Conflits d’intérêts: Les leçons du cas Daniel Carlat, psychiatre VRP des laboratoires pharmaceutiques pour les psychotropes

Un exemple de conflits d’intérêts dont les effets 1578371214.jpgont été longtemps ignorés par l’intéressé est le psychiatre américain Daniel Carlat, professeur à la réputée Tufts School of Medicine de Boston.

Il a longtemps servi la firme pharmaceutique Wyeth qui l’a payé pour diverses activités promotionnelles déguisées visant à convaincre ses collègues de prescrire l’Effexor plutôt qu’un autre antidépresseur. Carlat a lui aussi été épinglé par la blogosphère et rattrapé par l’éthique et la mauvaise conscience… au point de se repentir et de passer dans le camp des anti-corruption et dénonciateurs des combines par lesquelles les firmes influencent les médecins et en font des pantins du marketing.

Il a raconté son parcours vers le repentir dans un long article paru le 25 novembre dans le New York Times sous le titre Dr Drug Rep (Le Dr VRP des firmes). L’article Psychiatre ou représentant de commerce ? sur le site « Œdipe » en rend compte en français.

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Le DSM V en préparation regorge de conflits d’intérêts des experts psychiatres. Et l’APA fait de la com’ pour noyer le poisson

Qu’on veuille ou non le reconnaître, l’APA (Association Américaine de Psychiatrie) tient les rênes de la psychiatrie mondiale parce que c’est elle qui a le pouvoir de définir les termes, de poser « les principes de vision et de division » (Bourdieu) en fonction desquels se fait la distinction / division entre le normal et le pathologique en termes de santé mentale. C’est un immense pouvoir que de définir la « normalité » et de décider de ce qui est ou non un trouble psychique qui entrera dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), édité et révisé par l’APA. Pouvoir d’abord idéologique. Et puisque nous vivons dans une idéologie néolibérale triomphante selon laquelle rien ne doit s’opposer à la maximisation des profits, force est de constater que ce pouvoir est entre les mains des marchands des diverses multinationales. 


Nous parlions dans cette note du fait que les psychiatres sont les médecins les plus financés par l’industrie pharmaceutique. Les conflits d’intérêts n’ont pas contourné le DSM, loin de là, ce qui a valu beaucoup de critiques à l’APA. La vague de protestations recommence, puisqu’un communiqué de presse de l’organisation a rendu publics début mai les noms des 28 psychiatres superviseurs et des 120 membres des groupes de travail chargés de préparer la 5ème édition du DSM, à paraître en 2012. Comme avant, 16 des 28 superviseurs ont de très forts liens financiers avec l’industrie pharmaceutique pour diverses activités promotionnelles.

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Une publicité tapageuse de GSK pour le Cervarix entraîne une remise en cause des campagnes « éducatives » des firmes à destination du grand public

732727288.jpgNe rêvons pas, cela se passe à Singapour…

Le blog Marketing Overdose nous apprend que la firme GSK s’est fait taper sur les doigts pour une publicité effrayante pour son vaccin Cervarix, censé protéger contre le cancer du col de l’utérus. (Il s’agit en fait d’une possible protection contre l’infection par deux souches de papillomavirus). La pub met en scène un père et sa fille adolescente, regardant tristement une carte d’anniversaire posée sur la table devant eux. Le texte écrit est : « Chérie, tu nous manques tous les jours. Bon anniversaire ! ». Entre les lignes on doit lire que la mère est morte d’un cancer du col de l’utérus parce que le vaccin Cervarix n’existait pas encore… Les commentaires en bas de la page disent qu’à Singapour, « plus d’une femme meurt tous les 5 jours » d’un tel cancer… Puis vient le slogan incitant le père à protéger sa fille (« Protect her world »), pour qu’elle ne connaisse pas le même sort…

C’était la publicité de trop qui a poussé les autorités sanitaires à réagir. Elles ont reproché à GSK de faire peur pour vendre, et ce dans une annonce purement commerciale, sans aucun contenu factuel, sans aucune vertu informative sur le cancer du col de l’utérus.

