La santé et l’hôpital public victimes de la réforme Bachelot et de la volonté de gestion comptable, estime l’AMDDDM

Quelques extraits d’une dépêche du Quotidien du Médecin du 7 octobre 2008 : « L’heure est grave, pour l’Association médicale de défense Manager - médecin.jpgde la déontologie et des droits des malades (AMDDDM), car la santé des Français est « en danger ». L’AMDDDM, composée de médecins hospitaliers, libéraux et du secteur médico-social, vient de lancer un « appel à la population » dans lequel elle dresse un état des lieux alarmant de la situation sanitaire en France.


« Médecins, notre métier est de soigner les malades, (mais) nous ne parvenons plus à faire notre travail », déplore l’AMDDDM dans une pétition signée à ce jour par 218 praticiens libéraux ou salariés. Le manque de moyens humains, la pénurie de lits, l’obligation de « choisir entre les malades sur des critères financiers » sont tels que les médecins signataires se disent « très angoissés par cette situation ».


La psychiatrie est « véritablement sinistrée », a estimé lors d’un point de presse le Dr Roger Salbreux (…), président du syndicat des psychiatres salariés non hospitaliers. Et, a-t-il ajouté, à l’heure où il y a « jusqu’à un an d’attente pour une consultation d’un enfant en CMPP » (centre médico-psycho-pédagogique), la pédopsychiatrie connaît un « marasme total ».


Or, prévient l’association dans sa pétition, ce sombre tableau du système de soins « menace de s’aggraver encore dans un avenir proche, avec le vote, prévu début 2009, de la loi Hôpital, patients, santé et territoires ». « Actuellement, le médecin a pour seul engagement de bien soigner son patient », fait remarquer le Dr Jean-Louis Chabernaud, tandis que la réforme Bachelot menace son indépendance (…) via la contractualisation avec les agences régionales de santé (ARS), les rémunérations variables à l’hôpital, ou encore le catalogue légal des tâches du médecin de premier recours. En outre, l’AMDDDM craint que la définition de la médecine de premier recours aboutisse à la « suppression de l’accès direct à certaines spécialités » comme la pédiatrie. »

 

Elena Pasca

Quelques effets de la « la bombe OGM » : des souris nourries au maïs OGM ont une fertilité diminuée (étude autrichienne)

Le blog de Greenpeace rend compte des résultats inquiétants d’une étude faite à l’Université de Vienne sur des souris nourries au maïs OGM Greenpeace.jpgOGM : une baisse de la fertilité ainsi que certaines autres modifications ont été constatées dès la troisième génération : « Une étude fait apparaître une baisse de fertilité des souris alimentées avec du maïs GM« .

Cette variété de maïs est autorisée à la consommation humaine et animale en Europe comme en France… Pour des remarques et des liens complémentaires sur ces résultats rendus publics le 11 novembre et sur les conflits d’intérêts de l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (AESA ou EFSA en anglais), lisez cet article des Amis de la Terre : Maïs OGM : baisse de la fertilité

 

Pour une vue d’ensemble, lisez le dossier de Greenpeace, La bombe OGM.

Elena Pasca

Gardasil, Cervarix: en Belgique, Le Vif dénonce le marketing et le lobbying agressifs des labos et rappelle les doutes sur l’utilité et l’efficacité des vaccins

(Merci à la personne qui m’a envoyé deux de ces liens) Vaccin Shutterstock Le Vif.jpg

Le premier hebdomadaire francophone belge, Le Vif / L’Express, publie sur son site deux articles critiques décortiquant les grandes lignes de ce « vaste matraquage » autour du Gardasil et du Cervarix et un entretien avec la ministre de la Santé.

