Australie: Décès d’une enfant et des dizaines de convulsions fébriles suite au vaccin trivalent antigrippe, incluant le A H1N1

Le 4 mai paraissait sur le site du British Medical Journal l’article de Melissa Sweet « Australia suspends seasonal flu vaccination of young Vaccin Relay.fr.jpgchildren » (BMJ  2010;340:c2419).

On apprend que l’Australie prolonge la suspension – décrétée le 23 avril – de la vaccination des enfants de moins de 5 ans par le vaccin trivalent contre la grippe saisonnière. Les autorités attendent les résultats d’une enquête sur la vague de convulsions fébriles enregistrée suite à ce vaccin fabriqué par CSL, en plus du décès d’une fillette de deux ans, en rapport chronologique avec le vaccin, mais considéré toujours comme « non élucidé » par la société savante financée par l’industrie qui s’est prononcée sur ce cas.

77 cas de convulsions fébriles ont été notifiés, surtout en Australie de l’Ouest, région qui a rendu la vaccination contre la grippe gratuite, sous la pression médiatique, puisque la médiatisation intense de trois cas de décès d’enfants liés à la grippe avait ému l’opinion publique.

Un lien avec le vaccin contre la grippe A H1N1 ?

Le groupe d’experts qui examine les situations n’a pas pu dire si le problème vient d’un lot spécifique des vaccins ou alors de l’inclusion, dans ces vaccins trivalents contre la grippe saisonnière, du vaccin contre la souche A H1N1.

Peter Richardson, un pédiatre de Perth, a déclaré à la chaîne de télévision ABC n’avoir jamais vu, en 20 ans de carrière, autant d’enfants en bonne santé présentant une forte fièvre intervenue brusquement après un vaccin. Beaucoup de ces fièvres ont évolué vers des convulsions fébriles, état très inquiétant pour les parents.

Les journalistes parlent de « centaines de cas de fièvre », dans l’émission dont la transcription peut être lue ici: « Flu shot scare has confidence low » (le niveau de confiance baisse, la peur monte, suite aux effets secondaires du vaccin contre la grippe).

L’embarrassant décès d’une fillette de 2 ans après le vaccin trivalent

Les investigations continuent dans le Queensland, où autorités, experts et une association d’étude de la grippe financée par l’industrie essaient de déterminer les circonstances exactes du décès d’une fillette de deux ans en bonne santé, retrouvée morte dans son lit quelques heures après avoir reçu ce même vaccin trivalent mis en cause dans les convulsions fébriles. Il est étonnant de lire que ce décès n’a pas été notifié du tout à la pharmacovigilance australienne…

Comment faire confiance aux notices et RCP (résumés des caractéristiques du produit) ? Comment faire confiance aux agences du médicament qui (continuent de) rassurer sur les effets secondaires, sur le rapport bénéfices – risques de ce vaccin (ou de tout autre), si de tels effets indésirables gravissimes ne sont même pas pris en compte ?

De plus, on apprend que le gouvernement australien est incapable de dire combien d’enfants ont été vaccinés et combien ont eu des effets secondaires… Situation ahurissante que déplore Peter Collignon, un spécialiste en maladies infectieuses de la Australian National University de Canberra.

Cela devrait nous faire comprendre aussi autre chose : à quel point les autorités et les laboratoires pharmaceutiques nous prennent pour des cons – et nous nous comportons comme tels en acceptant sans moufter -, lorsqu’ils nous proposent un « plan de gestion de risques » après commercialisation. Ce qui veut dire qu’un vaccin ou un médicament homologués vite fait avec comme pseudo-assurance un « plan de gestion des risques » signifie en fait une expérimentation grandeur nature, puisqu’un tel plan nous est servi habituellement lorsque les étapes d’évaluation d’un produit n’ont pas été respectées (tests bâclés…)  – et donc lorsque le rapport bénéfices-risques reste inconnu au moment de l’autorisation de mise sur le marché.