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Antidépresseurs : médicaments les plus prescrits aux Etats-Unis. Une sorte de psychisme artificiel sert d’idéal de normalité

Ces commentaires partant des chiffres exacts extraits du dernier rapport du CDC (Center for Disease Control des Etats-Unis) sur les soins 660939447.jpgambulatoires aux Etats-Unis, pour l’année 2005. Le rapport inclut la raison de la consultation, les prescriptions, etc. Il y est question aussi de l’évolution de la consommation d’antidépresseurs et de leur arrivée en première position.

A lire de préférence en rapport avec cette note sur les conflits d’intérêts en psychiatrie, pour bien comprendre que l’explosion des prescriptions d’antidépresseurs n’a rien d’innocent et ne saurait être interprétée comme la réponse médicale adéquate à une explosion des syndromes dépressifs caractérisés, comme le souligne le Dr Robert Goodman, fondateur de l’association anti-corruption en médecine No free lunch ! (Non aux déjeuners – ou cadeaux – offerts par l’industrie pharmaceutique). 

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Conflits d’intérêts en psychiatrie, discipline la plus payée par l’industrie, selon les Etats américains qui appliquent les lois de transparence

Voici un nouveau site qui deviendra très vite une référence : PsychConflits. Il est consacré aux conflits d’intérêts en psychiatrie, c’est-à-dire à 1800579362.jpgtout l’argent que reçoivent les psychiatres pour faire augmenter les ventes de médicaments antipsychotiques, neuroleptiques, antidépresseurs, tranquillisants/anxiolytiques, somnifères, énergisants, anti-démence, etc.

Le site est inauguré par une vidéo centrée sur les liens financiers entre la toute-puissante APA (Association Américaine de Psychiatrie) et l’industrie pharmaceutique, liens qui se concrétisent dans le contenu de la bible des psychiatres : le DSM IV. Il s’agit de la quatrième version révisée du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux : près de 900 pages et une influence énorme, puisque c’est lui qui dit ce qui est ou n’est pas une maladie psychiatrique, classifie les troubles en fonction de critères sujets à controverse, mais qui seront considérés partout dans le monde comme les outils diagnostiques par excellence. Ces critères et cette liste de maladies déterminent ce qui doit être traité, d’où la responsabilité des experts ayant conçu le DSM IV dans l’énorme augmentation des prescriptions des médicaments psychotropes et dans l’inflation des… maladies ou syndromes psychiatriques. De 112 « troubles » en 1952, nous en sommes arrivés à 374 aujourd’hui, souligne le commentaire de la vidéo. Le monde sombre dans la folie, apparemment… 

Et si la folie la plus préoccupante n’était pas celle dont traite le DSM IV? Il fut un temps où une psychanalyse engagée considérait un symptôme comme le signe d’une répression psycho-sociale et le prenait comme une porte ouverte à une possible libération… Aujourd’hui, on ne cherche plus à savoir, à faire oeuvre d’autonomie, mais on abrase chimiquement la perception, la pensée, ce qui étouffe d’emblée tout pas vers la (prise de) conscience.

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La presse médicale: extension du marketing pharmaceutique et publicité déguisée en science, dit Richard Smith

Nous parlions dans la note sur la dépendance au tabac (bombardée maladie chronique à traiter indéfiniment) du fait que c’est la revue Annals 1196220886.pngof Internal Medicine qui a donné l’onction scientifique à cette nouvelle invention (disease mongering) en se basant sur un seul cas supposé aller dans ce sens. Sans aucune preuve clinique, sans aucun argument valable. Qu’une revue – supposée sérieuse et ayant diligenté récemment une enquête sur le professionnalisme des médecins ( !) – fasse de la pub déguisée en science, en plus de la publicité directe, voilà qui confirme que rien n’a changé depuis le diagnostic de Richard Smith.

