Le 13 mai, jour du vote sur les OGM, rappelons notre opposition lors d’un picnique sans OGM devant les préfectures et dans le jardin des Tuileries à Paris. Appel du WWF

Texte sur le site du WWF : « Le Grenelle de l’Environnement doit maintenant prendre son envol parlementaire. Nous ne le laisserons pas se 1551499608.jpgnoyer sur une scène politique éloignée des aspirations citoyennes. (…) L’urgence écologique l’impose. L’inaction serait criminelle.

La question des cultures d’OGM en plein champ est pour nous un test significatif de l’adhésion des décideurs politiques et économiques aux valeurs du Grenelle de l’Environnement. Le choix que feront les députés en votant la loi sur les OGM ne sera pas simplement un choix technique. Il sera avant tout un choix politique entre les impératifs de l’intérêt général et la somme à courte vue de quelques intérêts privés. (…) De ce choix dépendra aussi la confiance des citoyens dans la capacité de leurs représentants à traduire les attentes d’une société en mouvement.

Afin de démontrer l’importance de ce vote, les attentes du Grenelle de l’Environnement, nous vous invitons à une manifestation citoyenne, populaire et enthousiaste. Rendez-vous dans les jardins des Tuileries et devant toutes les préfectures de France le 13 mai 2008 à 13h pour un pique-nique sans OGM ! Rejoignez-nous ! Propagez cet appel autour de vous ! Ont déjà répondu à cet appel les organisations suivantes : WWF, Greenpeace, Les Amis de la Terre, Agrisud, MDRGF, la Fondation Nicolas Hulot, LPO, la CGT, l’UICN, Fac Verte, Objectif BIO, La Ligue de l’enseignement, Green Cross, la Confédération Paysanne, Ecoforum, Collect-if, le CNIID, Good Planet, Le Festival du Vent, l’Alliance pour la Planète… »

Et n’oubliez pas la pétition « OGM, je dis non », et celle en soutien de l’amendement 252 pour montrer aux élus la détermination des citoyens. Les liens sont dans cette note.

Elena Pasca

Bientôt les sondes urinaires pour ne pas interrompre le travail ? Le « lean management », cher à l’industrie pharmaceutique

Dans un article du numéro de février 2008 de PHARMAnetwork, Sylvie Ouziel, Directeur Général de l’Activité Management Consulting France 717039920.jpget Benelux, pose la question stratégique cruciale pour l’industrie pharmaceutique : « Laboratoires : comment réamorcer la machine à créer de la valeur? ». Je pense que personne ne se trompe sur le sens du mot « valeur » : valeur d’échange, pas valeur d’usage. Valeur marchande, profit, valeur de l’action, etc. Tout cela compris comme une « machine ». Je le souligne au cas où il y aurait encore des personnes qui se feraient des illusions sur la nature de l’activité des multinationales pharmaceutiques et leur prêterait des intentions philanthropiques…

L’une des réponses est le « lean management », dont le site Logistique Conseil donne la définition suivante : « Ensemble de techniques visant à l’élimination de toutes les activités à non valeur ajoutée. « Lean » en français signifie « Moindre » ». Autrement dit, le principe du rendement et d’automatisation par élimination de toute humanité. PHARMAnetwork dit cyniquement que l’industrie pharmaceutique fait sienne cette orientation (et on verra où elle mène) : « Dans la tourmente des enjeux économiques et à la recherche constante de la maîtrise des coûts, les hommes et femmes de terrain ne restent pas inactifs. Pratique issue de l’aéronautique et de l’industrie automobile, le Lean management entre depuis quelques années dans nos entreprises et permet aux laboratoires d’être plus souples, d’accélérer les processus, de disposer de plus de capacité et d’optimiser la performance. Deux témoignages nous expliquent les enjeux de ces méthodes ou l’atout le plus précieux de l’entreprise : les hommes sont au coeur de cette nouvelle culture. »

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Roselyne Bachelot prône une certaine transparence sur la visite médicale tout en revisitant son CV. Edulcorer la vérité: une règle du métier d’homme politique et de visiteur médical?

