Désamour entre médecins et patients aux Etats-Unis. En cause : la gestion comptable de la médecine

Les républicains (droite américaine) viennent de donner encore un coup bas au système de soins américain dans sa dimension publique et 21967344.jpgconcernant non seulement les pauvres, mais aussi les classes moyennes. Un amendement vient d’être voté pour supprimer 10% de la rémunération des médecins dans les actes couverts par Medicare (assurance publique des personnes âgées, des handicapés, de certains malades chroniques, etc.). Il est vrai que la rémunération des médecins américains est élevée, mais il y a aussi des grandes disparités. Cette coupe ne fera qu’aggraver la crise profonde que traverse la médecine américaine, exprimée dans un écart de plus en plus important entre médecins et patients. Qui semble aller vers la méfiance généralisée d’un camp envers l’autre. Mais les conséquences de la maîtrise comptable par les assurances privées sont encore plus graves.

Ceux qui disent que la privatisation de la santé et le « transfert » vers les assurances privées permettraient de faire des économies, de pratiquer une médecine meilleure pour des coûts moindres, y compris administratifs, devraient lire ces textes du New York Times et les très nombreux commentaires. Il y a une courte introduction par la journaliste Tara Parker-Pope, intitulée The Disconnect between Doctors and Patients. Puis le lien vers un article du cardiologue Sandeep Jauhar, Eyes Bloodshot, Doctors Vent Their Discontent (« Tombant de fatigue, les médecins se plaignent ») et enfin le podcast d’une conversation de la journaliste avec ce médecin.

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Richard Smith du BMJ sur les revues médicales aux prises avec l’industrie pharmaceutique

Can the Public Trust Medical Journals? (Le public peut-il faire confiance aux revues médicales?). C’est la question centrale de ce podcast 265819442.pngd’un entretien avec Richard Smith, ancien directeur du British Medical Journal, auteur du livre The Trouble with Medical Journals ainsi que d’innombrables articles critiques sur la dépendance des revues médicales et de la médecine en général face à l’industrie pharmaceutique. Les conflits d’intérêts et les comportements contraires à l’éthique dans la recherche médicale comme dans l’édition mettent à mal tout le processus de création, de diffusion et d’application de l‘information et du savoir en médecine. La table de matières ainsi que quelques pages du livre sont reproduites sur cette page.

La rencontre avec Richard Smith a été enregistrée en novembre 2007 à l’université de Toronto, lors d’une rencontre organisée par la revue canadienne Open Medicine, que nous avons présentée dans cette note. En plus de Richard Smith lui-même, plusieurs intervenants abordent des questions liées à son – à leur – travail, son parcours, à l’histoire du journal BMJ, etc. Sur un ton décontracté et plein d’humour qui rend l’écoute très agréable.

Elena Pasca

Open Medicine: revue médicale canadienne à comité de lecture et en libre accès, exemple de médecine 2.0

Open Medicine existe depuis 2007 et est indépendante, à l’instar de celle que nous connaissons déjà : PLoS (Public Library of Science). Sa 878383842.jpgraison d’être est définie en une phrase : “Open Medicine fait partie d’un mouvement social qui cherche à assurer une large diffusion du savoir scientifique et à faire en sorte que ce soit ce savoir qui guide la relation de soin médecin – patient. Les recherches médicales publiées informent la pratique clinique et les politiques de santé, raison pour laquelle elles devraient être accessibles à tous gratuitement ». C’est le savoir qui doit être déterminant et non pas ce que veulent les firmes pharmaceutiques. Et qu’elles obtiennent en finançant à gogo des campagnes promotionnelles pour tel ou tel médicament.

Cinq numéros d’Open Medicine ont déjà vu le jour, dont le premier contenait une critique de livre faite par Jerome Kassirer, ce qui est de bon augure… Comme la présence d’Alan Cassels ou Joel Lexchin. Chaque article contient un encadré très bien visible pour les déclarations d’intérêts. L’éditorial du premier numéro est signé par James Maskalyk, actif au Soudan, aux côtés de « Médecins sans frontières », et qui tient un blog sur ses expériences de terrain.

