La Fondation Sciences Citoyennes met les « Sciences en bobines »: films et débats pour se forger un avis éclairé sur des questions d’actualité

La Fondation Sciences Citoyennes nous invite à sa cinquième édition du festival « Sciences en bobines« , l’une des multiples façons de l’association d’oeuvrer à la mise en pratique de son principe fondateur: la « réappropriation citoyenne et démocratique de la science, afin de la mettre au service du bien commun ». Chaque documentaire ou film choisi sera suivi d’un débat qui apportera des éclairages sur certaines dimensions du problème thématisé. L’entrée est libre.  bobinesflyer2009icon.jpg

Le buffet bio à prix modérés, ouvert tous les soirs à partir de 19h15, permettra de prolonger le débat dans la convivialité.

Cette édition du festival est organisée avec le concours de l’ACRO, Ingénieurs Sans Frontières et Sud-Recherche-EPST, ainsi qu’avec le soutien de la Fête de la Science.

Voici les détails: les villes, les dates et le programme détaillé:

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Le hold-up des médecins: secteur optionnel, CAPI, refus de soins, dépassements d’honoraires, loi HPST refaite par le lobby médical…

J’adapte le titre du Canard enchaîné: « Le hold-up des toubibs« , dans un billet d’humeur, mais bien documenté, quand même.assurance maladie Sud santé.jpg

10.000 contrats d’amélioration des performances individuelles / CAPI, rien que pour le moment et sachant que certains spécialistes en veulent aussi; ils coûtent de 5.000 à 7.000 euros en moyenne par an et par généraliste. Il faudra les payer. Tout comme les dépassements d’honoraires, qui ne seront plus limités à certains médecins, puisque le secteur optionnel va les généraliser progressivement. Il faut payer l’énorme gaspillage dans les mesures contre la grippe A (au moins 1,5 milliards d’euros). Les médecins et les infirmiers ont négocié leurs tarifs pour assurer la campagne de vaccination, mais les négociations n’ont curieusement porté que sur l’argent, et pas du tout sur le bien-fondé de la vaccination, sur la sécurité des vaccins, etc.

La liste des espèces en voie de disparition s’allonge. Menacé de disparition, le médecin mandataire de l’intérêt de la santé de ses patients, qui cherche à faire avancer ses intérêts en même temps que les intérêts des patients. Remarquez, ce n’est qu’un autre clou au cercueil de la solidarité républicaine. Et puis, la France n’a-t-elle pas le talent – la différence culturelle, peut-être? – d’essayer malgré tout des recettes qui ont échoué ailleurs ?

Je reprends des extraits de plusieurs sources, histoire de montrer que l’opinion publique s’émeut de plus en plus de cette divergence-là entre les intérêts de ceux qui devraient en principe se faire confiance, vivre les uns avec les autres, les uns grâce aux autres, si je puis dire. A priori, la République ne veut pas dire permettre aux uns de vivre beaucoup mieux alors que leurs « partenaires » immédiats risquent de crever. Au sens propre du terme, puisqu’il s’agit de l’impossibilité d’une partie de plus en plus large de la population de se soigner, faute d’argent.

Donner ces références permet de montrer qu’il y reste encore quelques médecins qui se rendent compte que la pente est glissante, qu’on s’éloigne de plus en plus de la médecine… Si on pense aussi aux affaires des médecins avec l’industrie pharmaceutique…

Il y a un article de Marianne; un autre du Canard Enchaîné; deux communiqués de presse du Syndicat de médecine générale (SMG) et un article plus ancien de Marie Kayser de SMG/ revue Pratiques; un article de Martin Winckler sur l’hypocrisie dans l’approche des dépassements d’honoraires; deux communiqués du CISS (Collectif interassociatif sur la santé)…

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« Les profiteurs de la peur », leurs conflits d’intérêts et leur business autour de la grippe A H1N1. Intégralité du documentaire ARTE « Un virus fait débat »

J’ai fait une brève présentation de ce documentaire dans cette note. Il esquisse les étapes de l’escalade qui nous a conduit à jouer les cobayes d’un commerce rendu possible par une OMS sous influence des laboratoires. Cette organisation, qui n’est que politique mais se fait passer pour une instance scientifique, a fort opportunément changé sa définition de ce qu’est une « pandémie ».