Dans la note concernant le rapport de Catherine Lemorton, je mentionnais le fait, relevé par le Figaro, qu’elle est pharmacienne et ménage sa Bachelot Pharmanetwork.gifcorporation. Source de conflits d’intérêts. Mais nous avons un exemple bien plus parlant et plus révélateur de la représentation de l’intérêt général et des intérêts privés… Remarquez au passage que les media de pub de l’industrie pharmaceutique savent à qui s’adresser pour parler de la visite médicale… Que trouve-t-on dans le numéro de février 2008 du journal PHARMAnetwork ? Un entretien avec Roselyne Bachelot, intitulé « Le métier de visiteur médical doit évoluer. » Dit comme ça…

Mais que lit-on sous la plume de certains méchants détracteurs ? Ainsi dans cette note de 2002 du site Dissident Media : « La vie de Roselyne Bachelot ressemble parfois à une jolie légende. Née le 24 décembre 1946 « à minuit », à Angers, fille de chirurgiens-dentistes, elle fait des études de médecine, se marie, interrompt ses études, devient visiteuse médicale. Entrée au RPR dès sa création, en 1976, elle démarre sa carrière politique à l’âge de 30 ans, sous l’il de son père, l’ancien député gaulliste Jean Narquin. Ses ennemis politiques critiqueront dès lors la « fille à papa ». La pharmacienne est élue conseillère générale en 1982. Battue aux municipales à Angers, en 1995, elle est élue députée en 1988 grâce à son père qui se désiste en sa faveur, au dernier moment. (…)

Ou encore sur le site Atoute, où l’on peut admirer les talents de Mme Bachelot en matière de retouches. De son CV et de son prénom (Roseline), par exemple. L’ancienne version, désormais démodée, indique ceci : « Déléguée à l’information médicale, laboratoire Ici Pharma – de 1969 à 1976. Chargée des relations publiques – Soguipharm – de 1984 à 1989. Titulaire d’une pharmacie de 1984 à 1991 ».

Toute trace de ces activités disparaît de son nouveau CV, repris sur la même page d’Atoute. Il faut bien savoir « se vendre », non ? N’est-ce pas ce que l’on sérine à longueur de journée à M. et Mme tout le monde ? En un sens, la ministre est exemplaire, donne l’exemple. Je parle de s’adapter en modifiant son CV, bien entendu.

Ce serait intéressant de savoir ce que pensent les visiteurs médicaux de cette façon inédite de valoriser leur travail, en niant jusqu’à son existence… Serait-il honteux? Incompatible avec l’image d’une élue censée représenter l’intérêt général, trop souvent malmenée par les firmes pharmaceutiques?

La députée Catherine Lemorton estime la hausse des franchises médicales probable. Que penser de sa proposition d’une « tutelle » des médecins par l’assurance-maladie et la HAS ?

La députée PS Catherine Lemorton a donné une interview intéressante au Figaro. Elle est la rapporteure d’un texte présenté le 30 avril sur la surconsommation de médicaments en France, mentionné mais pas encore édité sur le site de l’Assemblée. Ce rapport qui sent plus le verbiage qu’une vraie connaissance du dossier et dont  le Figaro rend compte, met de nouveau en cause la stratégie marketing agressive de l’industrie pharmaceutique auprès des médecins et cherche des moyens de limiter cette consommation. Limitation ne veut pas dire couper mécaniquement tel médicament, selon les auteurs, mais encourager le bon usage. Ce qui implique beaucoup de choses, la première étant de résister aux sirènes des laboratoires qui veulent médicaliser tous les aspects de la vie et faire de tout le monde un consommateur chronique de médicaments, qu’il soit malade ou pas, d’ailleurs. On ne va pas limiter le profit pour un tel détail, quand même… Il faut que je retrouve la phrase exacte énoncée par le PDG d’une firme disant qu’il est à la tête d’une entreprise et que celle-ci a donc forcément pour but de faire vendre ses médicaments au maximum de personnes, malades ou pas. C’est cet aspect qui crée une bonne partie des catastrophes sanitaires. Exemple : une firme sort un médicament utile et bénéfique à une certaine catégorie de malades, mais, une fois qu’elle a eu l’autorisation, elle cherche à le faire gober à tout le monde. Mais tout le monde ne le tolère pas…

