Gardasil, Cervarix : Merck et GSK ont un réseau colossal de conflits d’intérêts politiques et médicaux

Le New York Times a publié le 19 août un excellent article intitulé « The Evidence Gap. Drug Makers’ Push Leads to Cancer Vaccines’ Rise » (L’écart entre la publicité et les preuves : Les stratégies marketing des firmes augmentent le taux de vaccinations).gaspillage d'argent.jpg

Ce long texte très bien documenté nous permet de comprendre pourquoi presque tous les professionnels de santé et les politiques répètent comme des perroquets les mêmes arguments publicitaires et font ce qu’il faut pour augmenter les chiffres de vente. La publicité et ce discours uniformisé et globalisé sont portés par une véritable armée de médecins, infirmiers, hommes politiques, associations de patients, institutions publiques et autres, payés très généreusement par Merck et GSK. (N’oublions pas Sanofi Pasteur MSD et CSL, même si l’article se focalise sur les deux labos à l’origine du commerce de ces vaccins). C’est l’argent qui parle et les perroquets font du copier/coller pour diffuser le message.

Et lorsqu’autant de monde a un intérêt financier (ou de prestige) à ce que le Gardasil et le Cervarix se vendent bien, la promotion à tous les niveaux et les décisions politiques intéressées s’accompagnent d’efforts de censure du débat sur l’(in)utilité, les incertitudes et les risques de ces vaccins.

Pharmacritique vous propose une traduction de plusieurs fragments portant surtout sur les conflits d’intérêts et la corruption.

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La Commission européenne et l’EFPIA sapent la législation sur la publicité directe et l’accès direct aux patients

Le Financial Times a rendu compte le 3 octobre d’une rencontre des décideurs politiques et pharmaceutiques européens, WaveBigPharma CAGE.jpgqui peaufinent leur stratégie de mise en pratique des propositions antérieures, connues sous le nom « paquet pharmaceutique » (pharmaceutical package).

 

 

Le titre de l’article en dit long sur les objectifs : « Plan to give drug groups direct public access » (Projet permettant l’accès direct des firmes pharmaceutiques aux patients).

 

 

 

 

 

Sous prétexte d’améliorer l’observance des traitements, la pharmacovigilance et la « qualité de l’information » venant de tous les « acteurs importants » du domaine de la santé, l’accord entre l’EFPIA (le syndicat européen des pharmas) et la Commission européenne (avec Günter Verheugen en tête) permettra aux firmes d’accroître leurs profits par un marketing direct auprès des patients, qui court-circuitera les médecins et contournera l’interdiction de la publicité directe aux usagers pour les médicaments d’ordonnance (DTCA: direct-to-consumer advertising).

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Pfizer accusé de manipulation des études sur l’efficacité du Neurontin. Qu’en est-il du Lyrica ?

En 2004, Pfizer a dû payer 430 millions de dollars d’amende pour la publicité illégale de son antiépileptique Neurontin (gabapentine), incitant les médecins à le prescrire dans des indications non autorisées (douleurs diverses, troubles bipolaires, douleurs neuropathiques, anxiété et autres troubles psychiques, etc.), ce qui a porté les chiffres de vente à plus de 3 milliards par an. Le New York Times du 8 octobre nous apprend qu’une cour fédérale des Etats-Unis est en charge d’un autre procès intenté par des usagers et des tierces parties. La cour vient de rendre publics les rapports de plusieurs experts sur les essais cliniques et la stratégie commerciale de Pfizer.

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CLAMP : clamper les vases communicants entre médecine et industrie pharmaceutique

Dans ma série sur les associations anticorruption en médecine, voici le CLAMP (Comité de Lutte Anti-Marketing Pharmaceutique): CLAMP.jpgcollectif canadien fondé en 2003-2004.

Il se compose d’étudiants en médecine et de professionnels de la santé issus surtout de l’université de Montréal et agissant pour « une plus grande indépendance du système médical face aux compagnies pharmaceutiques ». A commencer par une limitation du marketing pharmaceutique, responsable de trop de prescriptions déraisonnables, et un refus des à-côtés (cadeaux, ristournes, privilèges…) offerts par les pharmas.

 

 

Même s’il ne semble plus actif depuis quelques mois, le site reste intéressant et peut donner des idées d’action : affiches pour les hôpitaux et les cabinets médicaux, rencontres avec des membres d’associations anticorruption du réseau No free lunch!, organisation de conférences, participation à des débats et des congrès, manifeste à signer et à afficher, prises de position dans les media, mise en place d’un club de lecture, etc. Signalons un bon article sur les brevets pharmaceutiques.

