Endométriose, traitements, psychanalyse et hystérie : débat Dr Jean Belaisch – Elena Pasca

La polémique entre le Dr Jean Belaisch et moi a eu lieu en partie dans les commentaires de cet article, paru sur l’ancien blog Pharmacritique le 17 juillet 2011: « Endométriose : campagne contre la psychologisation, le traitement médicamenteux empirique et la chronicisation. Texte du Dr David Redwine sur les tortures psychologiques infligées aux femmes ».

Ce texte est une suite de mon opposition, depuis 2003, aux pratiques thérapeutiques chronicisantes et aux propos sexistes, misogynes et gynophobes dans la médecine française, sous influence surtout de la religion et de son avatar d’apparence laïque et progressiste, pour mieux soumettre les femmes : la psychanalyse. Ces aspects sont abordés à nouveau et sur plusieurs dizaines de pages dans le chapitre dédié de mon livre en libre accès sur l’endométriose, mis à jour jusqu’en février 2018.

La controverse entre le Dr Jean Belaisch et moi porte au départ sur la psychologisation, puis sur l’ensemble des traitements de l’endométriose, évoqués en détail, références à l’appui, dans les échanges qui ont eu lieu en juillet et août 2011 et qui sont toujours d’actualité. Les échanges ont continué bien au-delà. Le Dr Jean Belaisch, dont l’influence et les moyens d’action ont été fortement impactés par mes critiques, est allé jusqu’à m’appeler chez moi pour se plaindre et tenter de me faire changer d’avis. J’en parlerai ailleurs. Une fois que son influence a été contrecarrée, même EndoFrance a fini par retirer, en 2012 (!) les textes écrits par Jean Belaisch, seul ou avec son gendre, le Dr Jean-Pierre Allart, et effacer son nom du site.

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Misogynie culturelle et médicale. Livre de Guy Bechtel « Les quatre femmes de dieu ». Exemples de surmédicalisation des femmes: endométriose, statines…

L’une des fonctions essentielles de l’éclairage historique du présent est circonscrite par la formule de Vladimir Jankélévitch: « le déniaisement par l’histoire »… Pourquoi? Pour apprendre comment des faits sociaux se sont agrégés de telle façon plutôt que d’une autre, apprendre à quoi les luttes des féministes nous ont arraché(e)s et dans quelle nuit nous risquons de retomber peu à peu si nous ne prenons pas conscience du fait que la libération des femmes est un processus, une lutte de tous les jours, et non pas un état acquis une fois pour toutes.

On parle des femmes portant la burqa, torturées physiquement, éliminées… Et les images nous détournent de l’abîme tout aussi inacceptable qui existe toujours chez nous – qui prétendons pourtant être progressistes et éclairés, sortis de la barbarie – entre les droits des femmes et ceux des hommes. Le livre de Guy BECHTEL « Les quatre femmes de dieu: la putain, la sorcière, la sainte & Bécassine » (Plon 2000, puis rééditions chez Pocket) éclaire le présent en retraçant l’histoire des tortures morales, des humiliations et contraintes infligées aux femmes par le christianisme, particulièrement dans sa variante catholique. Elles sont une conséquence de la diabolisation des femmes, considérées comme des êtres maléfiques et impurs, comme la racine de tous les maux, ce qui justifierait qu’elles subissent à l’infini des punitions toujours plus sophistiquées, qu’elles restent à l’état de minorité et d’incapacité civile et fassent l’objet d’une surveillance et d’un contrôle omniprésents.

Il faut rappeler que la médecine a de tout temps contribué à opprimer les femmes. La féminisation du corps médical ne change rien à cette oppression fort bien enracinée dans la doctrine comme dans les pratiques conscientes ou pas, et qui s’exercent par l’instrumentalisation du corps des femmes et son contrôle.

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L’industrie du cancer, modèle du business de l’endométriose chronicisée. Yellow-washing médico-industriel, psychanalytique, naturopathique, communicationnel…

Mise à jour en décembre 2010 et 2011. Actualisation en cours 

C’est d’endométriose qu’il est question, selon mes approches habituelles, que l’actualité ne fait que confirmer. Les détails viennent après avoir montré comment l’histoire se répète, puisque les trois principales composantes de l’industrie qui marchandise les femmes, leur santé et leurs maladies se mobilisent pour étendre leur marché à l’endométriose, chronicisée et marchandisée, comme elles l’ont fait autour du dépistage organisé du cancer du sein. L’analogie est très importante, parce que c’est grâce aux erreurs passées que l’on apprend. Et, 30 ans après la mise en place du dépistage organisé, les voix critiques commencent à peine à se faire entendre. Les victimes du business de l’endométriose sont et seront beaucoup plus nombreuses encore.

Évidemment, chacun de ces complexes doit être pensé avec ses satellites et sachant qu’il y a des recoupements entre les trois:

  • Complexe médico-industriel et scientifique conventionnel, sous contrôle des industriels pharmaceutiques, fabricants de dispositifs médicaux, etc. 
  • Complexe naturo-psycho-holistique (autour des deux pôles majeurs que sont les pseudo-médecines douces genre naturopathie, et la psychanalyse. Les deux tout aussi arbitraires scientifiquement) 
  • Complexe communicationnel, médiatique, publicitaire et du lobbying
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