Ce rapport me laisse sceptique, je dirai pourquoi. Mais dans l’interview, il y a une remarque de Catherine Lemorton sur les franchises soi-disant « médicales ». C’est ce qu’on pouvait craindre dès le départ : une fois le « principe » des franchises médicales avalisé et mis en œuvre, elles ne peuvent logiquement qu’augmenter.

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Un muguet porte-bonheur pour tous les lecteurs de Pharmacritique

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L’état de santé et d’assurance-maladie des Américains entre 1997 et 2007. Rapport du CDC publié en mars 2008

En mars 2008, le Center for Disease Control (centre d’épidémiologie, en gros) et le National Center for Health Statistics (centre chargé des statistiques en santé) ont publié un rapport  détaillé sur l’évolution – ou l’involution… – de l’état de santé et de couverture maladie de la population étatsunienne adulte entre 1997 et 2007. Avec des statistiques contenant des chiffres globaux, puis affinés par sexe et par ethnie/race. Inutile de dire que les blancs sont à la fois mieux assurés (ou assurés tout court) et en meilleure santé. Les hispaniques semblent être les plus mal lotis. Voici les grandes lignes et les principales données statistiques.

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La fonction sociale de la pauvreté et du chômage dans le néolibéralisme. Conseils de lecture

Pas de pitié pour les gueux ! Sur les théories 1474208639.jpgéconomiques du chômage, par Laurent Cordonnier. Ed. Raison d’agir 2000, 124 pages, 5,70 euros. Présentation par Denis Gombert : « Le mal du siècle économique, c’est le chômage. Voilà une opinion partagée par le plus grand nombre. D’une certaine façon, des générations d’économistes nous ont appris à penser comme ça. (…) On voudrait nous faire croire que « le chômage est le produit de la paresse des travailleurs ». Allons même plus loin, qu' »il existe des chômeurs par choix rationnel ». Dans Pas de pitié pour les gueux, Laurent Cordonnier montre les crocs et gronde. Contre l’idée reçue que l’existence du chômage serait la faute des salariés. Très sceptique sur le prétendu équilibre rationnel de la loi du marché, l’auteur cherche à savoir à qui profite [le chômage]. Dans son essai économique très contestataire sur les mécanismes complexes du chômage, Laurent Cordonnier remarque que le stock des chômeurs est, comme par hasard, juste suffisant pour protéger les intérêts capitalistes… On en revient à la question première : à qui profite le crime ? Peut-on sérieusement soupçonner les chômeurs de tirer avantageusement parti des imperfections du marché du travail et leur faire porter si facilement le chapeau du chômage ? »

La question fondamentale est: quelle est la fonction sociale de la « pauvreté » ? Réponse à partir de l’analyse de Georg Simmel, fondateur de la sociologie de la pauvreté.

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Biotechnologie et privatisation du vivant par un capitalisme biototalitaire. Excellentes explications de Geneviève Azam (vidéo)

Geneviève Azam, maître de conférences en économie à l’université de Toulouse, donne des explications très claires sur le biototalitarisme capitaliste, sur le totalitarisme d’une raison réduite à sa seule dimension technoscientifique et qui cherche à dominer la nature. Vidéo Google que je n’ai pas réussi à insérer. Alors voici le lien: La privatisation du vivant

