La médecine est une mixture de science, de sophismes, biais, illusions d’optique, preuves manipulées et autres croyances, disent Skrabanek et McCormick

Malgré ses dimensions modestes, le livre de Petr Skrabanek et James McCormick, « Idées folles, idées fausses en médecine » (O. Jacob, 1992, trad. Yves Morin) tient ses promesses d’être un « cours d’initiation au 12a6d6171f8af21ca7937cd4917cba7b.jpgjugement critique en médecine », rédigé dans un langage accessible à tous. Et la nécessité de la critique n’a pas diminué depuis la première édition du livre, bien au contraire… Les auteurs s’attaquent aux nombreux sophismes, erreurs de raisonnement, arguments fallacieux, fautes de logique, biais cognitifs, dissonances cognitives, illusions, manipulations des preuves et des statistiques qui ont cours en médecine et qui sont couverts – comme toutes les erreurs – par leurs auteurs eux-mêmes et par la corporation en général, afin de préserver le fondement même de l’autorité dont la médecine peut se prévaloir tant que les cadavres restent dans le placard. Le système se reproduit surtout grâce au sommet de la pyramide : ces pontes qui imposent leurs vues et ne travaillent plus que dans le sens de leur confirmation et de leur maintien. Grâce à leur position stratégique dominante dans le champ respectif, ils ont les moyens d’imposer leurs propres « principes de vision et de division », pour reprendre l’excellente formulation de Bourdieu. Autrement dit, ils décident de ce qui est un problème (maladie, symptôme, technique, etc.) ou non, tout comme de la manière de définir ce problème, de le conceptualiser, de tenter de le résoudre et ainsi de suite. Celui qui a la capacité de poser les termes du débat et de dire ce qui doit faire débat est celui qui a les moyens de rendre « vraies » ses propres hypothèses. C’est la « self-fulfilling prophecy », comme disent les auteurs anglo-saxons.

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Antidépresseurs, tranquillisants, psychotropes en général : surmédicalisation et toxicomanie médicamenteuse

Un extrait de l’émission de Canal+ « Lundi investigation », mars 2008 : « Tranquillisants : l’overdose ? » Il y est question de ces patients drogués avec les « drogues du pauvre », comme le dit spontanément une femme traitée depuis une dizaine d’années par des quantités ahurissantes de plusieurs types de psychotropes à la fois. C’est le même constat que faisait Paul Arcand dans son documentaire « Québec sur ordonnance », dont nous avons rendu compte dans cette note. Certains patients passent d’un comprimé au « millefeuille thérapeutique », puis à la « défonce toxicomaniaque »… Mais dire, comme le fait un médecin interviewé, que les médecins sont conscients mais ne peuvent pas résister à la pression des patients est bien trop léger… Les médecins seraient, paraît-il, trop gentils et n’auraient pas appris à dire non… Plus raisonnable semble l’explication du directeur de la revue Prescrire et celle de Philippe Pignarre qui mettent en cause le marketing de l’industrie pharmaceutique, y compris la publicité déguisée en « campagnes d’information », qui atteint à la fois les médecins et les patients.

Ces lobbies qui nous gouvernent à travers des « Députés sous influences ». Un livre qui en dit long. Et l’exemple du lobby de la chimie

Hélène Constanty / Vincent Nouzille, « Députés sous influences. Le vrai pouvoir des lobbies à l’Assemblée nationale », cb0cf60c554d7290922552cf0401874b.jpgFayard, 2006. Nous avons parlé de ce livre – qui n’a rien perdu de son actualité – dans la note Politiques sous influence. Du lobby pharmaceutique au lobbying à l’Assembée et à l’Elysée.

Le blog des deux auteurs du livre, Lobbies en campagne, n’est plus à jour depuis juin 2007, mais reste tout aussi édifiant. Voici un extrait présentant l’ouvrage: « Laboratoires pharmaceutiques, industriels de l’armement et de l’agroalimentaire, filière nucléaire, chefs d’entreprise, médecins, viticulteurs, cafetiers, chasseurs : tous ont leurs défenseurs au Palais-Bourbon ! Le livre met au jour les méthodes controversées utilisées par certains lobbyistes pour faire passer leurs messages : trafic de badges d’accès, recrutement d’assistants parlementaires, interventions payantes lors de colloques, rédaction d’amendements «prêts à l’emploi», «groupes d’études » téléguidés, création de « clubs » thématiques, organisation de voyages et de missions parlementaires à l’étranger… (…) Plus rien n’échappe à ces jeux de pouvoirs occultes. Les lobbies sont à la manoeuvre et certains députés dépassent parfois la ligne blanche… ».

