Fosamax, Bonviva, Actonel, Adrovance… Nouvelle alerte à propos de l’ostéonécrose de la mâchoire

Dans une Lettre aux prescripteurs du 18 décembre 2007, l’AFSSAPS/actonel effets secondaires,fosamax effets indésirables,bonviva effets indésirables,zometa aclast effets secondaires,nécrose ostéonécrose de la mâchoire bisphosphonates,fosamax nécrose ostéonécrose de la mâchoire,ostéoporose ostéopénie dépistage prévention traitement densitomé,traitement ostéoporose ostéopénie bisphosphonates,fosamax bisphosphonates diphosphonates effets indésirables évaluANSM (agence française de sécurité sanitaire) revient sur l’un des effets secondaires graves de la classe de bisphosphonates, que nous avons signalé dans une note plus ancienne : l’ostéonécrose de la mâchoire. (Pour des raisons inexpliquées, la note n’est accessible qu’en descendant sur la page, pas en cliquant sur le lien à droite…).

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Gardasil, encore une mise en garde canadienne. Bénéfice inconnu, risques inconnus!

Texte à lire en entier avant de faire vacciner nos filles !! Il est ici (les autres références le complètent) http://www.cwhn.ca/ressources/rcsf/hpv_brief_f.html

C’est une analyse plus détaillée des problèmes que pose le Gardasil, faite par le Réseau canadien pour la Santé des Femmes (RCSF). Le texte s’appelle « VPH, vaccins et genre : Considérations de principe (25 juin 2007) ».

(Pour ceux qui veulent approfondir la question, il existe une version plus détaillée en anglais : HPV, Vaccines, and Gender: Policy Considerations. Un résumé de ce texte et des commentaires ont été publiés fin août dans le Journal de l’Association Médicale Canadienne (CMAJ). http://www.cmaj.ca/cgi/content/full/177/5/484/DC1 )

Voici des extraits du résumé en français :

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Vaccin Gardasil : moratoire demandé au Québec aussi ! Incertitudes, risques potentiels.

« Nécessité d’un moratoire sur le programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) » Gardasil flacon en entier.jpg

 

Extraits: Montréal, le 26 septembre 2007.

 

« Le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF) considère qu’il est impératif de suspendre l’implantation du programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VHP) (…). Selon l’avis de plusieurs ressources professionnelles de la santé, de groupes de femmes ainsi que de Mme Diane M. Harper, la chercheure principale qui a développé le « vaccin » Gardasil [1], il n’a pas été suffisamment testé pour en connaître les effets indésirables et négatifs sur les jeunes filles de 9 à 15 ans. Son efficacité a été démontrée sur les femmes âgées de 15 à 25 ans uniquement. Vacciner les jeunes filles du primaire et de secondaire 3 et 4, donc de 9 ans et plus comme le souhaite le programme, revient à signer un chèque en blanc sur la santé de nos jeunes filles.

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Gardasil, vaccin HPV très critiqué en Allemagne et ailleurs. Avis de spécialistes et synthèse des aspects essentiels

[Note mise à jour récemment].

Le vaccin Gardasil suscite beaucoup de doutes et de critiques dans plusieurs pays. A part la France, où les voix critiques Gardasil photo complète.jpgsont très faibles et où tout se passe comme d’habitude : les nouveautés sont acceptées sans critique, prescrites massivement, et puis advienne que pourra… La note précédente portait sur des réactions critiques en Espagne. Prenons maintenant pour point de départ de cette note synthétique l’une des nombreuses critiques allemandes, d’autant plus qu’il existe déjà une traduction française de l’article intitulé « Prévention prématurée », paru dans le journal allemand Süddeutsche Zeitung (à peu près l’équivalent de Libération) au mois d’octobre 2007. Quelques commentaires introductifs avant de passer aux extraits du texte, qui seront suivis d’un résumé de quelques-unes des prises de positions les plus marquantes au sujet du Gardasil, avec les liens correspondants:

Le Dr Becker-Brüser, cité dans l’article, est le directeur de la revue indépendante Arznei-Telegramm, la meilleure source européenne d’information médicale indépendante de l’industrie pharmaceutique, que notre blog cite régulièrement. Le numéro de juin 2007 de cette revue contient une analyse détaillée des résultats provisoires publiés par le laboratoire sur le Gardasil. C’est cette analyse scientifique qui constitue le fondement des articles parus dans la presse généraliste allemande. Elle conclut que la prescription du vaccin Gardasil n’est pas fondée.

 

Avec d’autres revues indépendantes, Arznei-Telegramm édite aussi une version grand public, mentionnée dans l’article, qui s’appelle Gute Pillen, Schlechte Pillen (« Bonnes pilules, mauvaises pilules »).

D’autres revues médicales internationales, dont la New England Journal of Medicine, ont estimé que – même selon les données publiées par le laboratoire et en l’absence d’études de vérification – l’efficacité préventive est très modeste (17%). C’est le chiffre qui figure aussi dans l’analyse des essais cliniques FUTURE I et II, faite par Arznei-Telegramm.

Reste à voir quels seront les effets secondaires à long terme, d’autant plus que beaucoup ont déjà été signalés et ont défrayé la chronique, surtout aux Etats-Unis (cf. le rapport de l’association de consommateurs « Judicial Watch ». Nous avons rendu compte dans cette note du deuxième rapport de « Judicial Watch« , paru fin juin 2008, qui parle de près de 9000 effets secondaires rapportés, dont une vingtaine de décès, des fausses couches, des syndromes de Guillain-Barré…).

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Des médecins espagnols réclament un moratoire pour l’utilisation du Gardasil. Raisons et pétition

Un mouvement espagnol de résistance au Gardasil et aux méthodes de l’industrie pharmaceutique pour l’imposer… Gardasil El Mundo.jpg

Au mois d’octobre 2007, les autorités sanitaires espagnoles ont introduit le vaccin Gardasil® [1] dans le calendrier vaccinal remboursé par l’assurance-maladie. Carlos Alvarez-Dardet, directeur du Journal of Epidemiology and Community Health, professeur de santé publique de l’Université d’Alicante, spécialiste des vaccins, a signé une virulente tribune dans le journal El Pais et appelé à une mobilisation civique au nom de la « défense du bien public ». Les près de 3.500 signataires de la pétition en cours demandent un moratoire sur l’utilisation du Gardasil® et dénoncent plusieurs éléments révélateurs :

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Bonviva, Fosamax, Actonel, Zometa… douleurs musculaires et articulaires. Alerte états-unienne

Je fais cette note en pensant à ces personnes qui se plaignent de douleurs atroces et de longue actonel effets indésirables,fosamax effets indésirables,bonviva effets indésirables,zometa effets secondaires,bisphosphonates effets indésirables efficacité rapport bénéfices,prévention de l'ostéoporose ostéopénie,bisphosphonates douleurs musculaires douleurs articulaires,ostéopénie ostéoporose prévention dépistage densitométrie traite,disease mongering surmédicamentation surmédicalisation ostéoporodurée sous BONVIVA et d’autres médicaments de la classe des bisphosphonates, et qui ne sont pas prises au sérieux par leurs médecins. On connaît le désintérêt quasi-général des médecins pour les effets secondaires, qu’ils ne signalent d’ailleurs que très rarement à la pharmacovigilance. Cette attitude ajoute la souffrance morale à la souffrance physique des patients.

