NdR : Une présentation détaillée du Dr Alain Braillon, de sa formation, ses activités et sa situation actuelle figure au début de la longue interview parue sur Pharmacritique sous le titre « La santé publique dans tous ses états ». La politique française de lutte contre le tabagisme faisait partie des sujets abordés dans cet entretien, mais avec ce texte, la méthode et la forme scientifiques viennent étayer les critiques exprimées. L’introduction plus générale est suivie du texte intégral d’un rapport co-écrit par le Dr Alain Braillon, le Dr Anne-Sophie Méreux et le Pr Gérard Dubois, intitulé « Politique de lutte contre le tabagisme en France: De la guerre au compromis et à la collaboration ». [EP]
En France, la politique de lutte contre le tabac est partie en fumée!
Par le Dr Alain BRAILLON
La France est une exception parmi les pays riches, elle est livrée au lobby du tabac.
Ces dernières années la consommation de tabac n’a pas baissé comme ailleurs et elle a même augmenté ! C’est d’autant plus surprenant que notre consommation est déjà élevée, 34 % de fumeurs, contre 21% au Royaume-Uni, 19% en Australie, et 17% au Canada. Pire, les adolescents sont de plus en plus nombreux à fumer comme l’a montré une récente enquête. Le tabac est la cause directe du décès prématuré de 60 000 personnes chaque année en France. C’est la première cause de décès évitable.
Cette situation est d’autant plus incroyable que les mesures pour réduire la consommation de tabac sont connues et efficaces. Elles ont été appliquées avec succès en 1991 (Loi Evin) et 2003 (plan Cancer I). Cela a permis de réduire de moitié la consommation de tabac et la mortalité par cancer du poumon des hommes de 35 à 44 ans. Mais depuis cinq ans, chaque arbitrage demandé au Premier ministre et au président de la République a été tranché en faveur des industriels du tabac ou des buralistes. C’est 12 000 morts qui n’ont pas été évitées.
La France a ratifié en 2004 la Convention-Cadre pour la Lutte Anti-Tabac (Organisation Mondiale de la Santé) mais elle n’applique pas les mesures nécessaires pour faire baisser la consommation. La France est aussi en infraction à l’article 5.3 de cette convention qui impose de protéger les politiques de santé publique de l’influence de l’industrie du tabac.
Le texte que j’ai co-écrit avec Anne Sophie Mereau et le Pr Gérard Dubois, président de la commission addiction à l’Académie Nationale de Médecine, est un rapport détaillé sur les politiques menées pour la santé publique et contre le tabac depuis les années 50. Il démontre comment depuis une demi douzaine d’années ces politiques publiques sont en faveur des industriels du tabac et contre la santé de la population. http://braillon.net/alain/rltabac.pdf
Ce rapport n’est pas isolé.
Le Pr Bertrand Dautzenberg vient aussi de publier un livre qui fait le même constat : La République enfumée, les lobbies du tabac sous Chirac et Sarkozy : du meilleur au pire. http://www.viva.presse.fr/Tabac-le-nombre-de-deces-chez-les_16835.html
Ces faits ont fait l’objet de publications dans les grandes revues médicales nationales et internationales :
- Tobacco control: up in smoke in Europe?Addiction 2012
- Industrial Epidemics Presse Médicale Dec 11(en français)
- An indicator of the influence of the tobacco lobby on politicians American Journal of Preventive Medicine. 2011;41:e29
- Framework convention on Tobacco Control. In search of outcomes. The R2P. Health Policy 2011;103:98-9.
- Is Your MP Concerned About Public Health?British Medical Journal 2011; 343:d4883
- Tobacco and pregnancy: France always bad pupil J Gynecol Obstet Biol Reprod. 2010;39:1-2 (en français)


ont une âme, une vraie individualité, et sont des lieux de rencontre entre amateurs de culture. Ce sont de telles librairies, ainsi que des bibliothèques, qui m’ont donné le goût de la lecture. Et je serai toujours prête pour toute action visant à défendre les bibliothèques publiques et les librairies de quartier.
bibliographique très détaillées. »
l’intégrité et l’engagement, pour apporter une dimension d’ « expertise citoyenne » et de voix de la société civile lors d’une conférence de presse le mercredi 21 mars (détails à la fin) sur les moyens de
dans la collection « Les notes et documents de la Fondation Copernic » (144 pages, 7 euros) ; le même texte est disponible aussi sous forme de hors série de l’Humanité sous le titre « L’abécédaire des maux du sarkozysme ».
réseau
Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) intitulé « Enjeux environnementaux pour la fertilité humaine » (BEH N° 7-8-9/2012). Le texte vaut le détour et ses perspectives ne se limitent pas aux divers aspects impliqués dans la baisse de la fertilité. 

D’autres textes sur le bisphénol A et les perturbateurs endocriniens, contenant des liens et des références, sont accessibles en descendant sur
Society of Drug Bulletins) et de Health Action International, daté du 1er décembre 2011 : « Proposition modifiée de Directive sur l’“information” des patients : quelques améliorations, mais toujours le risque d’une publicité directe aux patients ».
transparence aux Etats-Unis, depuis 1993 au Minnesota, puis dans d’autres Etats (Vermont, Maine, New Jersey…), ainsi que des initiatives du sénateur républicain Charles Grassley (dit Chuck Grassley), sensibilisé par le lanceur d’alerte du Vioxx, le Dr David Graham (épidémiologiste à la FDA: agence états-unienne du médicament).
Parlement belge (et non pas celui européen, cette fois), pour une intervention le matin et une table ronde l’après-midi. Le sujet de mon intervention: « Exemples de garanties juridiques et institutionnelles pour une expertise indépendante et intègre ». « Garanties » est certes un mot beaucoup trop fort. Il s’agit de dispositifs législatifs et juridiques étrangers et de réglementations qui pourraient servir d’exemple (avec des adaptations) pour dissuader et réprimer les dérapages dans la recherche et l’expertise en santé, avec l’exemple de la proposition de loi de la Fondation Sciences Citoyennes, portant sur la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte. Ce sont surtout de lois et dispositifs en vigueur aux Etats-Unis, étonnement peu connus en France et en Belgique, apportant un minimum de garde-fous, garantissant un minimum d’accès à l’information, permettant d’aller vers une criminalisation des conflits d’intérêts et de leurs conséquences. Ce ne sont pas des garanties, mais on pourrait partir de là pour en définir quelques-unes…