A lire aussi le dossier en ligne de l’Express, Pour qui roulent vos députés, et d’autres liens à partir de ces sites. Les lobbies n’ont officiellement pas le droit d’entrer et d’oeuvrer à l’Assemblée nationale. Le livre comme le dossier de l’Express montrent comment ils contournent tous les jours cet obstacle, par exemple à travers Les grupes d’études, faux nez des lobbies. L’exemple du lobby de la chimie, donné par l’Express dans cet article, est particulièrement intéressant quand on parle tellement d’incinérateurs, d’OGM, de pesticides et autres douceurs que nous consommons directement ou indirectement grâce à l’industrie agrochimique, pétrochimique, pharmaceutique et autres chimiques… On voit comment les divers intérêts politico-financiers superposés – grâce aux liens financiers qui donnent ces conflits d’intérêts qui étranglent la politéconomie française – réussissent à faire barrage à REACH, ambitieux projet européen de réglementation sanitaire des produits chimiques. La santé publique, les risques sanitaires, le principe de précaution – voilà des notions qui ne figurent que dans les cauchemars de ces élus qui ne représentent plus qu’une minorité de intérêts privés. Res publica? Euhhh… Vous pouvez épeler, SVP?

Politiques sous influence. Du lobby pharmaceutique au lobbying à l’Assemblée nationale et à l’Elysée. Extraits vidéo.

« Les lobbies. L’Elysée sous influence ? » est le titre du reportage diffusé en mai 2007 par « Questions à la une« , le magazine d’information de la RTBF (télévision belge francophone de service public). Vous verrez pourquoi un tel reportage ne pourrait pas passer sur une chaîne française… Nous avons repris de Dailymotion cinq extraits vidéo de l’émission, et fait un petit exercice qui décuple leur impact: les regarder en les croisant avec des fragments d’un article de Marie Bénilde, Quand les lobbies (dé)font les lois. Parlementaires français et européens sous pression, (Monde diplomatique, mars 2007). On dirait que lorsque les trop rares journalistes d’investigation se mettent au travail, ils arrivent à des résultats similaires…

La première séquence vidéo de l’émission belge parle de l’université d’été de Pharmaceutiques, qui est la revue mensuelle de référence « des cadres de l’industrie et des décideurs institutionnels du monde de la santé », selon la présentation officielle. Celle-ci ne laisse pas planer les doutes sur le principal centre d’intérêt : « résultats financiers, bilans et perspectives ». Le numéro de janvier contient un bilan de l’année 2007, réalisé par le LEEM (syndicat de l’industrie pharmaceutique), non disponible en ligne, à mon grand regret… Mais on apprend que le bilan financier de l’année passée était stable – ouf !!

Cette université d’été de « Pharmaceutiques », fermée au public et aux media, a eu lieu dans un château du Lubéron, où le super lobbyiste de l’industrie pharmaceutique, Daniel Vial, a réuni à la fois des PDG de grandes firmes pharmaceutiques et des politiques tels Bernard Kouchner, Michèle Barzach, Claude Evin… Avec la présence, en mission officielle, semble-t-il, du ministre délégué à la Sécurité sociale, Philippe Bas… Notre porte-monnaie en est de plus en malade… Et plus il souffre, plus on risque de souffrir longuement en cas de maladie…

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La politique de santé publique face au lobby agro-alimentaire… La prévention de l’obésité infantile ne pèse pas lourd face aux intérêts privés

Prenons un extrait d’un article publié il y a un an par Marie Bénilde, Quand les lobbies (dé)font les lois, qui esquisse les enjeux et revient sur quelques étapes de la loi sur la santé publique:

« En ce mois de juillet 2004, le projet de loi sur la santé publique soumis au Parlement est loin d’imposer aux annonceurs de boissons, barres chocolatées ou biscuits des contraintes prohibitives en matière de communication publicitaire. Le nombre des jeunes de 6 à 15 ans victimes de surcharge pondérale et multipliant de ce fait leurs risques de maladies cardio-vasculaires a beau avoir triplé en un quart de siècle (pour atteindre 16 % de cette tranche d’âge), l’urgence ne semble pas s’imposer. Bien que le député (et médecin) Jean-Marie Le Guen (Parti socialiste, PS) alerte l’opinion sur un phénomène qu’il juge gravissime et qui touche un enfant de 8 ans sur cinq (…), le projet de loi présenté par le ministre de la santé de l’époque, M. Philippe Douste-Blazy, reste relativement modéré. Contrairement à la Suède ou au Québec, la France choisit en effet de ne pas interdire la publicité dans les programmes destinés aux moins de 12 ans. Le gouvernement s’est laissé gagner par les avocats de l’industrie alimentaire, qui mettent en balance leurs 140 milliards d’euros de chiffre d’affaires, leurs quatre cent vingt mille salariés et leur… 1,7 milliard d’euros bruts d’investissements publicitaires ».

Marie Bénilde parle de Douste-Blazy. Mais Xavier Bertrand n’a pas fait mieux lorsqu’il était ministre de la Santé, alors que des rapports officiels préconisaient l’interdiction pure et simple de la publicité encourageant les enfants à la consommation de sucreries. Cette séquence de l’émission de Canal+ « Faites passer l’info » montre Bertrand en train de se faire rappeler à l’ordre par le lobby agroalimentaire. Le ton de Jean-René Buisson (président de l’Association nationale des entreprises de l’agroalimentaire) oscille entre menace voilée et promesse de renvoi d’ascenseur. En tout cas, on n’a aucun mal à se rendre compte qui décide. Et, bien entendu, c’est l’intérêt privé des multinationales qui l’a emporté. La publicité se porte comme un charme – nous enfants un peu moins… – et le bandeau qui défile en bas pour dire qu’il faut bouger plus est en lettres tellement petites qu’il faudrait une loupe pour le voir…

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Aide-mémoire pour la ministre de la santé: les lunettes seront-elles déremboursées ou pas?

En citoyens soucieux de la santé de nos gouvernants – apparemment plus soucieux qu’ils ne le sont de la nôtre… – nous nous intéressions déjà aux problèmes de vision, et même cardiaques dont pouvait souffrir notre président (dans cette note).

Le même souci citoyen a poussé « Arrêt sur images » à s’intéresser non seulement à la vision, mais aussi à la mémoire de notre ministre de la santé, Mme Bachelot, lorsqu‘elle parle lunettes, par exemple. La ministre affirme le 15 avril 2008, lors d’une séance de questions aux gouvernement, qu’elle n’a jamais évoqué la possibilité de laisser le remboursement des soins optiques aux complémentaires privées. ASI a retrouvé donc l’enregistrement d’un entretien sur LCI, fait deux jours auparavant… Tentative ratée de donner un morceau encore plus gros de gâteau aux assureurs privés ? En tout cas, toutes les « réformes » qui privatisent un peu par-ci un peu par-là, qui remettent la question des « programmes d’observance » à l’ordre du jour, alors que la question avait été tranchée il y a un an – tout cela montre que le lobby des assureurs et autres industriels pharmaceutiques et investisseurs privés a parfaitement bien travaillé, et ce au plus haut niveau de l’Etat.

Arnold S. Relman: Ethique et valeurs médicales dans un monde marchand où la santé n’est qu’un commerce parmi d’autres

Arnold S. Relman est professeur émérite de médecine, spécialiste en médecine sociale à l’Université de Harvard. Il c7dc8b7b2dc3e10290f39eb5df328a2e.jpgest l’auteur de plusieurs articles et ouvrages décapants sur le thème des conflits d’intérêts et de la mainmise de l’industrie pharmaceutique sur le système de santé et de soins des Etats-Unis. Un article de 1980 publié dans le New England Journal of Medecine – revue dont Arnold Relman a été l’un des éditeurs – résume parfaitement la question et ses enjeux : « Le nouveau complexe médico-industriel ».