Les principaux médicaments concernés sont: l’acide alendronique (Fosamax), l’acide ibandronique (Bonviva, Bondronat), l’acide pamidronique (Aredia, Merck-Pamidronate), l’acide clodronique (Bonefos, Clastoban, Lytos, Ostac), l’acide étidronique (Didronel, Osteodidronel), l’acide risédronique  (Actonel), l’acide tiludronique ou tiludronate (Skelid), l’acide zolédronique (Aclasta, Zométa, Reclast).

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L’industrie pharmaceutique: maître du système de soins au moyen des conflits d’intérêts

Un article paru aujourd’hui sur le site du journal Les Echos mérite d’être signalé, tant les analyses de ce type sont rares en Argent Zoll.de.jpgFrance…

Il rappelle le contrôle de l’industrie pharmaceutique sur toute la filière du médicament, y compris sur l’information des médecins – et des usagers, forcément…, puisque ces derniers sont les cobayes et les victimes par excellence d’un système de soins orienté tout entier vers le profit, vers la satisfaction d’intérêts financiers privés, des firmes comme de bon nombre de médecins et pharmaciens. Et ce au mépris des seuls intérêts qui devraient compter : celui collectif de la santé publique et celui individuel de la santé de chaque patient. Les deux étant deux facettes du même intérêt général, principe républicain qui n’aura bientôt plus aucune traduction pratique, ni en médecine ni ailleurs…

Le verrouillage de toutes les articulations du système de soins par l’industrie pharmaceutique et par ceux qu’elle paie donne cette désinformation organisée que nous avons dénoncée  en reprenant deux déclarations de l’ISDB (International Society of Drug Bulletins): celle sur l’absence de progrès thérapeutique et celle sur la minimisation des effets secondaires des médicaments.

L’ISDB est représentée en France par la seule revue Prescrire et en Allemagne par quatre revues dont l’excellente Arznei-Telegramm (« Télégramme du Médicament »), qui fêtera ses 40 ans en 2009. L’article en question :

« Pour une autre politique du médicament« 

par Jean-Pierre DAVANT, président de la Mutualité Française

Un extrait : « Aujourd’hui, les laboratoires pharmaceutiques maîtrisent l’information des médecins. Il y a trente-cinq fois plus de visiteurs médicaux que de délégués de l’assurance-maladie. Selon l’Inspection générale des affaires sociales, les médecins généralistes reçoivent en moyenne 330 visites médicales par an. Chaque année, ces visites coûtent à la collectivité 25.000 euros par médecin généraliste. Ajoutons à cela que l’industrie pharmaceutique invente régulièrement de nouvelles pathologies à des fins de marketing pour lancer de nouveaux médicaments : phobie sociale, côlon irritable, jambes sans repos… Enfin, les laboratoires pharmaceutiques rémunèrent des experts et des spécialistes du lobbying pour porter un discours publicitaire. Y compris dans la presse scientifique. La déclaration par les experts de leurs conflits d’intérêts avant toute expression publique sur un médicament était prévue par la loi Kouchner. Mais cette disposition [l’article 26] n’est toujours pas appliquée.

La promotion du bon usage du médicament ainsi que l’élaboration et la mise en oeuvre des programmes d’observance devraient relever des autorités sanitaires, et non pas d’intérêts commerciaux. En aucune manière, l’industrie pharmaceutique ne devrait pouvoir s’ingérer dans la formation initiale et continue des professionnels de santé. Cette mainmise sur l’information des médecins est une des caractéristiques françaises, qui explique pour partie le haut niveau qu’atteignent les prescriptions médicamenteuses dans notre pays. Ce sont là des liaisons dangereuses qui entachent singulièrement la liberté du choix de prescrire à laquelle nos médecins nous disent être attachés.

Priorité à la recherche et à l’innovation, baisse et transparence des prix, modernisation des circuits de distribution, valorisation du métier de pharmacien, indépendance de l’information : une autre politique du médicament est possible. Le médicament est utile. Ne gâchons pas nos ressources en entretenant des pratiques plus mercantiles que sanitaires, car au bout du compte elles freinent les innovations qui sauveront demain des vies. »

Commentaires de Pharmacritique:

On peut critiquer certains des exemples donnés, et je pense notamment au côlon irritable et au syndrome des jambes sans repos. Il faut se garder de stigmatiser les patients qui en souffrent, sachant que la médecine a fait beaucoup d’erreurs de ce type par le passé. Il est fort possible que la recherche découvre à l’avenir une ou plusieurs causes qui peuvent provoquer de tels syndromes.

Photo: Zoll.de

Elena Pasca

La Déclaration sur la pharmacovigilance épingle la désinformation organisée sur les effets secondaires des médicaments

(Texte repris du blog « Victimes Enantone, Décapeptyl » (de l' »Association Victimes Enantone – agonistes GnRH »), parce qu’il reflète un pills_and_money.jpgproblème d’intérêt public et concerne TOUS les médicaments.)

