Le Guardian dénonce l’impact du financement industriel de la formation médicale sur la santé des patients

Un article intéressant a été publié le 23 août dans le journal britannique The Guardian : Drug giants accused over 1548256468.jpgdoctors’ perks (« Les firmes pharmaceutiques se voient reprocher les à-côtés offerts aux médecins. Accepter des vols gratuits, des repas et des tickets pour des matchs peut nuire aux soins, disent les critiques »).

 

« Les firmes pharmaceutiques dépensent chaque année des millions de livres sterling pour financer la participation des médecins et autres professionnels de santé à des conférences partout dans le monde. Ce sont des voyages tous frais payés, et le tout n’est qu’une application massive des stratégies promotionnelles de l’industrie pharmaceutique, sous les oripeaux de la formation médicale continue ».

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Peter Mansfield: « Influence de l’industrie pharmaceutique sur l’exercice de la médecine »

J’ai cité dans cette note des extraits d’un exposé fait en 2006 à Berlin par Peter R. Mansfield, fondateur de Healthy Skepticism, dans le cadre 808753811.jpgd’un colloque co-organisé par les revues allemandes indépendantes et l’ordre berlinois des médecins. En mai 2008, Peter R. Mansfield est allé de nouveau à Berlin, à l’invitation des mêmes organisateurs ainsi que de MEZIS, association anti-corruption du réseau No Free Lunch. Et il a repris certains arguments sous une forme actualisée et fort bien illustrée, dans un texte intitulé “Influence of the Pharmaceutical Industry on the Practice of Medicine”.

Une recherche par le titre ne donne rien ; je suis tombée là-dessus sur le site de… l’ordre berlinois des médecins ( !) et m’empresse de donner le lien. Il y a moins de texte et plus d’images que dans la conférence de 2006. Le tout donne un excellent aperçu des ressorts de la désinformation médicale, ainsi que de certains mécanismes psychosociaux de l’influence – très souvent inconsciente – qu’exercent les firmes pharmaceutiques sur les médecins et leurs prescriptions.

La photo figure dans le texte : il faut se boucher les oreilles pour ne plus entendre ce que disent les firmes pharmaceutiques et leurs VRP. (« Bullshit » signifie « foutaises »).

Mise à jour:

Voir aussi la traduction intégrale d’un autre texte du fondateur de Healthy Skepticism, qui explique en termes très clairs comment s’exercent et se disséminent les influences, les biais cognitifs multiples face auxquels personne n’est immunisé. Il faut faire de la prévention, en évitant de s’exposer aux moyens d’influence des firmes, parce qu’on ne peut qu’être contaminé à leur contact, et qu’il n’y a pas de traitement: « Des « médecins sous influence » pharmaceutique propagent la désinformation et les biais comme jadis la fièvre puerpérale« , nous dit Peter R. Mansfield ».

 

Elena Pasca

« Le facteur humain » : le marketing pharmaceutique prend les médecins par les tripes, dit Mansfield

Il peut être choquant de parler du fait que la publicité et les visiteurs médicaux prennent les médecins par les affects, les sentiments, 1893831702.jpgl’irrationnel, la dimension libidinale – bref, par les tripes. Nous en avons parlé ici et ici, par exemple. Et pourtant, c’est quelque chose que l’industrie pharmaceutique connaît bien et exploite consciemment dans ses stratégies publicitaires. C’est ce que montrent aussi ces deux courts extraits des classiques du marketing pharmaceutique. Ils sont cités par Peter R. Mansfield – médecin australien qui a fondé le chien de garde anti-corruption en médecine Healthy Skepticism – dans une conférence donnée en septembre 2006 à Berlin.

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Etats-Unis: campagne contre les projets de réforme du financement de la formation médicale continue par l’industrie pharmaceutique

Le Comité états-unien d’accréditation des programmes de formation médicale continue (ACCME : Accreditation Council of Continuing Medical 433546002.jpgEducation) a fait en juin 2008 certaines propositions – fort timides – soumises à la réflexion des professionnels de santé et de leurs institutions. En gros, trois scénarios sont possibles : le maintien du statu quo dans le financement de la formation médicale continue (FMC) par l’industrie, avec les limitations déjà existantes ; l’arrêt complet de tout financement par les firmes pharmaceutiques ; l’élaboration d’un nouveau paradigme.