Dans tous ses écrits, Relman déplore les conséquences de cette agrégation entre médecine et industrie : la médecine devient un commerce comme un autre, le professionnalisme médical – les valeurs, l’humanité, l’altruisme, l’éthique et les préceptes moraux propres à la profession médicale – tout se perd dans cette course galopante à la technicisation et au profit. La médecine générale est en danger de disparition au profit des spécialités hautement technicisées et tout aussi hautement déshumanisées. Qui en profite? L’industrie pharmaceutique, les assureurs privés et ces médecins qui ont renié les préceptes de la morale appliqués à la médecine, qui piétinent allégrement la déontologie au sens véritable du terme (que les médecins feraient bien de se rappeler). Il la piétinent pour s’asservir aux industriels avec lesquels ils créent un réseau de conflits d’intérêts dont les tentacules étranglent le système de soins – sans parler des patients! – et nuisent à l’économie dans son ensemble. La pratique contredit tous les jours les spéculations théoriques de la vulgate néolibérale sur la santé d’une économie qui abandonne la santé aux intérêts privés.

Les professionnels de santé comme la société qui permet, voire encourage cette dérive marchande et déshumanisante oublient que seul l’intérêt de la santé du patient est légitime – et légitime la profession médicale en tant que telle. Les médecins asservis oublient trop souvent qu’ils sont là pour les patients, et non l’inverse! Et Relman de tirer la sonnette d’alarme : le système de santé pourrait s’effondrer complètement si des réformes majeures ne sont pas faites pour mettre fin à la grave crise qu’il traverse.

Le texte que nous traduisons ici est un commentaire publié dans le numéro du 12 décembre 2007 du Journal of the American Medical Association. Pour préciser le contexte, rappelons que la revue Annals of Internal Medicine avait fait une enquête sur le professionnalisme médical dont les résultats, publiés en décembre 2007, ont été largement commentés dans la presse médicale et généraliste ainsi que dans la blogosphère – anglophones, bien sûr. Qui s’intéresse à ces « détails » en France?

Le commentaire de Relman reprend les idées d’un exposé que l’auteur avait fait lors de la réunion du Conseil de Bioéthique de la présidence, le 28 juin 2007 à Washington, ainsi que certaines grandes lignes de son dernier ouvrage, paru en 2007 sous le titre « A Second Opinion: Rescuing America’s Health Care » [Un deuxième avis: Sauver le système de soins américain]. New York, Perseus/ Public Affairs, 2007.

Merci de lire aussi les commentaires tout à la fin de la note: le coup de gueule du jour 😉

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Incinération: les politiques refont l’erreur de l’amiante en laissant faire les industriels. Le rapport du GESDI détaille les risques énormes pour la santé et l’environnement

Voici le très alarmant Rapport élaboré par le Groupe des experts scientifiques sur les dangers de l’incinération 09633832bc2fe0de71eb20fb168f31ee.jpg(GESDI), publié le 17.09.2007: Expertise nationale concernant les alternatives à l’incinération et aux décharges : aspects environnementaux, sanitaires et socio-économiques.

« Notre pays n’a en réalité aucune politique nationale de gestion et de traitement rationnel des déchets », contrairement à d’autres pays européens, soulignent les auteurs. Ils urgent les autorités à « ne pas refaire l’erreur de l’amiante » et ne pas laisser les lobbies industriels triompher encore une fois au détriment de la santé publique. L’inertie des politiques et leur volonté de privilégier les profits économiques laissent la porte ouverte à la répétition des catastrophes : « Avec la promotion de l’incinération ou de la coincinération telle que le font aujourd’hui les industriels, il est clair que le même type de processus et d’erreurs est en place ».

Extraits du rapport: « Ce qu’est un incinérateur : un brûlot géant duquel s’échappent de très nombreuses substances toxiques, retrouvées dans l’air et les résidus solides. Les dioxines sont l’arbre qui cache la forêt.