Le réseau de conflits d’intérêts tissé par l’industrie pharmaceutique dans chaque pays a fait le reste, et nous voilà avec des vaccins bâclés (Focetria, Pandemrix, Celvapan, Panenza…) et des médicaments (Tamiflu, Relenza) controversés et inutiles en l’état actuel de la pandémie. Sans parler de l’énorme gaspillage de finances pourtant mal en point. Et du discrédit que cette hystérie jette sur les procédures d’évaluation et de contrôle des médicaments et des vaccins, compte tenu des AMM (autorisations de mise sur le marché) tenues pour acquises avant même que les vaccins ne voient le jour, etc. Et du discrédit jeté sur tous ces experts et ces agences de régulation grevés de conflits d’intérêts, au vu du fondement scientifique quasi inexistant des décisions de vaccination massive. Le documentaire aborde beaucoup d’autres aspects, le mieux, c’est de le regarder.

Je note avec plaisir la présence, parmi les intervenants, du Pr Peter Schönhöfer, pharmacologue aux états de service impressionnants, pourfendeur de la corruption en santé et rédacteur de ma principale référence médicale: la revue Arznei-Telegramm. Et de Gerd Glaeske, économiste de la santé dénonçant les conflits d’intérêts, que j’ai cité à plusieurs reprises, notamment s’agissant de critiquer cette autre expérimentation grandeur nature qu’est la vaccination systématique des jeunes filles par Gardasil.

Les vaccins sont devenus une source centrale de revenus pour des laboratoires qui n’innovent plus et dont les pipelines sont vides… Plus que jamais comptent les slogans d’une « prévention » déformée, qui n’a plus grand chose de scientifique et dégénère en propagande. Il en faut afin de mettre en oeuvre le pharmacommerce de la peur à l’échelle voulue – y compris à l’échelle planétaire, comme on le voit avec la grippe porcine. Et pour ce faire, il suffit que les firmes se rappellent au bon souvenir de tous ceux qu’elles paient et qui sont leurs obligés par quelque moyen que ce soit. Hommes politiques ayant des liens (Roselyne Bachelot, Nicolas Sarkozy, etc.), experts consultants pour Sanofi, Baxter, GSK…, autorités sanitaires serviles dont le budget dépend des pharmas, leaders d’opinion, organisations professionnelles sponsorisées parfois à 100%, groupes de travail et comités techniques de vaccination sous influence, journalistes qui font des « ménages pour l’industrie » ou ne font pas leur travail… – c’est un système parfaitement verrouillé par l’industrie pharmaceutique. Il y a beaucoup de notes sur Pharmacritique traitant de ces aspects, accessibles à partir de la liste de catégories à gauche de la page.

A propos, le même système verrrouillé par les experts ayant des conflits d’intérêts qui en bloquent toutes les articulations est dénoncé par le réseau interassociatif ETAL, dont la Fondation Sciences Citoyennes fait partie. La description de ce système a semblé « effrayante » au vice-président du Sénat, Jean-Léonce Dupont, lors d’une audition du réseau ETAL le 29 septembre. (Voir le compte-rendu public). Et pourtant, la réalité dépasse les contes d’horreur.

Il suffit que l’OMS, instance de tous les pantouflages et liaisons dangereuses, donne l’alerte à la pandémie, et les firmes donnent l’alerte à leur valetaille, qui se charge aussi de la rétroaction sur l’OMS… Parler de ghost management n’est pas de la science-fiction: la gestion est là, invisible mais omniprésente, exerçant un contrôle total à tous les niveaux.

Voici les quatre parties du documentaire diffusé le 20 octobre 2009 sur ARTE.

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L’union régionale des médecins libéraux de la Réunion refuse la vaccination en masse contre la grippe A H1N1

Le Dr Hugues Raybaud m’informe de la décision prise par l’Union régionale des médecins libéraux de la Réunion lors de son Assemblée URML Réunion.gifgénérale extraordinaire du 27 octobre. Je reprends le communiqué de presse, suivi des commentaires qui exposent en détail les raisons du refus. Espérons que cela donne des idées aux autres URML, réputées obéissantes…

Non à la vaccination de masse contre la grippe A H1N1 !