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L’industrie pharmaceutique n’est « ni honnête ni digne de confiance », selon une grande majorité d’Américains. L’exemple de Takeda Abbott pour comprendre la méfiance

Selon un sondage fait par l’institut Harris Interactive 1305667625.jpg(le Sofres américain) en novembre 2007 aux Etats-Unis, seuls 11% des participants ont considéré que l’industrie pharmaceutique était « honnête et digne de foi », nous dit le Multinational Monitor. Cette ONG qui regarde à la loupe les activités internationales des lobbies et multinationales distingue chaque année les dix pires multinationales. Dans le palmarès 2007, on retrouve les laboratoires Abbott (branche de Takeda Abbott Pharmaceuticals), distingués pour le chantage qu’ils ont fait subir au gouvernement thaïlandais quant aux médicaments anti-HIV. Ainsi que Purdue Pharma, pour des stratégies peu louables destinées à échapper à ses responsabilités pénales. 

Un autre sondage à large échelle fait aux Etats-Unis par Harris nous apprend que la réputation de l’industrie pharmaceutique dans son ensemble continue de décliner. Seuls 26% ont une opinion favorable. Seules les assurances et les banques (24%) et l’industrie du tabac (10%) font pire. Les chiffres figurent à la page 8 des résultats.

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Sanofi licencie 800 visiteurs médicaux et concentre ses investissements marketing sur les leaders d’opinion… Nous voilà prévenus

Il faudrait un détecteur de mensonges – actualisé en détecteur de conflits d’intérêts et de désinformation médicale – à chaque fois qu’on voit un grand 1407881820.jpgponte de la médecine… Rien à craindre pour les non corrompus, alors…

Un brève signée Jean-Claude Jaillette dans le dernier numéro de Marianne : « Sanofi-Aventis projette de licencier 800 visiteurs médicaux, le tiers de sa force de vente. Le quatrième laboratoire mondial est-il sur le point de renoncer à une pratique décriée par les associations de consommateurs qui la jugent « pousse-à-la-prescription » ? Anticipant une crise prochaine – d’ici à 2012, la moitié des anciens médicaments du marché deviendront des génériques -, les grands labos redéploient leurs forces. « Dépenser moins pour vendre plus », tel est leur mot d’ordre. Seuls les médecins gros prescripteurs seront démarchés. Les autres seront sensibilisés par des interventions de grands pontes qui, sous couvert d’information, enverront des messages publicitaires. Vous avez dit conflits d’intérêt ? »

On voit bien que le temps des leaders d’opinion n’est pas révolu… Paraphrase de l’éditorial du 21 juin du British Medical Journal, accompagnant un article et un commentaire sur le même thème, dont nous avons rendu compte dans la note intitulée Les médecins leaders d’opinion, pantins du commerce pharmaceutique. Le British Medical Journal dénonce. Note suivie de quelques commentaires invitant le BMJ à balayer aussi devant sa porte. Par souci de non discrimination…

Elena Pasca

La « campagne d’information » de Sanofi sur les caillots sanguins: le BMJ dénonce le rôle des agences de communication dans la production de l’information médicale

Où l’on apprend l’importance des agences de com’munication, de publicité et de PR dans le devenir d’un médicament, à l’exemple du Lovenox°. Ce sont des commerciaux 901709542.jpgqui nous informent et rédigent ce qui passe pour de l’information médicale… Des rédacteurs fantôme (ghostwriters) et des médecins comme hommes de paille sont des éléments décisifs dans la stratégie des firmes: ce ghost management omniprésent (gestion fantôme). La photo est tirée de Drug Rep Toys: un badge design de marque Lovenox°… Absolument vital pour les médecins et pour l’avenir de la médecine, tout le monde en conviendra.