Cet ancien rédacteur en chef du British Medical Journal disait en 2005 que les revues médicales ne sont qu’une extension du service marketing de l’industrie pharmaceutique. Il s’agit manifestement d’une maladie chronique, non inventée, celle-là…

Le texte complet est accessible dans PLoS Medicine (revue indépendante et sans pub): Medical Journals Are an Extension of the Marketing Arm of Pharmaceutical Companies.

La presse médicale en est toujours à faire du « blanchiment » pour l’industrie pharmaceutique au lieu d’en critiquer les méthodes et les dérapages…

Une caricature parue sur le blog Scientific Misconduct qui pointe du doigt l’énorme quantité de publicité que contient le British Medical Journal montre bien l’équilibrisme perpétuel et sans garde-fous de la presse médicale entre science et merde. Oui, merde, « crap » en original; parce que les euphémismes, on les laisse à l’industrie qui est spécialiste dans leur utilisation! Mieux vaut parler vrai lorsqu’il s’agit de poser un diagnostic et essayer un traitement, non?

 

Et encore, le British Medical Journal n’est pas le pire. Il n’est même pas comparable à notre presse poubelle, dont beaucoup de titres font partie de l’empire de presse de Gérard Kouchner, frère de l’ancien ministre de la Santé. Remarquez l’énorme conflit d’intérêts…

En France, seules les revues Prescrire et Pratiques sont indépendantes. La dernière est presque confidentielle, et Prescrire est très chère – enfin, pas pour des revenus de médecins, d’autant plus que l’abonnement leur apporte des points de formation médicale continue.

Des journaux ou revues gratuits tels que Le Quotidien du médecin, Le Généraliste, Impact Médecine, La Revue du Praticien / Médecine générale et d’autres, livrés gratuitement chez bon nombre de généralistes en particulier, sont des organes de presse des laboratoires qui les financent et qui décident du contenu rédactionnel, réalisé en fonction des publicités voulues par les services marketing.

voir à ce sujet l’article édifiant paru sur Pharmacritique, qui décortique le phénomène et donne des détails sur l’organisation de Gérard Kouchner et ses accointances avec l’industrie pharmaceutique: « Presse médicale, presse poubelle, pour le lavage pharmaceutique du cerveau de nos généralistes« …

 

Elena Pasca / Pharmacritique

La dépendance au tabac bombardée maladie chronique à traiter indéfiniment. Avec Champix et Zyban et les substituts nicotiniques pour méthadone…

D’autres preuves, si besoin était, pour voire à qui profite la politique hygiéniste de contrôle social qui cherche à tout normaliser, aseptiser, lisser, réglementer…

Deux médecins connus pour leurs attitudes critiques à l’égard de l’influence de l’industrie pharmaceutique, Adriane Fugh-Berman et Douglas Melnick, signent le 25 avril un article intitulé Smoke and Mirrors (« Fumée et écrans de fumée »). Ils dénoncent le dernier cas connu de « disease mongering », terme indiquant l’invention de toutes pièces d’une gamme de symptômes ou de caractéristiques qui sera médicalisé et déclaré « maladie », problème de santé publique, etc. Et ce rien qu’à des fins de marketing : pour vendre tel médicament ou élargir son marché.

La nouvelle invention nous est assenée par un article récent de la revue Annals of Internal Medicine : The Case for Treating Tobacco Dependence as a Chronic Disease : « Arguments en faveur du traitement de la dépendance tabagique comme une maladie chronique », même une fois que le fumeur a … arrêté de fumer. 

La dépendance au tabac serait une maladie comparable à l’asthme ou au diabète ( !!) et imposant donc des traitements de longue durée, voire à vie…

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« Grillés par la blogosphère », des leaders d’opinion découvrent l’éthique et tournent le dos aux firmes pharmaceutiques

Où l’on voit à quel point parler publiquement de ces questions peut avoir des conséquences et pousser des leaders d’opinions – les grands 1407881820.jpgpontes de la médecine – à réaliser que leur réputation ne sort pas indemne de leur soumission aux donneurs d’ordre industriels. Est-ce que les 30 argents valent la peine ?