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Le business pharmaceutique assuré par les brevets bloque l’innovation. Un chercheur réclame le partage des connaissances et la redéfinition des relations entre firmes et universités

L’article Le syndrome de la propriété intellectuelle, paru le 10 novembre dans le journal canadien Le Devoir, vaut le détour. Un petit brainstorm Webyday.jpgextrait pour vous mettre en appétit :


« « La façon de faire la recherche a radicalement changé (…), tandis que le modèle d’affaires, lui, n’a pas évolué ». (…) Les compagnies pharmaceutiques protègent jalousement leurs découvertes par des brevets et interdisent à quiconque d’utiliser les molécules découvertes, voire les gènes mis au jour dans leurs recherches. « Or ce modèle ne marche plus. » (…) Les universités canadiennes (…) « sont presque devenues pires que les compagnies pharmaceutiques. »


« Les politiques des universités doivent changer. Les modèles d’affaires et la façon dont le gouvernement investit dans la recherche aussi. C’est l’ensemble du système d’innovation qui n’est plus adapté et qui doit évoluer », martèle Richard Gold, ajoutant qu’il faudrait créer un système d’opposition qui faciliterait la contestation des brevets dont la validité est douteuse. Les brevets qui sont approuvés alors qu’ils n’auraient pas dû l’être nuisent à l’industrie parce que les concurrents décident alors de ne pas investir dans ce domaine, même s’ils savent que le brevet n’est probablement pas valide, car il en coûterait trop cher pour s’y opposer. Le public se trouve ainsi privé de nouveaux produits. »

Image: Brainstorm, Webyday

 

Elena pasca

Zocor (simvastatine) en prévention secondaire : les fortes doses font à peine mieux mais majorent les effets secondaires, selon Search

Une équipe d’Oxford a mené un essai clinique appelé Search et financé par Merck, qui a inclus 12.000 hommes et femmes ayant déjà subi zocor FDA.jpgune crise cardiaque. Prendre 80mg au lieu de 20mg de Zocor (simvastatine, désormais génériquée) n’a apporté qu’une baisse supplémentaire de 14% du LDL cholestérol. L’essai a duré 6,7 ans et ses résultats, présentés au congrès annuel de la American Heart Association, sont jugés décevants.

 

C’est certainement par une ironie involontaire que la dépêche de Reuters affirme que ces « résultats mitigés » pourraient donner de l’eau au moulin des statines « plus puissantes » telles le Tahor (Lipitor, atorvastatine) de Pfizer – dont on a vu qu’il était inefficace chez les femmes, comme les autres statines, d’ailleurs – et le Crestor (rosuvastatine) d’Astra Zeneca, qui n’a pas fait ses preuves dans l’insuffisance cardiaque et dont l’essai Jupiter est contesté dans ses fondements même, à savoir l’intérêt d’utiliser la CRP comme marqueur dans les maladies cardiovasculaires.

 

La dépêche nous dit que 53 des patients ayant pris 80 mg de simvastatine ont développé une myopathie et 7 une rhabdomyolyse, alors qu’ils n’en étaient que 3 et, respectivement, aucun parmi ceux ayant eu 20 mg.

Photo : site de la FDA

 

Elena Pasca

Crestor bénéfique en cas de CRP élevée à cholestérol normal? Pas sûr du tout. L’intérêt de la CRP est contesté et l’étude Jupiter aussi

Pharmacritique avait parlé de l’inefficacité du Crestor (rosuvastatine) dans l’insuffisance cardiaque dans cette note. Le médicament cholestérol RTBF.jpgparaissait fini. Et patatras : l’essai clinique Jupiter sort tel un pigeon du chapeau des magiciens d’Astra Zeneca et nous voyons tout autre chose. Il y a de quoi soupçonner une illusion d’optique, alors creusons…

 

Pharmacritique ne peut pas s’empêcher d’y voir une variante de disease mongering : on refaçonne un marqueur inflammatoire, la CRP (protéine C réactive indiquant une inflammation), pour faire d’un taux élevé de CRP un indice prédictif pour les complications cardiovasculaires, même lorsque le taux de cholestérol est strictement normal. Dès 2004, le Dr Paul Ridker présente cela comme une découverte révolutionnaire – cf. cet article – et c’est lui qui dirigera l’étude JUPITER, destinée à montrer que le Crestor (rosuvastatine) baisserait le taux de CRP et éviterait, par là même, les complications cardiovasculaires qui auraient dû advenir.

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Antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères… L’abrasement chimique d’un mal-être social (article du Monde)

Un article de Sandrine Blanchard en date du 8 novembre intitulé « Les Français sous psychotropes » reprend quelques grandes lignes des surméd St BMJ.gifanalyses désormais consensuelles en sciences humaines et que nous avons évoquées de façon assez détaillée dans la note « En finir avec l’abus de psychotropes » : appel à un usage raisonnable et à la limitation de l’emprise pharmaceutique« .