Pharmacritique souhaite au CLAMP de ne pas desserrer sa prise ! Bon vent !

 

Elena Pasca

Innovative Medicines Initiative : la Commission européenne et EFPIA s’allient pour dévaliser la recherche et les deniers publics

J’ai proposé dans cette note de nominer le syndicat européen de l’industrie pharmaceutique (EFPIA) et le commisaire Günter Verheugen pour les prix du lobby le plus néfaste et de la personnalité européenne traînant le plus de casseroles (pardon, conflits d’intérêts). Prix décernés par Corporate Europe Observatory à la suite du vote du grand public, qui débutera le 20 octobre.

Et voici une nouvelle occasion de voir à quel point ces deux-là méritent d’être couronnés… Dans l’éditorial traduit dans la note précédente, Nature Neuroscience donnait comme exemple à suivre un projet de la Commission européenne dont je n’avais pas encore entendu parler : Innovative Medicine Initiative (IMI). Une recherche rapide a suffi pour voir à quel point l’immense écran de fumée publicitaire cache une autre manoeuvre d’EFPIA, cette fois-ci pour utiliser l’argent public – nos impôts, autrement dit – à des fins de profits privés. Le projet donne à l’industrie pharmaceutique aussi la possibilité de s’approprier les résultats des équipes publiques de recherche. Pas si directement que cela, bien entendu…

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Crise de crédibilité de la pédopsychiatrie, due à la corruption par les firmes pharmaceutiques et à ses faibles bases scientifiques

Dans les notes des catégories Conflits d’intérêts en psychiatrie et Maladies inventées / disease mongering, nous avons montré que la Cerveau Süddeutsche.jpgpsychiatrie est la spécialité médicale la plus corrompue par l’industrie pharmaceutique, pour le compte de laquelle elle façonne des maladies et les « légitime » dans le DSM. Appliqué aux enfants, cet affairisme donne une augmentation exponentielle des diagnostics d’hyperactivité et de trouble bipolaire, en premier lieu, et une mise sous camisole chimique dès la moindre « déviation » par rapport à une « normalité » dont la seule chose qu’on puisse affirmer avec certitude, c’est qu’elle n’existe pas… (Mais ce n’est pas ce détail qui va arrêter le dévoiement de la médecine dans son ensemble en un outil de normalisation). La légitimité scientifique de la première prescription chez l’enfant est trop souvent douteuse. Qu’importe ! Un deuxième médicament est prescrit pour soi-disant atténuer les effets secondaires et compléter les effets du premier, puis un troisième…

Le peu de science et d’éthique qui fonde cette façon de faire (du commerce pour Big Pharma) est dénoncé par des cercles médicaux que personne ne peut soupçonner d’être antipsychiatrie ou antimédecine… L’éditorial du mois de septembre de la revue Nature Neuroscience (Nat Neurosci. 2008, Sep;11(9):983) s’intitule « Credibility crisis in pediatric psychiatry » (Crise de crédibilité de la psychiatrie pédiatrique). En voici une traduction rapide :

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Eli Lilly : Amende de 62 millions de dollars pour les effets indésirables du Zyprexa prescrit hors AMM

Le New York Times du 6 octobre nous informe que la firme Eli Lilly doit payer une Amende de 62 millions de dollars à 33 Etats américains qui l’ont poursuivie en justice au nom des lois de la protection des consommateurs.  En attendant l’issue du procès intenté par l’Etat fédéral, les assureurs et les actionnaires, selon la loi RICO réprimant les organisations mafieuses et corrompues (cf. ma note).

Des analystes estiment que le procès à venir devrait aboutir à un milliard de dollars d’amendes et de remboursement à ces tierces parties (assurances maladie…) qui ont payé pour rembourser le Zyprexa° (olanzapine) ou ont investi sur la base des affirmations mensongères d’Eli Lilly.

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Songe d’une nuit d’été, par Janine Thombrau

(Note de Pharmacritique : pour en savoir plus sur les combats de Janine Thombrau, lisez son précédent texte publié dans la note « Lettre ouverte Gravure République.jpgdénonçant l’ignominie des politiques et autres responsables de la misère et l’exclusion des handicapés, pauvres, malades… », ainsi que son site Mots pour maux)

 

Songe d’une nuit d’été

 

 

 

 

 

 

 

Par Janine Thombrau

 

Un Soir, Étendue, Pensive sur mon vaste lit médicalisé, vaste par ce que livré en 120 au lieu des 90 cm remboursés par la Sécu, je me plonge dans un sommeil réparateur… (Merci la «  M.D.P.H. » pour cette couche inespérée Tant attendue).