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Les incinérateurs de déchets responsables de cancers. Etude de l’Institut de veille sanitaire (résultats définitifs revus à la hausse)

Le 27 mars 2008, l’Institut de veille sanitaire (InVS) publiait sur son site un rapport auquel il n’a pas fait trop de 687cba5874301555908bbfb2561ec05e.jpgpublicité… Incidence des cancers à proximité des usines d’incinération d’ordures ménagères. Rapport d’étude et synthèse (PDF à télécharger à partir de cette page). Les résultats préliminaires de cette « étude écologique de type géographique, réalisée dans le cadre du Plan cancer 2003-2007 » avaient été publiés à l’automne 2006, suscitant une réaction immédiate du Centre national d’information indépendante sur les déchets (CNIID) intitulé Cancer : l’incinération coupable 

Les résultats qui viennent d’être publiés sont plus alarmants, même si l’Institut de veille sanitaire impute cette augmentation des taux de cancer (de la population vivant à proximité) uniquement aux incinérateurs de la vieille génération qui auraient rejeté des substances cancérogènes dans l’environnement. Le résumé indique qu’une « relation statistique significative est mise en évidence entre l’exposition aux panaches d’incinérateurs et l’incidence, chez la femme, des cancers toutes localisations réunies, du cancer du sein et des lymphomes malins non hodgkiniens. Un lien significatif est également retrouvé pour les lymphomes malins non hodgkiniens chez les deux sexes confondus et pour les myélomes multiples chez l’homme uniquement.

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Possible augmentation du taux d’accidents vasculaires cérébraux sous Spiriva (tiotropium)

Dans un communiqué en date du 18 mars 2008, la FDA (agence américaine de sécurité sanitaire) rend publique une 6fcf8500608734478c9ae2cf74e2383d.jpginformation préliminaire reçue des la firme Boehringer Ingelheim concernant SPIRIVA (bromure de tiotropium monohydrate). Il s’agit du premier bronchodilatateur anticholinergique de longue durée d’action, indiqué dans le traitement continu des bronchospasmes chez les patients souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). La FDA attire l’attention sur une possible augmentation des accidents vasculaires cérébraux chez les patients traités par Spiriva. Ces données sont préliminaires et résultent d’une revue d’ensemble de 29 études contrôlées faite par la firme Boehringer Ingelheim et comprenant au total autour de 13.500 patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive.

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L’insuline inhalée Exubera – autre médicament autorisé trop vite. Conséquences: risque de cancer du poumon, selon Pfizer

Voici une analyse de l’affaire Exubera qui va au-delà de la dépêche d’Associated Press reprise par quelques journaux 49327fab25a4912b14e1bcec09c43a17.jpgfrançais, dont Le Point en date du 10 avril 2008, qui titre L’insuline inhalée Exubera liée à des cancers du poumon, selon Pfizer. « Les laboratoires américains Pfizer et Nektar Therapeutics ont indiqué mercredi avoir observé une augmentation des cas de cancer du poumon chez des patients utilisant l’insuline inhalée Exubera. Cette révélation a donné le coup de grâce à l’anti-diabétique qui avait connu un échec commercial après sa mise sur le marché en 2006. »

Il est très curieux que Pfizer ait renoncé à Exubera en octobre 2007 et rétrocédé les droits à la firme Nektar sans dire un mot des risques et effets secondaires… Selon le communiqué du mois d’octobre, Pfizer se retire parce qu’Exubera n’est pas suffisamment rentable, compte tenu de la concurrence des autres formes d’insuline, mais insiste sur la sécurité d’emploi du médicament et sur son efficacité… La firme propose même de prolonger la disponibilité du médicament – par pure bonté d’âme, certainement… L’annonce du risque de cancer du poumon est faite six mois plus tard. Manœuvre tactique pour essayer d’échapper aux conséquences ? Ou pour ne pas couper les rentrées d’argent trop vite? On est en droit de se poser la question.

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Les franchises: régression sociale aux effets économiques contre-productifs (inflation des coûts, privatisation anarchique, inégalité d’accès aux soins, illisibilité du système…)

Voici plusieurs analyses et décryptages des effets des franchises sur les soins, des objectifs cachés qui motivent le aba841728e29b8519225f4f4dd1bd321.jpgrecours à ce véritable impôt sur la maladie et de l’idéologie néolibérale qui cherche à les présenter comme incontournables. Tout comme elle cherche à nous faire gober l’idée que le démantèlement pas à pas de toutes les institutions et dispositifs sociaux qui forment notre système de protection sociale serait motivé par la volonté politique de sauver celui-ci… On détruit et privatise tout pour préserver… acquis sociaux et services publiques. Et « reponsabiliser » les personnes coupables d’une érosion de ceux-ci… Ecran de fumée? Non! Cynisme, mensonge et volonté de diviser et de stigmatiser, comme le dit parfaitement ActUp Paris:

« Affirmer qu’il faut « responsabiliser » les malades, c’est faire croire que ces derniers, comme les handicapés, consomment de façon irresponsable des médicaments que la société leur permettrait d’avoir gratuitement. Leur « irresponsabilité » coûterait trop cher à la société. Or une telle vision est fausse. Comme le montrent les rapports successifs du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie, les personnes les plus gravement malades sont celles qui ont le reste à charge le plus élevé, c’est-à-dire celles qui doivent le plus payer pour leur santé. Notre société, bien loin de se montrer solidaire, met donc déjà particulièrement à contribution les malades et les handicapéEs ».

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Le mythe du « trou de la Sécu ». Extraits du livre de Julien Duval

Julien Duval est chargé de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur le journalisme et sur la protection sociale. Coauteur du « Décembre » trou de la sécu.jpgdes intellectuels français (Raisons d’agir, 1998), il collabore aux Actes de la recherche en sciences sociales et enseigne la sociologie à l’Institut d’études politiques de Rennes et à l’École nationale de la statistique et de l’analyse de l’information (ENSAI).
Sur le site « Le choix des libraires », vous pouvez écouter un enregistrement de Julien Duval exposant les grandes lignes du livre Le Mythe du « trou de la Sécu » et les enjeux de l’analyse.

La note précédente contient une présentation générale de l’ouvrage dont voici quelques extraits (pp. 17-19 et pp. 21-24), tirés du Blog Goudouly.

Source de l’illustration: le blog de Didih.

[…] « Depuis une vingtaine d’années, quelques idées très répandues structurent le débat public en matière de protection sociale : les difficultés financières de la Sécurité sociale, ses sombres perspectives d’avenir, les effets négatifs sur l’économie d’un trop haut niveau des prélèvements… Si ces idées, qui reposent en partie sur des faits avérés, peuvent présenter une certaine cohérence logique, on ne saurait les comparer à des propositions scientifiquement validées.

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Le « trou de la Sécu »: le néolibéralisme en fait une catastrophe pour justifier la casse de la protection sociale et la privatisation du système de santé

Le mythe du « trou de la Sécu », par Julien Duval. Ed. Raisons d’agir 2007, 6 euros.f573b29b4e2e43d6745eafb979664a24.jpg

Présentation par l’éditeur : « A en croire les médias et les débats politiques, la Sécurité sociale serait menacée de faillite par un déficit abyssal. Pour faire face à l’augmentation des dépenses et au vieillissement de la population, notre système de protection sociale, créé en 1945 pour donner « ta garantie à chaque homme qu’en toutes circonstances il pourra assurer sa subsistance et celle de personnes à sa charge », serait condamné à se «réformer» sans cesse : déremboursements, réduction des prestations, hausse des cotisations, voire privatisation. Chercheur au CNRS, Julien Duval renverse les termes du problème : il n’y a pas de « déficit de la Sécu » mais « un besoin de financement » que les gouvernements successifs ont décidé de ne pas satisfaire en multipliant depuis 1993 les exonérations de charges sociales. En effet, l’affaiblissement de la protection sociale découle non pas d’arbitrages techniques mais d’un choix politique : le transfert généralisé des « risques » du capital vers le travail. »

Suivent deux décryptages:

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Tous solidaires contre les franchises Sarkozy! Appel de Christian Lehmann et Bruno-Pascal Chevalier, initiateurs du mouvement

« Nous appelons à une journée d’actions contre les franchises, le samedi 12 avril, à Paris devant le ministère de la Santé, et en Province devant les préfectures. Nous invitons tous les malades à y déposer, symboliquement, leurs boîtes de médicaments videsNous appelons tous les citoyens, malades, professionnels de la santé, bien-portants, invalides et valides, à être solidaires et déterminés, et à se mobiliser, nombreux :

Le samedi 12 avril, à 14h00 devant le ministère de la Santé à Paris ou devant les préfectures ou sous-préfectures en région »

Extraits du communiqué: « Les franchises sont déjà « appliquées avec un tel zèle que certaines caisses de Sécurité Sociale continuent de les prélever au-delà du plafond de 50€, tandis que des patients renoncent à certains soins, amenant les communicants de la Sécu à vanter cet « effet franchise » qui améliorerait fictivement les comptes… en dégradant l’accès aux soins…

Et pendant ce temps, une nouvelle vague de déremboursements est décidée et appliquée dans la plus grande discrétion, tandis que l’on étudie sérieusement la restriction du cadre des Affections de Longue Durée, évoquant sans honte ni crainte du ridicule l’hypothèse de ne prendre en charge le diabète ou les maladies cardio-vasculaires qu’au stade des complications avérées (tout en pérorant sur la nécessité de mieux impliquer les médecins dans la prévention !).