C’est un article du New York Times en date du 15 avril, intitulé Citing Ethics, Some Doctors Are Rejecting Industry Pay qui nous informe du revirement de trois leaders d’opinion dans leur domaine respectif. Ils ont été mis en cause – mis sous pression et sous un feu nourri – par une blogosphère anglophone particulièrement active dans la dénonciation des conflits d’intérêts et d’autres formes de manquements à l’éthique. Ces trois pontes ont fini par entendre parler de l’éthique!! (Mieux vaut tard que jamais…) Et ils ont décidé de ne plus accepter l’argent de l’industrie pharmaceutique.

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Lettre ouverte dénonçant l’ignominie des politiques et autres responsables de la misère et l’exclusion des handicapés, pauvres, malades…

Lettre ouverte de Janine Thombrau, à l’esprit et à la lettre de laquelle Pharmacritique adhère complètement. 

« HANDICAP … EN TOUTE FRANCHISE … JE 1482972021.jpgDENONCE

Moi, Janine Thombrau, rongée par une Sclérose En Plaques, n’ayant pas choisi d’être handicapée ni de ne pouvoir travailler, en mon nom et celui de milliers d’autres exclus, malades, travailleurs précaires, citoyens sans toit….
JE DENONCE…
– Je dénonce le pouvoir de notre pays incapable d’assurer la protection de ses citoyens les plus fragiles.
– Je dénonce le pouvoir législatif, Députés et Sénateurs, qui, malgré leurs belles paroles tricotées de condescendance et de compassion de théâtre, ignorent totalement le vécu d’une grande part de leurs concitoyens.
– Je dénonce le pouvoir exécutif qui, avec la complicité des deux assemblées, prend aux plus pauvres pour donner aux plus riches…. Et ce même pouvoir de n’être rien de plus qu’un pantin au service des plus riches.
– Je dénonce les dirigeants d’un pays qui dans quelques jours sera à la présidence de l’Union Européenne et j’ai honte pour nous quand ces mêmes osent dire que le handicap sera une de leurs priorités.

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Absence ou incohérence des déclarations de conflits d’intérêts, à l’exemple des études sur les stents coronariens. Article de PLoS

Nous avons publié il y a quelques jours une traduction de l’éditorial du JAMA (Journal of the American Medical Association) en date du 16 avril, contenant des propositions pour limiter conflits d’intérêts, manipulation, désinformation, influence des firmes pharmaceutiques…

Nous avons aussi parlé à plusieurs reprises des efforts faits dans les pays anglo-saxons pour une plus grande transparence et une limitation des conflits d’intérêts. Voici un article intéressant, puisqu’il quantifie ce qui peut paraître comme des manquements sporadiques à l’honnêteté, à la déontologie et à la politique éditoriale… Pas si sporadique que cela, en fin de compte… L’article vient d’être publié dans le numéro de 7 mai 2008 de PloS One (Public Library of Science, revue en libre accès). Le texte intégral écrit par Weinfurt et al est disponible sous le titre « Cohérence des déclarations de conflits d’intérêts dans la littérature médicale: le cas des stents coronariens« , en version originale

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La privatisation de la santé: une illusoire incantation. Déclaration et pétitions québécoises

Voici une pétition lancée par la Fédération des Travailleurs Québécois et la Confédération des Syndicats Nationaux pour la défense du 1522900024.jpgsystème de santé public et pour que toutes les questions soient abordées lors d’un débat public. Leurs sites contiennent beaucoup d’informations et de prises de position.  

Vous pouvez signer une autre déclaration /pétition sur le site Santé sans profit. Il s’agit de la Déclaration signée par Lorraine Guay et co-signée par plus de quatre-vingt personnalités (…) :  « Les appels à la privatisation accrue de notre système de santé se sont multipliés depuis au moins une dizaine d’année au Québec. Le jugement de la Cour suprême du Canada dans l’affaire Chaoulli a donné à ces appels un élan sous la forme d’une incantation de plus en plus insistante. Ce discours propose un privé parfait, efficace, sans faille… quasi désintéressé ! et qui serait la solution miracle à des problèmes complexes qui relèvent pourtant essentiellement d’une gestion publique et de choix politiques. Les signataires de cette Déclaration affirment qu’au contraire les faits portent à croire que l’incantation à la privatisation et le choix de cette voie constituent un recul, une sorte de «marche avant vers le passé» qui nous conduit dans un cul-de-sac dont nous aurons peine à nous extirper.