« L’Union Régionale des Médecins Libéraux de La Réunion (URML) s’oppose à la vaccination de masse telle qu’elle a été programmée à la Réunion par les pouvoirs publics. L’URML relève que cette vaccination est controversée dans les milieux scientifiques et les organisations compétentes aussi bien dans son utilité que de son innocuité (cf. calendrier vaccinal inversé par rapport aux recommandations de l’OMS), d’autant que le pic épidémique est derrière nous.

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Le Celvapan n’est pas plus sûr que les vaccins adjuvantés Pandemrix et Focetria. Polémique et recommandations contradictoires en Allemagne (Arznei-Telegramm)

Le 16 octobre, l’excellente revue allemande indépendante Arznei-Telegramm envoyait à son réseau d’alerte (blitz a-t) la suite de ses mises Becker-Brüser ZDF.jpgen garde quant au business de la grippe et aux problèmes que posent les vaccins. En soulignant la cacophonie qui règne en Europe, où les autorités sanitaires et les hommes politiques ont totalement succombé aux pressions des laboratoires pharmaceutiques.

En Allemagne, seul le vaccin adjuvanté Pandemrix devait être utilisé. 50 millions de doses ont été commandées en… 2007, pour un schéma vaccinal à deux doses, donc pour vacciner 25 millions de personnes. En France aussi, c’est le Pandemrix adjuvanté qui sera le plus utilisé (50 millions de doses).

Lorsque la revue allemande a rédigé ce texte, les media allemands, dont j’ai souligné l’excellent travail, avaient commencé à rendre compte d’une « vaccination à deux vitesses ». Car tout le monde n’aura pas du Pandemrix adjuvanté… On a appris que l’armée allemande a commandé à Baxter 250.000 doses de Celvapan. Certaines organisations médicales et autorités sanitaires se prononcent elles aussi pour l’achat d’un tel vaccin non adjuvanté à virus entier, du moins pour vacciner certains groupes. Le Celvapan vient d’être homologué par l’agence européenne du médicament (EMEA). Et l’article rend compte de ces développements.

Mais ce n’est que quelques jours après sa parution que la polémique s’est accrue, lorsque les media ont dévoilé le projet de recourir au Celvapan pour la vaccination des hauts fonctionnaires et des hommes politiques… Depuis la déferlante de critiques dénonçant la « médecine à deux vitesses », la chancelière Angela Merkel a annoncé que les membres du gouvernement – ou du moins ceux qui se feront vacciner, cela n’est pas clair – allaient avoir recours au même vaccin que la population (Pandemrix adjuvanté).

On peut voir dans les analyses passées comme dans celle-ci que Arznei-Telegramm ne voit nul progrès dans l’usage du Celvapan par rapport aux vaccins adjuvantés… Le profil de sécurité n’est pas meilleur ; bien au contraire, puisque le Celvapan a été encore moins testé que le Pandemrix…

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Claude Béraud critique le ghost writing… chez les autres

Merci de lire la mise à jour. Je me suis trompée quant à Claude Béraud.

Dans le numéro 14 (novembre 2007) de la « Lettre d’actualité médicale » qu’il a rédigée entre 2006 et 2008, Claude Béraud analysait l’apport de deux articles traitant des conséquences de l’externalisation de la recherche médicale et de la rédaction des articles médicaux, source majeure de biais et de conflits d’intérêts dans la recherche clinique et dans l’information médicale qui la présente.

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« Grippe A, un virus fait débat »… et permet des affaires juteuses… Documentaire diffusé sur ARTE le mardi 20 octobre à 20:45

Le mardi 20 octobre à 20:45 sera diffusé sur ARTE le documentaire « Grippe A, un virus fait débat » (NDR 2009, 52mn), réalisé par Jutta Grippe A NDR.jpgPinzler. Le titre allemand est plus significatif: « Profiteure der Angst. Das Geschäft mit der Schweinegrippe » (Qui profite de la peur? Grippe A H1N1: une affaire juteuse). Notons qu’il y aura aussi des voix critiques françaises, même si elles sont de fait plus rares que celles allemandes… Marc Girard interviendra, entre autres. Quant à Wolfgang Becker-Brüser, nommé dans la présentation ci-après, il s’agit du directeur de l’excellente revue médicale indépendante Arznei-Telegramm, dont j’ai traduit plusieurs prises de position. Selon mes informations, le professeur de pharmacologie Peter Schönhöfer, représentant de la même revue, dira lui aussi ce qu’il pense de cet immense business…

Enfin un documentaire qui met le doigt sur le nerf de la guerre: l’argent et sa traduction concrète dans les conflits d’intérêts déterminants dans l’approche de la grippe A depuis l’OMS jusqu’aux experts et aux politiques de chaque pays.