L’Australie a vu tout d’un coup un autre danger de santé publique lui tomber sur la tête : les caillots sanguins, qu’une campagne d’information orchestrée par Sanofi-Aventis présente comme plus mortels que le HIV ( !) Des articles en viennent à recommander de rendre les piqûres obligatoires chez toute personne qui pourrait être à risque… Il y a un véritable matraquage publicitaire – déguisé en information scientifique – au point où des hôpitaux envisagent d’appliquer les schémas proposés à la lettre, et de médicamenter tous les patients hospitalisés… Et au point où, de financement en financement, les laboratoires pharmaceutiques arrivent à ce que des recommandations officielles (guidelines) entérinent cela et mettent les produits des firmes les plus généreuses au top de la liste des médicaments anticoagulants…

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La FDA refuse l’extension d’AMM du Gardasil aux femmes de plus de 26 ans. Le vaccin n’apporte pas de « protection croisée » contre d’autres génotypes HPV

Bravo à la FDA! Dans un communiqué en date du 25 juin, la firme Merck nous apprend qu’elle a soumis à la FDA (agence américaine du FDA.jpgmédicament) une demande d’extension de l’AMM du Gardasil aux femmes entre 27 et 45 ans. La demande, faite en janvier, visait aussi l’autorisation du Gardasil dans la prévention de l’infection par des sérotypes de papillomavirus (HPV) autres que les 16, 18, 6 et 11. La FDA s’était engagée à une évaluation très rapide et a effectivement répondu assez vite pour dire que « certaines données excluent l’autorisation de l’extension d’indication dans le délai initialement prévu ». Ce qui veut dire non, lorsqu’on enlève la langue de bois. Les media ne se sont d’ailleurs pas trompés, la bourse non plus… La firme compte envoyer des documents supplémentaires le mois prochain. On verra s’il y a des données nouvelles et solides…

La FDA n’autorisera pas le Gardasil en prévention de l’infection par d’autres sérotypes de HPV, puisque rien ne prouve que le vaccin offrirait une « protection croisée ». Selon une dépêche de Reuters, Merck abandonne d’ailleurs la demande d’AMM pour la protection croisée. Voilà l’une des bulles publicitaires du Gardasil qui éclate très vite…

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Déremboursements et limitations touchant les affections de longue durée (ALD) : déclaration de guerre aux malades, accusent Act-up et les syndicats

C’est dans le journal Les Echos que Frédéric van Roekeghem, directeur de la CNAM, a annoncé son projet de déremboursements 1538862590.jpgtouchant les affections de longue durée (ALD) et de restriction d’accès d’un malade chronique au « statut » ALD. Le plan de redressement de l’assurance maladie suscite un tollé général, titrent Les Echos en date du 24 juin. Les grandes lignes du plan sont exposées dans cet article. Et voici l’interview de Van Roekeghem dans Les Echos : Plus les mesures seront mises en oeuvre vite, plus le retour à l’équilibre sera conforté.

Et voici le communiqué d’Act up Paris (suivi d’autres liens) : Fin du 100% : l’Etat déclare la guerre aux malades. « La fin de la prise en charge à 100 % des Affections de Longue Durée confirmerait la mort de l’assurance maladie ».

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La Commission européenne abandonne notre sécurité sanitaire/ pharmacovigilance à l’industrie pharmaceutique (Collectif Europe et médicament)

La Commission veut abandonner notre santé, 180887811.gifnotre sécurité sanitaire aux firmes pharmaceutiques, et entériner cet abandon du rôle des services publics de chaque Etat par une directive sur la pharmacovigilance qui devrait être promulguée cet automne. On pourra dire adieux même aux infimes possibilités (et motivations…) qu’avaient les autorités sanitaires de réagir en cas de médicaments ayant un rapport bénéfices – risques défavorable. Les firmes, qui pourtant n’arrêtent pas de se faire taper sur les doigts (à l’étranger, pas en France !) parce qu’elles minimisent et occultent les effets secondaires, falsifient des données, etc. seront désormais chargées de la pharmacovigilance… Le renard gardera le poulailler, jugera de ce qu’il convient ou non d’en faire, l’informera sur les « soins » qu’il lui prépare et enregistrera ses plaintes…

Si cette directive voit le jour, médecins et usagers auront encore plus qu’avant intérêt à apprendre des langues étrangères, pour se renseigner ailleurs sur les risques et effets indésirables des médicaments...