« Le silence sur les effets secondaires de l’Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel, etc. n’est qu’un exemple qui illustre l’omerta généralisée et entretenue (par tous ceux qui en bénéficient) à coup de financements de l’industrie pharmaceutique. Et ce n’est pas la santé des patients qui en bénéficie… (…) Toute victime d’un médicament ou d’un vaccin essayant de faire reconnaître les effets indésirables se heurte à ce mur d’argent, qui est le véritable nerf de la guerre… Tout le monde devrait lire ce texte et l’imprimer pour ses médecins et pharmaciens. Au cas où ils prétendraient ignorer les choses…

Pour ceux qui n’ont pas la patience de lire les 16 pages, voici les grandes lignes de la Déclaration sur la Pharmacovigilance faite à Berlin en 2003 par la Société Internationale de Bulletins Pharmacologiques (ISDB : International Society of Drug Bulletins), indépendante de l’industrie pharmaceutique, sur la (dés)information en matière d’effets secondaires. En font partie l’excellente revue allemande Arznei-Telegramm et la revue Prescrire, que nous devrions tous prescrire à nos médecins, infirmiers et pharmaciens… (…)

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Progrès thérapeutique? Ou inflation marketing et occultation des effets indésirables des médicaments? Déclaration de l’ISDB

Voici un texte édifiant sur les méthodes et de l’industrie pharmaceutique et des agences sanitaires lorsqu’il s’agit d’imposer ou de maintenir  des médicaments sur le marché. En occultant, en minimisant et/ou en refusant de communqieur sur leurs effets secondaires. Ce texte complète la Déclaration de pharmacovigilance (note suivante). C’est la « Déclaration de l’ »International Society of Drug Bulletins » sur le progrès thérapeutique dans le domaine des médicaments », 2001. A se demander s’il y a un progrès thérapeutique, et s’il ne s’agit pas uniquement du succès – confirmé encore et toujours – des stratégies promotionnelles des laboratoires… On ne peut pas parler d’un progrès marketing, puisque les techniques et tactiques publicitaires sont toujours les mêmes, présentées, il est vrai, selon le dernier cri en matière de communication…

ISDB est une union de revues médicales indépendantes, dont font partie la revue française Prescrire et la revue allemande Arznei-Telegramm. Voici un résumé des aspects qui nous intéressent le plus dans ce contexte:

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Actos et Avandia: nouvelle étude confirme les effets indésirables cardio-vasculaires

N’oublions pas ACTOS (Takeda Abbott Pharmaceuticals) ! Actos 4.jpg

Mise à Jour (avril 2011)

Toutes les notes sur Actos, Avandia et les glitazones en général, ainsi que sur d’autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus…) sont accessibles en descendant sur cette page.

Une étude canadienne publiée le 12 décembre par le « Journal de l’Association Américaine de Médecine » (JAMA) confirme les effets indésirables cardiovasculaires d’AVANDIA (firme GSK), mais met en cause tout autant ACTOS (firme Takeda Abbott), puisque les conclusions portent sur toute la classe de thiazolidinediones.

Des chercheurs de l’Institut de Sciences Cliniques Evaluatives de Toronto ont mené une étude à partir de la base des données de l’assurance-maladie d’Ontario, incluant 159,026 diabétiques âgés d’au moins 66 ans, suivis en moyenne pendant 3,8 ans, jusqu’en mars 2006. Ils ont étudié les risques d’infarctus du myocarde, d’insuffisance cardiaque congestive et de décès. Les résultats ne laissent pas de doute : les patients traités par thiazolidinediones ont un risque accru de 60% d’insuffisance cardiaque congestive, un risque accru de 40% d’infarctus du myocarde et un risque accru de 29% de décès, en comparaison avec des patients traités par d’autres antidiabétiques.

Les chiffres semblent concerner surtout Avandia, pour la simple raison que c’était le médicament dominant dans la population étudiée, souligne l’investigatrice principale, Lorraine Lipscombe. Cela dit, les auteurs parlent explicitement de toute la classe : ces résultats apportent des preuves correspondant à ce qui se passe en réalité, après les essais clinques et la commercialisation, lorsque les médicaments sont prescrits à large échelle mais ne sont quasiment plus étudiés. Ces données contrastent habituellement avec celles obtenues dans le cadre artificiel créé par les essais cliniques, qui sélectionnent les participants en nombre limité, selon des critères bien définis et n’analysent que certains paramètres, concernant généralement l’efficacité de tel médicament sur un aspect bien précis (« point final » de l’essai).

En l’occurrence, cette étude faite en « real-word setting » (cadre et paramètres « réels », non imposés ou modifiés par les chercheurs) confirme les résultats de certains essais cliniques selon lesquels « les risques des thiazolidinediones l’emportent sur les bénéfices, même chez les patients qui n’avaient pas de maladies cardio-vasculaires évidentes au départ », disent les chercheurs. Il y a d’autres arguments forts, détaillés dans le texte complet de l’étude : le risque de décès est augmenté par les thiazolidinediones non seulement en monothérapie, mais aussi en thérapie combinée (avec d’autres antidiabétiques). Cela accentue la relation de cause à effet avec cette classe de médicaments et contraste avec la diminution de la morbi-mortalité induite par les autres antidiabétiques. En outre, même une utilisation passée de TZD accroît le risque de décès. Les diabétiques traités par TZD avaient une mortalité augmentée toutes causes confondues, c’est-à-dire non seulement par infarctus du myocarde ou insuffisance cardiaque congestive. Enfin, la mortalité des diabétiques de cette cohorte était indépendante de l’état cardiovasculaire avant le début du traitement ou de la durée du diabète. Ce qui veut dire que des diabétiques qui n’avaient pas de symptômes cardiovasculaires et/ou qui avaient un diabète récent, donc a priori sans complications, ont pu tout autant subir ce type d’effets indésirables des TZD ou décéder. Les résultats de l’étude s’inscrivent donc en faux contre ce qui était affirmé jusqu’ici, à savoir que les TZD seraient à manier avec prudence uniquement chez les personnes à haut risque d’insuffisance cardiaque congestive. Aucun sous-groupe n’a été protégé des effets indésirables d’Avandia et d’Actos.

Résumé original de l’étude et références : Thiazolidinediones and Cardiovascular Outcomes in Older Patients With Diabetes, Lipscombe et all, JAMA, 298(22), 12 December 2007, p 2634–2643

http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/298/22/2634

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Cette étude contredit celle portant spécifiquement sur ACTOS, publiée en septembre dans le même journal (JAMA), par une équipe américaine incluant le Dr Steven Nissen, chercheur qui avait dénoncé les risques accrus de crises cardiaques sous Avandia.

http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/298/10/1180

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Rien ne laisse penser qu’ACTOS puisse être moins nocif qu’AVANDIA. Toute la classe des glitazones / thiazolidinediones est à bannir de l’usage, comme le conseillaient les revues indépendantes Arznei-Telegram
m
(Allemagne) et Prescrire.