Mise à jour: Le documentaire peut être visionné en intégralité sur cette page.

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Vaccination grippe A H1N1: 6 euros par vaccin pour les généralistes britanniques, au moins 66 euros de l’heure pour les médecins français. Tarifs infirmiers négociés

Une circulaire du ministère britannique de la Santé (Department of Health) en date du 10 septembre nous donne une idée de argent santé Courrier Times.jpgl’investissement – au sens propre (financier) comme au sens figuré (pressions directes et indirectes) – des autorités pour que les médecins se fassent eux-mêmes vacciner et surtout administrent un maximum de vaccins contre la grippe A H1N1. La Grande-Bretagne n’est pas le seul pays qui prend les médecins par ce qui est le point névralgique de beaucoup d’entre eux. La France applique des « recettes » semblables, dans une transparence moindre, comme nous le verrons en lisant la circulaire qui fixe les grandes lignes de la logistique, puis un texte qui rend compte des négociations pour doubler la rémunération des médecins et des infirmiers, en plus des indemnités et exonérations des charges d’assurance déjà prévus.

Curieusement, malgré les vaches maigres de la Sécurité sociale, invoquées pour faire de nouveau les poches des malades, il y a toujours de l’argent s’agissant d’instrumentaliser des médecins consentants. Comme cela se fait déjà au moyen des CAPI (« contrat d’amélioration des pratiques individuelles », selon l’euphémisme qui sert de titre à cet achat des médecins par l’assurance-maladie). J’en profite pour dire en passant que le Conseil de l’ordre des médecins a déposé un recours en annulation auprès du Conseil d’Etat; j’espère bien qu’il aboutira. C’est un dangereux précédent, une pente glissante: l’établissement d’un cadre qui permettra de plus en plus de demander aux médecins d’agir contre les intérêts de la santé des patients, moyennant finances. Ne fermons pas les yeux sur ce qui s’avère être un conflit d’intérêts entre médecins et patients.

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Focetria et Pandemrix, vaccins adjuvantés potentiellement plus dangereux que la grippe A H1N1, selon Arznei-Telegramm

Le 25 septembre, l’agence européenne du médicament (EMEA) recommandait l’autorisation de deux vaccins contre la grippe A H1N1, tous vaccination grippe A.jpgles deux adjuvantés au squalène: le Focetria de Novartis et le Pandemrix de GSK. Le même jour, l’excellente revue allemande indépendante Arznei-Telegramm, qui avait déjà parlé du Pandemrix et des conditions imposées par GSK (voir la traduction du texte par Pharmacritique), envoyait à son réseau d’alerte (« blitz a-t ») une analyse synthétique de la situation allemande et européenne, avec un rappel des risques et de la différence d’approche avec les Etats-Unis. Et une révélation quant à un mensonge des laboratoires… Une révélation aussi quant à l’immunité juridique qu’ils ont extorquée, alors que tout le monde pensait que seuls les Etats-Unis la leur avait accordée. Ce pays est tout bonnement plus transparent…

Pharmacritique vous propose une traduction du texte, précédée par quelques remarques et liens.

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La revue Prescrire met en garde contre une prévention démesurée face à une grippe A H1N1 de gravité modérée

Voici enfin la position de la revue Prescrire (N° 312, octobre 2009).

« GRIPPE A/H1N1 : GRAVITÉ MODÉRÉE

L’expérience acquise dans le monde montre que la grippe A/H1N1 est de gravité clinique voisine de celle de certaines épidémies intenses de grippe saisonnière.

Des actions de prévention de grande ampleur ont été mises en oeuvre et d’autres sont annoncées contre la grippe A/H1N1. La gravité de cette épidémie est le premier élément à analyser pour déterminer la balance bénéfices-risques de ces interventions.