Tout commence par la confusion entre « invention » et « découverte », introduite volontairement dans les lois sur la propriété intellectuelle et les brevets. Le droit commercial permettra aux multinationales de toute sorte de tirer profit de la privatisation du vivant. Les techniques de manipulation du vivant opèrent une rupture anthropologique : le vivant auparavant gratuit acquiert une valeur marchande, une valeur d’échange, selon le mot de Marx. Pour ce faire, les marchands doivent créer une rareté, mettre fin à l’abondance et au don gratuit de la nature. C’est une entreprise totalitaire marquant une nouvelle étape du développement du capitalisme : celui-ci s’approprie la vie, la capacité du vivant à se reproduire, jusqu’à son entité la plus intime : le gène. Avec une véritable « guerre sociale » que livrent des firmes agro-alimentaires, agro-chimiques, biotechnologiques telles Monsanto contre les paysans, dont le savoir (la maîtrise des semences, etc.) serait désormais « improductif » et irrationnel face à la rationalité technoscientifique… La privatisation par les multinationales tend à s’approprier le bien commun, y compris sous les aspects culturels : notre rapport à la nature et au biologique, qui est le « socle sur lequel l’humanité s’est construite ». Le rapport à la nature et au monde devient purement technique. Les technosciences et biotechnologies cherchent à s’affranchir du donné biologique – gratuit -, à contrôler totalement la nature pour « recréer une autre nature », technicisée, morcelée en sources de profit.

Pétition urgente anti-OGM avant le vote du 13 mai. Et soutien à l’amendement 252, menacé de suppression.

« Vous ne voulez pas d’OGM ? C’est le moment de le dire à vos parlementaires. C’est urgent : le projet de loi doit être voté en seconde lecture à l’Assemblée nationale le 13 mai. C’est efficace : le premier vote du 9 avril à l’Assemblée Nationale a été en faveur des OGM à une très courte majorité seulement. Les députés peuvent encore dire non aux OGM. Signez et faites signer la pétition autour de vous ! » La revue L’Ecologiste et l’association OGM Dangers ont lancé une pétition simple et claire : « Pour une agriculture et une alimentation de qualité, je demande que la loi sur les OGM affirme :
1. la culture d’OGM en plein champ est interdite.
2. l’utilisation d’OGM dans l’alimentation humaine ou animale est interdite.
3. Le financement de la recherche publique aujourd’hui consacré aux OGM agricoles sera transféré à la recherche sur les techniques de l’agriculture biologique.
Vous pouvez signer cette pétition en ligne (…). Vous pouvez très facilement, à partir de ce site, envoyer la pétition aux parlementaires de votre département. Vous pouvez aussi consulter sur ce site la position actuelle de votre député, s’il nous a répondu. Cette pétition continuera même après le vote de la loi, car ce qu’un Parlement a fait, un autre peut le défaire. Le combat contre les OGM ne s’arrêtera pas avec la loi actuelle, mais avec une loi qui transcrive la volonté des citoyens. »

Les élus de gauche répondent aux courriels et invitent à soutenir aussi l’amendement 252 en signant la pétition lancée par le Comité 252. Cet amendement ajoute une restriction à l’article 1 du projet de loi sur les OGM : « ces organismes ne peuvent être cultivés que dans le respect « des structures agricoles, des écosystèmes locaux, et des filières de production et commerciales qualifiées « sans organismes génétiquement modifiés » et en toute transparence ». Par notre signature, nous demandons solennellement au gouvernement de s’engager à respecter le vote du Parlement et de s’opposer à toute tentative de suppression de l’amendement 252 jusqu’à l’adoption définitive de la loi. » 

New York: Des enfants pauvres et orphelins enrôlés de force pour tester des médicaments anti-HIV (vidéo BBC)

Voici des extraits vidéo, traduits en français, d’un reportage de 2004 de la BBC (chaîne publique britannique), qui a été repris le 20 mars 2008 dans l’émission de Canal+ « Lundi investigation » . Il n’est que très peu médiatisé, et pour cause… Avant de regarder les deux vidéos, traduites en français, il serait intéressant de lire cette introduction et de vous assurer que votre estomac est bien accroché…

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Les généralistes suisses en pleine acrobatie entre les conflits d’intérêts dans la formation médicale continue (FMC)