Elena Pasca

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Nouvelle étude: comment Actos et Avandia produisent-ils ostéoporose et fractures? (II)

Actos, Avandia : mécanisme de l’ostéoporose et des fractures élucidé (suite de la note précédente) Actos 3.jpg

 

 

Une étude américaine qui vient d’être publiée dans la revue Nature éclaire l’un des mécanismes fondamentaux par lequels les glitazones (Actos – pioglitazone, Avandia – rosiglitazone, et les médicaments composés qui en contiennent) induisent des troubles osseux, de l’ostéoporose, et donc des fractures. Mécanisme jusqu’alors inexpliqué et étonnant. Les auteurs ont mené l’expérimentation sur des souris, mais c’était pour comprendre les risques encourus par les humains dans le traitement du diabète. Ils ne manquent pas d’exprimer leurs réserves quant à l’utilisation à large échelle des glitazones, assénant un coup supplémentaire à cette classe, et surtout à Avandia, qui est actuellement en très mauvaise posture sur le continent nord-américain. Pas de souci, les firmes GSK et Takeda continuent à se remplir tranquillement les poches en Europe, où aucune autorité sanitaire ne les embête, malgré les effets secondaires catastrophiques d’Actos et d’Avandia et malgré le fait que les antidiabétiques classiques ont plus de bénéfices (démontrés, qui plus est!) et beaucoup moins de risques.

Toute cette classe de médicaments déstabilise l’équilibre entre les ostéoclastes (cellules responsables de la résorption de l’os, donc de sa destruction) et les ostéoblastes (qui produisent et régénèrent l’os).  Cet équilibre est déjà mis à mal par le vieillissement naturel qui fragilise les os, mais les glitazones sont un facteur aggravant, comme vient de le démontrer cette équipe de chercheurs californiens à l’exemple d’Avandia. On savait que la rosiglitazone inhibait les ostéoblastes, mais la recherche a montré qu’en plus de cela, elle active aussi les ostéoclastes et fait donc pencher encore plus la balance du côté de la résorption osseuse. Ce qui augmente fortement le risque d’ostéoporose et de fractures.

Toutes les glitazones ont cet effet producteur d’ostéopénie puis d’ostéoporose. Il n’y a plus de doute, puisque, en plus des constatations cliniques ayant déjà fait l’objet d’alertes sanitaires, les chercheurs californiens ont montré que cela se passe à travers l’impact caractéristiques des glitazones sur le récepteur d’une protéine appelé PPAR-gamma (peroxisome proliferator-activated receptor gamma), qui déclenche cette inhibition des ostéoblastes et l’activation concomittante des ostéoclastes. Or, ce mécanisme d’action et cet impact définissent les glitazones en tant que classe et induisent une bonne partie de leurs effets directs. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une propriété marginale. On en revient à l’interrogation formulée par  Steven Nissen et son équipe dans le New England Journal of Medicine en mai 2007, quant à la série de problèmes que les glitazones développées successivement ont pu provoquer. Cf. notre note « Glitazones (Avandia, Actos) : encore sur le marché? »

Le résumé du texte publié en décembre 2007 dans la revue Nature : « PPAR-gamma regulates osteoclastogenesis in mice »

Le texte intégral de l’étude ainsi que la réponse de la firme GSK (pour Avandia) et d’autres informations sur les fractures induites par Actos, etc. sont sur cette page :

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Une explication générale, accessible et illustrée de la balance ostéoblastes – ostéoclastes et de l’ostéoporose (sans rapport avec les glitazones), sur ces pages de la Société Française de Rhumatologie.

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

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Mise à Jour (avril 2011)

Toutes les notes sur Actos, Avandia et les glitazones en général, ainsi que sur d’autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus…) sont accessibles en descendant sur cette page.

Actos, Avandia: causes d’ostéoporose et de fractures (I)

Je voudrais réparer l' »injustice » consistant à ne pas parler des fractures et de l’ostéoporose produites par ACTOSActos 2.jpg

J’ai détaillé quelques-uns des multiples effets secondaires graves d’Avandia (rosiglitazone) dans les premières notes, en rappelant que toutes les glitazones avaient à peu près les mêmes effets indésirables et ne devraient plus être prescrites (Arznei-Telegramm, Prescrire). Les troubles osseux et les fractures figuraient sur cette liste, mais le sujet mérite quelques lignes à part, puisqu’une nouvelle étude vient confirmer l’importance de cet effet secondaire. On le verra dans la note suivante, parce que je voudrais d’abord rappeler ce qui est connu depuis 2006 en Europe et avec plus de détails depuis le printemps 2007 au Canada.

Même l’Afssaps s’est inquiétée en 2006 et a répercuté une information transmise par la firme GSK à l’agence européenne du médicament (EMEA) : « Augmentation de l’incidence des fractures chez les patientes traitées au long cours par rosiglitazone (Avandia®) »

Cf. aussi le RCP (résumé des caractéristiques du produit) européen d’Avandia

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Mais je n’ai pas trouvé les mêmes mises en garde européennes pour l’ACTOS, alors qu’elles existent ailleurs. Au contraire, un bulletin de pharmacovigilance émis par le Centre régional de pharmacovigilance de Strasbourg en mars 2007 reprend les dires de l’EMEA (agence européenne du médicament), selon laquelle « Ce risque [de fractures] ne serait pas constaté avec la pioglitazone (Actos®, laboratoires Takeda) », mais serait un effet indésirable limité à Avandia… On voit encore une fois à quel point l’information médicale en français est fiable…

En avril 2007, Santé Canada rendait publique une lettre de la firme Takeda Abbott, qui commercialise Actos, mettant en garde contre la « Hausse de l’incidence des fractures chez des patientes recevant un traitement à long terme par les comprimés d’ACTOS® (chlorhydrate de pioglitazone) contre le diabète de type 2 »

Un extrait :

  • « Les résultats de l’analyse des dix-neuf essais ont démontré qu’un nombre significativement plus élevé de femmes traitées par la pioglitazone que de femmes traitées par un médicament ne faisant pas partie de la classe des thiazolidinédiones (autres agents antidiabétiques tels que la metformine ou des sulfonylurées [gliclazide, glyburide ou glimépiride], ou un placebo) ont subi au moins une fracture osseuse (2,6 % et 1,7 %, respectivement).
  • Le risque de fracture n’avait pas augmenté chez les hommes.
  • Il faut sérieusement envisager le risque de fracture chez les femmes atteintes de diabète de type 2 actuellement traitées par la pioglitazone et chez celles à qui on considère l’administrer. (…) »

Parlant des effets secondaires des pioglitazones, sous-classe des glitazones, il faut être juste et ne pas oublier COMPETACT, le « frère » d’Actos.

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Autant rappeler aussi la mise en garde de Santé Canada sur les fractures induites par Avandia, Avandamet, Avandaryl (tous les médicaments contenant de la rosiglitazone), avec des taux de fractures très importants relevés lors d’une des études menées par la firme GSK elle-même. L’alerte est plus sérieuse que celle donnée par les Européens.