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Excellente vidéo sur les raisons de maintenir le privé et le profit hors du système de santé et de protection sociale

« Monsieur Charest, êtes-vous malade ? », s’intitule cette vidéo de la Fédération Interprofessionnelle de la santé au Québec (FIQ). Il suffit de remplacer Charest (premier ministre du Québec) par Sarkozy, Fillon, Bachelot et les autres… A part le nom, tout est identique: la volonté de tout privatiser, de démanteler la protection sociale, de marchandiser la médecine et les soins, de revenir à l’avant-guerre, d’aller vers le système américain alors que les Américains eux-mêmes constatent l’impasse. Le mot est faible: il s’agit du désastre du système assurantiel privé qui a fait exploser les coûts tout en diminuant la qualité des soins et en laissant 40 millions de personnes sans aucune couverture maladie… Ceux qui ont goûté à la privatisation (déjà fortement présente en France) cherchent à sortir la tête de l’eau… Au nom de quelle responsabilité et de quel intérêt nos hommes politiques nous imposent-ils un dogme néolibéral qui s’est révélé désastreux là où il a été traduit dans les faits?

Et voici une vidéo explicative réalisée par la Fédération des Travailleurs du Québec, qui remet les pendules à l’heure en démystifiant le discours apocalyptique des néolibéraux.

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Le privé lucratif détruit la solidarité et le monde commun. Excellent documentaire pour la défense du système public de santé, à l’exemple du Québec

Cette excellent documentaire d’à peine plus de 12 minutes croise des extraits de la conférence de Lorraine Guay au forum de la Coalition Solidarité Santé en mars 2008 et des images et discours poignants de la manifestation du 3 mai, à l’appel de cette même Coalition composée d’une quarantaine d’organismes réunis pour défendre le système public de santé et la protection sociale.

Je ne réussis plus à insérer des vidéos de Google, alors voici le lien: La lutte contre la privatisation du système de santé.

Des extraits de l’intervention de Lorraine Guay: « Mais pourquoi se mobiliser ? Parce que le retour en force du privé entraîne l’impossibilité d’un monde commun. La priorité du droit de propriété sur tous les autres droits humains façonne une société de plus en plus insupportable au point de rompre les équilibres de la vie en commun. La force aussi explosive, si on veut, du privé lucratif – on nomme pudiquement « privé lucratif » ce qui est en fait le capitalisme, la version dure du capitalisme – laissée à elle-même, ça entraîne une inégalité sociale irréparable de populations entières.

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La privatisation de la santé: illusion destructrice de l’intérêt général pour augmenter le profit des industriels et assureurs. La résistance citoyenne québécoise

Quelques articles, tribunes et réactions tirés des media québécois. Parce que le Québec est lui aussi entraîne par des politiciens privatisation Presse toi à gauche.jpgnéolibéraux vers l’impasse de la privatisation du système de santé et qu’on peut apprendre beaucoup de la mobilisation citoyenne qui s’y organise.

Autant commencer par la réponse à la question essentielle : à qui profite le crime ? A ceux qui voient que – contrairement à ce qu’on veut nous faire croire – le système de santé public se porte très bien si on ne cherche pas à le saboter – en le privant des financements par les revenus du capital (stock options, etc.), par exemple – qu’il a un excellent potentiel de croissance et peut donc générer énormément de profits : « Mais qui veut du privé en santé ? Le système de santé public coûte 21 milliards $ annuellement au Québec. Si vous êtes propriétaire d’une compagnie d’assurance et que vous visez seulement 10 % du marché, cela vous donnera un petit 2 milliards $ de profit. Assez pour motiver bien du monde. », dit un syndicaliste québécois dans un article en date du 17 avril 2008 intitulé Non au privé en santé.