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Le samedi 12 avril à 14 heures, manifestation contre les franchises devant les préfectures et devant le ministère de la santé.

Pour protester contre les franchises sur les soins, dites aussi franchises « médicales » ou franchises Sarkozy : Le 0f3c24930b2ad99c1ea88f055d8daf90.jpgsamedi 12 avril à 14 h, allons déposer nos boîtes de médicaments vides devant les préfectures ! A Paris, rendez-vous toujours à 14 h devant le Ministère de la Santé : 8 avenue de Ségur, Paris, 7ème, Métro Ecole Militaire (ligne 8) ou Saint François-Xavier (ligne 13).

Bruno-Pascal Chevalier ne se soigne plus depuis la fin septembre; il met sa vie en danger pour protester contre les franchises Sarkozy. Pour comprendre les enjeux, on peut lire l’article de l’Humanité, Pas coupables d’être malades! ou encore surfer sur le site Grève des soins, à partir duquel on peut aussi imprimer des tracts. Voici celui pour Paris et l’Ile de France et celui pour les autres départements (boîtes de médicaments vides à déposer devant les préfectures respectives). Voici le message de Bruno-Pascal Chevalier:

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Franchises sur les soins: santé et médecine sont un commerce comme un autre pour les ultralibéraux. On est solvable, donc soigné. Certains gagnent, d’autres perdent…

Il restera, peut-être, la charité pour les perdants… Celle-là même que la République voulait faire disparaître en la 7ffa9fe08960463304c2043aa44a619c.jpgremplaçant par la solidarité, par l’égalité et l’égale dignité. Des mots, rien que des mots vides pour nos gouvernants. Notre Constitution fait du président Sarkozy le garant de notre (système de) santé. Or, la réalité semble bien différente, puisqu’il se préoccupe de la santé des intérêts privés des gros industriels de l’assurance, des firmes pharmaceutiques et autres « investisseurs » dans le système de santé. Qui attendent les dividendes, le « retour sur investissement », quitte à tailler à la hache dans les soins et à exclure les pathologies non rentables, à l’image de ce qui se passe dans les cliniques rachetées par des grosses firmes – et de ce qui se passera bientôt dans nos hôpitaux…

Vous trouverez sur cette page du site du « Collectif national Contre les Franchises et pour l’accès aux soins pour tous » plusieurs prises de position contre les franchises médicales. Celles-ci sont une énième attaque contre la protection sociale, après les franchises Douste-Blazy, les forfaits, le projet de « bouclier sanitaire », le projet « Hôpital 2012 » visant à vider l’hôpital public de son essence de service public, le projet de réduction drastique de la prise en charge des maladies chroniques les plus graves, qui font partie des ALD (affections de longue durée; nous en avons parlé dans cette note). Sans parler du démantèlement plus général de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un service public.

Vous pouvez lire ici le texte Franchise sur les soins : la fausse compassion au secours de l’idéologie, par Christian Lehmann et Martin Winckler. Les auteurs sont médecins généralistes et écrivains et font partie des initiateurs de l’Appel contre la Franchise.

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ALD en danger ! Sarkozy veut « réformer » le système au profit des assureurs privés. Autre coup mortel porté à l’assurance-maladie solidaire et à la protection sociale

Le « Collectif national contre les Franchises et pour l’Accès aux soins pour tous » est composé de plusieurs dizaines d’associations et syndicats, réunis pour protester contre les coups mortels portés à notre protection sociale par le président Sarkozy et son gouvernement. 