Si la pharmacovigilance « normale » n’a aucune idée des dégâts, imaginons ce qu’il en est d’un plan de gestion des risques, ou d’un recueil des effets indésirables par les firmes, c’est-à-dire par ceux-là même dont le profit est inversement proportionnel aux effets secondaires…

Pharmacovigilance catastrophique. Mais le pire est à venir…

Les multiples façons des autorités d’insécurité sanitaire de gommer ce qui pourrait déranger le pharmacommerce mériteraient un traité de stratégie à elles toutes seules… Je donnerai juste l’exemple des deux Espagnoles de 14 ans qui ont subi des convulsions, pertes de connaissance, etc., après l’administration du vaccin Gardasil (censé protéger contre deux souches de papillomavirus impliquées dans le cancer du col de l’utérus). Le cas a été largement médiatisé, et j’ai été parmi les tout premiers à en parler, mais on n’a pas évoqué la suite : les experts payés par les labos – et les autorités sanitaires serviles – ont déclaré que les deux ados ont fait une réaction psychogène : une hystérie de conversion… La misogynie habituelle de la médecine – dès qu’on ne sait pas ou qu’on ne veut pas savoir quelque chose sur les maux subis par des femmes, « c’est dans la tête »… – reprise par le lobby pharma… Je reviendrai un jour là-dessus, parce que la façon de se débarrasser de ces deux cas est représentative du sérieux du recueil et de l’analyse des effets indésirables par les agences du médicament (AFSSAPS et ses consoeurs d’autres pays).

La désinformation est organisée, et médecins comme autorités se désintéressent des réactions adverses. On peut (re)lire la très édifiante Déclaration sur la pharmacovigilance faite en 2003 par l’ISDB (International Society of Drug Bulletins) à ce sujet, et rappeler que les chiffres les plus optimistes parlent de 5% d’effets secondaires notifiés…

La situation est déjà catastrophique. Imaginons alors ce qu’il en sera lorsque la pharmacovigilance sera complètement abandonnée aux firmes… C’est l’une des grandes lignes du « paquet pharmaceutique » que nous mijotent le lobby pharmaceutique européen main dans la main avec la Commission européenne (voir cette note, mais auss
i les autres de la catégorie « Autorités d’insécurité sanitaire » et « Publicité directe pour les médicaments« ).

© Pharmacritique. Aucune reproduction sans accord préalable

8 réflexions au sujet de “Australie: Décès d’une enfant et des dizaines de convulsions fébriles suite au vaccin trivalent antigrippe, incluant le A H1N1”

  1. Les stocks de vaccins que les labos n’ont pas pu fourguer aux européens suite à la méfiance suscitè par la campagne médiatique de vaccination sont en train d’étre écoulés en australie.
    La malveillance de cette nouvelle campagne de vaccination australienne est flagrante.Il n’y a pas eu de pandemie mortelle dans l’hémisphère nord.Pourquoi il y en aurait une dans l’hémisphère sud?
    Les rares cas mortels sont le plus souvent le fait de personnes qui souffraient antérieurement d’une maladie ou d’une faiblesse physique.
    La même statégie médiatique de terreur se déroule en australie pour convaincre les australiens de se faire empoisonner a coups de vaccins.
    Cette valveillance à l’égart de l’homme aux seul profits financiers de quelques uns est insuportable.
    Mario.

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  2. Depuis longtemps, on a les moyens de savoir si les vaccins anti-grippaux sont efficaces :en faisant des essais randomisé versus placébo et en suivant les patients pendant une durée déterminée de 5 ans . Ainsi on saurait si les patients vaccinés sont protégés de la grippe et de ses complications par rapport à ceux qui ont reçu le placébo . Or on se contente de critères intermédiaires comme le taux d’anticorps pour affirmer l’efficacité de ces vaccins, ce qui n’est pas sérieux . A titre d’exemple, le vaccin Pneumo 23 contre le Pneumocoques est proné par certains pays systématiquement après 65 ans et chez certains patients à risque. Or un essai fait chez des patients qui avaient eu une pneumonie à pneumocoques et dont on sait qu’ils sont à haut risque de récidive, n’a montré aucune différence entre les vaccinés et ceux qui ne l’étaient pas ( 19% de de pneumonies dans le groupe vacciné versus 16% dans le groupe placébo , publié dans le N°351 du Lancet en 1998) .
    Les croyances ont la vie dure, même chez les médecins

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  3. Merci également à Siary pour les précisions et de rien Elena.
    Je vous avais dit que je serais désolée si Pharmacritique s’éteignait en quelque sorte. Ceci dit il y a tout de même 500 artciels qui restent d’actualité à lie et je ne les ai pas tous lus moi-même. Et pour le reste, chacun fait comme il peut. J’ai beaucoup de mal moi-même à avancer dans mes écrits. Faute d’être rapide je suis persévérante. Ce n’est pas moi qui vous jetterai la pierre. Mais mon sentiment c’est quil’est important que Pharmacritique continue d’exister.