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La préemption vue de près: un bouclier juridique pour les firmes. Editorial édifiant du New York Times

Quelques commentaires avant la traduction de l’éditorial du New York Times en date du 14 avril: Les dangers de la préemption. Nous avons 1175421375.gifabordé la préemption dans cette note, à partir d’un article du New England Journal of Medicine.

A partir de l’exemple concret du patch contraceptif Evra (appelé Ortho Evra aux Etats-Unis), le New York Times met en évidence des schémas répétitifs de l’industrie pharmaceutique, qui cherche par tous les moyens à échapper à la responsabilité, à débrider totalement le commerce, sans se soucier des conséquences. La répétition concerne aussi la droite, alliée traditionnelle des firmes et ayant le même objectif: détruire tout garde-fou juridique qui pourrait gêner la maximisation des profits. Les politiciens de droite cherchent à forger un « bouclier » juridique pour protéger l’industrie de toute action et réaction en justice. Le bouclier est très à la mode, ces temps-ci, à croire que nous sommes revenus au Moyen-âge… Ou peut-être n’en sommes-nous jamais sortis, comme le pense l’écrivain allemand Hans Magnus Enzensberger justement en parlant des prétentions de la science… Enfin, la (compulsion de) répétition concerne aussi l’agence de sécurité sanitaire, et le journal ne cache pas ce qu’il en pense…

Toute analogie avec la situation française est légitime. Et si quelqu’un pense que la préemption n’est qu’une lubie américaine de plus, qu’il/elle se demande pourquoi cette question n’est même pas théorisée en France : elle est étouféee avant même d’être posée publiquement. Les victimes n’ont ni bouclier ni cheval. Et une fois à terre, elles y restent et sont priées de ne pas gémir, parce que cela troublerait la bonne marche des affaires.

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L’industrie pharmaceutique veut une immunité totale pour les effets indésirables. La prétention à la préemption ou le déni de responsabilité

Le New England Journal of Medicine vient de tirer la sonnette d’alarme sur un sacré coup juridique que projette l’industrie pharmaceutique en prétendant que la préemption s’applique à elle en cas d’effets indésirables et autres problèmes de sécurité causés par ses produits. On 259001033.jpgl’a déjà dit dans ces pages : les républicains américains et Bush en personne sont des fidèles alliés de l’industrie pharmaceutique à laquelle ils cherchent à faire cadeau après cadeau… En ce moment même, la FDA préconise d’autoriser les firmes à faire de la publicité pour un usage hors AMM des médicaments, donc pour inciter les médecins à prescrire ceux-ci en dehors des indications autorisées par l’agence du médicament sur la base de « preuves » issues d’essais cliniques et d’études. (Les médecins peuvent prescrire hors AMM, et le font très souvent, mais la publicité est interdite à cause des dangers qu’une telle utilisation comporte). La question n’est pas encore tranchée (on y reviendra). 

L’industrie soutenue par l’administration Bush tente un coup qui, combiné à l’autorisation de la publicité hors AMM, pourrait être fatal à quasiment tout ce que les Etats-Unis ont d’exemplaire en matière de régulation législative et juridique de l’activité des firmes pharmaceutiques. Et l’industrie sera complètement hors d’atteinte, au-dessus des lois, inattaquable, comme elle l’est en France, par exemple. Où elle n’a pas à rendre des comptes, ni à l’Etat ni aux victimes. Elle sera déclarée d’emblée non responsable… L’explication :

Lors de la prochaine session, la Cour suprême des Etats-Unis aura à se prononcer sur l’application ou non de la préemption dans la réglementation législative et juridique de la filière du médicament.