Même ces propositions superficielles sont insupportables pour l’industrie et ses vassaux…

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Formation médicale continue: institutions médicales et firmes refusent de limiter le financement industriel, dit Moynihan dans le BMJ

Le journaliste et universitaire australien Ray Moynihan, un critique de référence des rapports malsains entre médecins et firmes, a publié le 470891549.jpg14 août 2008 sur le site du British Medical Journal un article intitulé ”Sponsorship of Medical Education. Is the relationship between pharma and medical education on the rocks?” (Financement de la formation médicale. Les rapports entre l’industrie pharmaceutique et la formation médicale continue seraient-ils en danger ?). BMJ 2008;337:a925 (pas de lien direct ; début de l’article ici). Deux autres articles et plusieurs réponses se sont ajoutés pour constituer un nouveau dossier du BMJ sur la mainmise des firmes sur la formation médicale continue.

 

Puisque le texte intégral de l’article original de Ray Moynihan n’est pas en libre accès, Pharmacritique vous propose une traduction.

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L’ »attirance sexuelle » et affective entre visiteurs médicaux et médecins: outil de manipulation efficace, dit Shahram Ahari

Je rends compte ici d’un témoignage et d’un débat dans les media et dans certains milieux politiques des Etats-Unis. Il ne s’agit pas de prendre parti, ni de stigmatiser toute une profession. La situation est différente en France, la formation des visiteurs médicaux et leurs pratiques sont différentes. A lire donc avec les précautions et les réserves de rigueur.

 

Shahram Ahari, ancien visiteur medical pour le compte d’Eli Lilly, a témoigné au mois de mars dans une audition du Sénat des Etats-Unis 1777635602.jpgpréparant des dispositions législatives sur la limitation de l’influence de l’industrie sur les médecins par la mise en place d’un réseau d’information médicale indépendante (« visite académique« ). Son témoignage est édifiant quant aux tactiques de vente des firmes pharmaceutiques et les instructions qu’elles donnent à leurs VRP pour influencer les médecins et leurs prescriptions, y compris en créant puis en exploitant une « attirance sexuelle », un climat ambigu de quid pro quo lors des visites « médicales ». L’image, tirée de Radio Canada, renvoie à un récepteur aux phéromones dans l’organe voméro-nasal des humains (détectant les odeurs sexuellement attirantes).

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Oubliez l’EBM et la science! Les visiteurs médicaux tiennent bien les médecins par les tripes, selon une enquête

C’est la conclusion à laquelle arrive une enquête nationale états-unienne financée par cinq firmes pharmaceutiques : Pfizer, AstraZeneca, Eli 827273421.jpgLilly, Bristol-Myers Squibb et Janssen. Le but de ces firmes était d’évaluer l’efficacité de leurs VRP (visiteurs médicaux), donc leur capacité à influencer les prescriptions des médecins. Evaluation facile, puisqu’il suffit d’analyser les chiffres de vente des médicaments sur lesquels portait l’enquête : les antipsychotiques atypiques que produisent ces firmes et dont les VRP font la promotion en suscitant une réaction « émotionnelle » chez les médecins et leur « implication » conséquente (engagement).

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L’agence américaine du médicament (FDA) annonce des nouvelles règles pour gérer les conflits d’intérêts de ses experts

Si vous vous attendez à une révolution, vous allez être déçu(e)… Les détails sont dans un communiqué de presse du 4 août : FDA Announces 1286491765.jpgImproved Policies Regarding Transparency, Public Disclosure for Advisory Committees. Autrement dit, la FDA – équivalent de notre agence d'(in)sécurité sanitaire aussi transparente que l’est son nom: Afssaps – annonce des « améliorations » de sa politique en matière de transparence, de déclaration publique des conflits d’intérêts et de fonctionnement des comités d’ »experts ».

