occupent que de leur paroisse… Ces revendications purement corporatistes et la manipulation de l’opinion ne passent plus. C’est le début de la fin de l’éternelle idylle entre journalistes et médecins, annonçait le Spiegel – lui aussi -, dans cet article du 30 mars.

Et voilà que non seulement ça ne change pas, mais qu’une nouvelle hausse des honoraires arrive, alors que les patients ont à subir des conditions de soins drastiques et des paiements et déremboursements toujours plus importants. A mon avis, les médecins auraient mieux fait de s’abstenir.

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Vaccin Gardasil: « Judicial Watch » expose les effets secondaires signalés aux Etats-Unis

L’ONG conservatrice « Judicial Watch » a annoncé le 28 septembre les résultats de sa dernière demande auprès de la FDA (Food and Drug Gardasil3.jpgAdministration: agence du médicament des Etats-Unis), en application de la loi sur la liberté de l’information (Freedom of Information Act). Celle-ci oblige toute institution publique à donner les renseignements en sa possession sur simple demande écrite de n’importe quel citoyen.

Judicial Watch a obtenu le détail des effets secondaires du vaccin Gardasil signalés à la FDA entre mai 2009 et septembre 2010. Ils sont résumés sur cette page, où l’ONG parle de 3.589 effets indésirables enregistrés pendant ce laps de temps et s’attarde plus longuement sur certains d’entre eux. Il y aurait 789 signalements d’effets secondaires sévères, dont 213 ont débouché sur une « invalidité permanente », ainsi que 25 cas de syndrome de Guillain-Barré. Il y aurait même 16 morts, parmi lesquels 4 suicides.

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Dérives sécuritaires en psychiatrie: criminalisation de la folie. Enjeux et conséquences (débat le 9 décembre)

Le jeudi 9 décembre, j’aurai le plaisir d’animer un débat sur les enjeux et conséquences de la criminalisation de la folie, auquel participeront Michaël Guyader (Psychiatre, Collectif des 39 contre la Nuit Sécuritaire), Claude Louzoun (Psychiatre, Collectif Liberté Égalité Justice) et Denis Salas (Magistrat, chargé d’enseignement et de recherche à l’Ecole Nationale de la Magistrature). (Voir plus bas pour les détails).

J’ai parlé à plusieurs reprises (voir cette page, ou encore ici et ici, par exemple) du mouvement contre La Nuit Sécuritaire et rappelle que la pétition lancée par le Collectif des 39 – à l’origine de cette protestation qui réaffirme que la médecine est mandataire des intérêts des patients et non pas le bras armé d’un régime politique et économique – est toujours ouverte sur cette page.

 

Bobines 2010.jpg

 

 

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