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Editorial du JAMA pour limiter conflits d’intérêts, ghostwriting et manipulation de la recherche médicale par les laboratoires

Le Journal of the American Medical Association (JAMA) a publié dans son numéro du 16 avril deux articles qui reviennent sur certaines des méthodes employées par le laboratoire 2027682592.jpgMerck pour manipuler les recherches et les études médicales, bref, l’information médicale portant sur le Vioxx (rofécoxib, anti-inflammatoire responsable de dizaines de milliers d’attaques cardiaques et de décès). Cette expérience est particulièrement douloureuse pour le JAMA parce que la revue avait elle-même fait partie des toutes premières à publier une étude très favorables au Vioxx. Les articles parus dans les revues scientifiques étaient réécrits, arrangés, rendant compte d’essais cliniques dont les résultats avaient eux-mêmes été manipulés et pourvus de présentations écrites en bonne partie par des employés de Merck, non déclarés comme auteurs… C’est le problème connu sous le nom de « ghostwriting » ou encore « ghost authorship« , désignant les auteurs fantôme, experts en rédaction publicitaire, pas en médecine. Les articles promotionnels qu’ils écrivent selon les directives du service marketing des firmes sont ornés de prête-noms pour faire passer la désinformation : il s’agit de médecins et/ou chercheurs très connus qui n’avaient pas – ou pas totalement – connaissance du dossier, mais qui ont accepté de figurer comme auteurs moyennant finances ou promesse de prestige. L’ampleur du problème est telle qu’on ne sait plus qui porte légitimement le nom d' »auteur ». En plus des rédacteurs fantôme (ghost writers), il y a aussi les auteurs invités et autres auteurs dits « honoraires », qui offrent les garanties de respectabilité qu’apportent leurs noms et occultent la manipulation faite en coulisses par les auteurs fantôme et autres « nègres »…

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Acide sarkozyque : corrosif pour les drois sociaux, la santé, le droit du travail, l’environnement, la laïcité, la République…

L’acide sarkozyque est toxique pour les gueux, exclus, malades, étrangers, chômeurs, RMIstes et autres pauvres. Les patrons, les convives de Fouquet’s et autre Bolloré, 250571195.jpgLagardère et Bouygues, bref, tous les CACarentistes ont une réaction différente : l’acide sarkozyque les nettoye – comme au Kärcher – et les rend plus blancs que blancs. En faisant disparaître des pages entières du droit des affaires. Il semblerait que le solvant universel – l’argent – neutralise la toxicité de cet acide à valences patronales multipes.

Plus on descend dans l’échelle de solvabilité, plus l’acide sarkozyque devient toxique.

Merci à Janine Thombrau pour cette photo que je me permets de reprendre. Il y en à d’autres sur son très beau site Mots pour maux.  

Valérie Pécresse et les franchises médicales… Mensonges? Incompétence? Inconscience? Janine Thombrau lui répond

 

Décidément, Mme Pécresse est plus à l’aise dans les pages du magazine patronal PHARMAnetwork où elle va vendre nos universités aux firmes pharmaceutiques et autres multinationales et légitimer par sa présence les techniques de gestion inhumaine de type « lean management »…

Madame la ministre, non seulement les malades chroniques paient les franchises, mais les bénéficiaires de la CMU les plus malades les paient eux aussi! Toute personne qui a en même temps la CMU et une affection de longue durée (ALD) paie les franchises du fait de son ALD… Les malades chroniques les plus pauvres… C’est cela la solidarité à la sauce financière…

Et voici la lettre de Janine Thombrau en réponse à Valérie Pécresse:

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Geneviève Azam lors du contre-Grenelle de l’environnement. Attac affirme la nécessité d’une recontruction politique de la société, incluant une écologie politique et sociale

Regardez aussi l’excellent exposé (vidéo) de Geneviève Azam, maître de conférences en économie à l’Université de Toulouse, sur le biototalitarisme capitaliste ultralibéral. Biodiversité et sociodiversité sont interdépendantes et toutes les deux ne peuvent être défendues que par les mouvements sociaux qui se préoccupent de l’intérêt général et limitent la course aux profits et l’influence des lobbies et multinationales.