Le Collectif a émis un communiqué informant des intentions de Sarkozy d’attenter au système de prise en charge des affections de longue durée (ALD). Le texte apporte un argument supplémentaire à la nécessite de résister aux franchises et à tous ces coups portés contre la protection sociale, l’assurance-maladie, l’hôpital public, les services publics en général, au nom du profit des assureurs privés. Mettre l’intérêt privé des assureurs avant l’intérêt général d’un accès aux soins pour tous, d’une solidarité nationale et d’une éthique de la médecine qui ne doit pas se réduire à un commerce, c’est piétiner un par un les principes républicains. C’est pousser les plus malades et les plus faibles encore plus dans l’exclusion, du fait d’assurances privées inaccessibles et des nouvelles charges financières imposées aux patients. Charges que même les classes moyennes seront incapables d’assumer en plus de toutes les « responsabilisations » déjà existantes.

Quant à la prise en charge à 100% des affections de longue durée (ALD) – qui n’existe comme telle que sur papier, de toute façon, vu tout ce que ces malades doivent payer de leur poche -, elle disparaîtra complètement à terme. C’est une mort déjà annoncée. Toute la question est : allons-nous laisser faire ?

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Traitement médiatico-pharmaceutique de la dysfonction érectorale. La solution miracle des laboratoires Lagardère

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Montage figurant dans les pages de Sarkostique, qui illustre bien le fait que l’industrie pharmaceutique a réponse à toute question de style de vie ou de panne momentanée. C’est la fonction des « lifestyle drugs » que de soigner tout, y compris un dysfonctionnement érectoral. Que l’on peut comprendre comme une véritable maladie mentale, vu ses conséquences; maladie à codifier illico presto dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et à traiter. Et puisqu’on parlait récemment du façonnage des maladies (disease mongering) et de la « publicité directe aux consommateurs » qui risque de nous arriver bientôt, autant donner un exemple bien de chez nous. Après tout, Pfizer fait de très bonnes affaires en France aussi avec son Viagra. Lagardère aussi avec d’autres choses. Impossible d’en énumérer le détail, parce que, comme on sait, une même multinationale peut vendre de tout et son contraire, alors…

Je me demande juste si je n’ai pas vu récemment une mise en garde de la FDA (agence américaine du médicament) à propos d’effets secondaires du Viagra genre troubles visuels, en plus des troubles cardiaques. Ce qui expliquerait certains aspects de la politique économique et sociale actuelle, par myopie (pas de vision à long terme), défaut de perception/vision des vrais problèmes… Et puis par une ankylose du palpitant dès lors qu’il s’agit d’autre chose que de largesses du coeur pour les plus fortunés et de pitié pour les pôvres multinationales, qui seraient embêtées par le droit des affaires français. Là encore, il doit y avoir un problème de vision, parce que moi, je n’ai vu aucun procès sérieux fait par l’Etat à une multinationale pharmaceutique, agrochimique, agroalimentaire, au nom de l’intérêt général et de la santé publique. Et ce, quelle que soit l’ampleur des catastrophes sanitaires et/ou environnementales qu’elles avaient provoquées.

Mais comment voir des catastrophes dans le monde fabuleux de Disney, véhiculé par Air Bolloré, servi tous les jours par Direct 8 (chaîne de Bolloré) et sonorisé par Europe 1 (radio de Lagardère) ? 

En attendant le Sonotone… Jacques, si tu m’entends, reviens!

Les psys se penchent sur le cas Sarkozy (caricature)

Nous parlions de psychiatrie, de maladie mentale, mais aussi de la volonté des hommes politiques à démanteler la protection sociale, défaire les hôpitaux publics et la Sécurité sociale basée sur la solidarité nationale pour les laisser en proie aux assurances privées et aux profiteurs de tout poil. Mais quelle tête a bien pu penser de telles calamités ? Cette caricature tirée de Sarkostique nous donne un aperçu du fait que Sarkozy incarne le conflit d’intérêts absolu… Les lobbies, les millionnaires, les affaires… Rien de cela ne lui est inconnu, à ce bienfaiteur des multinationales et autres organismes à but fort lucratif, qui voulait les protéger d’une justice déjà pas très regardante en la matière, en réformant « le droit des affaires »… Pour mieux entériner le droit aux affaires, sans doute… La perspective d’endiguer un jour les débordements de l’industrie pharmaceutique, de celle agrochimique, etc., par voie juridique-législative s’éloigne de plus en plus…

 

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