 

Un extrait: « Les psychotropes ont été détournés de leur usage premier (l’épisode dépressif majeur) pour soigner le mal-être, « l’anxiété sociale » et en devenir l’unique réponse. Résultat : des personnes véritablement déprimées sont sous-diagnostiquées, et de nombreux malades imaginaires, surmenés, fatigués, consultent en mettant sur le compte de la dépression les difficultés du quotidien. Les psychotropes coûtent une fortune à la Sécurité sociale. Or une analyse publiée en début d’année conclut que, en dehors des dépressions sévères, les antidépresseurs les plus prescrits ne sont pas plus efficaces qu’un placebo… »

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Plus le placebo est cher, plus il est efficace ! Dan Ariely démontre ce que l’industrie pharmaceutique sait et exploite fort bien

Je disais en parlant de l’Avastin et des autres pseudo-traitements du cancer qui coûtent les yeux de la tête que le Ariely livre.gifprix semble jouer un rôle important dans la perception subjective de l’efficacité d’un médicament. Et je posais la question de l’effet placebo à la suite d’un article que j’avais vu passer sans garder les références. Après avoir parlé du prix des anticorps monoclonaux dans cette note, j’ai cherché l’article. Il a été publié en mars dans le JAMA et compare dans un essai clinique dûment randomisé l’efficacité d’un placebo cher à celle d’un placebo bon marché : Commercial Features of Placebo and Therapeutic Efficacy.

C’est une merveille de psychologie sociale ! Les patients pensent tester un vrai médicament anti-douleur ; les investigateurs disent à la moitié d’entre eux qu’il s’agit d’un médicament cher et à l’autre moitié que le prix de ce médicament vient de baisser, pour des raisons non indiquées. L’essai clinique, mené en 2006 par l’économiste comportementaliste Dan Ariely du  Massachusetts Institute of Technology (MIT), a reçu au mois de septembre le prix Ig Nobel, décerné par Harvard.

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Mise à jour des notices de l’Humira et rappel des effets secondaires de classe des inhibiteurs TNF alpha

Enbrel (etanercept), Humira (adalimu 1695548379.jpgmab), Remicade (infliximab) et Cimzia (certolizumab pegol) sont des anticorps monoclonaux ayant une activité immunosuppressive qui s’exprime par l’inhibition d’une cytokine inflammatoire appelée TNF α (facteur de nécrose tumorale alpha).

Pharmacritique a rendu compte de certains effets secondaires rares mais sévères investigués par la FDA (agence états-unienne du médicament) dans la note « Divers cancers et troubles lymphoprolifératifs sous Enbrel, Remicade, Humira, Cimzia (inhibiteurs du TNF) ».

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La principale union allemande des patients (DGVP) payée pour promouvoir les intérêts des firmes : le Gardasil, l’information des patients par l’industrie…

Le numéro du 29 septembre de l’émission Markt de la chaîne publique allemande WDR s’intitule « Patientenverband: Geld von Argent corruption WDR.jpgPharmafirmen » (Une association de patients payée par des firmes pharmaceutiques).

 

Il s’agit de la Société allemande des assurés et des patients (Deutsche Gesellschaft für Versicherte und Patienten (DGVP)), censée, selon ses dires, promouvoir les intérêts des citoyens de façon non partisane, indépendante et soustraite à toute influence. Or il se trouve qu’elle a reçu de l’argent de Sanofi Pasteur MSD pour faire de la publicité pour le Gardasil. Et c’est loin d’être tout….

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Le JAMA, des élus et des cadres de la FDA protestent contre la préemption donnant l’immunité aux pharmas. Les démocrates riposteront si la Cour suprême la vote

Pharmacritique a parlé de la préemption et de ses dangers dans la catégorie « Boucliers juridiques pour les firmes« . La décision de la Cour FDA.jpgsuprême sur un cas précis impliquant la firme Wyeth a eu lieu hier, mais nous ne connaissons pas encore le résultat. Il risque de faire jurisprudence.

En une dizaine de jours, plusieurs institutions importantes se sont mobilisées pour protester contre la préemption : le JAMA, des cadres de la FDA elle-même (agence du médicament, dont la décision sur un médicament serait définitive si la préemption venait à s’imposer), une commission de députés et la American Association for Justice.

