Covid-19 et traitement médicamenteux par chloroquine, antiviraux… Analyse de la revue Prescrire 

Pour comprendre ce que sont les coronavirus ainsi que les spécificités du SRAS-COV-2, voici un texte synthétique de l’Inserm.

Je reviendrai en détail sur la chloroquine, l’hydroxychloroquine, les essais et les emballements médiatiques et posterai l’analyse de ma principale référence médicale : la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm. Commençons par le communiqué de presse du 24 mars 2020 de la revue Prescrire: « Covid-19 et essais de médicaments : Que faire des premiers résultats de l’évaluation ? »

« Au 23 mars 2020, on ne dispose pas de résultats d’essai pertinent montrant une éventuelle efficacité de l’hydroxychloroquine associée ou non avec l’azithromycine. 

Des résultats d’un essai randomisé n’ont pas montré d’efficacité de l’association lopinavir + ritonavir en cas de covid-19 sévère. Avant d’en savoir plus, il est important de mettre l’efficacité hypothétique du médicament proposé en balance avec ses effets indésirables déjà connus et prévisibles, pour éviter d’ajouter du mal au mal.

Divers médicaments sont proposés en traitement de l’infection covid-19 par le SARS-CoV-2. Au 23 mars 2020, l’hydroxychloroquine (Plaquénil°), un dérivé de la chloroquine (Nivaquine°, un antipaludique), qui a aussi un effet immunodépresseur faible, et l’azithromycine (Zithromax° ou autre), un antibiotique macrolide, sont mis en avant. L’intérêt de l’association antirétrovirale lopinavir + ritonavir (Kaletra° ou autre) a été évoqué, du fait de son effet antiviral in vitro contre des coronavirus.

Concernant la chloroquine et son dérivé l’hydroxychloroquine, environ une vingtaine d’essais cliniques figurent dans les registres d’essais depuis début février 2020, surtout en Chine. Au 23 mars 2020, aucun résultat d’essai comparatif randomisé n’a été publié.

Des résultats d’une étude française débutée le 5 mars 2020 ont été rendu publics le 20 mars 2020. Son objectif principal était d’étudier le portage du virus chez des patients traités par l’hydroxychloroquine. Cette étude n’est pas un essai randomisé et les patients du groupe témoin semblent avoir été recrutés de façon très différente de ceux du groupe hydroxychloroquine, ce qui rend la comparaison peu pertinente. 

Parmi les 26 patients qui ont reçu l’hydroxychloroquine : 3 patients ont été transférés en réanimation ; un patient est mort. Deux autres patients ont décidé de ne plus participer à l’étude. Aucune évolution de ce type n’est décrite parmi les 16 patients témoins. Dans le groupe traité par l’hydroxychloroquine, parmi les 18 patients dont la date de début des symptômes est connue, le délai médian avant non-détection du virus dans la gorge a été de 7,5 jours, avec un large intervalle de confiance. Faute de groupe témoin recruté selon un protocole semblable et avec un suivi dans les mêmes conditions, on ne sait pas si ce délai est plus court ou non qu’en l’absence d’hydroxychloroquine. 

Dans cette étude, chez les 6 patients qui ont pris de l’azithromycine en plus de l’hydroxychloroquine, ce délai médian a été de 7 jours. Au 23 mars 2020, il n’a pas été publié d’autres données d’évaluation chez les patients atteints de covid-19 étayant l’utilisation de l’azithromycine.

Par ailleurs, les résultats d’un essai randomisé de l’association lopinavir + ritonavir (Kaletra° ou autre) en plus du traitement standard, versus traitement standard seul chez 199 patients hospitalisés en raison d’un covid-19 sévère ont été publiés le 18 mars 2020. Les taux d’amélioration clinique et de mortalité ont été similaires dans les deux groupes. 

Les résultats des essais comparatifs randomisés déjà menés en Chine, puis de ceux qui débutent en Europe et en Corée du Sud devraient nous aider à y voir plus clair.

Quelle que soit la situation, en cas d’expérimentation, les patients (ou leur entourage) ont à être informés des incertitudes, y compris quant au risque d’aggravation de la maladie tant que cet aspect n’a pas encore été évalué. Il est souhaitable que toute expérimentation soit effectuée dans un cadre de recherche avec protocole, collecte des données, interprétation prudente. 

En pratique, pour chaque patient, l’efficacité, hypothétique, est à mettre en balance avec les effets indésirables déjà connus et prévisibles du médicament proposé, en tenant compte aussi d’éventuels effets défavorables sur l’infection. Sans oublier les interactions avec les autres médicaments pris par le patient. »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s