Politiques sous influence. Du lobby pharmaceutique au lobbying à l’Assemblée nationale et à l’Elysée. Extraits vidéo.

« Les lobbies. L’Elysée sous influence ? » est le titre du reportage diffusé en mai 2007 par « Questions à la une« , le magazine d’information de la RTBF (télévision belge francophone de service public). Vous verrez pourquoi un tel reportage ne pourrait pas passer sur une chaîne française… Nous avons repris de Dailymotion cinq extraits vidéo de l’émission, et fait un petit exercice qui décuple leur impact: les regarder en les croisant avec des fragments d’un article de Marie Bénilde, Quand les lobbies (dé)font les lois. Parlementaires français et européens sous pression, (Monde diplomatique, mars 2007). On dirait que lorsque les trop rares journalistes d’investigation se mettent au travail, ils arrivent à des résultats similaires…

La première séquence vidéo de l’émission belge parle de l’université d’été de Pharmaceutiques, qui est la revue mensuelle de référence « des cadres de l’industrie et des décideurs institutionnels du monde de la santé », selon la présentation officielle. Celle-ci ne laisse pas planer les doutes sur le principal centre d’intérêt : « résultats financiers, bilans et perspectives ». Le numéro de janvier contient un bilan de l’année 2007, réalisé par le LEEM (syndicat de l’industrie pharmaceutique), non disponible en ligne, à mon grand regret… Mais on apprend que le bilan financier de l’année passée était stable – ouf !!

Cette université d’été de « Pharmaceutiques », fermée au public et aux media, a eu lieu dans un château du Lubéron, où le super lobbyiste de l’industrie pharmaceutique, Daniel Vial, a réuni à la fois des PDG de grandes firmes pharmaceutiques et des politiques tels Bernard Kouchner, Michèle Barzach, Claude Evin… Avec la présence, en mission officielle, semble-t-il, du ministre délégué à la Sécurité sociale, Philippe Bas… Notre porte-monnaie en est de plus en malade… Et plus il souffre, plus on risque de souffrir longuement en cas de maladie…

Première partie

Et voici un extrait de l’article de Marie Bénilde qui montre les résultats que donnent de telles petites sauteries dans des endroits bucoliques où l’on est entre soi, à se partager le butin loin des oreilles indiscrètes : « La trentaine de lobbies industriels qui gravitent autour de l’Assemblée nationale et du Sénat ont enchaîné les victoires. [Le lobby] de l’industrie pharmaceutique (Les entreprises du médicament, LEEM) a obtenu, lors de l’examen du projet de loi sur la sécurité sociale en octobre 2005, de ramener de 1,96 % à 1,50 % la taxe exceptionnelle sur le chiffre d’affaires de cette industrie (elle était de 0,60 % avant le projet de loi). Pour les caisses de la sécurité sociale, le manque à gagner correspond à 90 millions d’euros ». C’est pour compenser des exonérations de ce genre et ne pas mettre en danger les profits des actionnaires que nous devons dès lors payer un euro par consultation, puis un forfait sur les actes dépassant 91 euros, puis des franchises, puis… Et c’est pour augmenter les profits que nos politiques privatisent à tout va tout ce qui est service public en santé, qu’ils font ce qu’il faut pour dérembourser des médicaments dont le prix explose par la suite, démanteler l’hôpital public et tout le système de protection sociale…

A partir de la deuxième séquence vidéo tirée de l’émission « Questions à la une », nous entrons à l’Assemblée nationale, au contact des députés, pour voir comment se fait, par exemple, le recrutement des assistants parlementaires par des sociétés de lobbying. Nous aurons aussi une idée de l’entourage de Nicolas Sarkozy, depuis le temps où il était ministre de l’Intérieur et qu’un lobbyiste (Frédéric Lefebvre) était son directeur de campagne à l’UMP… Lisons d’abord les commentaires de Marie Bénilde, car les images prendront un autre sens par la suite : « Une telle manifestation de lobbying n’est pas isolée. En décembre 2005, la loi sur les droits d’auteur dans l’économie numérique avait mis au jour des pratiques que l’on croyait réservées aux républiques bananières. Le président de l’Assemblée nationale, M. Jean-Louis Debré, avait dû chasser des émissaires de Virgin et de la Fnac qui, dans l’enceinte même de la représentation nationale, proposaient d’offrir des cartes prépayées de téléchargement musical aux députés…

Les journalistes Hélène Constanty et Vincent Nouzille ont recensé dans leur livre Députés sous influences (…) les multiples expressions de tels groupes, qui usent de moyens de pression de plus en plus élaborés pour imposer leurs vues : voyage payé par Suez lors de la Coupe du monde de football de 2006 (au moment où l’Assemblée nationale débattait de la privatisation d’EDF et de sa fusion avec Suez), inflation de clubs parlementaires et de colloques en tout genre financés par des intérêts privés. Sans oublier le recrutement d’assistants parlementaires (relativement) mal payés. Par exemple, Mme Sandrine Lespérat, employée par le député du Var Jean-Michel Couve (Union pour un mouvement populaire, UMP), qui n’hésite pas à prendre en sus, en décembre 2004, la direction institutionnelle de l’ANIA, organisme qui dispose par ailleurs d’un badge d’accès à l’Assemblée nationale. Les deux auteurs détaillent dans leur ouvrage à quel point les intérêts privés et gouvernementaux sont étroitement mêlés. Ainsi, c’est par l’intermédiaire de la société Pic Conseil que Mme Lespérat fut recrutée. Or 51 % du capital de Pic Conseil est détenu par M. Frédéric Lefebvre, conseiller de M. Sarkozy pour les relations avec le Parlement au ministère de l’intérieur (…) ».