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Presse médicale, moyen d’influence et de publicité pharmaceutique

La presse médicale adressée gratuitement aux médecins, en particulier aux généralistes, se vante d’être le premier pourvoyeur de CRO pharma dependant.jpgformation médicale continue (FMC).

« Chaque semaine, votre FMC au quotidien », dit Le Quotidien du médecin du 22 septembre. Et il ajoute qu’il « remercie pour leur soutien institutionnel dans la réalisation des pages spéciales du FMC du Quotidien du Médecin : Altana Groupe Nycomed, Amgen, Astra Zeneca, Bristol-Myers Squibb, Eisai, Galderma, Glaxo Smith Kline, Ipsen, la Ligue nationale contre le cancer (ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées, l’assurance-maladie, l’assurance-maladie des professions indépendantes), [Eli] Lilly France, Lundbeck, Merck Sharp & Dohme-Chibret, Roche Nicholas, Menarini, Novartis, Organon, Pfizer, Sanofi Aventis, Sanofi Pasteur MSD, Schering-Plough, Schwarz Pharma, Servier, Takeda, Thérabel Lucien Pharma, Urgo, Wyeth. » A noter que la firme Pierre Fabre a aussi offert son « soutien institutionnel » (sic) à la réalisation du supplément du 22 septembre sur les maladies parodontales.

 

Nous verrons ce que pense Gérard Kouchner – à la tête d’un empire de presse et de communication qui comprend aussi le journal susmentionné, ainsi que Le Quotidien du Pharmacien, Le Généraliste, etc. – des reproches faits à cette presse cadeau…

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Choice : visite académique et financement réinventé pour stopper l’influence des pharmas, la désinformation et le marketing débridé

Dans un dossier paru en mai 2008, l’association australienne de défense des consommateurs Surmédicamentation.jpgCHOICE a publié un rapport intitulé « Pushing Pills » (Un marketing des médicaments qui dépasse les bornes). Les anglophiles y trouveront un bon argumentaire sur les conséquences néfastes de la publicité des firmes pharmaceutiques. L’introduction générale est suivie de l’analyse des stratégies promotionnelles utilisées pour désinformer les médecins généralistes, à l’exemple des médicaments contre l’hypertension artérielle, puis d’une considération lucide de l’impact de ces méthodes publicitaires à visée commerciale. Enfin, l’association fait des propositions concrètes et exige la mise en pratique de la seule solution raisonnable à cette désinformation risquée pour les patients : une information indépendante des médecins, au moyen de la visite académique et d’un financement complètement revu. J’ai fait quelques analogies avec la situation française.

 

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Marketing illégal du Deroxat/Seroxat par GSK et occultation du risque suicidaire: 40 millions de dollars d’amende

Nous parlions dans la note précédente du suicide comme effet secondaire de plusieurs antidépresseurs et autres Deroxat suicide final.jpgmédicaments. Cela colle parfaitement avec l’actualité…

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La FDA enquête sur le risque suicidaire des antidépresseurs, antiépileptiques, Champix, Singulair…

(Mise à jour à la fin: liens et liste de certains psychotropes concernés)

 

Nous avions parlé de l’alerte de la FDA (agence états-unienne du médicament) à propos du risque suicidaire sous antiépileptiques. Quant aux psychiatrie en crise BMJ.jpgantidépresseurs, cet effet indésirable est connu depuis longtemps et, aux Etats-Unis, un label noir (black box warning) portant là-dessus dissuade les médecins de les prescrire aux moins de 24 ans.

 

Vu le nombre de signalements à la pharmacovigilance et les exigences de certains chiens de garde, la FDA a lancé fin août une enquête sur le risque de suicide et d’idéation suicidaire induits par certains médicaments tels Prozac (fluoxétine), Deroxat / Seroxat (paroxétine), Zyban (buproprion) et Zoloft (sertraline), les antiépileptiques Lyrica (prégabaline) et Neurontin (gabapentine), l’aide au sevrage tabagique Champix (varénicline) ainsi que l’anti-acnéique Roaccutane (isotrétinoïne).

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Même en bonne santé, les fumeurs sont des malades, dit l’ordre allemand des médecins. Cherchez l’argent…

Encore un pas vers le dévoiement de la médecine en un outil de normalisation et de contrôle social par la médicalisation de l’existence dans son Fumer DPAgentur.jpgensemble; par la médicalisation des modes de vie, en l’occurrence…

Je n’ai pas eu le temps de creuser les conflits d’intérêts qui se cachent à coup sûr derrière l’exigence de l’ordre fédéral des médecins allemands, formulée le 15 septembre devant un comité parlementaire : il faudrait « reconnaître » les fumeurs comme des malades comme les autres, dans la catégorie des addictions. Cette demande est contestée par les caisses d’assurance-maladie et fait débat au sein de la profession et au-delà.