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Une déclaration codifiée et généralisable des conflits d’intérêts : un projet de Integrity in Science (CSPI)

Si la nécessité de déclarer les conflits d’intérêts dans la presse scientifique et médicale est communément admise dans les pays anglo- 206299048.jpgsaxons, il n’y a pas de consensus sur le contenu et l’étendue des déclarations et sur la définition précise des conflits d’intérêts, surtout lorsqu’ils ne sont pas de nature financière. Le Center for Science in the Public Interest (CSPI) a publié le mois dernier un projet qui vise à créer un ensemble de règles dont l’application serait généralisée et standardisée. Ce projet s’adresse d’une part aux scientifiques, chercheurs et auteurs d’articles, d’autre part aux rédactions et comités de lecture de la presse spécialisée, auxquels la codification des conflits d’intérêts et de leur déclaration simplifierait beaucoup le travail.

Les propositions ont été développées par une équipe mise en place par Merrill Goozner, qui dirige le département Integrity in Science du CSPI.

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Un arrêt de travail pour Sarko, Fillon et Cie – pétition de la revue Pratiques pour défendre les arrêts de travail

Comment forcer les gens à travailler, même quand ils sont malades ? Comment pousser encore plus loin le soupçon généralisé de fraude et la 849865111.jpgméfiance des employeurs envers les malades? Comment faire un pas de plus sur le chemin de désolidarisation entre malades et médecins ? Vous voulez faire un apprentissage accéléré de l’ignominie ? L’un des nombreux exemples qui pourraient vous inspirer est une mesure figurant dans l’article 103 de la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2008, qui prévoit la possibilité d’invalider les arrêts maladie « par des médecins désormais directement rémunérés par l’employeur du sujet, avec suspension totale des indemnités correspondantes ».

Lisez et signez la pétition lancée par la revue Pratiques, intitulée Un arrêt de travail pour Sarko et son gouvernement.

 

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Le secteur optionnel : d’autres exclusions et inégalités dans l’accès aux soins (revue Pratiques)

L’article de Marie Kayser, Secteur optionnel : un danger supplémentaire pour l’accès aux soins, paru le 1er août sur le site de la revue 281510332.jpgPratiques, explique en détail ce qu’il en est du secteur optionnel actuellement en cours de négociation. Celui-ci s’ajouterait au secteur conventionné (tarifs des médecins fixés par la Sécurité sociale) et au secteur à honoraires libres. Fausse bonne idée, ce secteur créerait des problèmes supplémentaires, au lieu d’en résoudre… Mais n’est-ce pas le cas de toutes les « réformes » (sic) et modifications faites dans le domaine de la santé depuis Douste-Blazy, Bertrand et Bachelot ?

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Liste de boîtes de médicaments de trois mois, pour payer moins de franchises (Que Choisir)

« A 0,50 euro par boîte de médicaments, les franchises médicales finissent par coûter cher, surtout quand on souffre d’une maladie chronique. Peu de patients sont cependant informés de l’existence de boîtes contenant trois mois de traitement. Et pourtant, ces boîtes existent pour les principales pathologies chroniques. Non seulement, elles permettent de ne payer qu’une seule franchise (0,50 euro) au lieu de trois (1,50 euros), mais le coût du traitement peut baisser de façon importante : l’économie peut atteindre près de 10 euros par mois pour certains médicaments ».

L’UFC Que Choisir parle de 350 médicaments disponibles en conditionnement trimestriel et publie une liste dans cet article en date du 13 août : Médicaments. Exigez des boîtes de trois mois.

Cela risque de faire des mécontents parmi les pharmaciens comme parmi les médecins – payés à l’acte. D’autre part, il n’est pas sûr qu’il y ait des économies. Combien de traitements sont interrompus ou changés avant les trois mois, par exemple ?

Elena Pasca

L’ordre des médecins et l’industrie pharmaceutique: frères siamois et relations incestueuses…

Qui disait que le mariage par intérêt ne donne pas d’union solide ? Et une progéniture qui fait bloc. Ou monopole. Ou encore cartel, selon les reproches que l’Office allemand antitrust fait à l’ordre des médecins pour avoir promu les intérêts de son frère siamois (l’industrie pharmaceutique), en bourrant le crâne des médecins de publicités en guise de formation médicale continue. Et l’ordre médico-pharmaceutique de France et de Navarre? Il se porte comment, lui, dont aucun office antitrust et aucune loi ne viennent troubler la quiétude ?

Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) et co-responsable de la situation actuelle de corruption, de conflits d’intérêts généralisés. C’est lui qui a permis le contrôle total de l’industrie pharmaceutique et des fabricants de dispositifs médicaux sur l’ensemble de notre pseudo-système de santé, sur toute la recherche médicale, sans oublier la formation médicale initiale et continue et les moyens d’information (de désinformation) des professionnels de santé comme des usagers. Les victimes d’effets indésirables de médicaments devraient porter plainte systématiquement contre les médecins prescripteurs, mais aussi contre le CNOM.

Car c’est l’Ordre des médecins qui gère les relations des médecins avec l’industrie pharmaceutique; chaque médecin qui signe un contrat doit le soumettre à l’Ordre départemental des médecins, qui le valide selon un barème tenu secret. Or on aimerait bien savoir quel est le prix de l’intégrité et de l’indépendance d’un médecin, selon le CNOM et pour quelles activités…

L’existence même d’un ordre des médecins est contraire à l’esprit et à la loi de la République, puisque la Révolution était censée mettre un terme aux ordres et aux privilèges qui vont avec, afin qu’aucun corps professionnel intermédiaire ne s’interpose entre les citoyens et la loi et que tous les citoyens soient égaux devant la loi commune. Or les velléités d’autorégulation (sic) et d’autodiscipline (sic) de l’ordre des médecins font que les assujettis à cet organisme qui rassemble les positions les plus réactionnaires échappent à la loi commune, échappent au Code pénal. Il faut dissoudre tous les ordres professionnels, il faut appliquer la loi Le Chapelier de 1791 et garantir la généralité de la loi. Interdire les intérêts corporatistes que l’on voit fleurir partout, se traduisant dans des sous-systèmes de vassalité quasi-féodale autour des firmes et des leaders d’opinion qui verrouillent le système pour le profit des industriels qui les paient et leur permettent de faire carrière (l’argent industriel finance des essais cliniques et les moyens d’en parler, finance aussi les grandes campagnes de communication dans la presse médicale et les sociétés savantes (elles-mêmes financées) ainsi que dans les media généralistes, qui font que la cote des leaders d’opinion augmente, qu’ils sont promus experts auprès des instances de régulation car ayant écrit sur le sujet (grâce aux industriels…). Et ainsi de suite, dans un cercle vicieux infini. 

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L’Ordre des médecins allemand critiqué par l’Office antitrust pour des publicités en guise de formation médicale continue

Voici un article du journal Süddeutsche Zeitung (à peu près l’équivalent de notre Libération), en loi antitrust pharmaceutique,monopole pharmaceutique,concurrence industrie pharmaceutique,formation médicale continue prestataires,marketing pharmaceutique,office antitrust industrie pharmaceutique,formation médicale continue allemagne,formation médicale industrie pharmaceutique,ordre des médecins conflits d'intérêts,ordre des médecins formation médicale continue,ordre des médecins allemagne,ordre des médecins industrie pharmaceutique,conflits d'intérêts formation médicale continue,facultés de médecine industrie pharmaceutique,corruption médecins,publicité pharmaceutique,conseil de l'ordre des médecins conflits d'intérêts,formation médciale continue en ligne,e-learning médecine,ordre des médecins critiquedate du 2 juillet 2008 : Werbung in Schulungen (« Des publicités dans les programmes de formation »).

 

Je traduis le texte de Kristina Läsker, qui a été cité par la revue médicale indépendante Arznei-Telegramm dans un article mettant l’accent sur les conséquences de cette désinformation publicitaire pour l’ensemble de l’information-santé : La formation médicale continue accréditée par l’ordre des médecins : foire publicitaire et capitulation devant les firmes.