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  4. Bonjour,
    Il semblerait qu’il y ait des problèmes avec les commentaires: certains ne passent pas et n’arrivent pas non plus dans ma messagerie.
    Désolée, je ne maîtrise pas ce côté-là.
    Elena Pasca

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  5. POUR POURSUIVRE SUR LA VOIE DE LA RAISON, QUELQUES DONNEES A METTRE ENTRE TOUTES LES MAINS CONCERNANT LES VACCINS CONTRE LA GRIPPE BASEES SUR LES META-ANALYSES DE LA COLLABORATION COCHRANE POUR LES ENFANTS, LES ADULTES ET LES PERSONNES AGEES
    Beaucoup de médecins se sentent, je le vois tous les jours, investis de la mission de persuader une population de plus en plus incrédule et « indisciplinée » de se faire vacciner contre la grippe. Pour ce faire soit ils se contentent de répéter les arguments élaborés par les laboratoires pharmaceutiques qu’ils ont lu et assimilés dans des revues essentiellement financées par ces mêmes laboratoires, soit, pour les plus teigneux d’entre eux, ils avancent des arguments de leur cru, destinés à faire peur, pour remettre dans le droit chemin les rebelles. Et là ils outrepassent carrément leurs droits et leurs prérogatives.
    Pour remettre les choses dans leur vrai contexte se rappeler que:
    _la première difficulté est que le syndrome grippal peut-être provoqué par un grand nombre de virus. Seulement 7% des maladies qui se présentent comme un SYNDROME GRIPPAL (toux, forte fièvre, écoulements par le nez, courbatures, fatigue) sont dues au virus de la grippe
    – il est pratiquement impossible d’attribuer un décès de manière certaine au virus de la grippe: il est probable que ces décès, finalement plutôt moins nombreux que ce qui était annoncé depuis des années, surviennent dans leur écrasante majorité chez des personnes fragilisées par des pathologies graves préalables comme cela est apparu l’hiver dernier où on a pour la première fois essayé d’ANALYSER de près les causes réelles de décès et où on ne s’est pas contenté d’ESTIMATIONS comme c’était le cas les autres années.
    – l’efficacité des différents vaccins varie selon les années, en fonction de la bonne concordance ou non entre les souches choisies pour le vaccin et les souches de la grippe qui circulent effectivement dans la population et qui changent chaque année
    – seules des études sur plusieurs années, sur un échantillon suffisamment important de la population pourraient donc évaluer l’intérêt réel ou non pour une population donnée, comme le rappelait le DR Siary. De telles études n’existent pas et donc les politiques publiques de vaccination généralisée répandues dans un nombre croissant de pays sont mises en oeuvre A L’AVEUGLE sans qu’on dispose des données pertinentes.
    Voici une interviw de Tom Jefferson, malheureusement en anglais, qui évoque certaines de ces vérités:
    http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,637119,00.html
    – LES EFFETS INDESIRABLES varient selon le type de vaccin (vivants, inactivés, fractions antigéniques) et selon le mode de fabrication, les composants.
    SELON LES AGES:
    POUR LES ENFANTS DE MOINS DE 16 ANS
    – MOINS DE DEUX ANS: les méta-analyses de la collaboration Cochrane montrent que le vaccin saisonnier contre la grippe n’est pas plus efficace que le placébo chez l’enfant de moins de deux ans; d’autre part il n’y a pratiquement pas d’études concernant la sécurité de ces vaccins (effets indésirables) dans ces tranches d’âge. On prend des RISQUES TOTALEMENT INJUSTIFIES EN RECOMMANDANT LA VACCINATION DES ENFANTS DE MOINS DE DEUX ANS : cf article ci-dessus.
    -DE 2 A 16 ANS: une efficacité de prévention de la maladie (virus de la grippe)d’environ 59% chez l’enfant de plus de deux ans pour les vaccins inactivés, mais une réduction d’environ 33% des syndromes grippaux en général qui peuvent être dus à différents virus. Les VACCINS VIVANTS (non utilisés en France) seraient plus efficaces pour la prévention de la grippe elle-même mais l’efficacité sur la prévention de syndromes grippaux est la même. Et d’autre part on n’a pas beaucoup de données concernant leur sécurité d’emploi. Autrement dit en vaccinant tous les enfants de 2 à 16 ans, on réduirait environ d’un tiers les « grippes » hivernales quelque soit le vaccin, mais les risques du vaccin lui-même sont mal connus. Certaines études permettent de penser que ces risques existent, notamment chez les ENFANTS ASTHMATIQUES, chez qui la vaccination est recommandée en France (cf troisième commentaire ci-dessus), et que les vaccins contre la grippe pourraient aggraver les symptômes de l’asthme chez l’enfant dans les mois qui suivent la vaccination. Les vaccins vivants par voie nasale, sont suspectés d’exacerber l’asthme chez l’enfant dans les suites du vaccin (dans les 15 jours) http://onlinelibrary.wiley.com/o/cochrane/clsysrev/articles/CD000364/frame.html
    voici l’article de la collaboration Cochrane qui aborde cette tranche d’âge de 0 à 16 ans:
    http://onlinelibrary.wiley.com/o/cochrane/clsysrev/articles/CD004879/frame.html