Deuxième séquence vidéo : lobbies à l’Assemblée

Troisième partie

Quatrième partie ou comment on recrute les assistants parlementaires et autres conseillers pour influencer les politiques, etc.

Cinquième partie

Conclusion de Marie Bénilde : « Officiellement, la France ne reconnaît pas l’existence de lobbies auprès de ses élus. Les groupes de pression les plus en vue militent donc pour être consacrés « partenaires industriels » et, afin de témoigner de leur bonne volonté, de leurs excellentes pratiques et de leur « transpare
nce », ils vantent le principe de l’autorégulation. La présence de quinze mille lobbyistes et de deux mille six cents groupes d’intérêts dûment répertoriés auprès de la Commission européenne témoigne de l’ampleur d’un phénomène qui inspire bon nombre de lois nationales. Et qui oriente journalistes et décideurs publics sans véritable contrôle. »
Quant à l’ « autorégulation », conclut Marie Bénilde, « l’autodiscipline [l’idée que les lobbies se limiteraient d’eux-mêmes, sans contrôle extérieur] n’est-elle pas l’autre nom de la démission des responsables politiques devant les puissances économiques établies ? »

5 réflexions au sujet de “Politiques sous influence. Du lobby pharmaceutique au lobbying à l’Assemblée nationale et à l’Elysée. Extraits vidéo.”

  1. A « Cavasse »
    Vous êtes libre de vos opinions, de défendre des animaux, de militer pour l’interdiction de l’expérimentation animale, etc.
    Ce sont des sujets tout à fait acceptables, même si votre commentaire est sans lien avec l’article et a été posté probablement seulement pour vous faire de la publicité.
    Je ne fais pas de publicité, quelle que soit l’idéologie ou le produit à vendre. Ca, c’est un premier point.
    Mais le plus important, c’est un autre point:
    Moralement, il est inadmissible de soutenir que les animaux auraient plus de dignité que les êtres humains et que ces derniers puissent être déchus de leur humanité, dégradés, ravalés au rang de matière à expérimentation.
    J’ai vu, en allant sur votre page, que vous étiez pour le rétablissement de la peine de mort – et pour l’utilisation des condamnés à des fins d’expérimentation – ce que vous dites d’ailleurs ici aussi.
    Vous vous dites pourtant chrétienne.
    Je vous invite à réfléchir à ceci:
    Les nazis vous ont précédée dans ce type de pseudo-raisonnement ou l’amour de la nature sert à justifier la haine des hommes:
    L’une des premières lois promulguées par Hitler (amoureux des chiens) après son arrivée au pouvoir était destinée à protéger les animaux, en interdisant leur transport dans des conditions indignes.
    C’était une bonne initiative.
    Par contre, on a bien vu par la suite que les nazis n’ont pas fait preuve de la même « éthique » s’agissant des humains, puisque ceux-ci ont été entassés les uns sur les autres dans ces mêmes wagons à bestiaux, jugés trop dégradants pour les animaux, et conduits à l’abattoir (chambres à gaz, etc).
    Par-delà la défense des animaux, qui est un autre sujet, je considère votre position sur les condamnés à mort extrémiste et contraire à la morale et aux éthiques, y compris à l’éthique chrétienne dont vous vous réclamez, et de ce fait je n’accepterai plus de commentaires de votre part, ni ne contribuerai à vous faire de la publicité par des liens ou autrement.
    C’est l’un des principes de Pharmacritique.
    Bien à vous,
    Elena Pasca

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  2. Bonjour
    Nous sommes une société de production et de vente directe de [… nom supprimé par Pharmacritique] (antiseptique et antimicrobien naturel contre les infections générales ou locales).
    Ne pouvant faire face au lobby pharmaceutique qui tente de discréditer […] (remède naturel et sans effet nocif, contrairement à leurs poisons antibiotiques), nous cherchons à accroître la notoriété de ce produit et de notre site.
    C’est pourquoi nous aurions souhaité savoir s’il vous était possible de publier sur votre site un article sur […] incluant notre lien. Ce sujet correspond assez bien à ceux que vous abordez dans votre site et nous pensons qu’il pourrait intéresser votre lectorat.
    Si vous n’êtes pas intéressé par la publication d’un article, nous pouvons peut être procéder à un échange de liens.
    Si votre site est ouvert à la publicité, nous serions également intéressés pour acquérir un espace.
    Si Toute fois si aucune option n’est possible, connaitriez vous un site susceptible d’être intéressé
    Merci d’avance de votre réponse.

    Cordialement.
    Web master
    [NdR: nom du produit, lien et nom du site supprimés conformément la politique non publicitaire du blog]

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  3. [Ce commentaire n’était pas en ligne]
    bonjour Yassir,
    Il est clairement dit dans la présentation du blog que Pharmacritique ne fait aucune publicité, quel que soit le produit, et que je supprime systématiquement les liens publicitaires. Il n’y a pas non plus d’échange de liens, etc.
    je ne sais pas pourquoi vous pensez que le produit que vous vendez correspond aux sujets traités ici, puisque je dis partout que la critique des dérapages de l’industrie pharma et de la médecine biaisée par les conflits d’intérêts ne veut en aucun cas signifier une promotion d’autres méthodes, d’autres commerces, d’autres médecines.
    Des remèdes qui empoisonnent, chaque côté a eu (et a toujours) son lot: et l’empire des produits naturels (avec les divers remèdes miracle) et celui pharma.
    Pour ma part, je ne me mêle pas de cette discussion-là, c’est chacun ses convictions et cela est hors sujet ici. Je les renvoie dos à dos, chacun avec ses conflits d’intérêts et son marketing…
    Bien à vous.

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