 

Pas besoin de commentaires détaillés. Si ce n’est pour souligner l’évidence: la situation est la même en France, parce que l’ordre des médecins (le CNOM: Conseil national de l’Ordre des médecins) est le garant des relations des médecins avec les laboratoires pharmaceutiques. Tout médecin qui signe une convention avec une firme pharmaceutique – pour être consultant, recevoir de l’argent pour intervenir lors d’une formation médicale continue, lors d’un congrès, etc. – doit soumettre cette convention au conseil départemental de l’Ordre des médecins. Qui est totalement libre de refuser. Mais qui ne refuse jamais, dans les faits…

 

Les médecins ne sont pas des victimes des industriels.

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La formation médicale continue accréditée par l’ordre des médecins : foire publicitaire et capitulation devant les firmes (Arznei-Telegramm)

La revue médicale indépendante Arznei-Telegramm revient dans son numéro d’août sur le scandale perpétuel qu’est le financement de la argent médocs pub WSJ.jpgformation médicale continue (FMC) par l’industrie pharmaceutique. La question se repose dans le contexte d’un travail d’investigation mené par des media généralistes allemands, qui ont décortiqué ce que cachent les offres de FMC en ligne. Celles-ci ne sont que des publicités – camouflées sous une apparence scientifique – pour les médicaments ou les dispositifs médicaux fabriqués par les firmes qui paient les programmes respectifs de (désin)formation. Publicités déguisées et outils de monopolisation du marché par quelques firmes, assène l’office fédéral allemand antitrust, qui s’est saisi de l’affaire.

L’article s’intitule « Zertifizierte Fortbildung (CME): Werbeplattform statt Lehrangebot » (« Formation médicale continue accréditée (CME) : la plateforme publicitaire remplace les contenus éducatifs » ; a-t 01.08 2008; 39: 81-2 ; sans lien direct).

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L’industrie pharmaceutique, le LEEM, l’éthique et les tiques

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Ce « programme social » facilite le R & D: recherche et développement, qui donnera le prochain médicament révolutionnaire. Il faut s’entourer de précautions, ne pas se laisser perturber par des principes, car l’éthique pourrait dégonfler les délicats processus bio-endocrino-chimiques qui s’y déroulent.

Comment ne pas ironiser lorsqu’on entend parler des « codes de déontologie » et autres « chartes d’éthique » volontaires (sic) et qu’on lit en même temps des nouvelles régulières de scandales de corruption et de conflits d’intérêts, de cadeaux et autres « programmes sociaux » (sic) offerts dans les palaces de luxe où se déroulent les formations médicales continues?

 

Dessin: CartoonStock.com

 

A regarder en continuité avec nos notes:

 

Le LEEM : marche arrière toute, lorsqu’il s’agit de passer des beaux discours à la pratique et de mettre la main à la poche. Vous avez dit éthique ?

  

Le LEEM se soucie de l’éthique !! L’industrie pharmaceutique annonce un code européen de déontologie

 

 

Elena Pasca

Le LEEM : entre beaux discours éthiques humanitaires et pratique dans les pays pauvres

Le LEEM (Les entreprises du médicament, syndicat de l’industrie pharmaceutique) ne faisait-il pas savoir en criant sur tous les toits qu’il allait se doter d’une charte de 78673365.jpgdéontologie volontaire (sic) ?

Il semble bien que ce n’était qu’un effet d’annonce, comme nous l’avions dit. Parce que dès qu’il s’agit de faire le moindre effort pour concrétiser ces vertus supposées – on est priés de croire qu’elles existent et d’applaudir l’intention, sans plus – le LEEM s’en lave les mains… A titre d’exemple, voyez la triste fin d’une belle idée : la redistribution des médicaments non utilisés en France, rassemblés par Cyclamed et envoyés dans des pays pauvres. Ou alors « donnés à des associations présentes en France. L’équivalent de 8 à 10 millions d’euros de dons était ainsi redistribué », nous dit Le Monde dans l’article Les ONG privées de la manne des remèdes non utilisés (7.08.08).  Mais le LEEM refuse de payer et, sans lui, tout le système de collecte et de redistribution risque de s’effondrer.