Dans son numéro d’octobre,Prescriresouligne que le taux de mortalité de 1 décès pour 2 000 cas de grippe notifiés, parfois donné pour les États-Unis d’Amérique et l’Europe, surestime ce taux car le nombre de cas de grippe notifiés est très inférieur au nombre de cas réels.

En Nouvelle-Zélande, après l’épidémie de grippe de l’hiver austral, le taux de mortalité de l’épidémie a été évalué par les épidémiologistes locaux à 1 décès pour 20 000 cas de grippe.

Une personne sur 330 a été hospitalisée, et une sur 2 700 a été hospitalisée en soins intensifs.

Les situations cliniques associées à un risque accru d’hospitalisation sont les mêmes que pour la grippe saisonnière : grossesse au cours du 3èmetrimestre, diabète, maladie respiratoire ou cardiaque sévère, immunodépression.

Les décès chez des personnes jeunes en bonne santé sont exceptionnels. Peu de cas ont été recensés chez des personnes âgées de plus de 65 ans, peut-être en raison d’une immunité acquise dans les années 1950.

Au total, cette grippe est de gravité comparable à une grippe saisonnière intense. Gare donc aux actions préventives aux conséquences démesurées : par exemple une trop large utilisation des antiviraux, une utilisation indiscriminée de vaccins trop peu évalués, des mesures coercitives injustifiées.

GRIPPE A/H1N1 : GARDER SON SANG-FROID

L’emballement politico-médiatique autour de la grippe A/H1N1 est démesuré par rapport à sa gravité sans particularité.

Durant tout l’été et la rentrée 2009, les préparatifs nationaux et internationaux en vue de la pandémie grippale A/H1N1 ont été omniprésents dans les médias. Dans son numéro d’octobre, Prescrires’interroge sur le raz-de-marée de dépêches, d’annonces, de plans, et de commentaires plus ou moins contradictoires, plus ou moins sous influences, qui a submergé grand public et professionnels, avec force promotion des antiviraux et des vaccins.

Pourtant, dans les premiers pays touchés, les données montrent qu’en réalité la gravité clinique de cette grippe pandémique est du même ordre de grandeur qu’une grippe de forte épidémie saisonnière, sans catastrophe.

Les antiviraux n’ont pas d’efficacité démontrée en termes de complications de la grippe saisonnière. Leur évaluation,mi-2009, était très pauvre dans la grippe pandémique, et aucun élément probant ne suggérait qu’ils en modifient de façon décisive l’évolution naturelle. Y compris l’oséltamivir(Tamiflu°), dont les effets indésirables graves sont de mieux en mieux connus, notamment neuropsychiques, cutanés et à type de saignements digestifs. »

Relations avec la Presse: Pierre Chirac – Tél : 01 49 23 72 63

Enquête en Grande-Bretagne suite au décès d’une collégienne peu après le vaccin anti-papillomavirus Cervarix

C’est ce que nous apprend l’article « Schoolgirl dies after being given cervical cancer jab » du Times online daté du 29 septembre; c’est Cadavre Noise magazine.jpgl’occasion de rappeler un certain nombre de controverses entourant le Cervarix et le Gardasil.

La collégienne de Coventry Natalie Morton, âgée de 14 ans, est décédée à l’hôpital, quelques heures après avoir été vaccinée par Cervarix à son école. Par précaution, le lot de vaccins (HPV1 Cervarix AHP VA 043BB) dont fait partie la dose administrée a été suspendu jusqu’à ce que des analyses soient faites. Les décideurs sanitaires locaux ont diligenté une enquête urgente sur ce décès, tout en affirmant que la mort n’était probablement pas liée au Cervarix. Le responsable du National Health Service (NHS: service public de santé) de Coventry n’hésite pas à annoncer d’avance les résultats des investigations et de dire que la campagne de vaccination allait reprendre dès que l’autopsie aura été faite.