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Avandia déconseillé et Actos traitement de troisème instance, selon les sociétés internationales de diabète

La dernière livraison du Lancet (2008;372:9649,1520) nous informe que la American Diabetes Association (ADA) et la European Avandia Science Photo Library.jpgAssociation for the Study of Diabetes (EASD) ont fait paraître le 22 octobre des nouvelles recommandations qui déconseillent explicitement l’emploi d’Avandia dans le traitement du diabète de type 2. Cela tranche avec leur position de janvier 2008, où elles envisageaient encore un recours possible à la rosiglitazone en deuxième intention. Une autre bonne nouvelle pour la sécurité des patients, c’est la relégation de la pioglitazone (Actos) en traitement de troisième intention. En fait, c’est une honte que des glitazones soient encore sur le marché, comme nous l’avons dit dans cette note. En attendant le retrait, espérons que cette nouvelle finira par arriver aux oreilles de l’AFSSAPS, que même les estimations de 83.000 crises cardiaques dues à Avandia (voir ici et ici) n’ont pas tirée de son sommeil habituel…

 

Prescribing Advice for GPs nous donne le lien vers le texte intégral paru dans la revue Diabetes Care : Medical Management of Hyperglycemia in Type 2 Diabetes: A Consensus Algorithm for the Initiation and Adjustment of Therapy.

 

C’est un autre coup dur pour GSK, dont les cadres devront avoir eux-mêmes recours à la balle anti-stress que les visiteurs médicaux proposent aux médecins (cf. la fin de cette note)…

Photo : Lancet / Science Photo Library

 

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique


Mise à jour d’avril 2011

toutes les notes sur les effets indésirables d’Actos, d’Avandia et des glitazones en général comme sur d’autres médicaments prescrits dans le diabète sont accessibles en descandant sur cette page.

GSK, Merck et Lilly rendront publics les paiements aux médecins américains. GSK veut les « restreindre » à 150.000 dollars par an…

Les leaders d’opinion et autres pantins du pharmacommerce ont de quoi crier misère ! Pharmacritique propose d’emblée de faire une gsk_logo.jpgquête pour arrondir la maigre pitance de la corruption médico-pharmaceutique. Faisons appel à Mme Chirac pour une « opération gros billets », par exemple. L’enjeu est civilisationnel : où allons-nous si même les valeurs sûres sont menacées de démonétisation ??

Le British Medical Journal en date d’aujourd’hui rend compte d’une nouvelle déjà connue dans la blogosphère anglophone : « GlaxoSmithKline to limit payments it makes to US doctors to $150 000 a year » (GSK ne paiera pas plus de 150.000 dollars par an aux médecins états-uniens ; début ici).

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Recommandations du NICE sur la prévention médicamenteuse des fractures ostéoporotiques contestées

Le BMJ (British Medical Journal) du 25 octobre rend compte du fait que de nouvelles recommandations viennent d’être élaborées pour Ostéoporose NIH.jpg« combler les vides » des directives du NICE (Osteoporosis experts launch guidance to fill gaps left by NICE). Ce dernier est le National Institute for Health and Clinical Excellence. La réalité est bien plus contrastée : des sociétés savantes, des associations de patients et des firmes ont violemment contesté les directives du NICE sous prétexte qu’elles préconiseraient une intervention trop tardive, ne couvriraient pas la prévention primaire et, surtout, ne tiendraient pas compte des derniers médicaments disponibles sur le marché et de certains facteurs cliniques de risque…

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La politique de gestion des conflits d’intérêts des autorités françaises de sécurité sanitaire