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La Commission européenne sous influence des labos quant à l’information médicale (Collectif Europe et médicament)

J’ai parlé en traduisant l’éditorial du Lancet 180887811.gifdes propositions de la Commission européenne d’autoriser les firmes pharmaceutiques à apporter des « informations » directes aux patients. Pour mieux comprendre comment le profit des multinationales pharmaceutiques l’emporterait sur la santé publique en cas d’adoption du projet de directive, voici la lettre de 18 organisations adressée aux ministres européens de la santé, aux représentants permanents des Etats membres, aux agences de sécurité sanitaire et à d’autres instances chargées de questions de santé. Merci au Collectif Europe et médicament, cosignataire, de nous l’avoir envoyée.

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La Commission européenne autorisera une publicité directe déguisée, accuse le « Lancet »

L’éditorial en date du 16 juin de la revue médicale britannique The Lancet s’intitule Direct-to-consumer advertising under a different name 495865372.gif(« Une publicité directe aux consommateurs qui ne dit pas son nom »). The Lancet, Volume 371, Issue 9629, 14 June 2008-20 June 2008, Page 1972. Il n’y a pas d’accès direct ni de résumé, alors en voici une traduction rapide. (La photo est tirée d’un site de Harvard. Elle devrait servir de logo à la Commission européenne: attention, toxique pour la santé. Elle pourrait remplacer les étoiles sur le drapeau, par exemple).

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La formation médicale continue doit se libérer de l’emprise de l’industrie pharmaceutique. Un éditorial du CMAJ (mars 2008)

 Paul Hébert publie dans le numéro du 25 mars du CMAJ (Journal de l’Association médicale canadienne) un éditorial intitulé Le besoin d’un 1383653799.jpgInstitut de l’éducation continue en santé, dont le texte complet est en libre accès. Il insiste sur la nécessite d’une « refonte majeure » du système actuel de formation médicale continue (FMC), et on ne peut qu’être d’accord en France aussi, lorsqu’on voit que la FMC actuelle prend la forme du congrès du Medec, foire industrielle débouchant sur des prix pour les firmes qui investissent le plus dans la promotion de leurs produits auprès des médecins… (Nous en avons parlé dans cette note).

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Le Medec nous dit quel labo paie le mieux, fait la meilleure pub ou la meilleure formation continue… Les intéressés sauront à qui s’adresser

Un communiqué de presse en date du 20 juin annonce « les lauréats » du Medec 2008. Je lis cela avec les yeux d’un usager et à partir des CRO pharma dependant.jpg« partenariats » de cette foire industrielle.

17.000 généralistes qui votent pour faire de la publicité aux laboratoires, ça la fiche très mal… Et une affirmation du genre « GlaxoSmithKline a été récompensé pour son implication efficace auprès des médecins dans leur pratique quotidienne : il a été élu laboratoire de l’année » en dit bien plus long que les dénonciations de Prescrire

Cujus regio, ejus religio. En traduction libre : on voit qui c’est qui paie le mieux et a de fait le pouvoir de décider et de se faire encenser publiquement. Il y avait une définition qualifiant l’acte consistant à gratifier quelqu’un de ses charmes moyennant finances. Il me semble que la signification n’a pas changé. Par contre, la contrainte matérielle poussant à ces activités est légèrement différente…

Sanofi-Aventis est encensé pour… la formation médicale continue. Punaises ! Ca, c’est ce qu’on appelle de la transparence ! Reconnaître ouvertement que les vendeurs forment les médecins. Pareil lorsque ces derniers disent leur enthousiasme pour la « communication » de Sanofi Pasteur concernant le Gardasil°…

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Corruption en médecine: conscience accrue, selon un sondage de Prescription Project. Des leçons à tirer en France

Il y a des bonnes nouvelles qui nous viennent du chien de garde américain Prescription Project. Il a commandé un sondage sur un 1530613941.jpgéchantillon de 1009 usagers sur le thème de l’influence des cadeaux (et autres largesses de l’industrie pharmaceutique) sur les habitudes de prescription des médecins. Ou, plus précisément, sur ce qu’en pensent les usagers. Le texte complet se trouve sur cette page.