Elle n’aura pas fait long feu, l’éthique à la sauce financière…

L’éthique et la déontologie volontaires de l’industrie pharmaceutique s’arrêtent là où commencent leurs intérêts financiers, c’est-à-dire d’emblée. Les beaux discours du marketing pharmaceutique, mâtiné de références éthiques, sont faits pour mieux vendre des médicaments dans les pays riches, à des usagers bien-portants surmédicalisés et surmédicamentés, pas dans les pays pauvres, à des gens qui en auraient besoin mais ne peuvent pas payer.

Photo: ONU

 

Elena Pasca

Dépistage du cancer de la prostate remis en cause par l’USPSTF: pas de bénéfices et risque de surdiagnostics et traitements inutiles

Une dépêche AFP résume les conclusions du groupe de travail chargé de formuler les cancer prostate dépistage,dosage psa dépistage cancer prostate,traitement cancer prostate effets indésirables,espérance de vie cancer prostate,surdépistage surdiagnostic cancers,cancer prostate âge dépistage psa,cancer prostate enantone décapeptyl effets indésirables,cancer prostate traitement hormonal,enantone agonistes gnrh cancer effets indésirables,surdiagnostic cancer prostate,surmédicalisation cancer,cancer dépistage surdiagnostic,disease mongering cancer,cancer du sein surdiagnostic dépistage,cancer prostate recommandations dépistagerecommandations de bonne pratique en matière de dépistage du cancer de la prostate (USPSTF: United States Preventative Services Task Force) : USA: des experts contre des tests anti-cancer de la prostate après 75 ans.

 

Les examens composant le dépistage sont « plus néfastes que bénéfiques » pour la santé de ces hommes. D’autre part,

« Dans la mesure où ce cancer évolue généralement très lentement, dans 29 à 44% des cas chez les hommes les plus âgés, il n’affectera pas leur santé et leur espérance de vie. En revanche un traitement peut affecter leur qualité de vie en les rendant impuissants ou incontinents ». Le même groupe de travail précise même que les preuves actuelles sont insuffisantes pour étayer la nécessité d’un dépistage chez les hommes de moins de 75 ans.

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Le désastre socio-économique de la santé américaine : résultat de la privatisation néolibérale. Marianne nous dit ce qui nous attend

Dépenses énormes pour une piètre qualité ; 47 millions sans couverture maladie ; des médecins empêtrés dans la bureaucratie ou refusant les assurances habituelles ; médecine générale laminée; une industrie pharmaceutique débridée…

 

L’un des dogmes du néolibéralisme consiste à dire que la concurrence ferait baisser les prix. Et que le choix entre prestataires multiples permettrait de faire des économies. Roselyne Bachelot ne dit-elle pas que si une mutuelle augmente ses tarifs (suite à la nouvelle taxe), ben, on n’a qu’à en choisir une autre ? Et quand elles auront toutes des tarifs prohibitifs, on évitera de tomber malades.

Un long article de Hervé Nathan, publié dans le numéro du 2 au 6 août de Marianne nous montre ce que donne la privatisation tant encensée, vers laquelle le gouvernement nous mène pas à pas : « Les Américains malades de leur assurance santé ». Il vaut la peine d’être lu en entier. Et d’être complété par les notes réunies sous les catégories privatisation de la santé et protection sociale en danger. La situation américaine est très bien exposée aussi dans le texte d’Arnold S. Relman Ethique et valeurs médicales dans un monde marchandisé où la santé n’est qu’un commerce parmi d’autres.

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Financement public d’une visite académique: projet législatif pour contrecarrer l’influence pharmaceutique

Le Congrès des Etats-Unis vient de proposer un amendement au code de la santé qui permettrait le financement public de programmes 889191819.jpgd’éducation indépendante et non biaisée des professionnels de santé en matière de médicaments et de soins. Le circuit actuel de l’information médicale et toutes les pratiques qui s’y rapportent sont « chargés de conflits d’intérêts », dit le sénateur démocrate Herb Kohl, qui est à l’origine de l’Independent Drug Education and Outreach Act of 2008 (IDEA). L’intention est claire : neutralisation du marketing de Big Pharma par l’offre d’une source alternative d’information pour les professionnels de santé et les patients. Visant l’intérêt public et non pas l’augmentation du chiffre d’affaires et du cours de l’action en bourse.

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