Ne faites pas attention à ce que disent les mauvaises langues étrangères ! Tous les médicaments approuvés en France et vantés par les leaders d’opinion et par la presse médicale de qualité sont efficaces et sans danger ! Nos autorités d'(in)sécurité sanitaire ont fait preuve de leur efficacité et de leur transparence en nous informant dès qu’il y avait le moindre danger. Pensez au Distilbène, au Vioxx, au Tchernobyl… La densité des nuages a certes empêché l’information de pénétrer jusqu’au commun des mortels, mais que voulez-vous, il faut assumer les conséquences de l’exception culturelle française. Et l’AFSSAPS (agence de promotion du médicament, pas de la santé, tout de même !) comme la HAS (Haute autorité de santé financière des laboratoires) veillent à ce que des experts fiables et bien payés – qui travaillent pour plus de firmes pour gagner plus – se prononcent en toute multipartialité sur les médicaments. Il existe même une politique de gestion des conflits d’intérêts. Si, si, regardez ici ! Vous voyez, on vous dit la vérité, si seulement vous voulez bien l’entendre : c’est une politique, pas une réalité. Comme le code volontaire d’éthique de l’industrie pharmaceutique. Une politique de gestion, pas d’éradication. Et la déclaration des conflits d’intérêts n’est ni contrôlée ni vérifiée – qui oserait douter de la parole de ces vénér

ables experts?? Vous, peut-être??

Afssaps HAS refait Google.jpg

Soigner les ulcères cutanés par Regranex entraîne un risque 5 fois plus élevé de décès par cancer

« Aussi bien dans une étude clinique que dans le cadre des observations post-commercialisation, des cancers distants du site d’application Regranex 1.jpgont été trouvés chez des personnes ayant utilisé de la bécaplermine, et un taux accru de décès dus à des cancers systémiques a été constaté chez les patients ayant utilisé 3 ou davantage de tubes de Regranex gel ».

Selon la firme Janssen-Cilag et Swissmedic (agence suisse du médicament), un « risque quintuplé de mortalité associée aux cancers a été constaté dans le groupe de patients exposés à au moins 3 tubes de Regranex gel ».

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L’assurance-maladie allemande veut traîner Merck en justice, au nom des victimes du Vioxx. Retour sur un désastre annoncé

AOK (Allgemeine Ortskrankenkasse), la plus grande caisse publique d’assurance-maladie allemande a entamé des pourparlers avec la firme Vioxx.jpgMerck, afin d’obtenir 40 millions de dollars pour couvrir les dégâts infligés aux milliers de victimes allemandes du Vioxx assurées par les AOK. Mais la firme refuse, parce que la législation européenne, qui n’a que faire de la protection des usagers, ne l’oblige à rien… L’étape suivante pour AOK, c’est la justice, procédure récemment facilitée en Allemagne.

Nous revenons ici sur quelques étapes clé de ce désastre qui aurait pu être évité, parce que ce parcours en dit long sur les méthodes des firmes et qu’il y a de nombreux enseignements à en tirer. Ca devrait ouvrir même les yeux des plus indoctrinés parmi les inféodés aux pharmas, à condition qu’ils veuillent les ouvrir…

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« Psychotropes : désintoxiquer la France » – c’est l’exigence de bon sens de la revue Prescrire

Un communiqué de presse du mois d’octobre de la revue Prescrire nous met en garde : « Des firmes pharmaceutiques n’ont de cesse de Surconso médocs CLAMP.jpgvouloir médicamenter l’existence avec des psychotropes. Soignants et patients doivent s’y opposer ».

 

« Dans son numéro d’octobre, Prescrire constate que l’imprégnation des patients par les médicaments psychotropes, sous l’influence de firmes pharmaceutiques, n’a pas de cesse. Même quand la balance bénéfices-risques est clairement défavorable. Même quand l’emploi d’un psychotrope est une erreur manifeste.

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Antidépresseurs: Effexor lié à un taux plus élevé de décès en cas de surdosage. Alerte canadienne

La Direction générale des produits de santé et des aliments (DGPSA) du Canada, homologue de notre AFSSAPS, a publié le 23 octobre une mise en garde des laboratoires qui commercialisent l’antidépresseur EFFEXOR (venlafaxine). En France, il s’agit de la firme Wyeth. En somme, un surdosage même faible (1 gramme) par l’Effexor, qui est un ISRSN (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline) induit plus de risque de décès pour le patient en question qu’un surdosage avec les antidépresseurs ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine). Ces derniers sont les plus couramment prescrits, sous des noms tels Seropram (citalopram), Prozac (fluoxétine) ou Deroxat paroxétine). Mais les ISRSN se multiplient en France aussi, avec l’apparition d’Ixel (milnacipran) et du Cymbalta (duloxétine).