Il est intéressant de voir les chiffres bruts, mais encore plus de les analyser. Ceux qui connaissent en détail la problématique médico-pharmaceutique aux Etats-Unis réaliseront parfaitement de quoi je parle. Les autres devraient apprendre et tirer les leçons, puisque les Etats-Unis sont toujours donnés en exemple quant à la gestion des conflits d’intérêts. Il faut comprendre pourquoi cette gestion est possible là-bas et pas ici. Pourquoi les usagers français sont loin de se poser des questions sur les conflits d’intérêts, surtout lorsqu’il s’agit des médecins que les firmes recrutent le plus et dont la corruption a les conséquences les plus dévastatrices: les pontes ou leaders d’opinion, en position d’influencer toute la profession et les associations de malades…

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Et si le British Medical Journal balayait aussi devant sa porte?

Commentaires suite à l’article de Moynihan et à l’éditorial du dernier numéro du British Medical Journal. 

Ray Moynihan est une référence classique des pharma-critiques, sans aucun doute. Pas de doute sur son intégrité, même s’il peut être 1882688730.jpgconsidéré lui aussi comme un leader d’opinion. Mais le British Medical Journal est-il tout autant au-dessus de tout soupçon? Voilà qui n’est pas exempt de doutes… La question se pose lorsqu’on lit l’éditorial de Fiona Goodle qui dénonce des leaders d’opinion devenus vendeurs d’élite pour les firmes pharmaceutiques auxquelles ils sont inféodés. Editorial du dernier numéro du BMJ, abordé dans cette note.

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Les médecins leaders d’opinion: VRP du commerce pharma. Le British Medical Journal épingle les key opinion leaders

La dernière livraison du British Medical Journal contient un dossier que je conseille vivement et présente en détails. Avec un éditorial, un article de Ray Moynihan et un commentaire dénonçant la fonction purement 1846352070.gifcommerciale des pontes de la médecine payés par l’industrie pharmaceutique. L’éditorial de la rédactrice en chef Fiona Goodle est en libre accès et s’intitule Key opinion leaders : your time is up (Leaders d’opinion, c’est fini ! 

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L’Europe cherche un moyen de censurer la blogosphère. Ca tombe bien, la France aussi! Les lobbies auraient-ils peur?

Question rhétorique… Les sites et blogs restent le dernier espace d’expression libre, allant très souvent à contre-courant du « mainstream », 1530481473.jpgde la pensée unique qui domine les autres media. La Commission européenne, truffée de lobbies dont elle représente les intérêts, n’a pas encore réussi à mettre au pas la blogosphère, de façon à l’emprisonner dans le chœur de perroquets en cage qui reprennent inlassablement les dogmes bruxellois et autres vérités néolibérales. Ce rapport pourrait bien être le début de la fin pour les grandes gueules. Et surtout pour celles françaises, puisque Nicolas Sarkozy a déjà mis en route un chantier en ce sens

Voici d’abord un article traduit par le Courrier international et paru aujourd’hui sur son site. (La photo de Dario Castillejos est tirée d’un numéro plus ancien du Courrier).  

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Pharmacritique a six mois et toutes ses dents…

Bébé Pharmacritique a désormais l’âge respectable de six mois !!  Précoce pour son âge, surtout qu’il a déjà toutes ses dents (disent les parents fiers de leur progéniture ;-)). Pour illustrer de façon imagée ses activités préférées, voici une vidéo qui montre un bébé mort de rire lorsqu’il déchire des revues et des journaux… (Il n’a bien entendu rien à voir avec le blog). Mais imaginez le bébé Pharmacritique en train de réduire en charpie les publicités des firmes pharmaceutiques, les revues et journaux qu’elles financent pour faire passer leur marketing pour de l’information médicale… Et puis le même bébé déchirer joyeusement les études médicales – celles financées par l’industrie pour qu’elles disent ce que veut cette dernière – ainsi que les articles des leaders d’opinion qui vantent les mérites du dernier médicament de confort ou du tout nouveau « me too » dont l’efficacité se perd dans les chaussettes mais dont le prix se perd dans les nuages…