  • « Au cours de l’étude ADOPT, un nombre significativement plus élevé de femmes ayant reçu de la rosiglitazone ont subi des fractures par rapport à celles ayant reçu la metformine ou le glyburide (9,3 % vs 5,1% et 3,5%, respectivement). La majorité de ces fractures se situaient au niveau du bras (humérus), de la main ou du pied; les foyers de fractures différant de ceux associés à l’ostéoporose post-ménopausique (par ex., hanche ou vertèbre). (…)
  • Le risque de fracture doit être pris en considération dans les soins prodigués aux patients, particulièrement aux femmes atteintes du diabète de type 2 (…) ».

Elena Pasca
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Mise à jour d’avril 2011

toutes les notes sur Actos, Avandia, les glitazones en général et d’autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète sont accessibles à partir de cette page.

Actos, Avandia: risque d’insuffisance cardiaque augmenté de 70%

Un article paru en 2003 dans une revue américaine spécialisée.

Le contenu est toujours d’actualité, puisqu’il est Actos 1.jpgquestion des effets indésirables non seulement d’Avandia (rosiglitazone), mais aussi d’Actos pioglitazone).

Actuellement, le laboratoire producteur d’Actos, Takeda Abbott, se frotte les mains et profite de la débâcle de son principal concurrent, Avandia de GSK. Mais Actos n’est pas moins nocif, même s’il ne semble pas avoir attiré autant l’attention sur lui pour des attaques cardiaques.

Mais le profil de sécurité de ces médicaments est quasiment identique, puisqu’ils font partie de la même famille et que leurs effets secondaires sont des effets de classe. Autrement dit, ils sont bonnet blanc et blanc bonnet, comme je l’ai dit dans une note antérieure (Glitazones: encore sur le marché??)

 

Ce n’est pas pour rien que la revue « Prescrire » dit que médecins et patients doivent se passer de toute la classe de thiazolidinediones ou glitazones… La revue allemande indépendante « Arznei-Telegramm » dit la même chose depuis plusieurs années. Cette classe de médicaments n’a plus de raison d’être autre que l’intérêt financier des firmes pharmaceutiques…

 

A titre informatif, voici le RCP (résumé des caractéristiques du produit) établi par l’agence européenne du médicament (EMEA)

 

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Les grandes lignes de l’article de 2003 reprises sur ce site belge. C’est rare de trouver quelque chose en français…

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« Les Thiazolidinediones (TZD) augmentent le risque d’insuffisance cardiaque de 70% chez les patients porteurs d’un diabète type 2

Les Thiazolidinediones (TZDS) augmentent le risque d’insuffisance cardiaque chez les patients porteurs d’un diabète type 2 et de tels médicaments ( Actos, Avandia ) devraient être employés avec prudence quand des symptômes d’insuffisance cardiaque sont présents. La nouvelle recherche révèle que ce risque est de près de 70%, et vient de paraître dans le numéro de Novembre de Diabetes Care. Elle est basée sur une étude rétrospective de 33.544 diabétiques de type 2 traités par un médicament hypoglycémiant oral de 1995 à 2001. Parmi ceux ci 5.441 patients ont été traités avec un TZD et 28.103 n’en ont pas reçu. L’incidence d’insuffisance cardiaque après 40 mois de suivi fut de 8.8 % et 5.5%, respectivement dans le groupe TZD et le groupe de contrôle.
Le message pour les cliniciens est que ces médicaments ne devraient pas être prescrits aux patients insuffisants cardiaques et que lorsqu’ils sont donnés à d’autres patients un ajustement des doses peut être requis si des symptômes d’insuffisance cardiaque apparaissent.

Diabetes Care 2003;26:2983-2989. »

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour avril 2011

Tous les articles sur les effets secondaires des glitazones (Avandia, Actos…) et d’autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus et autres insulines, etc.) sont accessibles en descendant sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/diabete_avandia_actos_insuline/


Un superviseur d’Avandia recasé dans l’humanitaire et la pharmacovigilance ou L’ubiquité des conflits d’intérêts

De la nouvelle loi sur la sécurité sanitaire aux USA à Avandia et aux vaccins… ou comment tout se tient…

Un dirigeant de GSK impliqué dans le scandale Avandia (voir les notes à ce sujet, sous la catégorie « Diabète, insuline, Avandia, Actos, Lantus… ») en quête de nouveaux marchés et moyens d’influence?

Bush aura rendu service jusqu’au bout à ses copains industriels… Fin septembre a été votée aux Etats-Unis une nouvelle loi sur les attributions de la FDA (Agence américaine de sécurité sanitaire). Elle facilite l’emprise financière de l’industrie pharmaceutique sur la FDA, à travers la taxe que les laboratoires paient pour voir leurs médicaments examinés rapidement en vue d’une homologation (obtention d’une autorisation de mise sur le marché ou AMM). C’est une forme de conflits d’intérêts et un moyen d’influence, puisque le contrôlé paie le contrôleur et que plus l’agence du médicament autorise de nouvelles molécules, plus elle gagne d’argent. Il en va de même de l’homologue française de la FDA: l’AFSSAPS (sécurité des produits de santé). La fondation indépendante Public Citizen en livre une excellente analyse:

http://www.autodealerscam.org/pressroom/release.cfm?ID=12…

La loi donne de nouvelles prérogatives de pharmacovigilance à la FDA, tout en restant dans le flou artistique quant aux modalités concrètes. Et quand on veut noyer le poisson, on forme une commission de « réflexion », telle la Commission Reagan-Udall aux Etats-Unis, dont certains membres ont déjà défrayé la chronique par leurs liens financiers avec l’industrie pharmaceutique.

Tadataka YAMADA était le chef du département GSK qui supervisait l’essai clinique de la rosiglitazone (Avandia) du temps où la firme faisait pression sur le Dr John Buse, spécialiste du diabète, conseiller de GSK et investigateur principal de ce médicament (cf. les notes précédentes). Les méthodes de ce dirigeant de GSK sont détaillées aussi dans le rapport sénatorial américain sur le scandale Avandia.