Vu qu’il y a eu décès, les autorités sanitaires et GSK ne pourront pas recourir à leur excuse habituelle, à savoir incriminer des réactions « hystériques » des jeunes filles. C’est cela l' »explication » à la mode, donnée par Sanofi Pasteur MSD et par les agences du médicament d’Espagne, d’Australie et d’ailleurs…

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Exposé de David Healy: les conséquences néfastes de l’influence des pharmas et des conflits d’intérêts sur une recherche médicale déformée pour occulter les effets secondaires

[Mise à jour de décembre 2011 : Les méthodes par lesquelles l’industrie pharmaceutique influence et contrôle la recherche, la formation et l’information médicales sont décrites dans cet article de février 2011: « Biais, manipulation et falsification de la recherche médicale financée par l’industrie pharmaceutique », qui contient la traduction d’un texte de la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm, appliquant cela à la psychiatrie, et notamment à la désinformation massive sur l’intérêt, l’efficacité, le rapport bénéfices-risques des antidépresseurs.

Les articles sur la dépression marchandisée et les antidépresseurs sont réunis sur cette page (en descendant du plus récent vers le plus ancien), ceux sur les antipsychotiques, les troubles bipolaires et la cyclothymie sont sur celle-ci.

La colonne de gauche du blog contient les sujets. Il y en a beaucoup sur les conflits d’intérêts en psychiatrie, le DSM, la normalisation et l’uniformisation des individus, le contrôle social exercé par la médecine (et notamment par la psychiatrie), sur le disease mongering (invention de maladies), sur d’autres psychotropes, sur la psychiatrie dévoyée en culture psy et ses dérapages, sur la dérive sécuritaire et la réponse du Collectif des 39, etc.]

Le 25 mars, le professeur de psychiatrie à l’université de Cardiff, David Healy, a donné une conférence qui a pour point de départ la David Healy Harvard Square Library.jpgréforme de la santé aux Etats-Unis. L’intitulé était “Can Industrialized and Marketized Healthcare be Made Universally Available? (Un système de soins industrialisé et conforme au marché peut-il être rendu universellement acessible ?). On peut visionner cette conférence d’une heure et demi sur You Tube. David Healy y intervient à partir de la huitième minute.

La conférence s’achemine progressivement vers une critique des scories d’une médecine sous la coupe de l’industrie pharmaceutique, un contrôle facilité encore plus par un marché totalement dérégulé. (Comme nous l’aurons en France aussi; il se met en place peu à peu. A bon entendeur…).

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Roselyne Bachelot: 12 ans au service de l’industrie pharmaceutique. Quid des conflits d’intérêts dans la vaccination contre la grippe A H1N1 ?

Dans une note en date du 3 mai 2008, j’ironisais sur l’interview donnée en février de la même année par Roselyne Bachelot au magasine de l’industrie pharmaceutique PHARMAnetwork. Notre ministre de la santé pouvait se prononcer en experte sur le fait que « Le métier de visiteur médical doit évoluer« , puisqu’elle est elle-même une ancienne visiteuse médicale.

De tels liens d’intérêt ne sont jamais anodins; ils peuvent induire des conflits d’intérêts même à distance, et on doit s’interroger lorsqu’un élu qui représente l’intérêt public, l’intérêt général, cache pendant quelque temps une partie de son passé, et notamment ses 12 ans de travail pour l’une des industries les plus puissantes qui soient: celle pharmaceutique. (Globalement, cela va de 1969 à 1989, avec un trou non explicité au milieu; peut-être 20 ans en tout?).

Industrie dont on sait qu’elle entretient aussi l’un des lobbies les plus actifs, les plus acharnés et qui ont le plus d’influence sur les hommes politiques, y compris au sommet de l’Etat, comme on peut le voir en lisant cette note, qui mentionne aussi la ministre de la Santé: « Plan Alzheimer et conflits d’intérêts: les Sarkozy, Sanofi, la recherche publique et les franchises médicales… Les deniers publics feront les profits privés« .

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Grippe A H1N1 et vaccins: le Réseau Environnement Santé s’interroge entre autres sur le faible fondement scientifique des décisions (communiqué)

Le Réseau Environnement Santé (RES) a été fondé par plusieurs associations dont la Fondation Sciences Citoyennes – à l’intérieur de Réseau environnement santé RES.jpglaquelle nous préparons nous-mêmes un texte au sujet de la grippe A H1N1 et de la vaccination, sous l’angle des conflits d’intérêts.

Pharmacritique a récemment repris le communiqué du RES demandant l’interdiction du bisphénol A et invitant les lecteurs à participer à la cyberaction mise en place en ce sens.