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Un éditorial du NEJM doute de l’utilité du Gardasil et craint qu’il ne favorise les dysplasies et les cancers du col de l’utérus

Charlotte J. Haug, rédactrice en chef du Journal of the Norwegian Medical Association, signe dans le numéro du 21 août du New England Warning.jpgJournal of Medicine un éditorial intitulé Human Papillomavirus Vaccination – Reasons for Caution (Vaccination contre les papillomavirus humains – pourquoi nous devons être prudents). Je traduis les fragments essentiels de cet éditorial qui accompagne un article faisant état d’une modélisation de la vaccination par Gardasil pour en déterminer le rapport coût – effectivité en fonction des critères QALY (quality-adjusted life-year : années de vie évaluées selon des critères de qualité de vie).

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Le réseau anticorruption en médecine « No free lunch » s’étend à l’Amérique du Sud. Bon vent à No Gracias.co !

J’ai évoqué à plusieurs reprises la mobilisation associative internationale contre la corruption et les conflits d’intérêts en médecine et No gracias Colombie.jpgpour la désinfection des rapports des médecins avec les firmes pharmaceutiques. Mobilisation dont les deux figures de proue sont No free lunch! aux Etats-Unis et Healthy Skepticism en Australie. En Europe, ce mouvement associatif est bien représenté en Grande-Bretagne (No free lunch), Allemagne (MEZIS) et Italie (No grazie, pago io). Et j’ai présenté récemment l’association néerlandaise Gezonde Scepsis et celle espagnole : l’excellente No gracias.eu.

Pharmacritique aimerait pouvoir rendre compte de l’apparition d’une telle association française… En attendant, saluons la naissance de l’association No Gracias! en Colombie, d’où le mouvement devrait s’étendre aux autres pays andins. Son site s’inspire pour le moment de celui de No gracias ! d’Espagne, le temps de trouver une présentation graphique et textuelle de ses spécificités. Il faut encourager cette nouvelle combattante contre la corruption et les conflits d’intérêts en médecine, contre l’influence de l’industrie pharmaceutique sur la formation et l’information médicales, sur la recherche et le système de santé et de soins en général, en signant sa charte.

Pharmacritique lui souhaite longue vie et beaucoup d’enfants partout en Amérique du Sud !

Elena Pasca

Le syndicat infirmier du Québec conteste la vaccination par le Gardasil et s’inquiète de ses possibles effets pervers

Par la voix de sa présidente, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) dénonce dans un communiqué de presse du 9 Gardasil Slate.jpgseptembre la campagne précipitée de vaccination des jeunes filles canadiennes par le Gardasil. Le syndicat conteste l’utilité du vaccin et la nécessité d’une telle campagne, en l’absence de toute épidémie qui la justifierait. La FIQ ne manque pas de rappeler les incertitudes scientifiques autour du Gardasil et de s’inquiéter de ses « dangers potentiels » et « ses effets pervers » – notamment la pression de sélection -, alors que les autorités sanitaires ne sont même pas d’accord quant à son efficacité…

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Psychiatrie britannique: failles dans l’emprise des labos sur la formation médicale continue

Joanna Moncrieff, Philip Thomas et Rhodri Huws, membres du collectif Critical Psychiatry Network, ont adressé une lettre au British Medical FMC BMJ 28 août.gifJournal, en réponse à l’article que nous avions traduit dans cette note : « Formation continue : institutions médicales et firmes refusent de limiter le financement industriel, dit Moynihan dans le BMJ« .

La lettre, parue le 23 septembre, s’intitule L’industrie pharmaceutique et la formation médicale continue : certains progrès dans la psychiatrie britannique (BMJ 2008;337:a1780).

Illustration : le dessin à la une du British Medical Journal du 28 août 2008, contenant le dossier sur la dépendance de la formation médicale continue par rapport aux firmes pharmaceutiques et détaillant certaines mesures possibles pour se libérer de cette emprise. Outre l’article déjà cité de Ray Moynihan, Pharmacritique a traduit aussi celui d’Alfredo Pisacane, paru dans le même numéro (dans la note « Repenser la formation médicale continue », sans firmes ni conflits d’intérêts).