La Société suisse de médecine générale (SSMG) a fait sienne la proposition faite par la revue médicale indépendante Pharma-Kritik sur le sponsoring (ou financement) indirect par l’industrie pharmaceutique, que nous avons évoquée dans cette note. L’argumentaire montre bien que légitimer une telle idée oblige les médecins et les organisations médicales à faire des acrobaties – périlleuses pour l’intégrité… Cette organisation chargée entre autres d’accréditer des manifestations de formation médicale continue (FMC) pense sautiller entre deux conflits d’intérêts pour finir par se retrouver en plein dans un troisième…

Voici deux extraits du Rapport annuel de la SSMG sur la formation médicale continue. Le premier contient les belles paroles, l’incantation d’une « transparence absolue » et d’une absence de conflits d’intérêts. L’ambiance est gâchée lorsqu’on avance dans la lecture et qu’on voit que les intérêts et les biais financiers sont bel et bien là, de façon juste un peu plus … biaisée, pourrait-on dire. A la fin, il y a un lien vers les directives de l’Académie suisse de médecine, codifiant ce sur quoi le public et les médecins suisses peuvent ou non fermer les yeux.

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La revue Pharma-Kritik propose un financement indirect par l’industrie pharmaceutique évitant les conflits d’intérêts

La revue médicale suisse indépendante Pharma-Kritik a publié en 2006 un article intitulé « Conflits d’intérêts – jamais entendu parler ? » (Interessenkonflikte : nie gehört ?) qui rappelle un certain nombre d’évidences et fait une proposition en vue d’une meilleure transparence du financement de la recherche et de la formation médicale continue (FMC) par l’industrie pharmaceutique.

La rédaction se veut pragmatique, posant des objectifs qui visent à réformer et non pas à révolutionner le système, à gérer les conflits d’intérêts et non pas à les supprimer, afin de ne pas susciter d’emblée un rejet massif. Il est intéressant de voir que ce pragmatisme a pu trouver un écho chez un syndicat de médecins généralistes (SSMG), qui a récemment repris à son compte l’idée de « sponsoring indirect » de la formation médicale continue.

Chacun peut se faire une idée de ce que cela implique, parce qu’un financement indirect reste un moyen de pression, de manipulation et d’influence et qu’il est fait par une entreprise à but lucratif en vue d’un retour sur investissement. Et il n’est pas sûr que l’influence indirecte soit la moins nocive, parce qu’elle est par définition moins facile à détecter et à interpréter correctement. Mais cette note ne veut que faire connaître une dimension du débat suisse sur la question des intérêts et des conflits qu’ils génèrent.

Voici des extraits, traduits de l’allemand par moi, de l’article signé par Etzel Gysling.

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Les acrobaties de l’Afssaps avec les conflits d’intérêts… Belles paroles, encore plus belles contradictions…

L’Afssaps (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) s’enorgueillit d’avoir mis en place une 834f8ad18b900d9d571462211e21bd6e.jpgpolitique de régulation des conflits d’intérêts, notamment sous forme du Fichier informatisé de déclaration des conflits d’intérêts (FIDES), censé être accessible sur le site de l’Agence.

« Faites ce que je dis, pas ce que je fais » serait un assez bon résumé de la politique de l’Afssaps… Et encore, c’est un euphémisme, parce qu’on se rend compte que l’agence n’a rien appris de ses propres bourdes entre 1995 et 2008. La pétition de principe dit : « dans la mesure où un expert s’abstiendrait, pour des raisons personnelles ou professionnelles (ex. engagement de confidentialité avec une firme) de donner une information et que cette information est nécessaire à la gestion des conflits d’intérêts, cette abstention est incompatible avec l’exercice d’un mandat d’expert à l’Afssaps ».  Mais il suffit d’une recherche approfondie pour constater que toutes les données ne sont pas publiques, d’une part, et que tous les experts et membres des groupes de travail, de lecture et de validation ne font pas de déclaration d’intérêts – ce qui ne veut pas dire qu’ils n’en ont pas… Et l’Afssaps n’exerce – et ne veut exercer – aucun contrôle sur l’existence et l’exactitude des déclarations d’intérêts. Sans parler de réprimer les mensonges…