 

 

Voici l’alerte destinée aux professionnels de santé : « Renseignements en matière d’innocuité sur le surdosage par le chlorhydrate de venlafaxine [Effexor] en capsules à libération prolongée »

 

[NdlR : Les antidépresseurs tricycliques et imipraminiques mentionnés dans le texte sont l’une des classes plus anciennes d’antidépresseurs, prescrits bien plus rarement, à l’exception notable du Laroxyl (amitriptyline) et de deux médicaments apparentés à cette classe : l’Athymil (miansérine) et Stablon (tianeptine)].

 

« Avis aux professionnels de la santé:

 

Les fabricants de chlorhydrate de venlafaxine en capsules à libération prolongée désirent vous communiquer des renseignements importants sur son innocuité. D’après des études rétrospectives publiées 1,2,3,4, le surdosage de la venlafaxine pourrait être associé à un risque accru de mortalité comparativement aux antidépresseurs de type inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), mais à un risque moindre par rapport aux antidépresseurs tricycliques. Bien que l’on ignore dans quelle mesure le risque accru de mortalité qui a été observé soit attribuable à la toxicité de la venlafaxine en surdosage plutôt qu’à certaines caractéristiques des patients,5 des rapports de pharmacovigilance font état de cas de surdosage aigu mortel par la venlafaxine seule à des doses aussi faibles qu’environ 1 gramme.

  • Pour diminuer les risques de surdosage par la venlafaxine à libération prolongée, en particulier chez les patients plus gravement atteints ou présentant des facteurs de risque de comportement suicidaire, il est recommandé de prescrire la plus petite quantité de médicament compatible avec une prise en charge adéquate.
  • Le risque de tentative de suicide chez les patients gravement déprimés est lié à leur maladie et peut persister jusqu’à ce qu’une rémission symptomatique importante survienne. Pour tous les patients déprimés, un suivi clinique des idées suicidaires et des autres indices de comportements suicidaires est recommandé.
  • Comme pour d’autres antidépresseurs, on a noté un risque accru de changements comportementaux et émotionnels, y compris de l’automutilation, chez les patients traités par la venlafaxine. Les professionnels de la santé, les patients, les membres de la famille ou les aidants devraient donc faire preuve de vigilance face à ces changements.
  • Tous les antidépresseurs ont le potentiel de causer une surdose fatale.

Les fabricants de venlafaxine à libération prolongée travaillent en collaboration avec Santé Canada afin d’inclure les nouveaux renseignements en matière d’innocuité dans la section traitant de surdosage dans les monographies canadiennes de venlafaxine en capsules à libération prolongée.

 

La gestion des effets indésirables liés à un produit de santé commercialisé dépend de leur déclaration par les professionnels de la santé et les consommateurs. Les taux de déclaration calculés à partir des effets indésirables signalés de façon spontanée après commercialisation des produits de santé sous-estiment généralement les risques associés aux traitements avec ces produits de santé. Tout cas de surdosage ou tout autre effet indésirable grave ou imprévu chez les patients recevant venlafaxine à libération prolongée doit être signalé au fabricant ou à Santé Canada, aux adresses suivantes (…) ».

 

Le reste du texte et les références se trouvent sur cette page. Quant à la mise en garde destinée aux patients, elle peut être lue ici.

 

Autres sources, qui montrent d’ailleurs que le problème avait été reconnu dès 2006 aux Etats-Unis et mentionné plus tard dans le RCP (résumé des caractéristiques du produit) :

Augmentation constante du coût de l’assurance-maladie aux Etats-Unis, par rapport aux revenus des classes moyennes inférieures

La réalité n’est pas celle des beaux discours présidentiels, nous dit Mike Mitka dans un article de 22 octobre du JAMA : Health Insurance Costs Remain a Burden for Employers and Working Families (Le prix de l’assurance-maladie reste très lourd pour les employeurs et les familles ayant un emploi). De moins en moins d’employeurs proposent une couverture maladie, et ceux qui le font demandent une participation plus importante des employés. De plus en plus de personnes, y compris parmi celles ayant une assurance-maladie, doivent s’endetter pour payer leurs frais médicaux. Le tableau illustre l’augmentation progressive du coût de l’assurance par rapport aux revenus.

Assurance chère JAMA.jpg