Le 9 septembre, le RES a rendu public son communiqué « Grippe A et vaccins: les questions du Réseau Environnement Santé« , reproduit intégralement sur Pharmacritique, avec l’aimable autorisation de son porte parole, André Cicolella.

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Prévention contre la grippe A H1N1: Pharmacritique vous recommande ce moyen naturel, à usages multiples et sans risques de rupture de stock ;)

L’imitateur Dany Moreau nous donne ici quelques conseils sensés de conduite face à la grippe porcine / grippe A H1N1. Il joint l’utile à l’agréable, car « Tamiflu, la chanson du petit cochon rose » est certainement mieux faite et plus envoûtante que les campagnes publicitaires habituelles… Cette imitation du tube de Luis Mariano, « Mexico, Mexico », qui fait l’éloge des vertus du Tamiflu, a été diffusée le 31 août sur France Inter.

Et c’est une véritable leçon de santé publique que nous donne Moreau, qui devrait breveter le moyen de burqa Elle.fr.jpgprévention tous risques qu’il prône… Appliquons ces conseils et restons zen, car si jamais « le cochon de Mexico nous poursuit » en passant à la vitesse supérieure, « il y a le plan B de Bachelot: / c’est une arme antibactérienne, / qui s’enfile de bas en haut; / au premier coup de sirène, / c’est de la 100% pure laine, / c’est la burqa sur le dos ». Moyen de prévention captivant, c’est le cas de le dire. Et naturel, de surcroît, en pure laine, rien de chimique là-dedans. Sans parler de ses vertus de promotion du dialogue interculturel, version inter-intégrismes…

Les intégristes islamistes pourraient en faire un argument de promotion, puisque la burqa protège non seulement des regards des hommes, mais aussi de leur salive, en toutes circonstances… Je ne suis pas sûre que cet aspect-là plaise à notre Roselyne, mais elle se doit de donner l’exemple.

Image: Miss Arabie Saudite, qui peut se tapoter le nez sans danger, elle… (site Elle.fr) Ou se pincer le nez en réaction à toutes sortes de cochonneries. Pour une fois que les intégristes ont des raisons plus valables de promouvoir leur version de la combinaison et du masque de protection antibactériologique… ;))

© Pharmacritique pour le texte

Grippe A: un vaccin douteux aux adjuvants risqués sera expérimenté directement sur la population, déplore Arznei-Telegramm

La revue médicale allemande indépendante Arznei-Telegramm a envoyé le 25 août à son réseau (blitz a-t) un texte qui revient sur le Becker Brüser.jpgcaractère bénin de la grippe A H1N1 (appelée toujours « grippe porcine » en Allemagne), sur l’absence de preuves d’efficacité du Tamiflu et la résistance de souches virales de plus en plus nombreuses à cet antiviral.

Le texte met l’accent surtout sur les particularités des nouveaux vaccins. Il y est question du Pandemrix, le vaccin de GSK qui sera utilisé en Allemagne, mais le vaccin de Novartis Focetria contient lui aussi le même type d’amplificateur d’effet à base de squalène. Celui-ci, qui se présente comme une émulsion lipidique, est mélangé à d’autres ingrédients dans des potentialisateurs appelés AS03 pour le Pandemrix et MF59 pour le Focetria). 

La revue déconseille la vaccination, d’abord parce qu’elle n’a pas vraiment d’utilité en l’état, mais surtout parce que les vaccins que nous aurons en Europe seront différents de ceux utilisés aux Etats-Unis. En effet, l’agence américaine du médicament a tiré quelques leçons du fiasco de la grippe porcine de 1976 et se montre plus prudente que l’agence européenne du médicament (EMEA) et les autorités sanitaires européennes. Celles-ci sont prêtes à faire vacciner des centaines de millions d’Européens avec des vaccins fabriqués selon des technologies non éprouvées, à l’aide d’adjuvants amplificateurs de la réponse immunitaire dont les risques ne sont pas connus, faute d’essais cliniques d’envergure.

Le directeur d’Arznei-Telegramm, Wolfgang Becker-Brüser, a déjà jeté un pavé dans la mare en parlant, dans un entretien accordé le 3 août au très sérieux hebdomadaire Der Spiegel, de cette vaccination massive comme d’une « expérimentation grandeur nature sur la population ». Il persiste et signe, avec la rédaction entière, par exemple dans ce texte appelé « Schweinegrippe : Alles im Griff ? », dont Pharmacritique vous propose une traduction.