The Intimidation of Dr. John Buse and the Diabetes Drug Avandia http://finance.senate.gov/press/Bpress/2007press/prb11150…

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Eh bien, compte tenu de son « expérience », Tadataka Yamada a été nommé dans la Commission Reagan-Udall, créée par la nouvelle loi pour « réfléchir » à de nouvelles méthodes que la FDA pourrait appliquer afin de concilier science, efficacité et … profil de sécurité ( !) des médicaments et dispositifs médicaux. Selon le blog PharmaLot – excellente source d’information médicale indépendante -, cela équivaut à nommer le renard gardien du poulailler…

http://www.pharmalot.com/2007/11/foxes-enter-fda-foundations-chicken-coop/

Voici donc un gros bonnet débordant de conflits d’intérêts (et autres allégeances) chargé de décider comment les autorités sanitaires publiques doivent évaluer le rapport bénéfice – risque des médicaments… S’il généralise sa méthode – museler les scientifiques qui attirent l’attention sur les risques, tels le Dr Buse avec Avandia – il est possible que les notices des médicaments ne comportent plus de paragraphe « effets secondaires »… On pourra toujours dire que ça évite les angoisse des patients…

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Cerise sur le gâteau, Yamada est passé récemment de GSK à la Fondation Bill et Melinda Gates, où il est chargé de questions de santé… humanitaire ( !). La fondation pensait se servir de son carnet d’adresses, par exemple pour convaincre la firme GSK de développer un vaccin contre la malaria…

Bel exemple de la perversion qu’entraînent les conflits d’intérêts et les vassalités de toute sorte. L’humanitaire va créer un marché pour un vaccin et d’autres médicaments, la charité va amener des cobayes pour des essais cliniques Le laboratoire GSK a déjà de l’expérience dans l’instrumentalisation du tiers monde à des fins de profits (cf. les deux vidéos citées dans la note sur Avandia, Deroxat, GSK,
et plus généralement les notes de la catégorie « Nord-Sud: cobayes, corruption, humanitaire… »).

Quant aux vaccins, nul doute que la position de Tadakata Yamada au sein de la FDA aidera GSK à faire homologuer le Cervarix. Ce vaccin produit par GSK et censé protéger contre le cancer du col de l’utérus – en fait contre deux souches de papillomavirus (HPV 16 et 18) – a été recalé pour le moment par la FDA. Mais autorisé très rapidement en Europe… Sans doute parce qu’il y a des humanitaires tels Monsieur Yamada bien placés dans les commissions européennes « compétentes »…

On avait vu l’humanitaire servir des fins militaires, on le voit servir des fins industrielles et des fins « d’image » de Microsoft. Dans tous les cas, c’est l’argent qui parle et qui ne laisse plus rien d’humain là-dedans.

Quant à la FDA, on pourrait dire qu’un conflit d’intérêts de plus ou de moins… Tant que l’administration Bush est là et que les républicains (droite américaine) gardent des moyens suffisants pour garantir les intérêts des firmes, la situation n’a aucune chance de s’améliorer.

Toute analogie avec la France est justifiée, en pire, même, puisque nous n’avons aucun moyen législatif et juridique qui permettrait d’agir et de résister ! Et que nos journalistes comme nos hommes politiques ont d’autres… intérêts !

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour:

vous pouvez accéder à toutes les notes sur Avandia, Actos et les autres glitazones, Competact et les autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (Lantus…) à partir de cette page (descendre sur la page pour un accès aux articles, du plus récent au plus ancien).

Vidéos sur GSK: Avandia, Deroxat, pratiques douteuses…

Deux excellentes vidéos anglophones nous apprennent pas mal de choses sur le laboratoire britannique GlaxoSmithKline, GSK logo 2.jpgproducteur d’Avandia et du Deroxat (Seroxat, Paxil, paroxétine), entre autres. Deroxat qui a été l’objet d’un scandale dont on n’a pas entendu grand-chose en France, comme d’habitude…

GSK se dispute la première place mondiale avec Pfizer, avec un chiffre d’affaires qui donne le tournis. En 2006, les rentrées de GSK étaient de 31.000 dollars par minute… Sans surprise, la firme soutient un candidat républicain à la présidence américaine…

RealGlobalNews.Com – GSK: http://www.youtube.com/watch?v=0OhcmaAf_zE

L’histoire de GSK semble assez mouvementée, même pour une firme pharmaceutique… Corruption massive de médecins révélée en Italie, pour faire prescrire ses produits, fraude et inflation des prix aux Etats-Unis, scandales pour avoir essayé d’empêcher la commercialisation massive de génériques et la production de copies bon marché de médicaments anti HIV, amendes faramineuses payées aux Etats-Unis à cause de ses pratiques peu recommandables, implications pas très claires dans la guerre en Irak, etc.

L’une des vidéos rappelle que le PDG de GSK, Jean-Pierre Garnier, quittera la direction de la firme en mai 2008 et se demande si cette retraite sera profitable à sa conscience, au moins tout autant qu’à ses comptes en banque…

GSK-JP Garnier-Seroxat-Avandia

http://www.youtube.com/watch?v=CsQlmB6qPCY&feature=related

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Ce n’est pas par hasard que l’on évoque le PDG de GlaxoSmithKline, puisque, selon l’enquête sénatoriale américaine sur Avandia (rosiglitazone), il était au courant des pressions exercées sur le Dr John Buse, spécialiste du diabète, conseiller de la firme et investigateur principal dans l’essai clinique. Ce médecin a parlé publiquement des risques cardiovasculaires dès 1999, puis a averti la FDA (agence américaine du médicament), avant d’être réduit au silence par GSK.

On le sait moins, mais c’est Buse qui a averti le Dr Steven Nissen, cardiologue réputé et auteur principal de la méta-analyse publiée par le New England Journal of Medicine, qui a mis en évidence un risque augmenté de plus de 40% d’avoir une complication cardiaque sous Avandia (détails dans la note qui reprend les grandes lignes de l’article). C’était la première d’une série d’études et éditoriaux dans des grandes revues médicales, avec des conséquences concrètes grâce à l’enquête parlementaire américaine.

The Intimidation of Dr. John Buse and the Diabetes Drug Avandia

http://finance.senate.gov/press/Bpress/2007press/prb111507a.pdf

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour avril 2011

Sur Avandia et ses effets secondaires, ainsi que sur les autres glitazones, il y a beaucoup d’articles sur Pharmacritique, que vous pouvez lire à partir de cette page.

Glitazones, Avandia – encore sur le marché??

Des commentaires découlant des deux notes précédentes et qui se résument à une question :

 

 

Pourquoi les glitazones / thiazolidinediones ont-elles été autorisées et sont-elles encore sur le marché ? Pourquoi testons-nous (oui, nous, les cobayes humains!) encore ce type de médicaments, puisqu’ils se sont révélés tellement nocifs ? Car c’est bien d’une expérimentation grandeur nature qu’il s’agit, puisqu’il suffit d’ouvrir notre vénérable Vidal pour lire qu’AVANDAMET (rosiglitazone + metformine, un antidiabétique classique) n’a jamais été testé, par exemple !! Personne ne peut dire ce qu’il fait ou ne fait pas, il n’y a pas eu d’essais cliniques avec ce médicament ! On l’administre en masse, on empoche les profits, et advienne que pourra !