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Uffe Ravnskov: une révision indépendante des directives sur le cholestérol et les statines s’impose

Mise à jour:

Merci pour les critiques formulées dans les commentaires. Uffe Ravnskov est un militant, il cholestérol mortalité,cholestérol facteur de risque,diabète traitement bénéficesrisque,statines efficacité cholestérol,cholestérol maladies coronariennes,cholestérol accident vasculaire cérébral avc,thincs cholestérol,statines effets secondaires,hypercholestérolémie familiale statines,uffe ravnskov,statines femmes,prévention cholestérol,facteurs de risque maladies cardiovasculaires,statines conflits d'intérêtsformule une critique radicale de la cholestérolisation des maladies cardio-vasculaires.  Je pense qu’il faudrait lire son texte comme l’inverse symétrique du « tout cholestérol » / « tout statines » de l’industrie pharmaceutique – et exiger comme lui une révision des recommandations en matière de cholestérol, biaisées du fait de nombreux conflits d’intérêts. Mais, en effet, les propos sont controversés s’agissant de l’hypercholestérolémie familiale, où le traitement est essentiel, comme je l’ai dit en reprenant Arznei-Telegramm.

 

Dans le British Medical Journal du 20 septembre, Uffe Ravnskov, porte-parole du réseau THINCS (critique du « mythe du cholestérol »), répond par une lettre concise à un article portant sur l’hypercholestérolémie (excès de LDL cholestérol) et ses traitements à tout va : Should medical science ignore the past? (La science médicale peut-elle ignorer le passé, BMJ 2008;337:a1681, accès restreint).

Voici une traduction de la lettre :

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Femmes et statines: faire peur pour ériger le cholestérol en maladie et vendre sciemment des médicaments inefficaces

Comment le cholestérol, facteur de risque parmi tant d’autres, est-il devenu l’ennemi public statines inefficaces femmes,cholestérol facteur de risque traitement statines,cholestérol statines marketing pharmaceutique,statines prévention primaire efficacité,statines cholestérol mortalité,facteurs de risque cardiovasculaire,surmédicalisation des femmes,statines prévention secondaire efficacité,harriet rosenberg médicalisation des femmes,surmédicalisation surtraitement,disease mongering cholestérol,santé des femmes prévention,peur pharmacommerce de la peurnuméro un ? Par les conflits d’intérêts des experts, concrétisés aussi dans le façonnage de maladies, méthode fort efficace dans la stratégie globale de médicalisation et surmédicalisation à la Dr Knock, avec toutes les conséquences consistant à transformer les bien-portants en malades à médicamenter chroniquement, et surtout les bien-portantes, puisque les femmes sont les premières cibles de la surmédicalisation. J’ai évoqué ces méthodes dans les notes de la catégorie Maladies inventées / disease mongering, puis dans celles parlant du cholestérol et des hypolipémiants et de la surmédicalisation, « normalisation », etc.

 

Il faut rappeler le cœur du marketing pharmaceutique : le pharmacommerce de la peur : les firmes paient des « campagnes d’informations » – publicités à peine déguisées – qui inculquent aux patient(e)s la peur de mourir, de voir leur santé péricliter, etc. s’ils/ elles ne prennent pas tel médicament révolutionnaire. Cette tactique fonctionne à merveille, non seulement pour les statines, les bisphosphonates, etc., mais aussi dans ce cas d’immense bluff publicitaire qu’est le Gardasil. Plus c’est gros, plus ça marche…

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Tahor et les autres statines n’ont guère d’effets bénéfiques chez les femmes. Mais le silence des firmes vaut de l’or

La question de l’inefficacité des statines – médicaments anticholestérol – chez les femmes à risque cardiovasculaire n’est pas nouvelle. Et lipitor.gifpourtant, on n’en entend pas parler. Pfizer, Merck et les autres fabricants de statines ne s’en vantent pas. Pourquoi se priver de la moitié des bénéfices ? Il vaut mieux continuer dans la stratégie de disease mongering (façonnage de maladies, invention de maladies), et l’abus de prévention en fait partie. Une stratégie très profitable de surmédicalisation et surmédicamentation, qui transforme les facteurs de risque en maladies et les bien-portants en malades.

 

Une méta-analyse de l’université de Cornell met les pieds dans le plat, nous dit Medical News Today dans l’article Lipitor Mismarketed to Women (Le Tahor chez les femmes : un marketing à côté de la plaque). A côté de la plaque d’athérosclérose, pourrait-on dire…

 

L’image est tirée d’une pub de Pfizer pour l’atorvastatine (Tahor, appelé Lipitor aux Etats-Unis).

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