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La grippe A ou grippe porcine de 1976: épidémie d’effets secondaires d’une vaccination massive inutile (vidéo)

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La télé publique allemande critique le business de la grippe A, l’inefficacité du Tamiflu et les pressions de Roche sur les politiques

Mise à jour du 8 avril 2011 à la fin

Dans les pages de Pharmacritique, il y a déjà nombre de comparaisons entre le journalisme allemand et celui français, qu’il s’agisse de Tamiflu.jpgmedia généralistes ou de media médicaux indépendants travaillant sur les mêmes sujets (Arznei-Telegramm et Prescrire, par exemple). Force est de constater que chaque comparaison est en faveur du travail allemand.

Voici encore quelque chose dont on n’entend pas parler dans les media français, qui ne font qu’entretenir l’hystérie autour de la grippe A… En France, même les rarissimes media indépendants ont l’impression de faire du bon travail en restant dans une sorte de neutralité qui n’est que l’alibi d’une investigation non faite…

Je ne prendrai qu’un exemple, résumant le contenu du numéro du 6 août 2009 de l’émission « Kontraste », diffusée sur ARD, la première chaîne publique de télévision allemande, que les germanophones peuvent revoir sur YouTube. On y apprend beaucoup de choses, que ce soit sur l’inefficacité du Tamiflu ou encore sur les pressions exercées par Roche sur les politiques pour l’achat massif de cet antiviral, pressions qui ne sont pas très éloignées du chantage.

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Femmes enceintes et grippe A : vaccins et Tamiflu à gogo et à l’aveugle, selon des articles du Lancet

Dans le numéro du 8 août de la revue The Lancet, on peut lire les conclusions d’une étude financée par le Center for Disease Control and Prevention des Etats-Unis (CDC) : Denise J Jamieson et al. « H1N1 2009 influenza virus infection during pregnancy in the USA » (Etats-Unis: Gripe A H1N1 pendant la grossesse ; Lancet. 2009 Aug 8;374(9688):451-458).

Selon les auteurs, les femmes enceintes pourraient être plus à risque de faire des complications (pneumonie, détresse respiratoire…) suite à une grippe A. Le taux d’admission à l’hôpital serait plus élevé que dans la population générale. Jamieson et al. recommandent un traitement systématique et précoce par antiviraux (oseltamivir – Tamiflu, zanamivir – Relenza), dès le début des symptômes, considérant que, même si on ne sait pas grand-chose des effets de ces médicaments sur le fœtus, les bénéfices devraient l’emporter sur les risques… Donc à l’aveugle. Un commentaire par Punam Mangtani et al. paru dans le même numéro du Lancet conforte ces thèses et insiste aussi sur la vaccination des femmes enceintes, qui leur paraît nécessaire. Vaccination qui devrait comprendre le vaccin contre la grippe saisonnière, et ce quel que soit le trimestre de la grossesse.

Est-ce bien raisonnable ? Il m’a paru intéressant d’entrer dans les détails, pour que chacun puisse juger par lui-même et se poser la question de la solidité des preuves scientifiques sur lesquelles se basent de telles recommandations, surtout dans un cas aussi sensible que celui de vaccins et de médicaments administrés pendant la grossesse.

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Le Fosamax de Merck devant la justice pour près de 900 cas d’ostéonécrose de la mâchoire

Le 6 août est paru sur le site du British Medical Journal un article de Ray Moynihan relatant les enjeux de l’action en justice intentée à Merck par plus de 850 victimes états-uniennes du Fosamax (acide alendronique), médicament de la classe des bisphosphonates largement prescrit dans le traitement et la prévention de l’ostéoporose. 

L’article de Ray Moynihan – souvent cité sur Pharmacritique pour ses écrits sur le disease mongering et les laboratoires pharmaceutiques vendeurs de maladies – s’intitule « Drug Safety: Battle over popular bone drug Fosamax bursts into court” (Effets secondaires: la bataille autour du très populaire Fosamax fait irruption au tribunal : BMJ 2009;339:b3155 – doi:10.1136/bmj.40024.494213.4D).

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