Paru en avril 2011 sur l’ancien Pharmacritique. Une version courte est sur le site de la Fondation Sciences Citoyennes.
Le numéro du 28 mars des Archives of Internal Medicine contient une analyse bien documentée de la déclaration ou non des diverses formes de conflits d’intérêts dans les 17 dernières recommandations de bonne pratique (RBP) élaborées sous l’égide des deux organisations professionnelles majeures dans la cardiologie : l’ACC (American College of Cardiology) et l’AHA (American Heart Association). Il s’agit des dernières 17 RBP parues entre 2004 et 2008.
C’est le point de départ d’une analyse critique des recommandations pour la pratique clinique en général, des avis d’expert et des autres niveaux de preuve en evidence-based medicine, sous l’angle des stratégies d’influence de l’industrie pharmaceutique.
Lire la suite Conflits d’intérêts dans les recommandations de bonne pratique en cardiologie. Comment l’influence pharmaceutique dissémine et devient invisible
double aveugle réalisé par des chercheurs suédois qui ont investigué l’utilité des statines – l’atorvastatine (Tahor, Lipitor de la firme Pfizer, en l’occurrence) – dans la prévention des récidives dans la fibrillation atriale. L’article, signé par Henrik Almroth et al., s’intitule «
remède miracle, même en prévention primaire où les statines n’ont pas fait preuve d’efficacité : si vous avez réellement besoin d’une statine, il vaut mieux s’en tenir à celles qui ont fait leurs preuves. Parce que l’essai clinique dont tout le monde parle -l’étude Jupiter – a été conçu d’emblée de façon à donner de très bons résultats… sur le papier, mais qui ne veulent rien dire en pratique…
une crise cardiaque. Prendre 80mg au lieu de 20mg de Zocor (simvastatine, désormais génériquée) n’a apporté qu’une baisse supplémentaire de 14% du LDL cholestérol. L’essai a duré 6,7 ans et ses résultats, présentés au congrès annuel de la American Heart Association, sont jugés décevants.
paraissait fini. Et patatras : l’essai clinique Jupiter sort tel un pigeon du chapeau des magiciens d’Astra Zeneca et nous voyons tout autre chose. Il y a de quoi soupçonner une illusion d’optique, alors creusons…
formule une critique radicale de la cholestérolisation des maladies cardio-vasculaires. Je pense qu’il faudrait lire son texte comme l’inverse symétrique du « tout cholestérol » / « tout statines » de l’industrie pharmaceutique – et exiger comme lui une révision des recommandations en matière de cholestérol, biaisées du fait de nombreux conflits d’intérêts. Mais, en effet, les propos sont controversés s’agissant de l’hypercholestérolémie familiale, où le traitement est essentiel, comme je l’ai dit en reprenant Arznei-Telegramm.
numéro un ? Par les conflits d’intérêts des experts, concrétisés aussi dans le façonnage de maladies, méthode fort efficace dans la stratégie globale de médicalisation et surmédicalisation à la Dr Knock, avec toutes les conséquences consistant à transformer les bien-portants en malades à médicamenter chroniquement, et surtout les bien-portantes, puisque les femmes sont les premières cibles de la surmédicalisation. J’ai évoqué ces méthodes dans les notes de la catégorie
pourtant, on n’en entend pas parler. Pfizer, Merck et les autres fabricants de statines ne s’en vantent pas. Pourquoi se priver de la moitié des bénéfices ? Il vaut mieux continuer dans la stratégie de disease mongering (façonnage de maladies, invention de maladies), et l’abus de prévention en fait partie. Une stratégie très profitable de surmédicalisation et surmédicamentation, qui transforme les facteurs de risque en maladies et les bien-portants en malades.
apprend une dépêche de Reuters en date du 31 août (
l’étude SEAS est une « anomalie ». J’ai rendu compte en détail de cet essai clinique dans la note « 


aurez accès à plein de liens vers des articles critiques. Par exemple celui paru le 17 janvier dans le Business Week :
controverse qui commence à faire rage aux Etats-Unis depuis que le public a appris, il y a deux jours à peine, le contenu des nouvelles recommandations de l’Académie américaine de pédiatrie (American Academy of Pediatrics).
traitement de la dyslipidémie chez les enfants. Elles remplacent – et surtout radicalisent ! – celles de 1998…
américaine du médicament) a voté le 2 juillet à 14 contre 2 pour que les conditions d’autorisation de mise sur le marché (AMM) des médicaments anticholestérol utilisés dans le traitement du diabète soient durcies, nous apprend