Alors quelle conclusion tirer, si on se borne à mesurer la pratique de l’agence à ses propres prétentions ? Sur une autre page de belles paroles et d’incantations de la déontologie, l’Afssaps ajoute d’elle-même une remarque tout à fait juste : « la crédibilité de l’expertise » en matière de sécurité sanitaire « suppose la transparence des procédures d’évaluation et la transparence des règles de gestion des conflits d’intérêts ». A la lumière de cette dernière affirmation, les manquements à la politique de gestion des conflits d’intérêts, que tout le monde peut constater en pratique, frappent de nullité cette expertise dans son ensemble… Nous avions raison de parler d’agence d’insécurité sanitaire, non?

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Bioterrorisme pharmaceutique par les voies naturelles. Rien ne se perd, tout se transforme (caricatures)

Toute la production de nos amis de l’industrie pharmaceutique a des implications naturelles multiples… nous rappelle Mike Adams.

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Elle est biodégradable dans tous les sens du terme: elle dégrade même la nature!! C’est dire! Et voici le nouveau genre de bioterrorisme, écologique et qui ne requiert aucun cours de pilotage ou autre 😉 Fallait y penser… Dans la caricature, le chef se lamente : « Non mais ! Vous appelez ça terrorisme ?? » Et les hommes de main répondent : « Pas de souci, chef ! On vient de se faire prescrire des médicaments et maintenant on empoisonne l’alimentation en eau ! » Le fait est que les médicaments se retrouvent effectivement dans l’eau, en passant en partie par nos déjections et nos poubelles. Un usage rationnel du médicament est une pratique écologique qui préserve la santé de la nature dans son ensemble, comprenant les êtres humains.

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Hermaphroditisme animal grâce à Monsanto, l’industrie pharmaceutique, chimique et agro-alimentaire…

Très heureuse d’avoir accouché, la maman poisson demande : « est-ce un garçon ou une fille ? » Et la sage-femelle lui répond : [C’est un miracle !] « Les deux en fait ! Avec tout ce qu’il y a dans l’eau de nos jours »… L’auteur de la caricature n’est pas si loin du réel: on a bel et bien constaté l’apparition de poissons hermaphrodites, ayant à la fois des testicules et des ovaires… Sans parler de l’explosion des maladies endocriniennes (endométriose, cancers hormonodépendants, hypospadias, infertilité féminine et masculine, puberté précoce, etc.), à cause de tous les toxiques qui interfèrent avec le fonctionnement du système neuroendocrinien humain. Les substances les plus connues sont les désorganisateurs/ perturbateurs endocriniens (« endocrine disrupters »), tels les pesticides, le bisphénol A, les dioxines, les phytoestrogènes, les parabènes et phtalates, les hormones dans la nourriture des animaux et celles consommées en trop grande quantité par les humains (traitement de la ménopause, etc.) et qui se retrouvent dans la nature.

Lire l’introduction de Greenfacts sur les perturbateurs endocriniens appelés aussi « substances à action endocrine ».

Voir aussi les autres articles de la catégorie « perturbateurs endocriniens, bisphénol A, phtalates, parabènes… » (Elena Pasca)

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Remède révolutionnaire du trouble anxiété sociale! La timidité, c’est fini!