Bébé Pharmacritique a appris à déchirer grâce aux cercles critiques anglo-saxons (médecins et chiens de garde) et à la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm. Tirer sur une maille pour défaire l’ensemble, ça, un bébé le capte tout de suite 😉 Facile de faire des confettis à partir des sophismes et autres scories de médi-pharma… Et de cette médecine un peu trop fixée sur ce qui lui est présenté par les visiteurs médicaux sur du papier glacé, qu’il s’agisse de publicités directes pour des médicaments ou pour la dernière maladie inventée. Ou encore de publicités pour le prochain congrès dans tel palace luxueux au soleil…

Bébé Pharmacritique essaie à sa façon de déchirer, rompre, briser, casser, tacher, jeter, décrier tout ce qui sert de support aux conflits d’intérêts, autrement dit à la corruption… Avec l’innocence de celui qui peut dire qu’il n’a jamais rien reçu de l’industrie et n’a donc pas été corrompu… C’est très rare de nos jours… Et puis la joie, la rigolade, l’ironie et le sarcasme contrecarrent parfaitement le pharmacommerce de la peur que l’industrie nous sert en s’adressant à nos tripes. C’est tellement cousu de fil blanc que même un bébé peut comprendre… A fortiori bébé Pharmacritique, qui a toutes ses dents pour mordre et des griffes pour bien saisir et faire des trous… ;-))) Y compris les griffes du concept, au sens étymologique du terme…

Divers cancers et troubles lymphoprolifératifs sous Enbrel, Remicade, Humira, Cimzia (inhibiteurs du TNF). La FDA démarre une enquête

Lisez les articles sur les inhibiteurs du TNF parus sur Pharmacritique, pour vous informer sur leurs effets (recherchés) de classe, mais aussi leurs effets indésirables de classe. Un effet secondaire décrit pour l’un est plus que probablement induit aussi par tous les autres.

La FDA (agence états-unienne du médicament) a émis le 4 juin un communiqué de presse intitulé Early Communication About an Ongoing Safety Review of Tumor Necrosis Factor (TNF) Blockers (marketed as Remicade, Enbrel, Humira, and Cimzia). En français: Annonce préliminaire de la mise en place d’une revue du rapport bénéfices-risques des inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale commercialisés sous les noms Remicade, Enbrel, Humira et Cimzia.

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L’Autriche mise sur les méthodes sûres de prévention du cancer du col de l’utérus. Un sérieux revers pour le Gardasil

Après la crise déclenchée par le décès d’une jeune Autrichienne suite à la vaccination par Gardasil, la ministre autrichienne de la santé, la 457922633.jpgDre Andrea Kdolsky, a convoqué la Commission fédérale de santé pour discuter de la sécurité du Gardasil et de son inclusion ou non dans le calendrier vaccinal. Tout en assurant qu’elle n’était pas inquiète pour la sécurité d’emploi, peut-on lire dans le journal Österreich 24 du 23 janvier.

La décision annoncée dans la presse est claire : le Gardasil ne sera pas inclus dans le calendrier vaccinal autrichien et donc pas non plus remboursé, sans être pour autant retiré du marché. Il ne s’agit pas d’un moratoire, mais d’une décision définitive, précise le journal Der Standard (fin janvier).

Les principales raisons sont « les données peu sûres », l’absence de certitudes quant à l’efficacité du vaccin, à la durée de l’immunisation, à la nécessité ou non de rappels ultérieurs, etc. Le dépistage est « de loin plus efficace » dans la prévention des lésions précancéreuses et des cancers du col de l’utérus. Tous les moyens seront mis en œuvre pour le renforcer.

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