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  6. Bonjour CMT
    Pouvez vos me donner la référence que vous utilisez pour écrire je vous cite :
    « sur l’adulte de 16 à 65 ans: il y a une efficacité du vaccin quand il existe une bonne concordance entre la souche circulante et celle du vaccin. Dans ce cas il faut vacciner 33 personnes pour éviter un cas de grippe. Dans le cas où la concordance est faible il faut vacciner 100 personnes pour éviter un cas de grippe »
    Il s’agit du NST et jusqu’à maintenant je pensais qu’aucunes études ne l’avaient donné. Je suis donc très intéressé.
    Pour information si vous voulez un aperçu des EI répertoriés suite au vaccin antigrippal voici un lien vers le Canada

    Cliquer pour accéder à 13_30_s2_SuzanneMenard.pdf


    Aperçu de la page 13:
    N// Taux/100 0000 vaccins 2009 vs 2003-2008
     Réactions locales: 366 // 6,32— 4,01
     Fièvre: 186 //3,22— 2,36
     Allergies: 503 //8,70— 3,96
     Anaphylaxie 34// 0,57— 0,29
    «SOR»: 274// 4,74— 5,07
     Arthralgie/arthrite : 070// 1,21— 0,64
     Anesthésie/paresthésie: 111 //1,92 — 0,30
     SGB avec lien temporel: 018// 0,31—- 0,14
    Enfin notez bien qu’on ne parle pas de décès alors que dans le même rapport page 8 on peut lire je cite :
    « Décès 4 (0,1) 0,7 (0,04) » pour 100 000 doses
    Comme quoi il faut vraiment tout lire et même entre les lignes 😉

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  7. c’est intéressant en effet ce d’autant que si le vaccin n’est pas bien concordant alors on a seulement 1% de RAR mais avec un IC à 95% de 0 à 3% ce qui nous permet de dire aussi qu’il se pourrait qu’il n’y ai aucune différence.
    il semble que le critère principal retenu lors de l’élaboration des études a été l’apparition de symptômes grippaux. Je me méfie des sous critères car les interprétations statistiques encore plus difficile.
    Dommage qu’aucune étude ne choisissent le critère principal comme les décès , où le nombre d’hospitalisations mais cela viendra peut être.
    Quant aux Ei [effets indésirables] du vaccin il est notoire que leurs déclarations est sous estimés donc oui on peut s’étonner du faible nombre d’effets locaux signalés. D’ailleurs qui de nous médecins les signale ? Cela donne encore plus de poids aux relevés canadiens face à tous ceux qui croient que ce vaccin est sans grand EI.
    Attention n’allez pas croire que je fais partie d’une ligue anti-vaccinale. Que nenni.
    J’estime que si on veut exercer notre travail honnêtement alors on se doit de tenir compte de la réalité de terrain et quiconque soigne sait qu’il doit choisir entre : ne pas faire perdre de chance ET ne pas faire courir de risque
    PS je n’ai pas de conflits d’intérêts directs ou indirects que ce soit envers l’industrie pharmaceutique ou autres.
    [Note de Pharmacritique entre parenthèses droites: EI = effets indésirables. Merci d’expliquer autant que possible les acronymes, pour que la discussion ne se limite pas aux professionnels de santé].

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