Une fois n’est pas coutume… Sur ce blog qui parle du social sous divers angles, je me permets de faire de la publicité pour un lubrifiant social – effet très important, comme nos amis de l’industrie pharmaceutique le savent très bien. Il s’agit d’un médicament hautement efficace dans le traitement de l’anxiété sociale, de l’anxiété généralisée, agoraphobie et autres timidités. La preuve par l’image et le texte, reprenant exactement les questions ciblées posées dans la pub télé américaine. « Avez-vous le sentiment de ne pas être à votre place ? Souffrez-vous de timidité ? Vous arrive-t-il parfois de vous dire que vous n’êtes pas assez pugnace ? » (Si quelqu’un répond « non », merci de prendre rapidement un RV avec un psychiatre). Si vous répondez « oui » à l’une des ces questions, allez donc demander à votre médecin de jeter ses psychotropes à la poubelle et de partager avec vous une dose de ce remède miraculeux et aux effets connus depuis des siècles… Qu’attendez-vous ? Arretez de vous cacher et commencez enfin à vivre ! Grâce à un remède 100% naturel!

Sarkozy se soucie bien du pouvoir d’achat! On se le rappellera en payant le nouveau tarif du médecin généraliste

Le journal Les Echos vient de nous apprendre que le gouvernement se soucie quand même du pouvoir d’achat : celui des médecins en général, et des généralistes en l’occurrence. La consultation coûtait 16 euros en 1997, elle coûtera 23 euros encore en 2008. Pourquoi ne pas faire pareil pour toutes les catégories professionnelles ? Je lisais quelque part le commentaire d’un usager, écrit avant cette dernière hausse et qui n’était pas sans fondement : En quoi seule la médecine (générale) mériterait-elle une telle revalorisation ? D’autant plus qu’avec la tarification à l’acte, les tarifs augmentent et la durée de la consultation se réduit (16 minutes en moyenne, selon le Sénat). Et pourquoi l’augmentation des dépenses ne pose cette fois-ci aucun problème à la Sécurité sociale ? Dans les termes mêmes du gouvernement : les médecins ne doivent-ils pas être eux aussi « responsabilisés » ? Et participer à l’effort – vendu comme « national » – visant à combler le trou de la Sécu ? On va là encore vers le modèle anglo-saxon : des consultations médicales de plus en plus chères, une médecine privatisée de bout en bout, d’une part ; et des usagers de plus en plus pauvres, exclus des soins faute de pouvoir se les payer, d’autres part… Il s’agit d’une tentative supplémentaire de désolidariser complètement médecins et usagers, pour qu’ils aient des intérêts complètement antagonistes et ne puissent plus du tout se mettre d’accord dans la critique et l’action contre le démantèlement du système public de santé et de soins. La note précédente parlait du néolibéralisme ; la médecine libérale et la liberté qu’elle peut revendiquer grâce à un fort corporatisme ne reviendrait-elle pas de plus en plus à individualiser les profits et à mutualiser les pertes ? Sans se soucier du devenir des patients?

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Les mensonges du néolibéralisme ou La marchécratie à son oeuvre de prédilection: la casse sociale

076a0a3af2e4c1447208c3039bb313f0.jpgA première vue, le rapport de ce livre avec notre thématique habituelle n’est pas évident. Il est majeur, parce que quand on veut critiquer une situation factuelle, et ce au nom de ce qui devrait être, il faut que la critique puisse dévoiler l’idéologie qui est derrière ce qui se présente comme réalisme ou pragmatisme économique, s’agissant par exemple des franchises médicales, des privatisations et autres coups portés à la protection sociale. La critique radicale n’est-elle par celle qui s’attaque à la racine et la met à nu ? L’idéologie néolibérale – qui a les moyens de s’imposer, donc de se rendre vraie, puisque sa position dominante lui permet d’exclure d’emblée toute alternative, même sur des détails – déforme la réalité pour présenter ses régressions programmatiques comme incontournables et salvatrices, faute de quoi le pays entier serait menacé… Au plus tard à ce moment, vous, lecteur, avez déjà fait le parallèle avec la façon de faire de l’industrie pharmaceutique : sans nous, sans ce médicament, c’est la fin, le chaos, la mort… Chaque domaine – l’industrie chimique, agroalimentaire, pétrolière, militaire, etc. – applique l’idéologie qui les porte tous en idéalisant le profit comme moteur et fin de l’économie. Or celle-ci doit être descendue de son piédestal ; elle est un moyen pour autre chose, pour des fins définies par la société, et non pas une fin en elle-même ! Mais chut ! Il ne faut pas le dire. A la médecine et à l’industrie pharmaceutique non plus… Certains auraient du mal à supporter l’idée que les patients ne sont pas là pour eux (et leur business), mais l’inverse… L’horreur…

Voici le compte-rendu fait par Elena Pasca de l’excellent livre de l’économiste Michaël Lainé, Les trente-cinq mensonges du libéralisme ou comment réfuter les idées reçues de l’économiquement correct. (Albin Michel 2002).