 

En partie parce que les firmes cachent les résultats négatifs des études et essais cliniques c’est l’un des multiples moyens de désinformation dont ils se servent. (Il faudra revenir sur cet aspect et donner quelques références, parce qu’il s’agit d’une pratique courante et régulièrement dénoncée dans la presse médicale indépendante).

Des informations telles que le New England Journal of Medicine (cf. note précédente)en livre sur le sort des glitazones déjà testées et abandonnées sont très précieuses lorsqu’il s’agit de se prononcer sur un autre médicamentde la même classe, compte tenu du fait que la toxicité cardiovasculaire semble être un effet de classe… Cela dit, la plupart du temps, ces données sont inaccessibles, bien cachées par les firmes qui ont le droit de s’asseoir dessus (secret industriel, secret de production, etc.). Même pour un médicament déjà approuvé, les laboratoires ont le droit de ne publier que les études dont les résultats sont favorables au médicament. S’il y a 10 études sur le médicament X, dont 7 défavorables pour cause d’effets secondaires, 1 passable et 2 plutôt favorables, rien ni personne n’oblige le laboratoire à publier les 7 études défavorables.

D’où l’importance d’un registre public de tous les essais cliniques, facilement accessible par tous, avec l’obligation de publier les résultats et de ne rien passer sous silence. Ce qui éviterait qu’un médicament que tel laboratoire a laissé tomber pour cause de toxicité soit repris quelques années après, avec des modifications de surface et dans d’autres indications, et que les investigateurs excluent d’emblée de l’analyse les paramètres qui posaient problème auparavant. Si on ne mesure pas tel paramètre, l’effet cardiovasculaire, par exemple, on ne risque pas d’avoir des résultats négatifs de ce type… C’est le maquillage d’un agent toxique en médicament miracle dans une autre indication… et il faut du temps pour que les effets secondaires se manifestent et à large échelle, qu’ils soient pris au sérieux par les autorités sanitaires (AFSSAPS, HAS en France) dont la tendance naturelle est de protéger les laboratoires, leur propriété intellectuelle, en minimisant les effets secondaires… Si jamais les médecins signalent les effets secondaires, ce qui est une obligation prévue par la loi, mais largement ignorée par les médecins français… Il y a plein de prétextes de ce genre pour que les laboratoires continuent à faire des profits le plus longtemps possible, même en sachant que tel médicament devra être retiré du marché à terme…

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Un article de Philippe Masquelier sur le site du Formindep aborde le sujet des études non publiées : La transparence de l’industrie pharmaceutique s’arrête là où ses intérêts financiers commencent .

On aimerait voir plus d’articles de ce type sur ce site prometteur, mais un peu trop uniforme et trop centré sur la formation médicale continue. La formation des médecins n’est qu’une infime partie d’un problème que le Formindep gagnerait à analyser plus en profondeur, dans toutes ses dimensions. Et en offrant la possibilité aux usagers de s’associer à la critique, sur des aspects qui peuvent susciter un débat public et déboucher sur un mouvement éthique.

Voir les autres articles sur les effets indésirables d’Actos, Avandia, Competact (des glitazones en général), accessibles en descendant sur cette page.

Elena Pasca

Avandia (rosiglitazone): usage fortement limité au Canada

Article paru initialement sur le site du Formindep

Avandia® – rosiglitazone : restrictions drastiques au Canada. Que fait l’AFSSAPS en France ?

« Le ministère canadien de la santé, Santé Canada, a récemment rendu publique sa décision de limiter fortement l’usage de la rosiglitazone (Avandia®), sous forme d’une lettre du Directeur Médical de GlaxoSmithKline, datée du premier novembre 2007 adressée aux professionnels de santé. Cette décision fait suite aux études mettant en évidence l’augmentation importante des risques cardiaques. Au mois de juillet, l’agence américaine du médicament (FDA) estimait à 83 000 le nombre d’attaques cardiaques dues à la rosiglitazone (Avandia®), commercialisée dans le traitement du diabète de type 2. Ce dont le Formindep a rendu compte récemment, en rappelant que l’enquête diligentée par des hommes politiques étatsuniens depuis mai 2007 avait permis de faire éclater publiquement la vérité, bâillonnée à la fois par la firme GSK et par la FDA.

Voici les principales mesures annoncées par Santé Canada :

  • « L’emploi de la rosiglitazone (Avandia®) n’est plus approuvé en monothérapie pour le traitement du diabète de type 2, sauf lorsque l’emploi de la metformine est contre-indiqué ou non toléré.
  • L’emploi de la rosiglitazone n’est plus approuvé en association avec une sulfonylurée [1] sauf lorsque la metformine est contre-indiquée ou non tolérée.
  • Le traitement par les produits contenant de la rosiglitazone est maintenant contre-indiqué chez les patients présentant tout stade d’insuffisance cardiaque (c.-à-d. classes I, II, III ou IV selon la NYHA). »

Cette politique volontariste de Santé Canada contraste avec la réaction somme toute timorée de la FDA, qui s’est limitée à apposer un deuxième label noir [2], sans interdire l’usage de la rosiglitazone en première intention. Ce qui permet à GSK de réaffirmer, sans rire, dans un communiqué de presse du 14 novembre 2007, que la rosiglitazone reste un traitement de référence dans la plupart des cas de diabète de type 2 et qu’elle a « un profil de sécurité et d’efficacité approprié et bien décrit ».

Attendra-t-on des années avant de voir l’AFSSAPS en France réagir et informer professionnels de santé et patients ? Attendra-t-on des années avant de voir une lettre de la firme GSK mettant en garde les professionnels de santé français ? Ou bien la firme applique-t-elle des critères différents en France, aux Etats-Unis et au Canada ? Il y a lieu de le croire, dans la mesure où GSK indique que ses communiqués de presse peuvent ne pas être les mêmes « sur chaque marché sur lequel opère GSK » [3]…

Ce qui nous amène à la racine du problème : attendra-t-on des années avant de voir les hommes politiques français s’intéresser à la santé de leurs électeurs et diligenter des enquêtes sur les pratiques des firmes et l’inertie des autorités sanitaires ? « 

Elena Pasca

Les notes ont été ajoutées par le Dr Philippe Foucras, président du Formindep, que je remercie.