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Interdiction du bisphénol A dans tous les récipients alimentaires: pétition canadienne

L’ONG canadienne Environement Defence / Défense environnementale a mis en ligne une pétition demandant 28c93014c0c317691cc1d90e8bbc392d.jpgl’interdiction totale du bisphénol A  dans tous les récipients en contact avec les aliments et les liquides, puisque la recherche a montré que ce toxique migrait des emballages vers le contenu, par exemple dans les bouteilles d’eau, les biberons, les canettes et barquettes.

« Le gouvernement canadien est en train de réévaluer la sécurité du bisphénol A et celui de l’Ontario a mis sur pied un comité d’experts chargé d’examiner les substances chimiques toxiques, dont le bisphénol A. Défense environnementale estime que la prudence est de mise si nous voulons protéger la santé et le bien-être des générations futures. C’est pourquoi nous demandons que l’usage du bisphénol A soit interdit dans la fabrication de tous les récipients alimentaires. Des produits de rechange existent et les fabricants s’attachent déjà à répondre à la demande. Appuyez notre appel à l’action en signant notre pétition en ligne ».

On peut signer sur cette page du site Toxic Nation, qui met en ligne toute une série de liens et de documents sur le bisphénol A et d’autres produits toxiques. La page « Le guide Toxic nation des biberons toxiques » donne des informations en français permettant d’éviter les biberons et bouteilles d’eau contenant du bisphénol A.

Pour des détails sur tout le registre de dégâts que peut provoquer cette composante chimique, voir aussi les fragments traduits par Pharmacritique du rapport du National Toxicology Program (Etats-Unis): « Bisphénol A: cancérigène, toxique neurologique, perturbateur endocrinien… Rapport américain très alarmant » et les autres articles de la catégorie « perturbateurs endocriniens » (Elena Pasca)

Bisphénol A (BPA): cancérigène, neurotoxique et perturbateur endocrinien. Rapport alarmant du National Toxicology Program

Le 14 avril a été publié le rapport préliminaire du National Toxicology Program (l’autorité chargée de l’étude des produits Bisphénol A Medgadget.jpgtoxiques), en collaboration avec le Centre d’études des risques pour la reproduction humaine (CERHR: Center for Evaluation of Risks on Human Reproduction) et le ministère de la santé des Etats-Unis. Il s’agit des effets délétères du bisphénol A (BPA) sur l’ensemble de l’organisme. Les résultats sont pour le moins alarmants, même si les auteurs ne veulent pas créer de panique. J’en traduis ou résume les fragments essentiels.

“Ces découvertes sur les dangers du BPA sont basées sur les résultats de toute la recherche sur cette substance chimique », a déclaré John Dingell [député démocrate, président de la Commision Energie et Commerce]. J’espère que la FDA [agence de sécurité alimentaire et sanitaire des Etats-Unis] est disposée à réconsidérer sa position sur le BPA, au nom de la sécurité de nos nourrissons et de nos enfants. »

Le gouvernement canadien envisage de mettre le BPA sur la liste des produits toxiques.

Wal-Mart [l’énorme chaîne américaine d’hypermarchés] a déclaré que toute la gamme de biberons qu’il vend sera sans BPA au début de l’année prochaine. Et Playtex Infant Care et Thermo Fischer Scientific, deux des producteurs les plus importants, ont affirmé que leurs produits seront sans BPA dès la fin de l’année”, note le Center for Science in Public Interest.

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