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[1] sulfamides hypoglycémiants

[2] Le “label noir” ou « black label warning » ou “black box warning” ou « boxed warning » est une mention obligatoire encadrée par un liseré noir qui est apposée aux Etats-Unis sur chaque boîte d’un médicament pour lequel existent des effets indésirables graves. C’est l’avertissement le plus fort exigé par la FDA.

[3] voir sur le site GSK.com, page Media Centre

Avandia (rosiglitazone) : crises cardiaques. Détails.

Quelques exemples pour étayer le propos de la note précédente par les faits cités dans une méta-analyse. Le New GSK logo 2.jpgEngland Journal of Medicine publiait en juin 2007 une étude passant en revue 42 études sur la rosiglitazone (Avandia) et mettant en évidence « Les effets de la rosiglitazone sur le risque d’infarctus du myocarde et de mort cardiovasculaire » .

Le texte intégral en anglais : http://content.nejm.org/cgi/content/full/NEJMoa072761</FO…< a>

Les risques cardiovasculaires sont tellement accrus que même les études financées par le laboratoire GSK les remarquent, ce qui ne va pas de soi… Sachant qu’une étude financée par un laboratoire pharmaceutique a cinq fois plus de chances d’être favorable au médicament étudié, on peut se demander quels auraient été les résultats d’une étude indépendante, sans conflits d’intérêts…

Les auteurs de la méta-analyse soulignent qu’une durée relativement courte de « traitement » (les guillemets sont de mise ici) suffit à provoquer une attaque cardiaque ou une mort par autre cause cardiovasculaire. Ce qui ne joue pas non plus en faveur du médicament, c’est le moins qu’on puisse dire… L’âge moyen des participants était de 56 ans, donc les attaques cardiaques et les morts n’étaient pas imputables à une « involution » naturelle…

Comment explique-t-on ces effets aussi néfastes d’Avandia (rosiglitazone) ?

Les auteurs ont avancé plusieurs explications, montrant en fait qu’une seule de ces explications pouvait provoquer un infarctus ; sans parler de leur conjonction qui donne un cocktail explosif :

Avandia a un impact néfaste sur les lipides sériques, par exemple par la hausse du taux de LDL-cholestérol (le « mauvais » cholestérol, celui à densité réduite) et l’on connaît les effets délétères d’une telle hausse sur l’appareil cardiovasculaire.

–        Avandia provoque ou précipite aussi une insuffisance cardiaque congestive ; celle-ci a pour conséquence une demande accrue d’oxygène pour le myocarde, ce qui peut entraîner une attaque cardiaque.

 

–        La rosiglitazone réduit le taux d’hémoglobine, ce qui a un impact délétère sur l’oxygénation dans son ensemble et crée un « état de stress physiologique » pouvant mener à l’infarctus du myocarde.

–        Des études sur des rats ont montré que les animaux traités par rosiglitazone (Avandia) chez lesquels on induisait une attaque cardiaque expérimentale avaient plus de risques de mourir de cette attaque que des animaux subissant des crises cardiaques induites qui n’étaient pas traités par cette molécule.

D’autres détails en français dans la revue « Prescrire », qui conclut à juste titre que tous les médicaments de cette famille (glitazones) ont un rapport bénéfice – risque défavorable.

http://www.prescrire.org/aLaUne/dossierDiabeteGlitazones….

Les GLITAZONES ou THIAZOLIDINEDIONES : une famille de choc (cardiaque…), de génération en génération !

L’article du New England Journal of Medicine nous apprend que les laboratoires ont essayé une cinquantaine de médicaments de ce type appelés en jargon glitazones ou thiazolidinediones . Ils ont tous été rejetés par l’Agence américaine du médicament (FDA: Food and Drug Administration) ou alors les essais cliniques ont été interrompus à cause de leur toxicité, notamment cardiovasculaire

Cette toxicité a été constatée soit dans les études précliniques sur les animaux, soit dans les essais cliniques préliminaires sur les humains. Le MURAGLITAZAR a été rejeté par la FDA pour cause de toxicité cardiovasculaire trop importante. La TROGLITAZONE a été autorisée puis retirée du marché à cause de son hépatotoxicité…

Avec un tel palmarès, cette classe de médicaments aurait dû être condamnée depuis longtemps. Et pourtant, il y a toujours la rosiglitazone, seule ou entrant dans d’autres composés tels AVANDAMET. Et puis la PIOGLITAZONE (ACTOS), qui n’a pas de quoi inspirer confiance non plus…  On en reparlera.

La revue allemande indépendante Arznei-Telegramm a fait une excellente analyse des données de la méta-analyse du New England Journal of Medicine et a aussi pris en compte l’enquête sénatoriale américaine sur les pressions à l’encontre du Dr John Buse et des scientifiques de la FDA, qui réclamaient depuis un an un « label noir » (avertissement le plus fort sur
l’existence d’effets secondaires graves) au moins pour l’insuffisance cardiaque.

Cf. la page 62 d’Arznei-Telegramm (reproduite ici avec d’autres pages):

« Plus d’infarctus du myocarde sous Avandia (rosiglitazone). Soupçon renforcé de cardiotoxicité «  http://www.geburtshaus-bamberg.de/pdf/arznei-telegramm-HPV.pdf

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POUR EN SAVOIR PLUS

Voir aussi cet article où j’ai parlé de l’alerte donnée aux Etats-Unis estimant le nombre potentiel de décès ainsi que du rôle du sénateur Charles Grassley dans l’affaire Avandia et d’autres alertes sur les risques des médicaments: « Avandia (rosiglitazone): 83.000 attaques cardiaques selon la FDA et le sénateur Charles Grassley« .

Mise à jour:

D’autres articles sur Avandia, mais aussi sur d’autres traitements antidiabétiques sont accessibles à partir de cette page (catégorie « Diabète, Avandia, insuline, Actos, Lantus…« )

Elena Pasca

copyright Pharmacritique

Avandia (rosiglitazone): 83.000 crises cardiaques, infarctus… selon la FDA et le sénateur Charles Grassley

Ce médicament pourrait bien être un nouveau Vioxx, vu l’estimation faite par l’agence américaine du médicament sur les Avandia GSK.jpgattaques cardiaques attribuées à Avandia. L’information vient d’être rendue publique en France par un article que j’ai publié initialement sur le site du Formindep, avant de le reprendre ici. Voici le texte original, suivi d’explications et de liens informatifs.

« Rosiglitazone – Avandia©. Un médicament de la firme GSK aurait provoqué des dizaines de milliers de crises cardiaques »

« 83 000 crises cardiaques supplémentaires depuis l’homologation de la rosiglitazone (Avandia®), selon des estimations de la FDA citées par la Commission des Finances du Sénat des Etats-Unis.

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